La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 120 (Vulgate 119) : Ad Dominum cum tribularer, le premier psaume graduel
Le psaume 120 des bibles modernes, 119 de la Vulgate, ouvre les quinze psaumes graduels, les cantiques de la montée vers Jérusalem : *Ad Dominum cum tribularer clamavi*. C’est la plainte de l’exilé qui vit parmi ceux qui haïssent la paix. Le texte intégral de l’abbé Fillion et le latin de la Vulgate suivent, verset par verset ; l’explication est donnée en dessous.
Vous cherchez le psaume 119 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 118.
1 Canticum graduum. Ad Dominum cum tribularer clamavi, et exaudivit me.
1 Cantique des degrés. Dans ma tribulation j’ai crié vers le Seigneur, * et Il m’a exaucé.
2 Domine, libera animam meam a labiis iniquis et a lingua dolosa.
2 Seigneur, délivrez mon âme des lèvres injustes * et de la langue trompeuse.
3 Quid detur tibi, aut quid apponatur tibi ad linguam dolosam ?
3 Que te sera-t-il donné, et quel fruit te reviendra-t-il * pour ta langue trompeuse ?
4 Sagittæ potentis acutæ, cum carbonibus desolatoriis.
4 Les flèches aiguës du puissant, * avec des charbons dévorants.
5 Heu mihi, quia incolatus meus prolongatus est ! habitavi cum habitantibus Cedar ;
5 Hélas ! mon exil s’est prolongé. J’ai demeuré avec les habitants de Cédar ; *
6 multum incola fuit anima mea.
6 mon âme a été longtemps exilée.
7 Cum his qui oderunt pacem eram pacificus ; cum loquebar illis, impugnabant me gratis.
7 Avec ceux qui haïssaient la paix, j’étais pacifique ; * quand je leur parlais, ils m’attaquaient sans sujet.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 120 ou psaume 119 ?
Ce psaume porte le numéro 120 dans les bibles modernes et le numéro 119 dans la Vulgate et le bréviaire, la Vulgate gardant entier le psaume 9 que l’hébreu divise. Attention : les livrets de chant actuels suivent la numérotation grecque, et le chant Psaume 120, le secours me viendra du Seigneur qu’on y trouve est le psaume suivant, le psaume 121, Levavi oculos. Les quinze psaumes graduels, 120 à 134 dans l’hébreu, sont les psaumes 119 à 133 de la Vulgate. La page des Psaumes donne toutes les correspondances.
Que sont les psaumes graduels ?
Chacun des quinze psaumes 119 à 133 de la Vulgate porte le même titre : « Cantique des degrés » (v. 1), en latin Canticum graduum. On les appelle psaumes graduels, ou cantiques des montées. Le sens premier est celui de la montée vers Jérusalem : les pèlerins les chantaient en gravissant la route de la Ville sainte pour les grandes fêtes. Une ancienne tradition juive rapporte aussi que les lévites les chantaient sur les quinze marches qui menaient à la cour du Temple.
Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos, les lit comme les degrés d’une ascension intérieure : non une montée des pieds, mais du cœur, qui s’élève vers la Jérusalem céleste à partir de la vallée des larmes. Il rapproche ces montées du psaume 84, Quam dilecta, où l’homme heureux « en son cœur il a disposé des ascensions », et cela « dans la vallée des larmes ». Il remarque que la montée commence ici par la tribulation : on ne monte vers Dieu qu’à partir de l’exil reconnu.
Que signifie le psaume 120 ?
Le cri dans la tribulation (v. 1-2). Le psaume commence par le souvenir d’une prière exaucée : « Dans ma tribulation j’ai crié vers le Seigneur, et Il m’a exaucé » (v. 1). Puis il formule la demande présente : « Seigneur, délivrez mon âme des lèvres injustes et de la langue trompeuse » (v. 2). Le mal dont souffre le psalmiste n’est pas la guerre ou la maladie, mais le mensonge et la calomnie.
Le sort de la langue trompeuse (v. 3-4). Le psalmiste s’adresse à la langue elle-même : « Que te sera-t-il donné, et quel fruit te reviendra-t-il pour ta langue trompeuse ? » (v. 3). La réponse est terrible : « Les flèches aiguës du puissant, avec des charbons dévorants » (v. 4). La langue qui blesse comme une flèche et brûle comme un feu recevra ce qu’elle a donné. Saint Jacques dira : « La langue aussi est un feu ; c’est un monde d’iniquité » (Jc 3, 6). Les Pères ont lu aussi, dans les flèches du Puissant et les charbons ardents, les paroles de Dieu qui transpercent le cœur et le consument de charité.
L’exil parmi les ennemis de la paix (v. 5-7). Le psaume s’achève sur une lamentation : « Hélas ! mon exil s’est prolongé. J’ai demeuré avec les habitants de Cédar » (v. 5). Cédar, fils d’Ismaël (Gn 25, 13), désigne les tribus nomades du désert ; le nom évoque une terre étrangère et hostile. Le dernier verset dit la souffrance du juste : « Avec ceux qui haïssaient la paix, j’étais pacifique ; quand je leur parlais, ils m’attaquaient sans sujet » (v. 7).
La lecture des Pères
Pour saint Augustin, l’exil du verset 5 est celui de tout chrétien sur la terre : nous sommes des voyageurs, loin de la patrie, et le soupir Heu mihi, quia incolatus meus prolongatus est est celui de l’Église qui désire la Jérusalem d’en haut. Les habitants de Cédar, peuple étranger au désert, figurent ceux qui demeurent dans les ténèbres de ce monde et parmi lesquels le chrétien doit vivre. Et le verset 7 est la règle du chrétien persécuté : rester pacifique même avec ceux qui haïssent la paix, selon la béatitude des pacifiques. Le Christ lui-même, devant ses accusateurs, a vécu ce verset : il parlait, et l’on cherchait à le prendre en défaut.
Le psaume 120 dans la liturgie
Dans le Bréviaire romain de 1962, le psaume 119 de la Vulgate est chanté aux vêpres du lundi, après le Dilexi et le Credidi et avant le Levavi oculos. Il compte parmi les quinze psaumes graduels, dont l’ancienne dévotion recommandait la récitation complète. Il est aussi le deuxième psaume des vêpres de l’office des morts, après le psaume 116, Dilexi, avec l’antienne tirée du verset 5 : Heu mihi, Domine, quia incolatus meus prolongatus est. L’Église y prête au défunt le soupir de l’exilé qui attend la patrie. Voyez les vêpres, et pour l’office du jour le bréviaire en ligne.
Comment prier le psaume 120
- Face à la calomnie ou à la médisance, avec le verset 2, en demandant pour soi la garde de la langue.
- Dans un milieu hostile, au travail ou en famille, avec le verset 7 : rester pacifique sans se venger.
- Pour les défunts, comme le fait l’Église à leurs vêpres, avec la prière pour les défunts.
- Comme premier degré d’une montée : on peut prier à la suite les psaumes graduels, jusqu’au psaume 122, Lætatus sum, au psaume 130, De profundis, et au psaume 134, Ecce nunc benedicite, qui les achève.
Questions Fréquentes
Que signifie le psaume 120 ?
C’est la prière d’un homme exilé et calomnié, qui crie vers Dieu contre la langue trompeuse et souffre de vivre parmi ceux qui haïssent la paix. Premier des psaumes graduels, il marque le point de départ de la montée vers Jérusalem : la tribulation reconnue.
Que disent les versets 4 à 6 du psaume 120 ?
Le verset 4 annonce le châtiment de la langue trompeuse, « Les flèches aiguës du puissant, avec des charbons dévorants ». Les versets 5 et 6 sont la plainte de l’exilé qui demeure parmi les habitants de Cédar, loin de sa patrie.
Que sont les psaumes 120 à 134 ?
Ce sont les quinze psaumes graduels, ou cantiques des montées, numérotés 119 à 133 dans la Vulgate. Les pèlerins les chantaient en montant vers Jérusalem ; l’Église les lit comme les degrés de l’ascension de l’âme vers Dieu.
Le psaume 120, le secours me viendra du Seigneur est-il ce psaume ?
Non. Ce chant suit la numérotation grecque et correspond au psaume 121 des bibles modernes, le Levavi oculos, « J’ai élevé mes yeux vers les montagnes ». Il vient juste après celui-ci dans le Psautier et aux vêpres du lundi.
Qui a écrit le psaume 120 ?
Le titre ne nomme pas d’auteur, seulement « Cantique des degrés ». Le psaume appartient au recueil des chants de pèlerinage ; son auteur principal est l’Esprit-Saint.
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