La Prière
Prière pour les défunts : Requiem aeternam et De profundis
Les prières catholiques pour les défunts : le Requiem aeternam, le De profundis (psaume 129), la Messe de Requiem et les indulgences. Pourquoi l'Église prie pour les morts, et comment demander le repos de l'âme d'un défunt.

La prière catholique pour les défunts par excellence est le Requiem aeternam : « Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel, et que la lumière sans fin luise sur eux. » L'Église la met sur nos lèvres depuis des siècles, avec le psaume De profundis, parce qu'elle croit ce que l'Écriture enseigne : « C'est donc une sainte et salutaire pensée de prier pour les morts, afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés » (II Machabées XII, 46, trad. Fillion). Nous donnons d'abord les textes, puis la doctrine qui les fonde.
Le Requiem aeternam : la prière de l'Église pour les défunts
Cette courte prière conclut chaque psaume de l'Office des morts, à la place du Gloria Patri, et revient sans cesse dans la liturgie des funérailles :
Requiem æternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis. Requiescant in pace. Amen.
Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel, et que la lumière sans fin luise sur eux. Qu'ils reposent en paix. Ainsi soit-il.
Pour un seul défunt — une mère, un père, un ami — on dit au singulier : Requiem æternam dona ei, Domine, et lux perpetua luceat ei. Requiescat in pace. La Raccolta, recueil officiel des prières indulgenciées, attache à cette invocation une indulgence de trois cents jours, applicable aux seules âmes du purgatoire (n° 536 de l'édition de 1943). Elle se dit en passant devant un cimetière, à l'annonce d'un décès, à la fin du chapelet, chaque soir pour les défunts de nos familles. C'est la prière la plus simple et la plus sûre pour le repos de l'âme d'un défunt, et elle suffit là où les mots manquent.
Pourquoi prier pour les morts : le purgatoire
La prière pour les défunts n'est pas un sentiment, c'est une doctrine. Le concile de Trente définit « qu'il y a un purgatoire, et que les âmes qui y sont retenues sont soulagées par les suffrages des fidèles, mais principalement par le sacrifice de l'autel, agréable à Dieu » (session XXV, décret sur le purgatoire, 1563). Le Catéchisme de saint Pie X l'enseigne de même : nous pouvons soulager les âmes du purgatoire par les prières, les aumônes, les indulgences et surtout par le saint sacrifice de la Messe.
Le fondement scripturaire est donné par le second livre des Machabées : Judas Machabée envoya douze mille drachmes à Jérusalem « afin qu'un sacrifice fût offert pour les péchés des morts, ayant de bonnes et de religieuses pensées touchant la résurrection » (II Machabées XII, 43, trad. Fillion). Ces âmes sont sauvées, mais elles achèvent d'expier ; elles ne peuvent plus rien mériter pour elles-mêmes, et c'est pourquoi elles dépendent de nous. Prier pour un défunt est un acte de charité qui atteint réellement son objet — nous l'exposons en détail dans notre article sur le purgatoire.
Le De profundis : le psaume pour les défunts
Le psaume que l'Église associe entre tous aux défunts est le psaume 130 de la numérotation hébraïque, qui est le psaume 129 de la Vulgate : le De profundis. Le voici en entier, dans la traduction de l'abbé Fillion, sur la Vulgate :
Du fond des abîmes je crie vers Vous, Seigneur ; Seigneur, exaucez ma voix. Que Vos oreilles soient attentives à la voix de ma supplication.
Si Vous examinez nos iniquités, Seigneur, Seigneur, qui subsistera devant Vous ? Mais auprès de Vous est la miséricorde, et à cause de Votre loi j'ai espéré en Vous.
Mon âme s'est soutenue par Sa parole ; mon âme a espéré au Seigneur. Depuis la veille du matin jusqu'à la nuit, qu'Israël espère au Seigneur ;
car auprès du Seigneur est la miséricorde, et on trouve en Lui une rédemption abondante. Il rachètera lui-même Israël de toutes ses iniquités. (Psaume 129, Fillion)
Dans l'Office des morts, ce psaume est chanté aux vêpres des défunts, et la tradition le fait réciter au soir, à l'annonce d'un décès, au cimetière. On le conclut par le Requiem aeternam au lieu du Gloria Patri. La Raccolta accorde à qui le récite pour les défunts, ou dit à sa place un Notre Père, un Je vous salue Marie et le Requiem aeternam, une indulgence de trois ans, et une indulgence plénière si on le fait chaque jour pendant un mois (n° 539). Notre commentaire du psaume 130, le De profundis l'explique verset par verset. Celui qui veut un psaume pour les défunts n'a pas à chercher plus loin : l'Église a choisi celui-ci.
L'oraison du Missel pour tous les fidèles défunts
Le 2 novembre, le Missel romain de 1962 fait dire pour toutes les âmes une collecte que l'on peut reprendre chaque soir, et qui conclut aussi la neuvaine aux âmes du Purgatoire :
Fidelium, Deus, omnium conditor et redemptor, animabus famulorum famularumque tuarum remissionem cunctorum tribue peccatorum : ut indulgentiam, quam semper optaverunt, piis supplicationibus consequantur. Qui vivis et regnas in saecula saeculorum. Amen.
Ô Dieu, Créateur et Rédempteur de tous les fidèles, accordez aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes la rémission de tous leurs péchés, afin qu'elles obtiennent, par nos humbles prières, le pardon qu'elles ont toujours désiré. Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
La Messe de Requiem : le plus grand des suffrages
Trente le dit expressément : les âmes sont soulagées « principalement par le sacrifice de l'autel ». La Messe de Requiem — ainsi nommée de son introït Requiem æternam — est la Messe traditionnelle offerte pour les défunts : ornements noirs, séquence Dies iræ, absoute au catafalque. La coutume romaine la fait célébrer au jour de la sépulture, puis aux troisième, septième et trentième jours, et à l'anniversaire.
La tradition connaît aussi le trentain grégorien : trente Messes célébrées trente jours de suite pour un même défunt, usage qui remonte à saint Grégoire le Grand, lequel rapporte dans ses Dialogues (livre IV) la délivrance du moine Justus après trente Messes offertes pour lui. Faire célébrer une Messe pour un défunt est simple : on en demande l'intention à un prêtre en offrant l'honoraire accoutumé. C'est le plus grand bien que nous puissions procurer à une âme.
Prière pour une mère, un père, les défunts de nos familles
Le missel traditionnel contient une oraison propre pour des parents défunts, Pro patre et matre, que chacun peut faire sienne :
Dieu, qui nous avez commandé d'honorer notre père et notre mère : ayez clémence et pitié des âmes de mon père et de ma mère, remettez-leur leurs péchés ; et faites que je les voie dans la joie de l'éternelle clarté. Par notre Seigneur. Ainsi soit-il. (Missel romain, oraison pour le père et la mère défunts)
Pour une mère défunte ou un père défunt, on nomme simplement l'âme dans la prière ; pour les défunts de nos familles, on dit la même oraison au pluriel, ou l'on joint le De profundis et le Requiem aeternam à la prière du soir. La piété n'a pas besoin de formules multipliées : un psaume, une oraison, une Messe demandée, voilà l'héritage que les vivants doivent à leurs morts. À ces suffrages s'unit naturellement l'action de grâces pour la vie du défunt et pour tout le bien reçu par lui, car la charité envers les morts se nourrit aussi de reconnaissance.
Intentions de prière pour les défunts : des exemples
Ceux qui cherchent une intention de prière pour les défunts, à lire à haute voix lors des funérailles ou d'une prière commune, peuvent s'appuyer sur les formules mêmes de la liturgie. En voici des exemples sobres, dans l'esprit des oraisons du missel :
- Pour N., que Dieu a rappelé à lui : que le Seigneur lui pardonne ses péchés et le reçoive dans la lumière éternelle.
- Pour les défunts de nos familles, nos parents, amis et bienfaiteurs : que Dieu leur accorde le repos éternel.
- Pour les âmes du purgatoire les plus délaissées, celles pour qui personne ne prie : que le sacrifice du Christ leur soit appliqué.
- Pour nous tous qui mourrons : que Dieu nous accorde la grâce d'une bonne mort, munis des sacrements de l'Église.
Chaque intention se conclut naturellement par le Requiem aeternam. Ces formules valent mieux qu'un livret improvisé : elles disent la foi de l'Église sans détour.
Prier Marie pour les défunts : le chapelet et Notre-Dame de Montligeon
La tradition confie les âmes du purgatoire à la Mère de Dieu. Le moyen le plus commun est le chapelet offert pour un défunt, chaque dizaine conclue par le Requiem aeternam ; dans le Salve Regina, l'Église appelle Marie « avocate » et lui confie l'heure « après cet exil ». En 1884, l'abbé Paul Buguet fonda au sanctuaire de Notre-Dame de Montligeon (Orne) une œuvre expiatoire pour la délivrance des âmes du purgatoire, érigée en archiconfrérie et répandue dans le monde entier : on y fait célébrer des Messes perpétuelles pour les défunts inscrits. Confier un défunt à Notre-Dame de Montligeon, c'est l'inscrire à ce réseau de Messes et de prières — la forme la plus organisée que la charité envers les morts ait prise en France.
Les indulgences pour les âmes du purgatoire
L'Église puise dans le trésor des mérites du Christ et des saints pour remettre la peine temporelle due au péché, et elle permet d'appliquer ces indulgences aux défunts par manière de suffrage. La discipline traditionnelle, telle que la fixe la Raccolta (édition anglaise de 1943, sur les Preces et pia opera de 1938 ; ce régime des indulgences a duré jusqu'à la réforme de 1968), privilégie le début de novembre :
- Le 2 novembre, Commémoraison de tous les fidèles défunts, au lendemain de la Toussaint : indulgence plénière toties quoties, applicable aux seuls défunts, gagnée à chaque visite d'une église ou d'un oratoire public, à condition de s'être confessé et d'avoir communié et de réciter à chaque visite six fois Notre Père, Je vous salue Marie et Gloire au Père aux intentions du Souverain Pontife (Raccolta, n° 544, décret du Saint-Office du 25 juin 1914 ; on peut aussi la gagner le dimanche suivant).
- Pendant l'octave des morts : indulgence plénière chaque jour, aux conditions ordinaires, pour la visite d'un cimetière avec une prière, même mentale, pour les défunts ; le reste de l'année, la même visite vaut une indulgence de sept ans (Raccolta, n° 546). Les normes actuelles, fixées en 1968, placent cette indulgence plénière du 1er au 8 novembre.
- Pour tout le mois de novembre et pour toute neuvaine aux âmes du Purgatoire faite sept ou neuf jours de suite, la Raccolta accorde aussi une indulgence plénière aux conditions ordinaires (n° 542 et 543).
Le même jour, depuis la constitution Incruentum altaris de Benoît XV (10 août 1915), tout prêtre peut célébrer trois Messes pour les défunts, et les Messes du 2 novembre et de son octave jouissent du privilège de l'autel privilégié en faveur de l'âme pour laquelle elles sont offertes (Raccolta, n° 545).
Questions Fréquentes
Quelle est la prière catholique pour un défunt ?
Le Requiem aeternam : « Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel, et que la lumière sans fin luise sur eux. Qu'ils reposent en paix. Ainsi soit-il. » Pour un seul défunt on dit dona ei et requiescat in pace. On y joint le psaume De profundis et, surtout, une Messe demandée pour l'âme du défunt.
Pourquoi les catholiques prient-ils pour les morts ?
Parce que l'Écriture enseigne que « c'est une sainte et salutaire pensée de prier pour les morts, afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés » (II Machabées XII, 46), et parce que le concile de Trente définit que les âmes retenues au purgatoire sont soulagées par les suffrages des fidèles, principalement par le sacrifice de l'autel. Ces âmes ne peuvent plus mériter pour elles-mêmes ; elles dépendent de notre charité.
Quel psaume prier pour les défunts ?
Le De profundis, psaume 129 de la Vulgate (130 de la numérotation hébraïque) : « Du fond des abîmes je crie vers Vous, Seigneur. » L'Église le chante à l'Office des morts et le conclut par le Requiem aeternam. Il se récite au soir, à l'annonce d'un décès, au cimetière.
Comment prier pour le repos de l'âme d'un défunt ?
Dire chaque jour le Requiem aeternam et le De profundis, offrir un chapelet, gagner des indulgences applicables aux défunts, et surtout faire célébrer une ou plusieurs Messes pour son âme — le trentain grégorien en est la forme la plus complète. La confession et la communion offertes pour le défunt achèvent ces suffrages.
Que signifie la prière des 40 jours pour un défunt ?
La coutume de prier quarante jours après la mort appartient surtout aux Églises d'Orient. La tradition latine marque, elle, les troisième, septième et trentième jours après la sépulture par la Messe et l'Office des morts, puis l'anniversaire ; et le trentain grégorien fait offrir trente Messes en trente jours consécutifs. L'essentiel n'est pas le compte des jours, mais la persévérance des suffrages.
Qu'est-ce que la prière de Notre-Dame de Montligeon ?
Montligeon, dans l'Orne, est le sanctuaire d'une œuvre expiatoire fondée en 1884 par l'abbé Paul Buguet pour la délivrance des âmes du purgatoire. On y inscrit les défunts à des Messes perpétuelles et l'on y confie les âmes à Notre-Dame Libératrice. Inscrire un défunt à Montligeon, c'est le faire porter par les Messes et les prières de toute une archiconfrérie.
Les prières pour les défunts, le De profundis, les psaumes et le calendrier liturgique de 1962 sont dans l'app Iter Fidei, avec l'audio pour prier chaque jour. Rejoignez l'accès anticipé ici.
Sources. Sainte Écriture (II Machabées XII, 43-46 ; psaume 129), traduction de l'abbé Fillion, sur la Vulgate ; concile de Trente, session XXV, décret sur le purgatoire (1563) ; Catéchisme de saint Pie X ; Missel romain de 1962 (Commémoraison des fidèles défunts, Messe de Requiem, oraison pour le père et la mère) ; saint Grégoire le Grand, Dialogues, livre IV ; Benoît XV, constitution apostolique Incruentum altaris (1915) ; The Raccolta (Benziger, 1943), n° 536-546.