La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 123 (Vulgate 122) : Ad te levavi, les yeux levés vers Dieu
Le psaume 123 des bibles modernes, psaume 122 de la Vulgate, est l'*Ad te levavi oculos meos* : quatre versets où le fidèle lève les yeux vers Dieu comme le serviteur vers la main de son maître, et implore sa pitié sous le mépris des superbes. Le texte intégral de l'abbé Fillion et le latin de la Vulgate suivent, verset par verset ; l'explication vient après le texte.
Vous cherchez le psaume 122 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 121.
1 Canticum graduum. Ad te levavi oculos meos, qui habitas in cælis.
1 Cantique des degrés. J’ai élevé mes yeux vers Vous, ô Dieu, * qui habitez dans les cieux.
2 Ecce sicut oculi servorum in manibus dominorum suorum ; sicut oculi ancillæ in manibus dominæ suæ : ita oculi nostri ad Dominum Deum nostrum, donec misereatur nostri.
2 Comme les yeux des serviteurs * sont fixés sur les mains de leurs maîtres, et comme les yeux de la servante sont fixés sur les mains de sa maîtresse, * ainsi nos yeux sont tournés vers le Seigneur notre Dieu, jusqu’à ce qu’Il ait pitié de nous.
3 Miserere nostri, Domine, miserere nostri, quia multum repleti sumus despectione ;
3 Ayez pitié de nous, Seigneur, ayez pitié de nous, * car nous sommes rassasiés de mépris ;
4 quia multum repleta est anima nostra opprobrium abundantibus, et despectio superbis.
4 car notre âme n’est que trop rassasiée * d’être un sujet d’opprobre pour les riches, et de mépris pour les superbes.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 123 ou psaume 122 ?
Le numéro 123 est celui de la numérotation hébraïque, suivie par les bibles modernes. La Vulgate latine et la Septante grecque, que l'Église a priées dans sa liturgie pendant des siècles, réunissent les psaumes hébreux 9 et 10 en un seul : dès lors, leur numéro a une unité de retard, et ce psaume y devient le 122. Le texte est le même ; on le reconnaît à son premier mot latin, Ad te levavi. Toutes les correspondances sont rappelées sur la page des Psaumes.
Que signifie le psaume 123 ?
C'est l'un des quinze cantiques des degrés, les psaumes 119 à 133 de la Vulgate, que les pèlerins chantaient en montant vers Jérusalem. Tout y tient dans un regard.
Le regard levé vers le ciel (v. 1)
« J'ai élevé mes yeux vers Vous, ô Dieu, qui habitez dans les cieux » (Ps 122, 1). Le cantique précédent regardait encore les montagnes : « J'ai élevé mes yeux vers les montagnes, d'où me viendra le secours », disait le psaume 121, Levavi oculos. Ici le regard monte plus haut, jusqu'à Celui qui habite les cieux. Le pèlerin arrivé à Jérusalem, dont le psaume 122, Lætatus sum chantait la joie, sait que le Temple n'est pas le dernier terme : Dieu est au-dessus de sa maison.
Le serviteur et la servante (v. 2)
Le verset 2 développe une comparaison simple et précise : « Comme les yeux des serviteurs sont fixés sur les mains de leurs maîtres, et comme les yeux de la servante sont fixés sur les mains de sa maîtresse, ainsi nos yeux sont tournés vers le Seigneur notre Dieu, jusqu'à ce qu'Il ait pitié de nous » (Ps 122, 2). Le serviteur d'une maison antique ne parle pas ; il observe la main qui ordonne, qui donne le pain ou qui corrige. Le fidèle fait de même : il attend tout de Dieu et ne détourne pas les yeux « jusqu'à ce qu'Il ait pitié ». C'est la persévérance de la prière.
Le cri du peuple méprisé (v. 3-4)
La prière devient alors supplication : « Ayez pitié de nous, Seigneur, ayez pitié de nous, car nous sommes rassasiés de mépris » (v. 3). Le Miserere nostri est redit deux fois, au pluriel : c'est la voix d'un peuple et non d'un homme seul. La cause est nommée au verset 4 : l'âme est trop rassasiée « d'être un sujet d'opprobre pour les riches, et de mépris pour les superbes ». Le psaume ne demande pas vengeance, seulement la pitié de Dieu.
La lecture des Pères et l'accomplissement dans le Christ
Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos, lit ces cantiques comme les degrés d'une ascension du cœur, où l'on monte par la charité et non par les pieds. Il remarque que Dieu habite les cieux, mais aussi les saints, qui sont ses cieux, et que le regard du serviteur attend de la main du maître autant la correction que le secours : la main qui frappe pour guérir est celle-là même qui fait miséricorde. Le mépris des « riches » et des « superbes » est, pour lui, celui que les heureux de ce monde font peser sur ceux qui espèrent un autre bien.
L'Évangile donne des visages à ce psaume. Le publicain du Temple « n'osait pas même lever les yeux au Ciel » et disait : « O Dieu, ayez pitié de moi, qui suis un pécheur » (Luc 18, 13) ; les aveugles de Jéricho criaient : « Seigneur, Fils de David, ayez pitié de nous » (Mt 20, 30).
La servante dont les yeux sont fixés sur les mains de sa maîtresse annonce celle qui a dit : « Voici la servante du Seigneur » (Luc 1, 38). Dans le Magnificat, Marie chante précisément le renversement que le psaume attend : « Il a renversé les puissants de leur trône, et Il a élevé les humbles » (Lc 1, 52). Saint Jacques en tire la règle : « Dieu résiste aux superbes, et Il donne Sa grâce aux humbles » (Jc 4, 6).
Le psaume 123 dans la liturgie
Au Bréviaire romain de 1962, réformé par saint Pie X, le psaume 122 de la Vulgate ouvre les vêpres du mardi. Son antienne en résume la prière : Qui habitas in cælis, miserere nobis : Vous qui habitez dans les cieux, ayez pitié de nous. Il est suivi le même soir du psaume 124, Nisi quia Dominus, puis des psaumes 124 à 126 de la Vulgate, tous cantiques des degrés. Vous pouvez dire cet office avec l'Église dans le bréviaire du jour ; notre page sur les vêpres en explique l'ordre.
Le cri du verset 3 est aussi passé dans l'une des grandes hymnes de l'Église : le Te Deum la reprend dans ses derniers versets : Miserere nostri, Domine, miserere nostri.
Comment prier le psaume 123
- Au commencement d'un travail. Le serviteur regarde la main du maître avant d'agir : redire le verset 2, c'est demander à Dieu ce qu'il attend de nous.
- Sous la moquerie ou le mépris. Quand on est tenu pour rien à cause de sa foi, les versets 3 et 4 donnent des mots qui ne sont ni la révolte ni l'amertume, mais l'appel à la miséricorde divine.
- Le mardi soir, avec l'Église. C'est sa place aux vêpres : on lève les yeux au terme du jour.
- Pour l'Église persécutée. Prière au pluriel, elle se dit au nom de tous ceux qui sont raillés pour le Christ.
Ce psaume se prie volontiers avec le psaume 130, De profundis, autre cantique des degrés où l'âme attend le Seigneur « depuis la veille du matin jusqu'à la nuit ».
Questions Fréquentes
Que dit le psaume 123 ?
Dans la traduction de l'abbé Fillion, il commence ainsi : « J'ai élevé mes yeux vers Vous, ô Dieu, qui habitez dans les cieux. » Il compare le fidèle au serviteur qui regarde la main de son maître, puis supplie deux fois : « Ayez pitié de nous, Seigneur ». Le texte intégral, en français et en latin, se lit plus haut sur cette page.
Quelle est l'explication du psaume 123 ?
C'est une prière d'humble confiance. Le fidèle attend tout de Dieu, comme un serviteur attend tout de son maître, et persévère « jusqu'à ce qu'Il ait pitié ». Les versets 3 et 4 font entendre la plainte d'un peuple méprisé par les riches et les orgueilleux, qui remet sa cause à Dieu sans réclamer de vengeance.
Le psaume 123 est-il un psaume de David ?
Son titre dit seulement « Cantique des degrés », dans l'hébreu comme dans la Vulgate : il ne porte pas le nom de David, à la différence de ses voisins 122 et 124 dans l'hébreu. La tradition rapporte le Psautier à David comme à son principal auteur, mais ne fait pas de ce cantique un psaume davidique au sens du titre.
Le psaume 123 dans une bible catholique et dans la Louis Segond, est-ce le même ?
Oui, c'est le même psaume. La Louis Segond est une traduction protestante faite sur l'hébreu, qui numérote 123. L'abbé Fillion a traduit en 1895 sur la Vulgate, le texte reçu par l'Église latine, d'où le numéro 122 et quelques nuances de vocabulaire.
L'Éternel est mon berger, est-ce le psaume 123 ?
Non. L'Éternel est mon berger est le début du psaume 23 dans la Louis Segond. Chez l'abbé Fillion, qui suit la Vulgate, c'est le psaume 22, que vous trouverez sur la page du psaume 23, Le Seigneur est mon berger.
Quand prier le psaume 123 ?
L'Église le chante en tête des vêpres du mardi. On peut le dire chaque fois qu'on se sent humilié ou méprisé, au début d'un travail pour se mettre sous le regard de Dieu, et pour les chrétiens persécutés.
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