Les Neuvaines
Neuvaine au Sacré-Cœur de Jésus
Le texte complet de la neuvaine au Sacré-Cœur de Jésus, celle que récitait le Padre Pio : les trois invocations, la prière quotidienne et les neuf jours, avec les variantes pour une cause difficile, le jour de la fête et la vie de sainte Marguerite-Marie.

La neuvaine au Sacré-Cœur de Jésus est une prière de neuf jours par laquelle nous nous présentons au Cœur ouvert du Sauveur, source inépuisable de miséricorde, pour lui confier une grâce précise avec une confiance sans réserve. On la récite en toute saison, mais spécialement dans les neuf jours qui préparent la fête du Sacré-Cœur, au mois de juin, ou pour préparer les premiers vendredis du mois. Elle convient à qui traverse une épreuve, une maladie, une cause qui semble désespérée, et veut s'appuyer sur la parole même de Notre-Seigneur : « Demandez, et vous recevrez. »
Le texte complet de la neuvaine au Sacré-Cœur de Jésus
La neuvaine la plus répandue, et de beaucoup la plus demandée, est celle qu'on appelle la neuvaine efficace ou irrésistible au Sacré-Cœur. Elle est tout entière tissée des paroles de l'Évangile : nous ne demandons rien de nous-mêmes, nous rappelons à Notre-Seigneur ses propres promesses. Le Padre Pio (mort en 1968, canonisé en 2002) la récitait chaque jour pour toutes les personnes qui s'étaient recommandées à sa prière ; c'est pourquoi on la lui attribue souvent. On la dit le même texte, les neuf jours de suite, en nommant chaque fois la grâce désirée. C'est une prière de dévotion d'origine incertaine, sans texte liturgique ni approbation propre ; la prière officielle de l'Église est la collecte de la messe du Sacré-Cœur, au Missel romain, donnée plus bas.
Prière quotidienne
I. Ô mon Jésus, vous avez dit : « En vérité, je vous le dis, demandez et vous recevrez, cherchez et vous trouverez, frappez et l'on vous ouvrira. » Voici que je frappe, que je cherche et que je demande la grâce de… (nommer ici la grâce désirée).
Notre Père. Je vous salue, Marie. Gloire au Père.
Sacré-Cœur de Jésus, j'ai confiance et j'espère en vous.
II. Ô mon Jésus, vous avez dit : « En vérité, je vous le dis, tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, il vous l'accordera. » Voici qu'à votre Père, en votre nom, je demande la grâce de… (nommer la grâce désirée).
Notre Père. Je vous salue, Marie. Gloire au Père.
Sacré-Cœur de Jésus, j'ai confiance et j'espère en vous.
III. Ô mon Jésus, vous avez dit : « En vérité, je vous le dis, le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. » Voici que, m'appuyant sur l'infaillibilité de vos saintes paroles, je demande la grâce de… (nommer la grâce désirée).
Notre Père. Je vous salue, Marie. Gloire au Père.
Sacré-Cœur de Jésus, j'ai confiance et j'espère en vous.
Oraison. Ô Cœur de Jésus, à qui il est impossible de ne pas avoir compassion des affligés, ayez pitié de nous, pauvres pécheurs, et accordez-nous la grâce que nous vous demandons, par le Cœur douloureux et immaculé de Marie, votre tendre Mère et la nôtre. Amen.
(On dit ensuite le Salve Regina, puis :)
Saint Joseph, père nourricier du Sacré-Cœur de Jésus, priez pour nous.
Les trois textes cités sont tirés de l'Évangile : saint Matthieu VII, 7 ; saint Jean XVI, 23 ; et saint Matthieu XXIV, 35. Le Notre Père, le Je vous salue Marie et le Gloire au Père sont les trois oraisons qui ferment chaque invocation.
Les neuf jours : méditations et intentions
À la prière quotidienne, on ajoute chaque jour une brève méditation sur les richesses du Cœur de Jésus. Les thèmes qui suivent sont pris des douze promesses faites par Notre-Seigneur à sainte Marguerite-Marie et des invocations des litanies du Sacré-Cœur ; ils nourrissent la confiance sans rien ajouter d'étranger à la dévotion.
- Premier jour — L'amour du Cœur de Jésus. « Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes. » Nous adorons cet amour et nous lui offrons le nôtre, si froid. Intention : la conversion de notre propre cœur.
- Deuxième jour — La confiance. Le Sauveur promet de bénir les maisons où son image sera exposée et honorée. Intention : notre famille et notre foyer.
- Troisième jour — La paix. « Je mettrai la paix dans leurs familles. » Intention : la réconciliation, les discordes à apaiser.
- Quatrième jour — Le refuge dans l'épreuve. « Je serai leur refuge assuré pendant la vie et surtout à la mort. » Intention : nos malades et nos mourants.
- Cinquième jour — La miséricorde pour les pécheurs. « Les pécheurs trouveront dans mon Cœur la source et l'océan infini de la miséricorde. » Intention : les âmes endurcies, les incroyants.
- Sixième jour — La ferveur retrouvée. « Les âmes tièdes deviendront ferventes. » Intention : notre persévérance et notre vie de prière.
- Septième jour — La sainteté des œuvres. « Je répandrai d'abondantes bénédictions sur toutes leurs entreprises. » Intention : notre travail, nos devoirs d'état.
- Huitième jour — La grâce de la fin heureuse. La grande promesse des premiers vendredis : la grâce de la persévérance finale à qui communiera neuf premiers vendredis de suite. Intention : la grâce d'une bonne mort.
- Neuvième jour — La réparation. Nous offrons cette neuvaine en réparation des outrages faits au Cœur de Jésus dans le Saint Sacrement. Intention : la grâce précise demandée depuis le premier jour.
On termine volontiers chaque journée par la courte invocation : « Doux Cœur de Jésus, soyez mon amour. »
L'oraison de la fête du Sacré-Cœur
Le dernier jour, ou chaque jour si l'on veut, on conclut par l'invocation « Jésus, doux et humble de cœur » et par la collecte de la messe du Sacré-Cœur au Missel romain de 1962 (texte latin à la suite) :
V. Jésus, doux et humble de cœur.
R. Rendez notre cœur semblable au vôtre.Prions. Ô Dieu, qui daignez nous accorder miséricordieusement, dans le Cœur de votre Fils blessé par nos péchés, les trésors infinis de votre amour : faites, nous vous en supplions, qu'en lui rendant le pieux hommage de notre dévotion, nous lui offrions aussi le devoir d'une digne réparation. Par le même Jésus-Christ votre Fils, notre Seigneur, qui vit et règne avec vous, en l'unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Deus, qui nobis in Corde Filii tui, nostris vulnerato peccatis, infinitos dilectionis thesauros misericorditer largiri dignaris: concede, quaesumus; ut, illi devotum pietatis nostrae praestantes obsequium, dignae quoque satisfactionis exhibeamus officium. Per eundem Dominum nostrum Iesum Christum, Filium tuum, qui tecum vivit et regnat in unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia saecula saeculorum. Amen.
Les variantes de la neuvaine
La neuvaine « irrésistible » ou pour une cause désespérée. C'est le nom qu'on donne à la neuvaine efficace donnée plus haut, parce qu'elle s'appuie sur la parole infaillible de Dieu. On la récite telle quelle pour les causes les plus difficiles ; c'est la même que celle du Padre Pio.
La neuvaine de confiance. Sous ce titre circule encore le même texte, dont le refrain — « Sacré-Cœur de Jésus, j'ai confiance et j'espère en vous » — donne son nom à toute la prière.
La version courte. Pour les journées chargées, on peut réduire la neuvaine à sa seule oraison-jaculatoire, répétée avec ferveur : « Cœur Sacré de Jésus, j'ai confiance en vous. » Enrichie d'indulgence, cette invocation résume toute la dévotion et peut se dire à tout moment.
L'acte de consécration au Sacré-Cœur. À la fin de la neuvaine, ou le jour de la fête, il est bon de se consacrer au Cœur de Jésus. On peut reprendre l'acte de consécration du genre humain au Sacré-Cœur, prescrit par Léon XIII en 1899, ou tout acte de consécration approuvé : il unit toute notre vie à ce Cœur, comme la consécration à Marie nous remet entre les mains de sa Mère.
La version à imprimer ou en PDF. Beaucoup cherchent un feuillet à emporter. Plutôt qu'un fichier vite égaré, notre application conserve le texte intégral, avec les neuf jours et les invocations, prêt à prier hors ligne — voir le Sacré-Cœur de Jésus.
Comment réciter cette neuvaine
Une neuvaine, ce sont neuf jours consécutifs de prière ; c'est le sens du mot, hérité des neuf jours durant lesquels les Apôtres et la Sainte Vierge prièrent au Cénacle entre l'Ascension et la Pentecôte (voir qu'est-ce qu'une neuvaine). On récite chaque jour la même prière, en nommant la grâce demandée, sans jamais interrompre la série. Si l'on manque un jour, la coutume est de reprendre au début.
On peut commencer la neuvaine n'importe quand. Mais deux moments sont privilégiés : les neuf jours qui précèdent la fête du Sacré-Cœur, pour l'achever la veille de la fête ; et les neuf jours conduisant à un premier vendredi du mois, jour consacré au Cœur de Jésus. Le mois de juin tout entier est le mois du Sacré-Cœur, et convient particulièrement à cette dévotion.
La date de la fête. La fête du Sacré-Cœur n'a pas de date fixe : elle tombe le vendredi qui suit l'octave de la Fête-Dieu, c'est-à-dire le troisième vendredi après la Pentecôte. C'est ce jour que Notre-Seigneur lui-même réclama de sainte Marguerite-Marie. Elle tombe entre la fin du mois de mai et les premiers jours de juillet, le plus souvent en juin. Pour la préparer, on commencera la neuvaine neuf jours plus tôt. La solennité s'accompagne heureusement de l'adoration eucharistique, car c'est dans le Saint Sacrement que le Cœur de Jésus continue de nous aimer.
Qui était sainte Marguerite-Marie et l'histoire de la dévotion
La dévotion au Sacré-Cœur, telle que l'Église la pratique aujourd'hui, est née au XVIIe siècle, dans une France où l'amour de Dieu s'était refroidi, en partie sous l'influence glaçante du jansénisme, qui présentait un Dieu sévère et avare de son amour. Pour rallumer ce feu, la Providence suscita trois grands apôtres du Cœur de Jésus : saint Jean Eudes, le bienheureux Claude La Colombière, et surtout sainte Marguerite-Marie Alacoque.
Née en 1647 à L'Hautecour, en Bourgogne, cinquième des sept enfants d'un notaire, elle fut une enfant pieuse, qui fit sa première communion à neuf ans. Une longue maladie la retint au lit jusqu'à quinze ans ; à la mort de son père, sa mère et elle furent traitées presque en servantes par la parenté, et la petite Marguerite cherchait sa consolation cachée dans un coin du jardin, à prier. Malgré les instances de sa famille qui la pressait de se marier, elle entra en juin 1671 chez les religieuses de la Visitation, à Paray-le-Monial.
C'est là, agenouillée seule devant le Saint Sacrement exposé, que le 27 décembre 1673 elle reçut la première des grandes révélations : Notre-Seigneur l'invita à prendre la place que saint Jean avait occupée à la Cène, lui découvrit son Cœur, et lui dit qu'il l'avait choisie pour répandre la dévotion à ce Cœur. Pendant dix-huit mois, les apparitions se succédèrent. Dans l'octave de la Fête-Dieu de 1675 vint la révélation décisive : montrant son Cœur, le Sauveur dit ces mots demeurés célèbres — « Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes qu'il n'a rien épargné jusqu'à s'épuiser et se consumer pour leur témoigner son amour ; et pour reconnaissance je ne reçois de la plupart que des ingratitudes… » Il demanda qu'une fête de réparation fût instituée le vendredi après l'octave de la Fête-Dieu.
Sa supérieure la mortifia d'abord, des théologiens crurent à une illusion ; mais Notre-Seigneur lui avait promis un directeur éclairé, et ce fut le bienheureux Claude La Colombière, jésuite, qui reconnut l'authenticité de ses grâces et embrassa lui-même la dévotion. De là sont venues les pratiques que les catholiques ont faites leurs : la communion des neuf premiers vendredis du mois et l'Heure Sainte du jeudi soir, en mémoire de l'agonie de Gethsémani. Marguerite-Marie mourut à Paray-le-Monial en octobre 1690, disant : « Je n'ai plus besoin que de Dieu, et de me perdre dans le Cœur de Jésus. » Elle fut canonisée en 1920.
La dévotion, portée par ses filles de la Visitation et par les Jésuites, se répandit dans toute la France, puis dans l'Église entière. La fête du Sacré-Cœur, d'abord accordée par Clément XIII en 1765, fut étendue à l'Église universelle par Pie IX en 1856, et Léon XIII consacra le genre humain tout entier au Sacré-Cœur en 1899. Le Cœur de Jésus n'est pas une image parmi d'autres : c'est le Sacré-Cœur de chair du Verbe fait homme, symbole de cet amour infini qui l'a conduit jusqu'à la croix. Sur la vie de la sainte, on lira notre notice de sainte Marguerite-Marie.
Questions Fréquentes
Comment faire la neuvaine au Sacré-Cœur de Jésus ?
On récite, neuf jours de suite et sans interruption, la prière quotidienne donnée plus haut : les trois invocations « Ô mon Jésus, vous avez dit… », chacune suivie d'un Notre Père, d'un Je vous salue Marie et d'un Gloire au Père, en nommant chaque fois la grâce demandée, puis l'oraison finale. On peut y ajouter la méditation du jour.
Comment prier la neuvaine du Sacré-Cœur pour qu'elle soit efficace ?
Son efficacité ne tient pas à une formule magique, mais à la foi et à la confiance. Notre-Seigneur promet d'exaucer ce qu'on demande en son nom ; encore faut-il demander avec persévérance, un cœur droit, et la soumission à la volonté de Dieu, qui sait mieux que nous ce qui nous est bon. La neuvaine « irrésistible » n'est irrésistible que par la fidélité de Dieu à sa parole.
Combien de temps dure la neuvaine du Sacré-Cœur ?
Neuf jours, ni plus ni moins : c'est le sens même du mot neuvaine. Elle ne dure pas des mois. On la confond parfois avec la dévotion des neuf premiers vendredis, qui, elle, s'étend sur neuf mois — une communion chaque premier vendredi, neuf mois de suite.
La neuvaine « irrésistible » est-elle vraiment de Padre Pio ?
Le Padre Pio (canonisé en 2002) la récitait chaque jour, et l'a fait connaître ; mais il ne l'a pas composée. On l'attribue couramment à sainte Marguerite-Marie, sans que cette attribution soit établie avec certitude : c'est une neuvaine « efficace » composée uniquement de paroles de l'Évangile. On la lui attribue par affection et reconnaissance, non parce qu'il en serait l'auteur. Voir la neuvaine à Padre Pio.
Quand commencer la neuvaine au Sacré-Cœur ?
Quand on veut, car toute intention peut la motiver. Les moments les plus indiqués sont les neuf jours qui précèdent la fête du Sacré-Cœur, en juin, et ceux qui conduisent à un premier vendredi du mois. Le mois de juin entier lui est consacré.
Peut-on faire cette neuvaine pour une cause désespérée ?
Oui, c'est même sa vocation propre. Nombreux sont ceux qui la récitent pour une guérison, une conversion, un travail, une situation sans issue. On la présente alors comme neuvaine « pour les causes difficiles » : le même texte, dit avec une confiance d'autant plus grande que l'épreuve est lourde.
Quelle différence avec la neuvaine à la Miséricorde Divine ?
Les deux dévotions adorent le même Cœur d'où jaillissent le sang et l'eau. La dévotion au Sacré-Cœur, révélée à sainte Marguerite-Marie, est la forme traditionnelle et antérieure ; la neuvaine à la Miséricorde Divine, reçue par sainte Faustine Kowalska (morte en 1938, canonisée en 2000), est une dévotion récente, dont la diffusion fut même interdite par le Saint-Office de 1959 à 1978 : elle est absente des livres de 1962, et le Sacré-Cœur en reste l'équivalent traditionnel.
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Sources. Sainte Écriture, traduction de l'abbé Fillion (saint Matthieu VII, 7 ; XXIV, 35 ; saint Jean XVI, 23) ; Missel romain de 1962, messe du Sacré-Cœur ; Butler's Lives of the Saints, notice de sainte Marguerite-Marie Alacoque ; autobiographie de sainte Marguerite-Marie et les douze promesses du Sacré-Cœur ; actes pontificaux (Clément XIII, 1765 ; Pie IX, 1856 ; consécration du genre humain par Léon XIII, 1899).