La Prière
Le Credo : Symbole des Apôtres et Credo de Nicée
Le Credo catholique dans ses deux formes : le Symbole des Apôtres et le Credo de Nicée-Constantinople, textes complets en français et en latin, les douze articles selon le Catéchisme du concile de Trente, sa place au chapelet et à la Messe.

Le Credo est la prière qui résume toute la foi catholique : celui qui le récite professe, article par article, ce que Dieu a révélé et ce que l'Église enseigne. Il existe sous deux formes principales, le Symbole des Apôtres, récité au chapelet et dans la prière quotidienne, et le Credo de Nicée-Constantinople, chanté à la Messe. Nous donnons ici les deux textes complets, en français et en latin, puis leur explication d'après le Catéchisme du concile de Trente.
Que signifie le mot « credo » ? Définition
Credo est un mot latin qui signifie « je crois ». C'est le premier mot des deux Symboles, et il a fini par désigner la prière tout entière : dire le Credo, c'est dire « je crois en Dieu » et dérouler ensuite tout ce que ce premier mot contient. L'Église appelle aussi cette prière un symbole — du grec symbolon, signe de reconnaissance — parce qu'elle est la marque à laquelle les chrétiens se reconnaissent entre eux et se distinguent de ceux qui n'ont pas la foi. Le Catéchisme du concile de Trente explique que les apôtres ont donné ce nom à leur profession de foi commune, règle et signe de ralliement des croyants.
Réciter le Credo n'est donc pas seulement redire une formule : c'est un acte de foi, la vertu sans laquelle, dit l'Écriture, il est impossible de plaire à Dieu (Hébreux 11, 6). Notre-Seigneur lui-même attache le salut à cette foi professée : « Celui qui croira et qui sera baptisé, sera sauvé ; mais celui qui ne croira pas sera condamné » (Marc 16, 16, Fillion).
Le Symbole des Apôtres : texte en français
Le Symbole des Apôtres est la forme la plus ancienne et la plus brève du Credo. Selon la tradition rapportée par le Catéchisme du concile de Trente, les apôtres, avant de se disperser pour prêcher l'Évangile, composèrent cette règle de foi commune afin que tous enseignent partout la même doctrine. C'est ce Credo que l'on récite au début du chapelet, sur le crucifix, avant le Notre Père et les trois Je vous salue Marie.
Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre. Et en Jésus-Christ, son Fils unique, Notre Seigneur ; qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie ; a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli ; est descendu aux enfers ; le troisième jour est ressuscité d'entre les morts ; est monté aux cieux ; est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant ; d'où il viendra juger les vivants et les morts. Je crois au Saint-Esprit ; à la sainte Église catholique ; à la communion des Saints ; à la rémission des péchés ; à la résurrection de la chair ; à la vie éternelle. Ainsi soit-il.
Le Symbole des Apôtres en latin
Credo in Deum, Patrem omnipotentem, Creatorem caeli et terrae. Et in Iesum Christum, Filium eius unicum, Dominum nostrum : qui conceptus est de Spiritu Sancto, natus ex Maria Virgine, passus sub Pontio Pilato, crucifixus, mortuus, et sepultus : descendit ad inferos ; tertia die resurrexit a mortuis ; ascendit ad caelos ; sedet ad dexteram Dei Patris omnipotentis : inde venturus est iudicare vivos et mortuos. Credo in Spiritum Sanctum, sanctam Ecclesiam catholicam, Sanctorum communionem, remissionem peccatorum, carnis resurrectionem, vitam aeternam. Amen.
Le Credo de Nicée-Constantinople : texte en français
Le Credo de Nicée-Constantinople est la profession de foi solennelle de l'Église, issue des conciles de Nicée (325) et de Constantinople (381), qui définirent contre l'arianisme la divinité du Fils, « consubstantiel au Père », puis celle du Saint-Esprit. La foi de Nicée eut pour champion saint Athanase, évêque d'Alexandrie, qui fut exilé cinq fois pour l'avoir maintenue. Il reprend le fond du Symbole des Apôtres en le développant sur la personne de Notre-Seigneur. C'est le Credo de la Messe.
Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre, de l'univers visible et invisible. Et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles. Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu, engendré, non pas créé, consubstantiel au Père, par qui tout a été fait. Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit des cieux. Et il s'est incarné par l'Esprit-Saint dans la Vierge Marie, et s'est fait homme. Il fut aussi crucifié pour nous, souffrit sa Passion sous Ponce Pilate, et fut mis au tombeau. Il ressuscita le troisième jour, selon les Écritures. Il monta au ciel, et il est assis à la droite du Père. Il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts ; et son règne n'aura pas de fin. Je crois en l'Esprit-Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie, qui procède du Père et du Fils. Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire ; il a parlé par les prophètes. Je crois en l'Église, une, sainte, catholique et apostolique. Je reconnais un seul baptême pour la rémission des péchés. J'attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir. Ainsi soit-il.
Credo in unum Deum : le Credo en latin
Voici les paroles du Credo de la Messe, telles que l'Église les chante depuis des siècles :
Credo in unum Deum, Patrem omnipotentem, factorem caeli et terrae, visibilium omnium et invisibilium. Et in unum Dominum Iesum Christum, Filium Dei unigenitum. Et ex Patre natum ante omnia saecula. Deum de Deo, lumen de lumine, Deum verum de Deo vero. Genitum, non factum, consubstantialem Patri : per quem omnia facta sunt. Qui propter nos homines et propter nostram salutem descendit de caelis. Et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria Virgine : et homo factus est. Crucifixus etiam pro nobis : sub Pontio Pilato passus, et sepultus est. Et resurrexit tertia die, secundum Scripturas. Et ascendit in caelum : sedet ad dexteram Patris. Et iterum venturus est cum gloria iudicare vivos et mortuos : cuius regni non erit finis. Et in Spiritum Sanctum, Dominum et vivificantem : qui ex Patre Filioque procedit. Qui cum Patre et Filio simul adoratur et conglorificatur : qui locutus est per Prophetas. Et unam, sanctam, catholicam et apostolicam Ecclesiam. Confiteor unum baptisma in remissionem peccatorum. Et exspecto resurrectionem mortuorum. Et vitam venturi saeculi. Amen.
Aux mots Et incarnatus est, le prêtre fait la génuflexion et les fidèles fléchissent le genou, qui confessent le mystère de l'Incarnation.
Les douze articles du Credo selon le Catéchisme de Trente
Le Catéchisme du concile de Trente (1566) consacre toute sa première partie au Symbole des Apôtres, qu'il divise en douze articles, comme la tradition l'a toujours fait en mémoire des douze apôtres :
- Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre.
- Et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur.
- Qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie.
- A souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli.
- Est descendu aux enfers ; le troisième jour est ressuscité d'entre les morts.
- Est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant.
- D'où il viendra juger les vivants et les morts.
- Je crois au Saint-Esprit.
- À la sainte Église catholique, à la communion des saints.
- À la rémission des péchés.
- À la résurrection de la chair.
- À la vie éternelle.
Tout y est ordonné selon la Sainte Trinité : les articles 1 à 7 confessent le Père et l'œuvre du Fils, le huitième article confesse le Saint-Esprit, et les derniers articles ce que l'Esprit opère dans l'Église — la rémission des péchés donnée au baptême et dans la pénitence, la résurrection de la chair, la vie éternelle. Le Catéchisme de saint Pie X enseigne de même que le Symbole des Apôtres est l'abrégé des principales vérités que tout chrétien est tenu de savoir et de croire.
Quand récite-t-on le Credo ? Au chapelet et à la Messe
Le Symbole des Apôtres ouvre le chapelet : on le récite sur le crucifix, avant le Notre Père et les Je vous salue Marie, pour poser la foi comme fondement de toute la prière. Il forme aussi la trame des interrogations du baptême : « Croyez-vous en Dieu, le Père tout-puissant ? »
Le Credo de Nicée-Constantinople est chanté ou récité à la Messe traditionnelle, après l'Évangile, tous les dimanches et aux fêtes principales. Les mélodies grégoriennes du Credo sont numérotées ; le Credo III est la plus familière aux fidèles. Il existe enfin un troisième symbole, le Symbole de saint Athanase (Quicumque), profession détaillée de la foi en la Trinité, que le bréviaire de 1962 ne fait plus dire à Prime que le dimanche de la Sainte Trinité (il se disait autrefois à Prime de nombreux dimanches).
Questions Fréquentes
Que veut dire le mot credo ?
Credo signifie « je crois » en latin. C'est le premier mot des professions de foi de l'Église, qui leur a donné son nom. Par extension, la langue courante appelle « credo » tout ensemble de principes auxquels on adhère ; le sens premier reste la profession de la foi catholique.
Quelle est la différence entre le Symbole des Apôtres et le Credo de Nicée ?
Le Symbole des Apôtres est la forme brève et primitive, remontant à la prédication apostolique ; le Credo de Nicée-Constantinople est la forme solennelle définie par les conciles de Nicée (325) et de Constantinople (381) contre les hérésies, plus développée sur la divinité du Fils et du Saint-Esprit. La foi confessée est la même ; le premier se récite au chapelet et dans la prière quotidienne, le second à la Messe.
Quel Credo récite-t-on au chapelet ?
Le Symbole des Apôtres. On le dit au début du chapelet, en tenant le crucifix, avant le Notre Père, les trois Je vous salue Marie et le Gloire au Père qui précèdent les dizaines.
Quand dit-on le Credo à la Messe ?
Après l'Évangile (et le sermon), tous les dimanches et aux fêtes principales du calendrier. Le prêtre entonne Credo in unum Deum ; tous fléchissent le genou à Et incarnatus est, qui confesse l'Incarnation du Fils de Dieu.
Le credo orthodoxe et le credo protestant sont-ils les mêmes ?
Les orthodoxes récitent le Credo de Nicée-Constantinople sans les mots « et du Fils » (Filioque), dont ils rejettent l'insertion ; l'Église catholique enseigne que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils. La plupart des communautés protestantes ont conservé le texte des deux Symboles, mais en séparent plusieurs articles de leur sens catholique, notamment sur l'Église et la rémission des péchés.
Que signifie credo quia absurdum ?
« Je crois parce que c'est absurde » — adage attribué à Tertullien, dont les écrits portent en réalité une formule voisine sur la mort du Fils de Dieu, croyable parce que déconcertante pour la raison humaine. L'Église ne l'a jamais fait sien tel quel : la foi catholique n'est pas contraire à la raison, elle la dépasse. Le concile Vatican I (1870) enseigne que la foi est un hommage raisonnable, appuyé sur l'autorité de Dieu qui révèle.
Le Credo se récite lentement, article par article, comme on pose douze pierres de fondation. Celui qui le dit chaque jour avec attention porte en lui l'abrégé de toute la doctrine chrétienne et la règle de sa vie.
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Sources. Catéchisme du concile de Trente (1566), Ire partie, sur le Symbole des Apôtres ; Catéchisme de saint Pie X ; La Sainte Bible, traduction de l'abbé Fillion sur la Vulgate (Marc 16, 16 ; Hébreux 11, 6) ; Missale Romanum et Breviarium Romanum ; conciles de Nicée (325), Constantinople (381) et Vatican I (1870).