La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 134 (Vulgate 133) : Ecce nunc, bénissez le Seigneur dans la nuit
Ecce nunc benedicite
Le psaume 134 des bibles modernes, psaume 133 de la Vulgate, est l'*Ecce nunc benedicite Dominum* : le dernier des cantiques des degrés, où les serviteurs du Temple sont invités à bénir le Seigneur pendant la nuit. L'Église le chante aux Complies du dimanche. Le texte intégral de l'abbé Fillion et le latin de la Vulgate suivent, verset par verset ; l'explication vient sous le texte.
Vous cherchez le psaume 133 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 132.
1 Canticum graduum. Ecce nunc benedicite Dominum, omnes servi Domini : qui statis in domo Domini, in atriis domus Dei nostri.
1 Cantique des degrés. Maintenant donc bénissez le Seigneur, * vous tous, les serviteurs du Seigneur, qui demeurez dans la maison du Seigneur, * dans les parvis de la maison de notre Dieu.
2 In noctibus extollite manus vestras in sancta, et benedicite Dominum.
2 Pendant les nuits levez vos mains vers le sanctuaire, * et bénissez le Seigneur.
3 Benedicat te Dominus ex Sion, qui fecit cælum et terram.
3 Que le Seigneur te bénisse de Sion, * Lui qui a fait le ciel et la terre.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 134 ou psaume 133 ?
Les bibles modernes suivent la numérotation hébraïque et l'appellent psaume 134. La Vulgate et la liturgie latine, qui réunissent les psaumes hébreux 9 et 10, le comptent comme le 133. C'est le même texte, qui commence en latin par Ecce nunc benedicite Dominum. Les deux numérotations sont mises en regard sur la page des Psaumes.
Que signifie le psaume 134 ?
Ce très court psaume ferme la série des quinze cantiques des degrés, ouverte par le psaume 120, Ad Dominum cum tribularer. Le pèlerinage s'achève : les fidèles sont arrivés au Temple, et la montée se termine par une bénédiction échangée.
L'appel aux serviteurs (v. 1). « Maintenant donc bénissez le Seigneur, vous tous, les serviteurs du Seigneur, qui demeurez dans la maison du Seigneur, dans les parvis de la maison de notre Dieu » (Ps 133, 1). Ces serviteurs sont d'abord les prêtres et les lévites qui veillaient dans le sanctuaire ; mais tous les fidèles sont appelés à se tenir devant Dieu.
La prière de la nuit (v. 2). « Pendant les nuits levez vos mains vers le sanctuaire, et bénissez le Seigneur. » Quand la ville dort, la louange ne s'interrompt pas. Les mains levées sont le geste de la prière et de l'offrande ; saint Paul le recommande encore : « Je veux que les hommes prient en tout lieu, levant des mains pures » (I Timothée 2, 8).
La bénédiction en retour (v. 3). « Que le Seigneur te bénisse de Sion, Lui qui a fait le ciel et la terre. » Ceux qui ont béni Dieu sont bénis à leur tour, par le Créateur lui-même. Le psaume s'achève, comme toute la montée, sur Sion.
La lecture des Pères
Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos, voit dans les nuits du verset 2 non seulement les heures sans lumière, mais les épreuves de cette vie : bénir Dieu dans la prospérité est facile, le bénir dans la nuit de l'adversité est le signe d'un vrai serviteur. Ceux qui se tiennent dans la maison du Seigneur sont ceux qui persévèrent dans l'Église.
L'Évangile en montre des exemples. La prophétesse Anne « ne s'éloignait pas du temple, servant Dieu jour et nuit dans les jeûnes et les prières » (Luc 2, 37). Le Christ lui-même « passa toute la nuit à prier Dieu » avant de choisir les Douze (Lc 6, 12). Et l'Apocalypse montre les élus qui servent Dieu « jour et nuit dans Son temple » (Apocalypse 7, 15) : le psaume annonce la louange qui ne finira pas.
Le psaume 134 dans la liturgie
Au Bréviaire romain de 1962, le psaume 133 de la Vulgate est le troisième et dernier psaume des Complies du dimanche, après le psaume 4, Cum invocarem et le psaume 91, Qui habitat, sous l'antienne Miserere mihi, Domine, et exaudi orationem meam. Placé au seuil de la nuit, il invite les serviteurs de Dieu à le bénir pendant les heures sombres et appelle sur eux la bénédiction de Sion. Notre page sur les complies explique cet office ; vous pouvez le prier ce soir dans le bréviaire du jour.
Comment prier le psaume 134
- Le soir, avant de dormir. C'est la place que l'Église lui donne : il ferme la journée par la louange et met la nuit sous la bénédiction de Dieu. Il s'ajoute naturellement à la prière du soir.
- Pendant une nuit d'insomnie ou de veille. Le verset 2 transforme les heures sans sommeil en prière.
- Pour ceux qui veillent. On peut le dire pour les malades, les soignants, les religieux qui prient la nuit.
Il prépare aussi le psaume suivant, le psaume 135, Laudate nomen Domini, qui reprend presque mot pour mot son premier verset.
Questions Fréquentes
Que signifie le psaume 134 ?
C'est une invitation à bénir le Seigneur adressée à ceux qui le servent dans sa maison, même pendant la nuit, suivie d'une bénédiction en retour. Dernier des cantiques des degrés, il clôt le pèlerinage vers Jérusalem par la louange.
Pourquoi le psaume 134 est-il une prière du soir ?
Parce qu'il appelle à bénir Dieu « pendant les nuits », les mains levées vers le sanctuaire. L'Église le chante aux Complies du dimanche, dernier office de la journée, avant le grand silence de la nuit.
Quels psaumes chante-t-on aux Complies du dimanche ?
Dans le Bréviaire romain de 1962, les Complies du dimanche comprennent trois psaumes : le psaume 4, le psaume 90 de la Vulgate (Qui habitat) et ce psaume 133, l'Ecce nunc. Tous trois disent la confiance et la louange au moment de s'endormir.
Qui a écrit le psaume 134 ?
Le titre dit seulement « Cantique des degrés », sans nom d'auteur. La tradition rapporte le Psautier à David comme à son principal auteur, et range ce psaume parmi les chants des pèlerins et des lévites du Temple.
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