La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 107 (Vulgate 106) : Confitemini Domino, le cantique des rachetés
Le psaume 107 des bibles modernes, 106 de la Vulgate, est le grand cantique d’action de grâces des rachetés : quatre détresses, un même cri, une même délivrance. Voici son texte intégral dans la traduction de l’abbé Fillion, avec le latin de la Vulgate en regard, verset par verset ; l’explication suit le texte.
Vous cherchez le psaume 106 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 105.
1 Alleluja. Confitemini Domino, quoniam bonus, quoniam in sæculum misericordia ejus.
1 Alleluia : Célébrez le Seigneur, parce qu’Il est bon * et parce que Sa miséricorde est éternelle.
2 Dicant qui redempti sunt a Domino, quos redemit de manu inimici, et de regionibus congregavit eos,
2 Qu’ils le disent ceux qui ont été rachetés par le Seigneur, ceux qu’Il a rachetés de la main de l’ennemi * et rassemblés de tous les pays,
3 a solis ortu, et occasu, ab aquilone, et mari.
3 de l’orient et du couchant, * du nord et de la mer.
4 Erraverunt in solitudine, in inaquoso ; viam civitatis habitaculi non invenerunt.
4 Ils ont erré dans le désert, dans les lieux arides, * sans trouver une ville où ils pourraient habiter.
5 Esurientes et sitientes, anima eorum in ipsis defecit.
5 Souffrant de la faim et de la soif, * leur âme était tombée en défaillance.
6 Et clamaverunt ad Dominum cum tribularentur, et de necessitatibus eorum eripuit eos ;
6 Ils crièrent au Seigneur dans leurs tribulations, * et Il les tira de leurs nécessités,
7 et deduxit eos in viam rectam, ut irent in civitatem habitationis.
7 et Il les conduisit dans le droit chemin, * pour les faire arriver à une ville qu’ils pussent habiter
8 Confiteantur Domino misericordiæ ejus, et mirabilia ejus filiis hominum.
8 Qu’ils célèbrent le Seigneur pour Sa miséricorde, * et pour Ses merveilles en faveur des enfants des hommes,
9 Quia satiavit animam inanem, et animam esurientem satiavit bonis.
9 car Il a rassasié l’âme épuisée, * et Il a rempli de biens l’âme affamée.
10 Sedentes in tenebris et umbra mortis ; vinctos in mendicitate et ferro.
10 Ils étaient assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort, * captifs, dans l’indigence et dans les fers,
11 Quia exacerbaverunt eloquia Dei, et consilium Altissimi irritaverunt.
11 parce qu’ils s’étaient révoltés contre les ordres de Dieu, * et avaient méprisé le conseil du Très-Haut.
12 Et humiliatum est in laboribus cor eorum ; infirmati sunt, nec fuit qui adjuvaret.
12 Leur cœur fut humilié par les travaux ; * ils furent épuisés, et il n’y avait personne qui les secourût.
13 Et clamaverunt ad Dominum cum tribularentur ; et de necessitatibus eorum liberavit eos.
13 Ils crièrent au Seigneur dans leur tribulation, * et Il les tira de leurs nécessités,
14 Et eduxit eos de tenebris et umbra mortis, et vincula eorum dirupit.
14 et Il les fit sortir des ténèbres et de l’ombre de la mort, * et Il rompit leurs liens.
15 Confiteantur Domino misericordiæ ejus, et mirabilia ejus filiis hominum.
15 Qu’ils célèbrent le Seigneur pour Sa miséricorde, * et pour Ses merveilles en faveur des enfants des hommes ;
16 Quia contrivit portas æreas, et vectes ferreos confregit.
16 car Il a brisé les portes d’airain, * et rompu les verrous de fer.
17 Suscepit eos de via iniquitatis eorum ; propter injustitias enim suas humiliati sunt.
17 Il les a retirés de la voie de leur iniquité ; * car ils avaient été humiliés à cause de leurs injustices.
18 Omnem escam abominata est anima eorum, et appropinquaverunt usque ad portas mortis.
18 Leur âme avait en horreur toute nourriture, * et ils étaient près des portes de la mort.
19 Et clamaverunt ad Dominum cum tribularentur, et de necessitatibus eorum liberavit eos.
19 Et ils crièrent au Seigneur dans leur tribulation, * et Il les tira de leurs nécessités.
20 Misit verbum suum, et sanavit eos, et eripuit eos de interitionibus eorum.
20 Il envoya Sa parole, et Il les guérit, * et les arracha à la mort.
21 Confiteantur Domino misericordiæ ejus, et mirabilia ejus filiis hominum.
21 Qu’ils louent le Seigneur pour Sa miséricorde, * et pour Ses merveilles en faveur des enfants des hommes.
22 Et sacrificent sacrificium laudis, et annuntient opera ejus in exsultatione.
22 Qu’ils Lui offrent un sacrifice de louange, * et qu’ils publient Ses œuvres avec allégresse.
23 Qui descendunt mare in navibus, facientes operationem in aquis multis :
23 Ceux qui descendent sur la mer dans des navires, * et qui travaillent sur les vastes eaux,
24 ipsi viderunt opera Domini, et mirabilia ejus in profundo.
24 ceux-là ont vu les œuvres du Seigneur, * et Ses merveilles au milieu de l’abîme.
25 Dixit, et stetit spiritus procellæ, et exaltati sunt fluctus ejus.
25 Il dit, et le souffle de la tempête se leva, * et les flots de la mer furent soulevés.
26 Ascendunt usque ad cælos, et descendunt usque ad abyssos ; anima eorum in malis tabescebat.
26 Ils montent jusqu’au ciel, et descendent jusqu’aux abîmes ; * leur âme défaillait parmi leurs maux.
27 Turbati sunt, et moti sunt sicut ebrius, et omnis sapientia eorum devorata est.
27 Ils étaient troublés et agités comme un homme ivre, * et toute leur sagesse était anéantie.
28 Et clamaverunt ad Dominum cum tribularentur ; et de necessitatibus eorum eduxit eos.
28 Et ils crièrent au Seigneur dans leur tribulation, * et Il les tira de leurs nécessités.
29 Et statuit procellam ejus in auram, et siluerunt fluctus ejus.
29 Il changea la tempête en un vent léger, * et les flots de la mer s’apaisèrent.
30 Et lætati sunt quia siluerunt ; et deduxit eos in portum voluntatis eorum.
30 Ils se réjouirent de les voir apaisés, * et Dieu les conduisit au port où ils voulaient arriver.
31 Confiteantur Domino misericordiæ ejus, et mirabilia ejus filiis hominum.
31 Qu’ils louent le Seigneur pour Ses miséricordes, * et pour Ses merveilles en faveur des enfants des hommes.
32 Et exaltent eum in ecclesia plebis, et in cathedra seniorum laudent eum.
32 Qu’ils L’exaltent dans l’assemblée du peuple, * et qu’ils Le louent dans le conseil des vieillards.
33 Posuit flumina in desertum, et exitus aquarum in sitim ;
33 Il a changé les fleuves en désert, * et les sources d’eaux en un sol desséché,
34 terram fructiferam in salsuginem, a malitia inhabitantium in ea.
34 et la terre fertile en plaine de sel, * à cause de la malice de ses habitants.
35 Posuit desertum in stagna aquarum, et terram sine aqua in exitus aquarum.
35 Il a changé les déserts en nappes d’eaux, * et la terre aride en eaux courantes.
36 Et collocavit illic esurientes, et constituerunt civitatem habitationis :
36 Et Il y a établi les affamés, * et ils y ont bâti une ville pour y habiter ;
37 et seminaverunt agros et plantaverunt vineas, et fecerunt fructum nativitatis.
37 ils ont semé des champs et planté des vignes, * et recueilli des fruits abondants.
38 Et benedixit eis, et multiplicati sunt nimis ; et jumenta eorum non minoravit.
38 Ils les a bénis, et ils se sont multipliés extrêmement ; * Il n’a pas laissé amoindrir leurs troupeaux.
39 Et pauci facti sunt et vexati sunt, a tribulatione malorum et dolore.
39 Puis ils ont été réduits à un petit nombre, * et accablés par l’affliction de leurs maux et la douleur.
40 Effusa est contemptio super principes : et errare fecit eos in invio, et non in via.
40 Le mépris a été répandu sur les princes, * et Il les a fait errer hors de la voie et en des lieux sans chemin.
41 Et adjuvit pauperem de inopia, et posuit sicut oves familias.
41 Et Il a secouru le pauvre dans son indigence * et multiplié les familles comme des troupeaux.
42 Videbunt recti, et lætabuntur ; et omnis iniquitas oppilabit os suum.
42 Les justes le verront et se réjouiront, * et l’iniquité devra fermer la bouche.
43 Quis sapiens, et custodiet hæc, et intelliget misericordias Domini ?
43 Qui est sage pour prendre garde à ces choses, * et pour comprendre les miséricordes du Seigneur ?
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 107 ou psaume 106 ?
Les bibles modernes suivent la numérotation hébraïque et comptent ce psaume comme le 107. La Vulgate, que l’Église a chantée pendant des siècles et que suit cette liseuse, le compte comme le 106 : l’écart vient de ce que la Vulgate réunit en un seul les psaumes 9 et 10 de l’hébreu. C’est le même texte, qui commence en latin par Confitemini Domino, quoniam bonus. Pour retrouver un psaume dans l’une ou l’autre numérotation, consultez la table des Psaumes.
Que signifie le psaume 107 ?
Le psaume ouvre le cinquième et dernier livre du Psautier. Il s’adresse à ceux que Dieu a rassemblés « de l’orient et du couchant, du nord et de la mer » (v. 3) : les exilés revenus de Babylone, selon le sens littéral, et, selon le sens spirituel, tous ceux que Dieu a tirés de la perdition. Il les invite à rendre grâces, puis il raconte, en quatre tableaux, comment Dieu a répondu à leur cri.
Les égarés du désert (v. 4-9). Le premier tableau montre des voyageurs perdus : « Ils ont erré dans le désert, dans les lieux arides, sans trouver une ville où ils pourraient habiter » (v. 4). La faim et la soif les épuisent, jusqu’au moment où ils crient. Dieu les mène alors « dans le droit chemin » et les fait arriver à une ville habitable (v. 7). La conclusion porte déjà toute l’espérance du psaume : « Il a rassasié l’âme épuisée, et Il a rempli de biens l’âme affamée » (v. 9).
Les captifs (v. 10-16). Le deuxième tableau est plus sombre. Ceux-là « étaient assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort » (v. 10), et le psaume dit pourquoi : ils avaient « méprisé le conseil du Très-Haut » (v. 11). Leur captivité est la suite de leur faute. Dieu pourtant les délivre : « Il a brisé les portes d’airain, et rompu les verrous de fer » (v. 16). La tradition a reconnu dans ces portes celles de l’enfer, que le Christ a forcées par sa mort et sa résurrection.
Les malades (v. 17-22). Le troisième tableau décrit des malades parvenus au bord de la tombe, si affaiblis que leur âme « avait en horreur toute nourriture » (v. 18). Ici se trouve le verset le plus cherché du psaume : « Il envoya Sa parole, et Il les guérit, et les arracha à la mort » (v. 20). Au sens littéral, c’est l’ordre souverain de Dieu, qui guérit d’un mot. La tradition chrétienne y a lu davantage : la Parole que le Père envoie pour guérir est son Verbe éternel, venu dans la chair. Les guérisons de l’Évangile accomplissent ce verset, comme celle du serviteur du centurion, guéri à distance par une seule parole du Seigneur.
Les marins dans la tempête (v. 23-32). Le dernier tableau est le plus vivant. Les navigateurs voient la mer se soulever ; « ils montent jusqu’au ciel, et descendent jusqu’aux abîmes » (v. 26), titubant « comme un homme ivre » (v. 27). Puis Dieu « changea la tempête en un vent léger » (v. 29) et les conduisit au port. Comment ne pas penser à la barque des Apôtres sur le lac, quand le Christ se leva et « commanda aux vents et à la mer, et il se fit un grand calme » (Mt 8, 26) ? Les disciples se demandent alors qui est Celui à qui la mer obéit : le psaume avait répondu d’avance.
Les deux refrains. Chaque tableau est scandé par deux refrains. Le premier dit la prière : « Ils crièrent au Seigneur dans leur tribulation, et Il les tira de leurs nécessités » (v. 13). Le second dit la reconnaissance : « Qu’ils célèbrent le Seigneur pour Sa miséricorde, et pour Ses merveilles en faveur des enfants des hommes » (v. 8). La dernière partie (v. 33-43) élargit le regard : Dieu change les fleuves en désert et le désert en sources, abaisse les princes et relève le pauvre. Le psaume se clôt sur une question de sage : « Qui est sage pour prendre garde à ces choses, et pour comprendre les miséricordes du Seigneur ? » (v. 43).
La lecture des Pères
Dans ses Enarrationes in Psalmos, saint Augustin voit dans les rachetés l’Église rassemblée des quatre points de l’horizon. Les quatre détresses figurent pour lui les états de l’âme loin de Dieu : l’égarement de celui qui ne trouve pas la cité véritable, la captivité du pécheur, la langueur de celui qui n’a plus de goût pour la nourriture de la parole, les tempêtes de ceux qui gouvernent dans l’Église. À chacune répond le même remède : le cri vers Dieu, puis l’action de grâces. Ce double mouvement est toute la vie spirituelle : reconnaître sa misère, puis louer la miséricorde.
Le premier verset, « Célébrez le Seigneur, parce qu’Il est bon », est l’acclamation qui ouvre aussi le psaume 118, Confitemini Domino, et qui court, répétée à chaque verset, dans le psaume 136, le grand Hallel. Le psaume précédent, le psaume 106 hébreu, confession des fautes d’Israël, racontait l’infidélité du peuple ; celui-ci raconte la fidélité de Dieu.
Le psaume 107 dans la liturgie
Dans le Bréviaire romain de 1962, le psaume 106 de la Vulgate est chanté aux matines du samedi, à la suite des deux grands psaumes historiques, le psaume 105 hébreu, Confitemini Domino et invocate, et le psaume 106 hébreu. Au terme de la semaine, l’Église repasse ainsi l’histoire du salut et rend grâces pour les délivrances reçues. Vous pouvez suivre l’office du jour dans le bréviaire en ligne.
Comment prier le psaume 107
Ce psaume est d’abord une prière d’action de grâces après une épreuve. On peut le reprendre :
- après une guérison ou une convalescence, en s’arrêtant au verset 20 ;
- au retour d’un voyage, surtout en mer ou par un temps difficile, avec les versets 23 à 32 ;
- après une bonne confession, comme le captif dont Dieu a rompu les liens ;
- le samedi, en union avec l’office de l’Église.
On le prie lentement, en reprenant les refrains comme une litanie, et l’on conclut par le Gloria Patri. Pour d’autres formules, voyez la prière de remerciement.
Questions Fréquentes
Que signifie le psaume 107 ?
C’est le cantique d’action de grâces de ceux que Dieu a rachetés. Il décrit quatre détresses, les égarés du désert, les captifs, les malades et les marins dans la tempête, et montre qu’à chaque fois le cri vers Dieu obtient la délivrance. Il invite enfin le sage à méditer les miséricordes du Seigneur.
Que dit le verset 20 du psaume 107 ?
Il dit dans la Fillion : « Il envoya Sa parole, et Il les guérit, et les arracha à la mort ». Le sens littéral est la puissance de la parole divine, qui guérit d’un mot. La tradition y voit l’annonce du Verbe fait chair, médecin des âmes et des corps.
Qui a écrit le psaume 107 ?
Le psaume ne porte pas de nom d’auteur dans son titre, seulement l’Alleluia. Il célèbre le retour des dispersés, ce qui le rattache au temps qui suivit l’exil. Comme tout le Psautier, il a pour auteur principal l’Esprit-Saint.
Le psaume 107 est-il chanté dans la liturgie ?
Oui. Dans le bréviaire traditionnel de 1962, il est chanté aux matines du samedi, avec les psaumes 104 et 105 de la Vulgate. C’est là qu’on l’entend sur les tons grégoriens.
Psaume 107 Louis Segond ou Bible catholique : quelle différence ?
La Louis Segond est une traduction protestante faite sur l’hébreu, qui numérote ce psaume 107. Le texte ci-dessus est celui de l’abbé Fillion, traduction catholique faite sur la Vulgate, qui le numérote 106. Le sens est le même ; quelques nuances viennent du latin, comme ce « Seigneur » qui rend le nom divin.
Toute la Bible hors ligne, avec votre page gardée et vos versets marqués : la Bible catholique dans l'application.
Psaume 106 (107) · avec l'app
Accès anticipé