La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 135 (Vulgate 134) : Laudate nomen Domini, la louange du Dieu vivant
Le psaume 135 des bibles modernes, psaume 134 de la Vulgate, est le *Laudate nomen Domini* : un appel à louer le Seigneur, maître de la création et de l'histoire, en face des idoles qui ont une bouche et ne parlent pas. Le texte intégral de l'abbé Fillion et le latin de la Vulgate suivent, verset par verset ; l'explication vient sous le texte.
Vous cherchez le psaume 134 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 133.
1 Alleluja. Laudate nomen Domini ; laudate, servi, Dominum :
1 Alleluia. Louez le Nom du Seigneur ; * louez le Seigneur, vous Ses serviteurs,
2 qui statis in domo Domini, in atriis domus Dei nostri.
2 qui demeurez dans la maison du Seigneur, * dans les parvis de la maison de notre Dieu.
3 Laudate Dominum, quia bonus Dominus ; psallite nomini ejus, quoniam suave.
3 Louez le Seigneur, car le Seigneur est bon ; * chantez à la gloire de Son Nom, car Il est doux.
4 Quoniam Jacob elegit sibi Dominus ; Israël in possessionem sibi.
4 Car le Seigneur S’est choisi Jacob, * et Israël pour Sa possession.
5 Quia ego cognovi quod magnus est Dominus, et Deus noster præ omnibus diis.
5 Pour moi, j’ai reconnu que le Seigneur est grand, * et que notre Dieu est au-dessus de tous les dieux.
6 Omnia quæcumque voluit Dominus fecit, in cælo, in terra, in mari et in omnibus abyssis.
6 Tout ce qu’Il a voulu, le Seigneur l’a fait, au ciel et sur la terre, * dans la mer et dans tous les abîmes.
7 Educens nubes ab extremo terræ, fulgura in pluviam fecit ; qui producit ventos de thesauris suis.
7 Il fait venir les nuées de l’extrémité de la terre ; * Il change les foudres en pluie. Il fait sortir les vents de Ses trésors. *
8 Qui percussit primogenita Ægypti, ab homine usque ad pecus.
8 Il a frappé les premiers-nés de l’Égypte, depuis l’homme jusqu’à la bête.
9 Et misit signa et prodigia in medio tui, Ægypte : in Pharaonem, et in omnes servos ejus.
9 Et Il a envoyé Ses signes et Ses prodiges au milieu de toi, ô Égypte, * contre le Pharaon et contre tous ses serviteurs.
10 Qui percussit gentes multas, et occidit reges fortes :
10 Il a frappé des nations nombreuses, * et Il a tué des rois puissants :
11 Sehon, regem Amorrhæorum, et Og, regem Basan, et omnia regna Chanaan :
11 Séhon, roi des Amorrhéens, et Og, roi de Basan, * et tous les royaumes de Chanaan.
12 et dedit terram eorum hæreditatem, hæreditatem Israël populo suo.
12 Et Il a donné leur terre en héritage, * en héritage à Israël Son peuple.
13 Domine, nomen tuum in æternum ; Domine, memoriale tuum in generationem et generationem.
13 Seigneur, Votre Nom subsistera éternellement ; * Seigneur, Votre souvenir s’étendra de génération en génération.
14 Quia judicabit Dominus populum suum, et in servis suis deprecabitur.
14 Car le Seigneur jugera Son peuple, * et Il aura pitié de Ses serviteurs.
15 Simulacra gentium argentum et aurum, opera manuum hominum.
15 Les idoles des nations sont de l’argent et de l’or, * et l’ouvrage des mains des hommes.
16 Os habent, et non loquentur ; oculos habent, et non videbunt.
16 Elles ont une bouche, et ne parlent pas ; * elles ont des yeux, et elles ne voient point.
17 Aures habent, et non audient ; neque enim est spiritus in ore ipsorum.
17 Elles ont des oreilles, et elles n’entendent pas ; * car il n’y a point de souffle dans leur bouche.
18 Similes illis fiant qui faciunt ea, et omnes qui confidunt in eis.
18 Que ceux qui les font leur deviennent semblables, * et tous ceux aussi qui se confient en elles.
19 Domus Israël, benedicite Domino ; domus Aaron, benedicite Domino.
19 Maison d’Israël, bénissez le Seigneur ; * maison d’Aaron, bénissez le Seigneur.
20 Domus Levi, benedicite Domino ; qui timetis Dominum, benedicite Domino.
20 Maison de Lévi, bénissez le Seigneur ; * vous qui craignez le Seigneur, bénissez le Seigneur.
21 Benedictus Dominus ex Sion, qui habitat in Jerusalem.
21 Que le Seigneur soit béni de Sion, * Lui qui habite à Jérusalem.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 135 ou psaume 134 ?
Le numéro 135 est celui de la numérotation hébraïque, suivie par les bibles modernes. La Vulgate et la Septante, qui réunissent les psaumes hébreux 9 et 10, comptent ce psaume comme le 134 ; c'est le numéro du Bréviaire romain comme de la liturgie byzantine. Le texte est le même, reconnaissable à ses premiers mots : Laudate nomen Domini. Les deux comptes sont rappelés sur la page des Psaumes.
Que signifie le psaume 135 ?
C'est un psaume de pure louange, qui ne demande rien. Il porte en titre Alleluia, « louez Dieu », et il se déroule en quatre temps : l'appel à la louange, le Dieu de la création, le Dieu de l'histoire, puis le néant des idoles.
L'appel aux serviteurs (v. 1-4)
« Louez le Nom du Seigneur ; louez le Seigneur, vous Ses serviteurs, […] qui demeurez dans la maison du Seigneur, dans les parvis de la maison de notre Dieu » (Ps 134, 1-2). Ces mots reprennent presque à la lettre le psaume 134, Ecce nunc, qui le précède et ferme les cantiques des degrés. Le motif suit : « Louez le Seigneur, car le Seigneur est bon ; chantez à la gloire de Son Nom, car Il est doux » (v. 3). Et la raison la plus intime : « le Seigneur S'est choisi Jacob, et Israël pour Sa possession » (v. 4).
Le maître de la création (v. 5-7)
« Pour moi, j'ai reconnu que le Seigneur est grand, et que notre Dieu est au-dessus de tous les dieux » (v. 5). Le verset 6 est le cœur du psaume : « Tout ce qu'Il a voulu, le Seigneur l'a fait, au ciel et sur la terre, dans la mer et dans tous les abîmes. » Rien n'échappe à sa volonté : les nuées qui montent de l'horizon, la foudre changée en pluie, les vents qu'il fait sortir « de Ses trésors » (v. 7).
Le maître de l'histoire (v. 8-14)
Le psaume rappelle ensuite la sortie d'Égypte : « Il a frappé les premiers-nés de l'Égypte, depuis l'homme jusqu'à la bête » (v. 8), selon le récit de la dixième plaie (Exode 12, 29). Puis viennent les victoires du désert sur Séhon, roi des Amorrhéens, et Og, roi de Basan, et le don de la Terre promise (v. 10-12). D'où la confession : « Seigneur, Votre Nom subsistera éternellement » (v. 13), et la promesse : « le Seigneur jugera Son peuple, et Il aura pitié de Ses serviteurs » (v. 14). L'Épître aux Hébreux cite ces mots, qui viennent aussi du cantique de Moïse (Hébreux 10, 30).
Le néant des idoles (v. 15-21)
Le contraste est saisissant : « Les idoles des nations sont de l'argent et de l'or, et l'ouvrage des mains des hommes. […] Elles ont une bouche, et ne parlent pas ; elles ont des yeux, et elles ne voient point » (Ps 134, 15-16). Elles ont des oreilles et n'entendent pas ; « il n'y a point de souffle dans leur bouche » (v. 17). Le verset 18 en tire la loi : « Que ceux qui les font leur deviennent semblables, et tous ceux aussi qui se confient en elles. » Le même passage se lit, presque identique, au psaume 115, Non nobis, Domine. Le psaume finit par une litanie de bénédiction : maison d'Israël, maison d'Aaron, maison de Lévi, et tous ceux qui craignent le Seigneur (v. 19-21).
La lecture des Pères
Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos, insiste sur le verset 18 : l'homme devient semblable à ce qu'il adore. Qui met sa confiance dans l'argent, la puissance ou l'image qu'il s'est fabriquée finit sourd et muet comme elle ; qui adore le Dieu vivant est rendu vivant. Les idoles n'ont pas disparu avec les temples païens : elles prennent la forme de tout ce qu'on préfère à Dieu, contre le premier des dix commandements.
Saint Paul tient le même langage aux Corinthiens : « nous savons qu'une idole n'est rien dans le monde, et qu'il n'y a pas d'autre Dieu qu'Un seul » (I Corinthiens 8, 4). Et saint Jean termine sa première lettre par cet avertissement : « Mes petits enfants, gardez-vous des idoles » (1 Jn 5, 21).
Le verset 6, « tout ce qu'Il a voulu, le Seigneur l'a fait », est enfin une profession de foi en la toute-puissance et en la Providence : Dieu ne se contente pas d'avoir créé le monde, il le gouverne.
Le psaume 135 dans la liturgie
Au Bréviaire romain de 1962, le psaume 134 de la Vulgate est le dernier psaume des laudes du mardi, au même office que le psaume 43, Judica me. Il s'y chante dans les deux schémas des laudes : le schéma ordinaire, avec l'antienne Laudate nomen Domini, qui statis in domo Domini, et celui des temps de pénitence, avec l'antienne Laudate Dominum quia benignus est, et in servis suis deprecabitur. Au Missel, l'offertoire du dimanche Lætare est tiré des versets 3 et 6 : Laudate Dominum, quia benignus est : psallite nomini ejus, quoniam suavis est. L'Église bénit ainsi le Nom de Dieu ; notre page sur les laudes présente cet office, que vous pouvez prier dans le bréviaire du jour.
Comment prier le psaume 135
- Le matin. C'est son heure à l'office : on commence la journée par la louange, avant toute demande, en l'unissant à la prière du matin.
- En action de grâces, pour les œuvres de Dieu dans sa propre vie, comme Israël pour la sortie d'Égypte.
- Contre les idoles du cœur. Les versets 15 à 18 servent d'examen : à quoi est-ce que je donne ma confiance ?
- Avec le psaume suivant. Le psaume 136, Confitemini Domino, reprend les mêmes œuvres de Dieu en litanie.
Questions Fréquentes
Que dit le psaume 135, verset 1 ?
Dans la traduction de l'abbé Fillion : « Alleluia. Louez le Nom du Seigneur ; louez le Seigneur, vous Ses serviteurs ». En latin, Laudate nomen Domini ; laudate, servi, Dominum. Le verset suivant précise que ces serviteurs demeurent dans la maison du Seigneur.
Que signifie le psaume 135 ?
C'est une louange du Dieu vivant, qui s'est choisi un peuple, qui fait tout ce qu'il veut dans la création et qui a délivré Israël d'Égypte. Elle s'oppose au néant des idoles, « l'ouvrage des mains des hommes ». Il enseigne que l'homme devient semblable à ce qu'il adore.
Que veut dire le verset 6 du psaume 135 ?
« Tout ce qu'Il a voulu, le Seigneur l'a fait, au ciel et sur la terre, dans la mer et dans tous les abîmes. » C'est l'affirmation de la toute-puissance de Dieu : aucune région du monde n'échappe à sa volonté. Le verset fonde la confiance du fidèle en la Providence.
Le psaume 135 est-il prié chez les orthodoxes ?
Oui. Dans la liturgie byzantine, qui suit comme la Vulgate la numérotation grecque, les psaumes 134 et 135 forment le Polyeleos, chanté aux matines des fêtes. Il s'agit d'un usage oriental ; dans le rite romain de 1962, le psaume se chante aux laudes du mardi.
Le chant Éternel est son amour est-il le psaume 135 ?
Ce refrain appartient au psaume suivant, dont chaque verset s'achève par « car Sa miséricorde est éternelle ». Les livres liturgiques le numérotent 135 selon la Vulgate ; dans les bibles modernes, c'est le psaume 136.
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