Les Dévotions
Neuvaine à sainte Monique : le texte des neuf jours
La neuvaine à sainte Monique, mère de saint Augustin et patronne des mères éprouvées : le texte complet des neuf jours, la prière quotidienne, la version courte, la version à imprimer et la vie de la sainte.
La neuvaine à sainte Monique se prie pour un enfant, un époux, un ami que la foi a quitté : pour une famille divisée, pour un foyer où l'on ne prie plus. Elle demande cette intercession-là parce que Monique, durant près de dix-sept ans, a pleuré et prié pour son fils Augustin sans jamais se lasser — et l'a obtenu. On la commence traditionnellement le 25 avril, pour l'achever à la veille de sa fête, le 4 mai au calendrier de 1962 ; mais elle se prie en tout temps, dès que la peine presse.
Prière quotidienne à sainte Monique
Au nom du Père,
et du Fils,
et du Saint-Esprit.
Ainsi soit-il.
Recueillez-vous un instant, puis récitez la prière quotidienne, que l'on dit chacun des neuf jours avant la méditation propre au jour.
Ô Dieu, qui avez eu pitié des larmes de sainte Monique et qui, à ses instantes prières, avez accordé à son fils non seulement la conversion, mais encore une si grande sainteté : donnez-nous la grâce de prier pour les nôtres avec la même ferveur et la même humilité qu'elle, afin que nous obtenions leur salut et que nous méritions le nôtre. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui vit et règne dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Sainte Monique, modèle des mères chrétiennes et consolation de tous les affligés, regardez mes peines et prenez sous votre protection celui que je vous nomme.
Nommez ici, simplement, celui ou celle que vous confiez à sainte Monique, et la grâce que vous demandez — la même durant les neuf jours.
Obtenez-moi cette persévérance qui, dix-sept années durant, ne se lassa ni de pleurer ni de prier ; que je ne doute pas, que je ne me décourage pas, mais que j'attende avec confiance l'heure de la miséricorde de Dieu. Ainsi soit-il.
Le texte complet de la neuvaine à sainte Monique : les neuf jours
Chaque jour, après la prière quotidienne ci-dessus, on lit la méditation propre au jour, on récite la prière qui la suit, puis le Notre Père, trois Je vous salue Marie et le Gloire au Père, et l'on achève par le verset du jour.
Premier jour — La foi vive de Monique
Monique naquit vers 332 à Thagaste, en Afrique du Nord, de parents chrétiens. Une vieille servante l'éleva dans une discipline ferme ; et quand l'enfant, envoyée au cellier, se mit à goûter le vin en cachette, un mot cinglant d'une servante — celle-ci l'appela « ivrognesse » — la guérit pour toujours de ce penchant. Augustin, qui rapporte l'histoire, y voit la main de Dieu. Elle a d'abord obtenu pour elle-même une foi vivante, avant de l'obtenir pour son fils : c'est toujours par là que commence l'intercession.
Sainte Monique, avant de demander la foi pour votre fils, vous l'avez vécue vous-même, humblement, sans éclat, dans les devoirs de chaque jour : obtenez-nous d'abord cette foi vive et agissante, afin que celui pour qui nous prions puisse la lire dans notre vie avant de l'entendre sur nos lèvres.
Notre Père, qui êtes aux cieux :
Que votre nom soit sanctifié.
Que votre règne arrive.
Que votre volonté soit faite
sur la terre comme au ciel.
Donnez-nous aujourd'hui
notre pain quotidien.
Et pardonnez-nous nos offenses,
comme nous pardonnons
à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laissez pas succomber à la tentation,
mais délivrez-nous du mal.
Ainsi soit-il.
Puis trois fois le Je vous salue Marie :
Je vous salue, Marie, pleine de grâce,
le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pécheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Ainsi soit-il.
Gloire au Père, et au Fils,
et au Saint-Esprit.
Comme il était au commencement,
maintenant et toujours,
et dans les siècles des siècles.
Ainsi soit-il.
V. Sainte Monique, diamant d'une foi inébranlable,
R. priez pour nous.
Deuxième jour — L'épouse d'un mari païen
Monique fut mariée à Patricius, citoyen de Thagaste, païen généreux mais emporté et infidèle. Elle ne lui rendit jamais injure pour injure : elle attendait que sa colère fût tombée pour lui parler. Aux matrones qui se plaignaient de leurs maris, elle disait en souriant que la langue attire souvent sur nous ce dont nous nous plaignons. Sa patience et son exemple gagnèrent à la foi non seulement son mari — baptisé l'année qui précéda sa mort, en 371 — mais encore sa belle-mère acariâtre.
Sainte Monique, vous avez porté sans amertume les duretés d'un époux païen, et vous l'avez conduit au baptême par la douceur plutôt que par les reproches : obtenez à ceux qui vivent auprès d'un conjoint éloigné de Dieu la patience qui n'aigrit pas, la paix qui ne cède pas, et cette bonté patiente qui, seule, ouvre les cœurs fermés.
Puis le Notre Père, trois Je vous salue Marie et le Gloire au Père, comme au premier jour.
V. Sainte Monique, modèle des épouses, qui avez gagné par vos vertus un mari incroyant,
R. priez pour nous.
Troisième jour — Les larmes de la mère
Augustin, l'aîné et le plus doué de ses enfants, tomba dans l'hérésie des manichéens et mena une vie de désordre. Sa mère en souffrit comme d'une mort : elle refusa un temps de l'admettre à sa table, pour ne pas entendre ses blasphèmes ; mais elle ne cessa jamais de prier. « Elle pleurait sur moi devant vous plus que les mères ne pleurent leurs morts », écrira le fils dans ses Confessions. Ses larmes n'étaient pas du désespoir : c'était sa manière de porter son fils devant Dieu, chaque jour, sans se lasser.
Sainte Monique, vous n'avez pas obtenu la conversion de votre fils par des reproches, mais par la prière et les larmes : obtenez à tous ceux qui portent la peine d'un proche éloigné de Dieu de ne jamais accuser ni s'accuser, mais de prier avec confiance ; et pour celui que je vous confie, la grâce d'un vrai retour au Seigneur.
Puis le Notre Père, trois Je vous salue Marie et le Gloire au Père, comme au premier jour.
V. Sainte Monique, mère de saint Augustin, qui versiez d'amères larmes durant son égarement,
R. priez pour nous.
Quatrième jour — « Le fils de tant de larmes »
Monique pressait les évêques de discuter avec son fils et de le réfuter. L'un d'eux, un vieil homme qui avait été lui-même manichéen dans sa jeunesse, refusa : Augustin n'était pas encore mûr, il fallait laisser Dieu faire. Comme elle insistait et pleurait, il lui dit ces mots qui sont devenus l'espérance de toutes les mères : « Va, et vis ainsi ; il est impossible que le fils de tant de larmes périsse. » Elle reçut cette parole, écrit Augustin, comme si elle était descendue du Ciel.
Sainte Monique, une parole d'espérance vous fut donnée quand tout paraissait perdu, et vous l'avez gardée comme un trésor durant les longues années d'attente : obtenez-nous de croire, contre toute apparence, que Dieu n'a pas dit son dernier mot sur celui que nous aimons, et que rien n'est perdu tant qu'on prie.
Puis le Notre Père, trois Je vous salue Marie et le Gloire au Père, comme au premier jour.
V. Sainte Monique, qui avez racheté par vos larmes la conversion de votre fils,
R. priez pour nous.
Cinquième jour — La vision de la règle de bois
Une nuit, Dieu consola sa servante par un songe. Elle se voyait debout sur une règle de bois, pleurant ; un jeune homme resplendissant s'approcha et lui demanda pourquoi elle pleurait. Elle répondit qu'elle pleurait la perte de son fils. Il lui dit de regarder : là où elle était, il était aussi. Et en effet, elle vit Augustin debout auprès d'elle, sur la même règle. Elle raconta le songe à son fils, qui voulut le tourner à sa manière ; mais elle répondit aussitôt : « Non ; il ne m'a pas été dit : là où il est, tu es aussi ; mais : là où tu es, il est aussi. » Neuf années s'écoulèrent encore avant que le songe s'accomplît.
Sainte Monique, vous vous êtes tenue debout sur la règle de la foi, et de là vous avez attendu votre fils sans jamais descendre vers son erreur : obtenez-nous de tenir ferme là où Dieu nous a placés, sans rien céder de la vérité ni rien retrancher de la charité, jusqu'à ce que celui que nous attendons vienne s'y tenir avec nous.
Puis le Notre Père, trois Je vous salue Marie et le Gloire au Père, comme au premier jour.
V. Sainte Monique, fidèle mère de tous les pécheurs égarés,
R. priez pour nous.
Sixième jour — La persévérance : jusqu'à Milan
Voulant échapper à sa mère, Augustin s'embarqua secrètement pour Rome : il la laissa priant toute une nuit dans une chapelle près du port, et prit la mer sans elle. Elle pleura amèrement de cette tromperie — et repartit sur ses traces. Elle le suivit à Rome, puis à Milan, traversant la mer et les routes de l'Empire pour ne pas le lâcher. Ce n'était pas une mère qui s'accroche : c'était une croyante qui savait où l'on obtient les grâces, et qui ne voulait pas abandonner le siège avant la reddition de la place.
Sainte Monique, trompée, humiliée, vous n'avez pas abandonné : obtenez-nous de ne pas nous lasser quand la prière semble longue et sans réponse, de recommencer chaque jour, et de croire que Dieu compte nos années d'attente comme il a compté les vôtres.
Puis le Notre Père, trois Je vous salue Marie et le Gloire au Père, comme au premier jour.
V. Sainte Monique, qui ne cessiez jamais dans vos ferventes prières,
R. priez pour nous.
Septième jour — Les instruments de Dieu : saint Ambroise
À Milan, Monique s'attacha à l'évêque Ambroise, qui l'aimait comme une fille et disait à Augustin qu'il était le fils de tant de larmes. Le jeune rhéteur alla d'abord entendre l'évêque par curiosité de son éloquence ; mais avec les mots entraient les choses, et la vérité gagnait le cœur à mesure que l'oreille se laissait charmer. Dieu convertit rarement seul : il envoie un prêtre, un ami, un livre, une rencontre. Monique ne fit pas le sermon d'Ambroise, mais elle avait obtenu qu'il fût entendu.
Sainte Monique, Dieu s'est servi d'un saint évêque pour achever ce que votre prière avait commencé : obtenez à celui que je vous confie de rencontrer sur sa route des hommes droits, un prêtre fidèle, une parole vraie ; et qu'il soit délivré des compagnies et des lectures qui l'éloignent de Dieu.
Puis le Notre Père, trois Je vous salue Marie et le Gloire au Père, comme au premier jour.
V. Sainte Monique, aussi prudente que zélée à chercher le salut de votre fils,
R. priez pour nous.
Huitième jour — Le baptême d'Augustin
En août 386, dans le jardin de Milan, Augustin entendit la voix d'un enfant qui chantait : « Prends et lis. » Il ouvrit l'Épître aux Romains, et la grâce fit le reste. Il courut annoncer à sa mère que la lutte était finie. Elle exulta, écrit-il, et bénit Dieu, qui pouvait faire au-delà de ce qu'elle demandait. À la vigile pascale de 387, saint Ambroise le baptisa. Ce que dix-sept ans de larmes avaient demandé, une seule nuit l'accomplit : Dieu ne tarde que pour donner davantage.
Sainte Monique, votre plus grand désir fut de voir votre fils enfant de l'Église et nourri des sacrements : obtenez à celui que je vous confie la soif de la confession et de la sainte Communion, et le courage du premier pas vers le prêtre ; et donnez-nous, s'il le faut, la patience d'attendre encore.
Puis le Notre Père, trois Je vous salue Marie et le Gloire au Père, comme au premier jour.
V. Sainte Monique, qui avez reçu la consolation de le voir fidèle à Dieu,
R. priez pour nous.
Neuvième jour — Ostie : « rien n'est loin de Dieu »
Sur le chemin du retour vers l'Afrique, à Ostie, la mère et le fils, accoudés à une fenêtre qui donnait sur un jardin, s'entretinrent de la vie éternelle : et, portés d'un même élan, ils touchèrent un instant la Sagesse qui demeure. « Mon fils, dit-elle, plus rien ne me retient ici. Tout ce que je désirais est accompli : je te vois catholique. » Quelques jours après, elle tomba malade. Comme on s'inquiétait qu'elle mourût loin de son pays, elle répondit : « Rien n'est loin de Dieu. » Elle s'endormit à Ostie, dans sa cinquante-sixième année, l'an 387, son fils près d'elle.
Sainte Monique, vous avez tout remis entre les mains de Dieu et vous êtes morte en paix, loin de votre terre mais tout près de Lui : je vous confie une dernière fois celui pour qui j'ai prié ces neuf jours, et je remercie d'avance pour la grâce que Dieu accordera, en son heure et à sa manière. Que je sache attendre, et que je ne cesse jamais de prier.
Puis le Notre Père, trois Je vous salue Marie et le Gloire au Père, comme au premier jour.
V. Sainte Monique, qui avez pleuré votre fils sur la terre et vous réjouissez éternellement au Ciel,
R. priez pour nous.
Prière de conclusion de la neuvaine
Après le neuvième jour — ou, si l'on veut, à la fin de chaque journée — on achève par le verset et la collecte du Missel romain de la fête de sainte Monique, veuve, au 4 mai.
V. Priez pour nous, sainte Monique.
R. Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.
Prions.
Ô Dieu, consolateur des affligés et salut de ceux qui espèrent en vous, qui avez accueilli avec miséricorde les pieuses larmes de la bienheureuse Monique pour la conversion de son fils Augustin : accordez-nous, par l'intercession de l'un et de l'autre, de pleurer nos péchés et de trouver le pardon de votre grâce. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui vit et règne avec vous en l'unité du Saint-Esprit, Dieu, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Au nom du Père,
et du Fils,
et du Saint-Esprit.
Ainsi soit-il.
Neuvaine à sainte Monique pour la conversion d'un proche
C'est l'intention pour laquelle cette neuvaine existe, et il est bon de la nommer sans détour : un fils qui ne croit plus, une fille qui vit loin des sacrements, un mari qui refuse d'entendre parler de Dieu, un frère devenu hostile. La prière quotidienne réserve exprès un silence pour ce nom-là — et l'on garde la même intention, avec les mêmes mots, les neuf jours durant. Trois règles se dégagent de la vie de Monique et gouvernent cette neuvaine. D'abord, ne pas prier contre quelqu'un : elle n'a rien obtenu par les reproches, tout par les larmes. Ensuite, ne pas fixer d'échéance à Dieu : elle a attendu dix-sept ans, dont neuf encore après la vision qui l'assurait déjà du retour de son fils. Enfin, ne pas s'arrêter à la neuvaine : si le neuvième jour passe sans rien changer, recommencez, comme elle a recommencé chaque matin.
On peut aussi la prier pour une famille divisée, pour un foyer où la prière commune s'est éteinte, ou pour soi-même quand on est celle qui porte seule la foi de la maison.
Version courte de la neuvaine à sainte Monique
Pour ceux qui manquent de temps, on peut se borner chaque jour, neuf jours de suite, à la prière quotidienne ci-dessus — avec le nom de son intention — suivie d'un Notre Père, d'un Je vous salue Marie et du Gloire au Père, et de l'invocation : « Sainte Monique, priez pour nous. » L'essentiel n'est pas la longueur, mais la constance : Monique n'a pas fait de longs discours, elle a tenu bon.
Neuvaine à sainte Monique en PDF, à imprimer ou à télécharger
Beaucoup cherchent la neuvaine à sainte Monique « en pdf », « à imprimer » ou « à télécharger », pour la garder sur soi et la réciter aux mêmes heures. Le texte ci-dessus suffit à cet usage : prière quotidienne, neuf jours, versets et collecte, il se copie et s'imprime tel quel pour former un livret de neuvaine. Méfiez-vous simplement des fichiers glanés au hasard : les textes y sont souvent tronqués, retouchés ou dépouillés de la collecte du Missel. Plus simple encore, l'application Iter Fidei vous conduit d'un jour à l'autre sans rien imprimer et vous rappelle chaque jour votre intention.
Comment faire la neuvaine à sainte Monique
Quand la commencer ? La coutume la plus répandue est de la commencer le 25 avril pour l'achever le 3 mai, à la veille de la fête de sainte Monique, fixée au 4 mai dans le calendrier de 1962 ; d'autres la commencent le 26 avril, afin que le neuvième jour tombe le jour même de la fête. Les deux usages sont bons. Mais une neuvaine de demande se prie en tout temps, dès que la peine presse : on peut donc la commencer n'importe quel jour de l'année.
Comment la réciter ? Choisissez une heure fixe, la même chaque jour, et tenez-la. Chaque jour :
- Recueillez-vous par le signe de croix et un instant de silence.
- Récitez la prière quotidienne, en nommant votre intention avec les mêmes mots qu'au premier jour.
- Lisez et méditez la page propre au jour, puis récitez la prière qui la suit.
- Achevez par le Notre Père, trois Je vous salue Marie, le Gloire au Père et le verset du jour.
Le neuvième jour. Redoublez de confiance et, si vous le pouvez, assistez à la sainte Messe en offrant votre communion à l'intention de la neuvaine. Rien ne soutient une prière d'intercession comme l'état de grâce : allez d'abord à la confession. Et si vous n'obtenez pas ce que vous demandiez, ne concluez pas que Dieu n'a pas entendu : recommencez, ou confiez la même cause à d'autres avocats du Ciel — sainte Rita pour les causes désespérées, saint Jude pour les situations sans issue.
Qui était sainte Monique ?
Nous ne savons presque rien de sainte Monique en dehors de ce que son fils en a écrit, principalement au livre IX des Confessions : c'est là toute notre documentation, et il faut le dire honnêtement. La lettre où saint Augustin raconterait la mort de sa mère à sa sœur Perpétue, souvent citée dans les recueils de piété, n'est certainement pas authentique.
Née vers 332 en Afrique romaine — probablement à Thagaste, à une centaine de kilomètres de Carthage, l'actuelle Souk Ahras en Algérie —, elle appartenait à une famille chrétienne de condition honnête. Mariée jeune à Patricius, décurion de la cité, elle eut au moins trois enfants qui survécurent : deux fils, dont Augustin l'aîné, et une fille. Veuve en 371, elle avait alors une quarantaine d'années et ne se remaria pas : le Missel de 1962 la fête d'ailleurs au 4 mai comme veuve, et non comme mère, car c'est la sainteté de son veuvage que l'Église honore. Le reste de sa vie se confond avec le long siège spirituel dont les méditations ci-dessus donnent les étapes — Carthage, Thagaste, Rome, Milan, Ostie — et s'achève à Ostie en 387, dans sa cinquante-sixième année.
Les Confessions nous montrent aussi ce que la neuvaine ne dit pas : une femme d'un jugement remarquable, très versée dans l'Écriture, capable de tenir sa place dans les entretiens philosophiques de Cassiciacum ; et une chrétienne parfaitement docile à l'Église. Elle portait en Afrique du pain et du vin aux tombeaux des martyrs ; saint Ambroise ayant interdit cet usage à Milan comme trop proche des parentalia païens, elle y renonça sur-le-champ. C'est encore pour elle que fut donnée la réponse d'Ambroise passée dans le droit canonique : « Quand je suis ici, je ne jeûne pas le samedi ; quand je suis à Rome, je jeûne. Suivez la coutume de l'Église du lieu où vous êtes. »
Un point demande la même franchise : on ne trouve guère de trace d'un culte public de sainte Monique avant la translation de ses reliques d'Ostie à Rome, que l'on rapporte à 1430 — son corps repose depuis à l'église Saint-Augustin, à Rome. Sa gloire liturgique est donc tardive, mais sa figure, elle, est attestée dès le IVe siècle par un témoin de premier ordre : son fils, qui demande dans ses Confessions qu'on prie pour elle, et pour qui les générations ont fini par la prier. Elle est la patronne des mères chrétiennes, des épouses de maris difficiles, des veuves et des familles divisées — patronages qui ne doivent rien à une légende et tout à ce qu'elle a réellement porté.
Questions Fréquentes
Comment faire la neuvaine à sainte Monique ?
Neuf jours de suite, à heure fixe : la prière quotidienne en nommant votre intention, la méditation et la prière propres au jour, puis le Notre Père, trois Je vous salue Marie et le Gloire au Père. Le tout demande environ dix minutes.
Quand faire la neuvaine à sainte Monique ?
Traditionnellement du 25 avril au 3 mai, veille de sa fête au 4 mai (calendrier de 1962) ; certains la commencent le 26 avril pour finir le jour de la fête. Elle se prie aussi en tout temps, dès qu'une intention presse.
Pourquoi prier sainte Monique ?
Parce qu'elle a obtenu ce que nous demandons : la conversion d'un être aimé. Elle est la patronne des mères éprouvées, des épouses de maris difficiles, des veuves et des familles divisées.
Existe-t-il une neuvaine à sainte Monique en PDF ?
Le texte complet ci-dessus s'imprime tel quel et forme un livret de neuvaine. Sur les fichiers trouvés au hasard, vérifiez qu'il ne manque ni la prière quotidienne ni la collecte du Missel.
Peut-on faire la neuvaine à sainte Monique pour son fils ou son mari ?
Oui : c'est son objet même. Monique a obtenu le baptême de son mari païen Patricius, puis la conversion de son fils. Nommez la personne au moment prévu de la prière quotidienne, et gardez la même intention les neuf jours.
Sainte Monique est-elle bien la mère de saint Augustin ?
Oui. Tout ce que nous savons d'elle vient des écrits de son fils, saint Augustin, évêque d'Hippone et docteur de l'Église, dont elle obtint la conversion après près de dix-sept ans de prière.
Que faire si la neuvaine n'est pas exaucée ?
Recommencer. Monique a prié dix-sept ans, dont neuf après la vision qui l'assurait déjà de la conversion de son fils. Une neuvaine n'est pas un délai imposé à Dieu : c'est une école de persévérance.
Sur l'application Iter Fidei, priez la neuvaine à sainte Monique jour après jour, avec les rappels quotidiens, l'audio des prières et tout le trésor de la prière traditionnelle à portée de main. Téléchargez-la ici.
Sources. Sainte Écriture, traduction de l'abbé Fillion ; saint Augustin, Confessions, livres III, VI et IX ; Butler, Vies des Saints, au 4 mai ; Missel romain, messe de sainte Monique, veuve (4 mai) ; Martyrologe romain ; neuvaine traditionnelle à sainte Monique telle que recueillie dans les manuels de prière.