La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Le livre de Job
Le livre de Job est le grand poème biblique de la souffrance du juste : un homme intègre perd ses biens, ses enfants et sa santé, discute avec ses amis, puis entend la réponse de Dieu. Ses quarante-deux chapitres sont donnés ci-dessous dans la traduction de l’abbé Fillion, avec le latin de la Vulgate en regard ; le guide qui suit en donne le plan, l’explication et la lecture des Pères.
Lire Job : 42 chapitres
Le livre de Job pose la question la plus ancienne et la plus douloureuse : pourquoi le juste souffre-t-il ? Un homme « simple et droit », comblé de biens et père de dix enfants, perd tout en un jour, puis est frappé dans sa chair. Trois amis viennent le consoler et finissent par l’accuser. Lui proteste de son innocence, crie vers Dieu, demande à être entendu. Dieu répond enfin, non par une explication, mais en se montrant. Job se tait, fait pénitence, prie pour ceux qui l’ont blessé, et le Seigneur lui rend le double de ce qu’il avait perdu.
Peu de livres ont autant nourri la prière de l’Église. Elle en lit les plaintes dans l’office des morts, elle y a reconnu, avec saint Grégoire le Grand, une figure du Christ souffrant, et elle y entend l’une des plus claires professions de foi de l’Ancien Testament en la résurrection de la chair. Pascal, dans les Pensées, en a fait l’un des deux témoins de la misère de l’homme : « Salomon et Job ont le mieux connu et le mieux parlé de la misère de l’homme ».
Qui a écrit le livre de Job ?
L’auteur humain du livre est inconnu, et l’Église n’a jamais rien défini à ce sujet. Une ancienne tradition juive, recueillie dans le Talmud, l’attribue à Moïse ; d’autres ont pensé à Job lui-même, qui souhaite que ses paroles soient « tracées dans un livre » (Jb 19, 23), ou à Salomon, ou à l’un des prophètes. Saint Grégoire le Grand, au début de ses Morales sur Job, remet la question à sa place : il est bien superflu de chercher qui l’a écrit, puisque l’on croit avec certitude que l’auteur en est le Saint-Esprit ; celui qui reçoit la lettre d’un grand personnage ne se demande pas avec quelle plume elle a été écrite.
Job a-t-il réellement existé ? Les Pères l’ont tenu pour un personnage historique, et l’Écriture parle de lui comme d’un homme réel. Dieu nomme ensemble « Noé, Daniel et Job » comme trois justes au livre d’Ézéchiel ; le livre de Tobie compare la patience du vieux Tobie à « celle du saint homme Job » (Tb 2, 12) ; saint Jacques écrit : « Vous avez entendu parler de la patience de Job, et vous avez vu la fin que le Seigneur lui a accordée » (Jc 5, 11). Plusieurs exégètes modernes voient dans le livre un poème construit autour d’un ancien récit ; la lecture traditionnelle tient au Job historique, tout en reconnaissant que ses discours sont mis en forme poétique.
Quand le livre de Job a-t-il été écrit ?
Il faut distinguer l’époque où Job a vécu et celle où le livre a été écrit. L’histoire appartient à l’âge des patriarches : Job offre lui-même des holocaustes pour ses enfants, comme chef de famille (Jb 1, 5) ; la Loi de Moïse n’est jamais mentionnée ; il vit encore cent quarante ans après son épreuve (Jb 42, 16). Le pays de Hus était situé à l’est du Jourdain, du côté d’Édom, comme le suggèrent les Lamentations : « fille d’Édom, toi qui habites dans le pays de Hus » (Lm 4, 21). Un appendice de la Septante identifie Job à Jobab, roi d’Édom, mentionné dans la Genèse au chapitre 36, et beaucoup d’anciens commentateurs ont suivi cette opinion.
Ceux qui attribuaient le livre à Moïse ou à Job lui-même le tenaient pour très ancien ; de là vient qu’on l’a parfois appelé le plus ancien livre de la Bible. Beaucoup d’exégètes catholiques du XIXe siècle le plaçaient plutôt au temps de Salomon, à l’âge d’or de la littérature sapientiale, au Xe siècle avant Jésus-Christ ; de nombreux modernes le datent après l’exil de Babylone. L’Église n’a fixé aucune date.
De quoi parle le livre de Job ? Résumé
Le livre comprend un prologue en prose (chapitres 1 et 2), un long poème (3, 1 à 42, 6) et un épilogue en prose (42, 7-16).
Le prologue : l’épreuve de Job (chapitres 1 et 2)
« Il y avait dans la terre de Hus un homme qui s’appelait Job. Et cet homme était simple et droit ; et il craignait Dieu, et fuyait le mal » (Jb 1, 1). Au chapitre 1, les fils de Dieu, c’est-à-dire les anges, se présentent devant le Seigneur, et Satan vient parmi eux. Il prétend que Job ne sert Dieu que pour ce qu’il en reçoit : « Est-ce pour rien que Job craint Dieu ? » (1, 9). Dieu lui permet de toucher tout ce que possède Job, mais non sa personne.
En un seul jour, les Sabéens enlèvent les bœufs, le feu du ciel consume les brebis, les Chaldéens emmènent les chameaux, et un vent du désert renverse la maison où sont réunis ses enfants. Job se prosterne et adore : « Je suis sorti nu du sein de ma mère, et j’y retournerai nu. Le Seigneur a donné, le Seigneur a ôté ; il est arrivé ce qui a plu au Seigneur ; que le nom du Seigneur soit béni ! » (Jb 1, 21).
Au chapitre 2, Satan reçoit la permission de frapper son corps. Job, couvert d’ulcères, s’assied sur un fumier et racle ses plaies avec un tesson. Sa femme lui dit : « Maudissez Dieu, et mourez. » Il répond : « Si nous avons reçu les biens de la main du Seigneur, pourquoi n’en recevrons-nous pas les maux ? » (Jb 2, 10). Trois amis, Éliphaz de Théman, Baldad de Suha et Sophar de Naamath, viennent le consoler et demeurent assis près de lui sept jours et sept nuits sans dire une parole.
La plainte de Job et les trois cycles de discours (chapitres 3 à 31)
Au chapitre 3, Job rompt le silence et maudit le jour de sa naissance : « Périsse le jour où je suis né » (Jb 3, 3). Les amis parlent tour à tour, et Job répond à chacun. Leur raisonnement ne varie pas : Dieu est juste, il récompense les bons et punit les méchants ; si Job souffre, c’est donc qu’il a péché, et il doit se repentir. Éliphaz invoque une vision de la nuit (chapitre 4), Baldad la sagesse des anciens (chapitre 8), Sophar les voies insondables de Dieu (chapitre 11).
Job refuse d’avouer une faute qu’il n’a pas commise. Il reconnaît que « l’homme, si on le compare à Dieu, ne sera pas trouvé juste » (Jb 9, 2), mais il soutient que sa souffrance n’est pas le châtiment de crimes, et il supplie Dieu lui-même de l’entendre. Sa plainte est d’une audace qui étonne, mais elle reste une prière : « Quand même Dieu me tuerait, j’espérerais en Lui » (Jb 13, 15).
Le premier cycle s’achève au chapitre 14, méditation sur la brièveté de la vie. Le second, ouvert par Éliphaz au chapitre 15, atteint son sommet dans la profession de foi au Rédempteur du chapitre 19. Dans le troisième, qui commence au chapitre 22, le dernier discours de Baldad ne compte que six versets (chapitre 25), et Sophar ne parle plus.
Job poursuit seul. Le poème de la sagesse, au chapitre 28, demande où l’on peut trouver la sagesse, que ni l’abîme ni la mer ne possèdent, et répond : « La crainte du Seigneur, voilà la sagesse, et se retirer du mal, c’est l’intelligence » (Jb 28, 28). Aux chapitres 29 à 31, Job rappelle sa prospérité passée, quand il était « l’œil de l’aveugle, et le pied du boiteux » (29, 15), décrit son humiliation présente, et prononce un serment solennel d’innocence : « J’ai fait un pacte avec mes yeux pour ne pas penser même à une vierge » (Jb 31, 1).
Les discours d’Éliu (chapitres 32 à 37)
Un homme plus jeune, Éliu, fils de Barachel, Buzite, qui s’était tu par respect pour ses aînés, prend alors la parole (chapitre 32). Il s’irrite contre Job, « parce qu’il se disait juste devant Dieu » (Jb 32, 2), et contre les amis, qui n’ont pas su lui répondre. Dans les chapitres 33 à 37, il montre que Dieu parle à l’homme par la souffrance pour le corriger et le sauver, et que nul ne peut accuser le Tout-Puissant d’injustice. Le Seigneur, à la fin, ne le compte pas parmi ceux qu’il reprend.
Le Seigneur répond du milieu du tourbillon (chapitres 38 à 42, 6)
« Alors le Seigneur parla à Job du milieu d’un tourbillon » (Jb 38, 1). Il ne lui explique pas son épreuve. Il l’interroge : « Où étais-tu quand Je jetais les fondements de la terre ? Dis-le-Moi, si tu as de l’intelligence » (Jb 38, 4). Il lui montre la mer enfermée derrière ses portes, l’aurore, les trésors de la neige, la proie du lion, puis, au chapitre 39, les chèvres sauvages, l’autruche et le cheval de guerre.
Job met la main sur sa bouche (Jb 39, 34). Le Seigneur parle une seconde fois et lui présente deux bêtes formidables, Béhémoth et Léviathan (chapitres 40 et 41). Au chapitre 42, Job répond : « Mon oreille avait entendu parler de Vous, mais maintenant c’est mon œil qui Vous voit. […] C’est pourquoi je m’accuse moi-même, et je fais pénitence dans la poussière et dans la cendre » (Jb 42, 5-6).
L’épilogue : Job rétabli (42, 7-16)
La colère du Seigneur s’allume contre Éliphaz et ses deux amis, « parce que vous n’avez point parlé devant Moi avec droiture, comme Mon serviteur Job » (Jb 42, 7). Job prie pour eux, et « Le Seigneur Se laissa aussi toucher par la pénitence de Job pendant qu’il priait pour ses amis, et Il lui rendit le double de tout ce qu’il possédait auparavant » (Jb 42, 10). Il a de nouveau sept fils et trois filles, que Fillion nomme Jour, Casse et Corne-d’antimoine, et il meurt « âgé et plein de jours ».
Le sens du livre de Job et la lecture catholique
La souffrance n’est pas toujours un châtiment
L’erreur des amis est de croire que toute souffrance est le salaire d’un péché personnel, et Dieu déclare qu’ils n’ont pas parlé avec droiture. Notre-Seigneur réfute la même erreur devant l’aveugle-né : « Ni lui n’a péché, ni ses parents ; mais c’est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui » (Jn 9, 3). Dans Job, la souffrance est une épreuve permise par Dieu pour manifester la fidélité d’un juste. Le péché originel a fait entrer la douleur dans le monde ; mais la douleur d’un homme ne mesure pas sa culpabilité.
La Providence et le pouvoir limité de Satan
Saint Thomas d’Aquin a écrit son commentaire littéral sur Job pour montrer que les choses humaines sont gouvernées par la divine Providence ; voyez saint Thomas d’Aquin, le Docteur angélique. Le prologue enseigne que Satan ne peut rien sans la permission de Dieu, et seulement dans les limites que Dieu lui fixe : « seulement ne porte pas la main sur lui » (1, 12). Le démon accuse, Dieu permet, et l’épreuve tourne à la gloire du juste.
Une sagesse qui dépasse nos calculs
La réponse du Seigneur n’est pas une explication, mais la révélation de celui dont les voies échappent à toute mesure humaine. Saint Paul cite le livre : « Je surprendrai les sages dans leur propre ruse » (1 Co 3, 19, d’après Jb 5, 13), et fait écho à la question de Dieu, « Qui M’a donné le premier, afin que Je lui rende ? » (Jb 41, 2), dans l’hymne de l’Épître aux Romains. Job ouvre ainsi la série des livres sapientiaux, avec les Proverbes, l’Ecclésiaste et la Sagesse.
Job, figure du Christ
Pour saint Grégoire le Grand, le bienheureux Job figure le Rédempteur : l’innocent frappé et méprisé, qui à la fin prie pour ceux qui l’ont offensé et obtient leur pardon, annonce le Christ dans sa Passion, et ses douleurs figurent aussi les épreuves de l’Église. Les Morales sur Job, en trente-cinq livres, dédiées à saint Léandre de Séville, lisent le texte selon le sens historique, allégorique et moral ; elles ont été pendant tout le Moyen Âge le grand manuel de la vie spirituelle. Voyez saint Grégoire le Grand, pape et docteur.
La résurrection de la chair
La confession du chapitre 19 est l’un des témoignages les plus nets de l’Ancien Testament sur la résurrection : « Car je sais que mon Rédempteur est vivant, et que je ressusciterai de la terre au dernier jour, […] et que je serai de nouveau revêtu de ma peau, et que dans ma chair je verrai mon Dieu. » Le Catéchisme du concile de Trente la cite à l’article de la résurrection de la chair. C’est sur ces mots que l’Église chante, dans l’office des morts, le répons Credo quod Redemptor meus vivit.
Béhémoth et Léviathan
Les deux bêtes des chapitres 40 et 41 montrent la puissance du Créateur sur des créatures qu’aucun homme ne peut maîtriser. Les anciens commentateurs ont souvent reconnu dans Béhémoth l’éléphant ou l’hippopotame, et dans Léviathan le crocodile ou quelque monstre marin. Au sens spirituel, Léviathan, « le roi de tous les fils de l’orgueil » (Jb 41, 25), figure le démon, roi de tous les superbes.
Chapitres et versets célèbres
- Jb 1, 21 : « Le Seigneur a donné, le Seigneur a ôté ; il est arrivé ce qui a plu au Seigneur ; que le nom du Seigneur soit béni ! »
- Jb 7, 1 : « La vie de l’homme sur la terre est celle du soldat, et ses jours sont comme les jours d’un mercenaire. » En latin, Militia est vita hominis super terram.
- Jb 13, 15 : « Quand même Dieu me tuerait, j’espérerais en Lui ».
- Jb 14, 1-2 : « L’homme né de la femme vit peu de temps, et il est rempli de beaucoup de misères. […] Comme une fleur, il germe et il est foulé aux pieds ; il fuit comme l’ombre ».
- Jb 19, 25-27 : « dans ma chair je verrai mon Dieu. […] Je Le verrai moi-même, et non un autre, et mes yeux Le contempleront. »
- Jb 28, 28 : « La crainte du Seigneur, voilà la sagesse ».
- Jb 38, 11 : « Tu viendras jusqu’ici, et tu ne passeras pas plus loin, et tu briseras là l’orgueil de tes flots. »
Pour comparer avec une bible moderne, notez qu’à partir du chapitre 39 la Vulgate découpe le texte autrement que l’hébreu : les versets 31 à 35 du chapitre 39 de Fillion correspondent au début du chapitre 40 des bibles modernes ; Béhémoth paraît en Jb 40, 10 (40, 15 dans l’hébreu) et Léviathan en Jb 40, 20 (40, 25 ou 41, 1 selon les éditions). Nos pages suivent la numérotation de la Vulgate.
Le livre de Job dans le canon et dans la liturgie
Un livre protocanonique
Job est un livre protocanonique, reçu sans contestation par les Juifs et par les chrétiens ; il figure donc dans les bibles protestantes comme dans les bibles catholiques. Dans la Vulgate, il suit Esther et ouvre les livres sapientiaux, avant les Psaumes. Le concile de Trente, session IV (8 avril 1546), le nomme dans son décret sur les Écritures entre Esther et le Psautier de David. Saint Jérôme le traduisit de l’hébreu ; dans sa préface, il compare ce livre difficile à une anguille, qui glisse d’autant plus vite qu’on la serre plus fort.
Dans l’office des morts, le bréviaire et le missel de 1962
- L’office des morts. Les neuf leçons des Matines des défunts sont toutes tirées de Job, à commencer par Parce mihi, Domine, nihil enim sunt dies mei, « Épargnez-moi, car mes jours ne sont que néant » (Jb 7, 16). Les autres leçons viennent des chapitres 10, 13, 14, 17 et 19, et le premier répons chante Credo quod Redemptor meus vivit. L’Église prie ainsi pour les défunts, surtout le 2 novembre ; voyez la prière pour les défunts, Requiem aeternam et De profundis.
- L’office du temps. Au Bréviaire romain, le livre de Job est lu aux Matines pendant les deux premières semaines de septembre, avant Tobie, Judith et Esther.
- Le missel. L’offertoire du XXIe dimanche après la Pentecôte reprend les premiers mots du livre : Vir erat in terra Hus, nomine Job, « Il y avait dans la terre de Hus un homme qui s’appelait Job ».
Comment lire le livre de Job ?
Lisez d’abord les chapitres 1 et 2 d’une seule traite : tout le reste dépend de la scène du ciel, que Job lui-même ne voit jamais. Lisez ensuite lentement le débat des chapitres 3 à 31 ; les amis disent beaucoup de choses vraies sur Dieu, mais ils les appliquent faussement à Job, comme le montre le jugement du chapitre 42. Ne cherchez pas dans chaque parole de Job une doctrine : c’est souvent le cri d’un homme blessé, que Dieu lui-même finit par corriger. Lisez enfin les chapitres 38 à 42 d’un seul mouvement, comme une réponse donnée à toutes les plaintes qui précèdent.
Dans le deuil, les leçons de l’office des morts (chapitres 7, 10, 13, 14, 17 et 19) offrent une entrée brève dans le livre. Le portrait de Job est développé dans Job, le juste éprouvé. Les autres livres sont réunis dans la Bible en ligne d’Iter Fidei, et le texte se lit aussi dans l’application Bible catholique.
Questions Fréquentes
Que raconte le livre de Job ?
Le livre de Job raconte l’épreuve d’un homme juste de la terre de Hus, que Dieu permet à Satan de frapper dans ses biens, ses enfants et sa santé. Trois amis viennent le consoler, puis l’accusent d’avoir péché ; Job proteste de son innocence et en appelle à Dieu. Le Seigneur lui répond du milieu d’un tourbillon, Job fait pénitence, prie pour ses amis, et Dieu lui rend le double de ce qu’il avait.
Quel est le message du livre de Job ?
Le livre enseigne que la souffrance n’est pas toujours le châtiment d’un péché personnel, que Satan ne peut rien sans la permission de Dieu, et que la sagesse divine dépasse les calculs humains. Il invite à garder confiance dans l’épreuve, comme Job : « Le Seigneur a donné, le Seigneur a ôté ». Les Pères y ont vu en outre une figure du Christ souffrant et une annonce de la résurrection.
Qui a écrit le livre de Job ?
L’auteur humain est inconnu, et l’Église n’a rien défini à ce sujet. Une tradition juive l’attribue à Moïse ; d’autres ont pensé à Job lui-même, à Salomon ou à un prophète. Saint Grégoire le Grand jugeait la question superflue, puisque l’auteur du livre est le Saint-Esprit.
Job a-t-il vraiment existé ?
Les Pères l’ont tenu pour un personnage historique, et l’Écriture en parle comme d’un homme réel : Ézéchiel le nomme avec Noé et Daniel, et saint Jacques rappelle sa patience. Le livre a cependant mis ses discours en forme poétique. Plusieurs exégètes modernes y voient un poème bâti autour d’un récit ancien.
Que signifie « Je sais que mon Rédempteur est vivant » ?
C’est la profession de foi de Job au chapitre 19, verset 25 : au plus fort de son abandon, il affirme qu’il verra Dieu dans sa propre chair au dernier jour. L’Église y lit l’espérance du Rédempteur et de la résurrection de la chair ; elle la chante dans l’office des morts, au répons Credo quod Redemptor meus vivit.
Que signifie l’expression « pauvre comme Job » ?
L’expression française vient du dénuement de Job après son épreuve, assis sur un fumier et privé de tous ses biens (Jb 2, 8). Elle désigne une pauvreté extrême. Le livre rappelle pourtant que ce dénuement fut temporaire, et que Dieu rendit à Job le double de ce qu’il avait perdu.
Combien de chapitres compte le livre de Job ?
Le livre de Job compte quarante-deux chapitres : un prologue en prose (1-2), un grand poème de dialogue (3, 1 à 42, 6) et un épilogue en prose (42, 7-16). La numérotation de la Vulgate diffère de celle de l’hébreu à partir du chapitre 39.
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