Les Neuvaines
Neuvaine aux âmes du Purgatoire
Le texte complet de la neuvaine aux âmes du Purgatoire : la prière quotidienne, les neuf jours de méditation et d'oraison, le De profundis et l'oraison du Missel pour les fidèles défunts, avec les indulgences et la manière de la prier.

La neuvaine aux âmes du Purgatoire est une prière de neuf jours offerte pour les fidèles défunts qui achèvent leur purification, afin de hâter leur entrée dans la gloire du Ciel. On peut la commencer le 24 octobre pour l'achever le 1er novembre, jour de la Toussaint, à la veille de la Commémoraison de tous les fidèles défunts (2 novembre) ; elle convient aussi à tout moment de l'année, à l'anniversaire d'un décès ou lorsqu'un proche vient de nous quitter. C'est un acte de charité envers ceux qui ne peuvent plus rien pour eux-mêmes.
Cette dévotion découle de la communion des saints : l'Église militante secourt l'Église souffrante par ses prières, ses aumônes, ses indulgences et surtout par le saint Sacrifice de la Messe. La doctrine qui la fonde est exposée dans notre article sur le Purgatoire : doctrine, prières et secours pour les âmes. Si vous découvrez cette forme de prière, notre article qu'est-ce qu'une neuvaine en explique l'esprit et l'origine.
Le texte complet de la neuvaine aux âmes du Purgatoire
Le texte ci-dessous est celui de l'application Iter Fidei. Ses méditations suivent un manuel de prière polonais (Nowenna za dusze zmarłych, 1933) et ses oraisons propres des usages de dévotion répandus en Espagne ; c'est une composition de dévotion, sans texte liturgique ni approbation propre, hormis l'oraison du Missel pour les défunts : chaque jour, la prière quotidienne, puis une méditation et une oraison propres au jour, suivies du Notre Père, du Je vous salue Marie et du Gloire au Père ; on achève par le psaume De profundis, le Requiem aeternam et la collecte du Missel romain pour tous les fidèles défunts.
La prière quotidienne
À réciter chacun des neuf jours, après le signe de la croix, avant la méditation du jour.
Père miséricordieux, en union avec l'Église triomphante du Ciel, je vous supplie d'avoir pitié des âmes du purgatoire. Souvenez-vous de l'amour que vous leur portez et secourez-les par les mérites infinis de votre Fils bien-aimé. Daignez les délivrer de leurs peines et de leurs douleurs, afin qu'elles jouissent bientôt de l'éternelle félicité du Ciel. Ô Dieu, Père céleste, je vous rends grâces pour le don de la persévérance que vous avez accordé aux âmes des fidèles défunts. Doux Sauveur Jésus-Christ, je vous demande, par votre miséricorde, d'écouter ma prière et de délivrer les âmes du purgatoire, et en particulier celles que voici : (nommez ici vos défunts et, si vous le voulez, la grâce que vous demandez)
Faites-les passer du purgatoire à la lumière et à la liberté des enfants de Dieu, dans le royaume de votre gloire. Doux Sauveur, je vous rends grâces d'avoir racheté ces pauvres âmes par votre Sang très précieux et de les avoir sauvées de la mort éternelle. Ô Dieu Saint-Esprit, allumez en moi le feu de votre divin amour ; ravivez ma foi et ma confiance, et recevez avec bonté les prières que je vous offre pour les âmes qui souffrent au purgatoire. Je veux appliquer les mérites de cette neuvaine à toute l'Église souffrante, et particulièrement à mes défunts, à mes bienfaiteurs et à mes amis. Je vous rends grâces pour tous les bienfaits par lesquels vous avez sanctifié, fortifié et soulagé ces âmes bénies, et surtout de les consoler dans leurs souffrances présentes par la certitude de la félicité éternelle. Ainsi soit-il.
Les neuf jours
Chaque jour : la prière quotidienne, la méditation, l'oraison du jour, puis un Notre Père, un Je vous salue Marie et un Gloire au Père.
Jour 1 — Ce qu'est le purgatoire
Méditation. Rien de souillé n'entrera dans la Jérusalem céleste. Les âmes du purgatoire sont mortes dans l'amitié de Dieu : leur salut est certain, aucune ne se perdra, et l'enfer n'a plus rien à leur prendre. Mais elles doivent d'abord être lavées de ce qui reste en elles de nos complaisances, de nos lâchetés et de nos dettes non acquittées. Ce n'est pas une seconde chance : c'est l'achèvement d'une purification commencée ici-bas et laissée en chemin. Ces âmes souffrent, et pourtant elles sont dans la joie, car elles savent où elles vont ; leur seule impatience est de voir Dieu. (Ap 21, 27)
Seigneur Jésus-Christ, qui voulez que nous ayons une conscience délicate et une sainteté parfaite, daignez nous les accorder. Et à ceux qui, ne les ayant pas eues, se purifient maintenant au purgatoire, appliquez nos prières et conduisez bientôt au Ciel les âmes qui endurent ces peines. Nous vous le demandons par l'intercession de votre Mère très pure et de saint Joseph.
Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire au Père.
Jour 2 — Le temps du mérite est clos
Méditation. Il faut travailler tant qu'il fait jour ; la nuit vient, où nul ne peut plus travailler. C'est là une des peines les plus vives des âmes du purgatoire : elles ne peuvent plus mériter pour elles-mêmes. Le temps où une messe entendue, une aumône, un pardon donné leur eût acquis un trésor, ce temps est passé sans retour. Elles ne peuvent que recevoir : de Dieu, et de nous. Ce qu'elles ne peuvent plus faire pour elles-mêmes, nous le pouvons encore pour elles — et pour nous, tandis qu'il nous reste un jour. (Jn 9, 4)
Seigneur Jésus-Christ, vous châtiez dans l'autre vie la pénitence que l'on n'a pas faite en celle-ci : accordez-nous les vertus de mortification et de persévérance, et recevez avec miséricorde notre charité et nos prières, afin que les âmes du purgatoire parviennent bientôt à leur repos éternel dans le Ciel. Que nous ne remettions plus à demain ce que l'heure présente nous donne de faire pour vous.
Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire au Père.
Jour 3 — La dette du péché
Méditation. Tu ne sortiras pas de là que tu n'aies payé jusqu'à la dernière obole. La faute pardonnée laisse une dette : le désordre introduit demande réparation. Ces âmes voient enfin ce qu'est le péché, non plus dans la demi-lumière de nos consciences distraites, mais dans la clarté de Dieu ; et elles acceptent leur purification comme une grâce, sans révolte et sans marchandage. Nous, nous avons encore la confession, la pénitence, l'aumône, les indulgences : payons ici la dette que nous n'aurons pas à payer là. (Mt 5, 26)
Seigneur Jésus-Christ, qui châtiez avec justice ceux qui pèchent, en cette vie ou en l'autre : donnez-nous la grâce de ne plus jamais pécher ; et ayez miséricorde de ceux qui, ayant péché, n'ont pu par manque de temps, ou n'ont pas voulu par manque de volonté, se purifier et réparer en cette vie, et qui souffrent maintenant leurs peines au purgatoire. Conduisez-les bientôt à la félicité éternelle du Ciel.
Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire au Père.
Jour 4 — Les fautes vénielles et la tiédeur
Méditation. On ne va pas au purgatoire pour de grands crimes seulement : on y va pour la poussière des jours. Les paroles inutiles, les jugements téméraires, les petits mensonges d'arrangement, les négligences de la prière, l'attachement tranquille à ce que l'on possède — tout cela pèse. Nous appelons ces fautes légères parce que nous ne pesons rien à la balance de Dieu. Demandons donc la crainte des fautes vénielles, non par scrupule, mais parce qu'elles retardent une âme au seuil même de la gloire.
Seigneur Jésus-Christ, qui exigez la pénitence même des fautes vénielles, en ce monde ou en l'autre : donnez-nous une sainte crainte du péché véniel ; et à ceux qui, pour les avoir commises, se purifient maintenant au purgatoire par votre infinie miséricorde, délivrez-les de leurs peines et introduisez-les dans la gloire éternelle.
Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire au Père.
Jour 5 — Se préparer à la mort
Méditation. Beaucoup meurent sans y avoir jamais pensé, emportés au milieu de leurs projets, sans confession, sans viatique, sans onction — non par malice, mais parce qu'ils avaient toujours remis à plus tard. L'Église, elle, nous a donné les sacrements des mourants pour que nul ne paraisse devant Dieu les mains vides. Prions pour ceux qui sont partis mal préparés ; et préparons-nous, en confessant nos péchés pendant que nous en avons le loisir, afin que la mort ne soit pour nous ni une surprise ni un naufrage.
Seigneur Jésus-Christ, vous purifiez au purgatoire ceux qui ne se sont pas préparés à temps à la mort, qui n'ont pas bien reçu les derniers sacrements, ni ne se sont lavés des restes d'une vie mal réglée : nous vous en supplions, donnez à tous ceux-là la gloire, et à nous la grâce de recevoir saintement les derniers sacrements.
Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire au Père.
Jour 6 — La communion des saints
Méditation. Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui. L'Église est une, en trois états : triomphante au Ciel, souffrante au purgatoire, militante sur la terre ; et le même Sang circule dans les trois. Voilà pourquoi nos prières ne tombent pas dans le vide : elles passent réellement d'un membre à l'autre. Ce que nous offrons aujourd'hui pour un défunt lui parvient, comme lui parviendrait une main tendue. Il n'y a pas de mur entre nous et nos morts : il y a le Corps du Christ. (1 Co 12, 26)
Seigneur Jésus-Christ, qui êtes la tête de tous vos fidèles, unis en vous comme les membres d'un même corps qui est l'Église : nous vous supplions de nous unir toujours davantage à vous, et de faire que nos prières et les mérites de nos bonnes œuvres profitent aux âmes de nos frères du purgatoire, afin qu'elles parviennent bientôt à rejoindre leurs frères du Ciel.
Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire au Père.
Jour 7 — Le plus grand suffrage : la sainte Messe
Méditation. Nos prières valent ; nos aumônes valent ; nos pénitences valent ; les indulgences que nous gagnons pour les défunts valent — et l'Église en accorde d'abondantes, applicables aux âmes, surtout dans l'octave des morts. Mais aucune œuvre privée n'égale le saint Sacrifice de la Messe, où c'est le Sang du Christ lui-même qui est offert au Père. Une messe demandée pour un défunt lui fait plus de bien que toutes nos larmes. Faites-en célébrer une durant cette neuvaine ; et si vous communiez, appliquez-en le fruit à ceux que vous portez dans votre prière.
Père éternel, je vous offre le Sang très précieux de votre divin Fils Jésus, en union avec toutes les messes célébrées aujourd'hui dans le monde entier, pour toutes les âmes du purgatoire, pour les pécheurs de l'Église universelle, pour les pécheurs de ma paroisse et de ma maison, et pour ceux qui doivent mourir aujourd'hui. Ainsi soit-il.
Cette oraison est la prière que l'on dit « de sainte Gertrude ». Disons-le franchement : son attribution à la grande mystique bénédictine du XIIIe siècle est tardive et n'est pas prouvée, et la promesse qui l'accompagne souvent (« mille âmes délivrées à chaque récitation ») n'a reçu aucune approbation de l'Église. On peut la dire avec fruit, comme une offrande du Précieux Sang unie aux Messes du monde entier, sans y attacher de garantie.
Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire au Père.
Jour 8 — Nos morts et les âmes délaissées
Méditation. Le quatrième commandement ne s'arrête pas au cimetière : honorer son père et sa mère, c'est aussi prier pour eux quand ils ne peuvent plus rien pour eux-mêmes. Souvenons-nous donc de nos parents, de nos aïeux, de nos bienfaiteurs, de ceux qui nous ont enseigné la foi, de ceux que nous avons peut-être offensés. Et souvenons-nous aussi des âmes que personne ne nomme plus : les morts sans famille, les oubliés de tous, ceux dont le dernier ami est mort à son tour. Ceux-là attendent que quelqu'un se souvienne. Que ce soit nous.
Seigneur Jésus-Christ, qui avez voulu que nous honorions nos parents et notre famille : nous vous prions pour toutes les âmes du purgatoire, mais spécialement pour les parents, les proches et les amis de ceux qui font cette neuvaine, et pour les âmes que nul ne se rappelle plus, afin qu'elles obtiennent la gloire éternelle.
Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire au Père.
Jour 9 — La vision de Dieu
Méditation. Nous voyons maintenant comme dans un miroir, en énigme ; alors nous verrons face à face. La plus grande peine du purgatoire, celle auprès de laquelle tout le reste n'est rien, c'est le retard de cette vue : ces âmes ont entrevu Dieu, elles l'aiment de toute leur force, et elles ne l'ont pas encore. Voilà ce qui les brûle. Mais cette flamme est celle de l'amour, non du désespoir : elles savent avec certitude qu'elles verront. Hâtons cette heure. Un jour, c'est nous qui attendrons, et il faudra bien que quelqu'un prie. (1 Co 13, 12)
Seigneur Jésus-Christ, dont les mérites sont infinis et la bonté immense : regardez avec faveur vos enfants qui gémissent au purgatoire, désirant l'heure de voir votre face, de recevoir votre embrassement, de reposer auprès de vous ; en les regardant, ayez compassion de leurs peines et remettez-leur ce qui manque au paiement de leurs fautes. Nous vous offrons nos œuvres et nos prières : faites qu'elles sortent bientôt du purgatoire et reçoivent de votre main la délivrance et la gloire éternelle.
Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire au Père.
La conclusion de chaque jour
On récite ensuite le psaume De profundis, le grand cri de l'Église pour ses morts (psaume 129 de la Vulgate, 130 de la numérotation hébraïque), dans la traduction de l'abbé Fillion. Notre commentaire du psaume 130, le De profundis en donne le sens verset par verset.
Du fond des abîmes je crie vers Vous, Seigneur ; Seigneur, exaucez ma voix. Que Vos oreilles soient attentives à la voix de ma supplication.
Si Vous examinez nos iniquités, Seigneur, Seigneur, qui subsistera devant Vous ? Mais auprès de Vous est la miséricorde, et à cause de Votre loi j'ai espéré en Vous.
Mon âme s'est soutenue par Sa parole ; mon âme a espéré au Seigneur. Depuis la veille du matin jusqu'à la nuit, qu'Israël espère au Seigneur ;
car auprès du Seigneur est la miséricorde, et on trouve en Lui une rédemption abondante. Il rachètera lui-même Israël de toutes ses iniquités.
V. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel. R. Et que la lumière sans fin luise sur elles.
Puis l'oraison du Missel romain de 1962 pour tous les fidèles défunts, celle de la Messe du 2 novembre :
V. Seigneur, exaucez ma prière. R. Et que mon cri parvienne jusqu'à vous.
Prions. Ô Dieu, Créateur et Rédempteur de tous les fidèles, accordez aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes la rémission de tous leurs péchés, afin que, par nos pieuses supplications, elles obtiennent le pardon qu'elles ont toujours désiré. Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. R. Ainsi soit-il.
(Fidelium, Deus, omnium conditor et redemptor, animabus famulorum famularumque tuarum remissionem cunctorum tribue peccatorum : ut indulgentiam, quam semper optaverunt, piis supplicationibus consequantur. Qui vivis et regnas in saecula saeculorum. Amen.)
Et l'on confie les âmes à la Mère de Dieu et à saint Joseph :
Ô Marie, Mère de miséricorde, souvenez-vous des enfants que vous avez au purgatoire ; et, présentant à votre Fils nos suffrages et vos mérites, intercédez pour qu'il leur remette leurs dettes et les fasse passer du purgatoire à l'admirable lumière de sa gloire, où elles jouiront de votre très doux regard et de celui de votre Fils béni. Ô glorieux patriarche saint Joseph, patron de la bonne mort, intercédez avec votre Épouse auprès de votre Fils pour les âmes du purgatoire.
V. Qu'elles reposent en paix. R. Ainsi soit-il.
Les variantes de la neuvaine
Neuvaine pour un défunt précis
Lorsqu'on prie pour un parent, un ami ou un bienfaiteur, on le nomme chaque jour à l'endroit marqué dans la prière quotidienne, et l'on peut dire le Requiem au singulier : Donnez-lui, Seigneur, le repos éternel, et que la lumière sans fin luise sur lui. Qu'il repose en paix. Les oraisons du Missel pour un père, une mère ou un seul défunt sont données dans notre article sur la prière pour les défunts.
Pour l'âme la plus délaissée
La dévotion privée connaît une série de prières du Précieux Sang pour chaque jour de la semaine en faveur des âmes du purgatoire. Celle du dimanche demande la délivrance de l'âme la plus abandonnée ; on peut la joindre chaque jour à la neuvaine :
Ô Seigneur, Dieu tout-puissant, je vous supplie, par le Sang précieux que votre divin Fils Jésus a répandu au jardin, de délivrer les âmes du purgatoire, et particulièrement celle qui est la plus délaissée de toutes, et de la conduire dans votre gloire, où elle vous louera et vous bénira à jamais. Ainsi soit-il.
On la fait suivre d'un Notre Père, d'un Je vous salue Marie et du Requiem aeternam.
Neuvaine pour demander une grâce
La piété catholique tient que les âmes du purgatoire, reconnaissantes du secours reçu, prient pour leurs bienfaiteurs. On peut donc leur confier une intention : on la nomme chaque jour, avec ses défunts, à l'endroit marqué dans la prière quotidienne. Ce n'est pas un procédé : la charité envers les âmes vient d'abord, et Dieu exauce selon sa sagesse.
Version courte
Pour ceux que le temps presse, la Raccolta enrichit d'indulgences, applicables aux seuls défunts, deux formes très simples : le Requiem aeternam, et le De profundis suivi du Requiem :
Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel, et que la lumière sans fin luise sur elles. Qu'elles reposent en paix. Ainsi soit-il.
Neuvaine à imprimer (texte PDF)
Nous ne proposons pas de fichier PDF à télécharger : le texte complet est sur cette page, et il s'imprime tel quel depuis votre navigateur pour prier en famille ou au cimetière. Mais une feuille s'égare et une neuvaine s'interrompt facilement au quatrième jour. L'application Iter Fidei garde la neuvaine à portée de main, vous indique chaque matin le jour où vous en êtes, et contient le De profundis et l'Office des morts. Rejoignez l'accès anticipé ici.
Comment réciter cette neuvaine
Le jour de début. On peut commencer le 24 octobre pour achever la neuvaine le 1er novembre, à la veille de la Commémoraison des fidèles défunts. On peut aussi la faire du 2 au 10 novembre, ou à tout autre moment, notamment après un décès.
Chaque jour. La prière quotidienne, la méditation et l'oraison du jour, le Notre Père, le Je vous salue Marie et le Gloire au Père, puis la conclusion. On y joint, quand on le peut, une visite au Saint-Sacrement ou un chapelet offert pour les défunts.
Les indulgences. La Raccolta (édition de 1950, en vigueur jusqu'à la réforme de 1968) enrichit d'indulgences les neuvaines et les prières de suffrage pour les défunts, applicables aux âmes du purgatoire. Le 2 novembre, une indulgence plénière toties quoties, applicable aux seuls défunts, se gagne à chaque visite d'une église où l'on récite six fois Notre Père, Je vous salue Marie et Gloire au Père aux intentions du Souverain Pontife, avec la confession et la communion (décret du Saint-Office du 25 juin 1914). La visite d'un cimetière avec une prière pour les morts, dans les jours qui suivent la Commémoraison, est elle aussi enrichie d'une indulgence plénière aux conditions ordinaires.
Le fruit de la neuvaine. Le suffrage le plus efficace demeure le saint Sacrifice de la Messe tridentine : on s'efforcera d'y assister pendant la neuvaine et d'en faire célébrer une pour ses défunts. La confession et la communion, requises pour les indulgences plénières, couronnent ces neuf jours.
L'histoire de la dévotion aux âmes du Purgatoire
Prier pour les morts est une pratique aussi ancienne que la Révélation. Le second livre des Machabées loue Judas Machabée d'avoir fait offrir un sacrifice pour les soldats tombés : « C'est donc une sainte et salutaire pensée de prier pour les morts, afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés » (II Mac. XII, 46, trad. Fillion). L'Église primitive inscrivait les défunts aux diptyques et priait pour eux au Canon de la Messe. Sainte Monique, mourante, ne demanda à ses fils qu'une chose : se souvenir d'elle à l'autel du Seigneur, comme le rapporte saint Augustin dans ses Confessions ; c'est la mère dont on prie la neuvaine à sainte Monique.
Le Purgatoire — l'état de purification où les âmes mortes dans la grâce de Dieu, mais encore redevables de la peine temporelle de leurs péchés, achèvent de satisfaire avant d'entrer au Ciel — a été enseigné par le concile de Florence (1439) et le concile de Trente, qui déclare en sa session XXV (1563) « que le Purgatoire existe, et que les âmes qui y sont détenues sont soulagées par les suffrages des fidèles, et surtout par le Sacrifice de l'autel ».
Le Catéchisme du concile de Trente et le Catéchisme de saint Pie X enseignent de même que nous pouvons les secourir par nos prières, nos aumônes, les indulgences et la sainte Messe. Saint Odilon, abbé de Cluny, institua vers l'an 998 la commémoraison de tous les fidèles défunts au lendemain de la Toussaint, et l'usage s'étendit à toute l'Église latine. En 1915, par la constitution Incruentum altaris, Benoît XV permit à tout prêtre de célébrer trois Messes le 2 novembre.
Parmi les grands maîtres de cette charité, saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787), docteur de l'Église, enseigne dans Du grand moyen de la prière qu'il est bon de prier pour les âmes du Purgatoire et de se recommander à leurs prières. La neuvaine prolonge ainsi la longue tradition de la prière pour les défunts, l'un des plus beaux témoignages de la foi catholique en la vie éternelle.
Questions Fréquentes
Qu'est-ce que la neuvaine aux âmes du Purgatoire ?
C'est une prière de neuf jours consécutifs offerte pour hâter la délivrance des fidèles défunts qui se purifient au Purgatoire. Chaque jour unit une prière quotidienne, une méditation, une oraison propre, le De profundis et l'oraison du Missel pour les défunts.
Quand faut-il faire cette neuvaine ?
Du 24 octobre au 1er novembre, par exemple, pour préparer la Commémoraison de tous les fidèles défunts du 2 novembre. On peut aussi la faire du 2 au 10 novembre, ou à tout moment de l'année, notamment après un décès ou à l'anniversaire d'un défunt.
Peut-on faire cette neuvaine pour demander une grâce ?
Oui. La piété catholique tient que les âmes du Purgatoire prient pour ceux qui les soulagent. On nomme son intention chaque jour dans la prière quotidienne, en cherchant d'abord le bien des âmes elles-mêmes et en s'en remettant à la volonté de Dieu.
La neuvaine aux âmes du Purgatoire est-elle de saint Alphonse de Liguori ?
Non, du moins pour le texte donné ici, qui suit un manuel de prière polonais de 1933 et des usages de dévotion espagnols. Saint Alphonse a beaucoup recommandé la prière pour les âmes du Purgatoire, mais on ne peut lui attribuer avec certitude une neuvaine déterminée parmi celles qui circulent sous son nom.
La prière de sainte Gertrude délivre-t-elle mille âmes ?
Aucune approbation de l'Église ne garantit cette promesse, et l'attribution de la prière à sainte Gertrude est tardive. La prière elle-même, offrande du Précieux Sang unie aux Messes du monde entier, est bonne et peut se dire avec confiance, sans compter les âmes.
Peut-on gagner une indulgence avec cette neuvaine ?
La Raccolta enrichit d'indulgences, applicables aux défunts, les prières de suffrage comme celles de cette neuvaine ; l'indulgence plénière requiert les conditions ordinaires (confession, communion, prière aux intentions du Souverain Pontife). Les indulgences du 2 novembre et de la visite des cimetières s'y ajoutent.
Existe-t-il une version courte ?
Oui : le Requiem aeternam ou le De profundis, dits chaque jour pendant neuf jours, avec un Notre Père et un Je vous salue Marie. Mais la neuvaine complète, avec ses méditations, nourrit aussi la conversion de celui qui prie.
Les âmes du Purgatoire peuvent-elles nous aider ?
Elles ne peuvent plus mériter pour elles-mêmes, mais la piété catholique, avec saint Alphonse, tient qu'elles prient pour nous ; une fois entrées au Ciel, elles n'oublient pas leurs bienfaiteurs.
Priez chaque jour pour vos défunts avec la neuvaine complète, le De profundis et l'Office des morts dans l'application Iter Fidei, fidèle à la tradition catholique de 1962. Rejoignez l'accès anticipé ici.
Sources. Sainte Écriture (II Machabées XII, 46 ; psaume 129), traduction de l'abbé Fillion ; concile de Florence (1439) ; concile de Trente, session XXV, décret sur le Purgatoire (1563) ; Catéchisme du concile de Trente ; Catéchisme de saint Pie X ; Missel romain de 1962, Commémoraison de tous les fidèles défunts ; The Raccolta (1950) ; Benoît XV, constitution Incruentum altaris (1915) ; saint Alphonse-Marie de Liguori, Du grand moyen de la prière.