La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 133 (Vulgate 132) : Ecce quam bonum, la joie des frères unis
Le psaume 133 des bibles modernes, psaume 132 de la Vulgate, est l'*Ecce quam bonum* : « Ah ! qu'il est bon et agréable pour des frères d'habiter ensemble ! » Trois versets comparent l'unité fraternelle à l'huile sainte d'Aaron et à la rosée de l'Hermon. Le texte intégral de l'abbé Fillion et le latin de la Vulgate suivent, verset par verset ; l'explication vient sous le texte.
Vous cherchez le psaume 132 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 131.
1 Canticum graduum David. Ecce quam bonum et quam jucundum, habitare fratres in unum !
1 Cantique des degrés, de David. Ah ! qu’il est bon et agréable * pour des frères d’habiter ensemble !
2 Sicut unguentum in capite, quod descendit in barbam, barbam Aaron, quod descendit in oram vestimenti ejus ;
2 C’est comme le parfum répandu sur la tête, * qui descend sur la barbe, la barbe d’Aaron ; qui descend sur le bord de son vêtement. *
3 sicut ros Hermon, qui descendit in montem Sion. Quoniam illic mandavit Dominus benedictionem, et vitam usque in sæculum.
3 C’est comme la rosée de l’Hermon, qui descend sur la montagne de Sion. Car c’est là que le Seigneur a envoyé Sa bénédiction * et la vie à jamais.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 133 ou psaume 132 ?
Le numéro 133 est celui de la numérotation hébraïque, adoptée par les bibles modernes. La Vulgate latine et la Septante réunissent les psaumes hébreux 9 et 10 et comptent donc ce psaume comme le 132 ; c'est sous ce numéro que les Pères l'ont commenté et que le Bréviaire le chante. Le texte est le même, reconnaissable à ses premiers mots : Ecce quam bonum et quam jucundum. La correspondance complète figure sur la page des Psaumes.
Que signifie le psaume 133 ?
C'est l'avant-dernier des quinze cantiques des degrés (psaumes 119 à 133 de la Vulgate), et son titre le donne à David : « Cantique des degrés, de David ». Les pèlerins venus de toutes les tribus se retrouvaient à Jérusalem pour les fêtes ; ce psaume chante cette rencontre, et toute unité de frères qui habitent ensemble dans la paix.
La joie de l'unité (v. 1)
« Ah ! qu'il est bon et agréable pour des frères d'habiter ensemble ! » (Ps 132, 1). Deux mots disent la valeur de cette concorde : elle est bonum, bonne en elle-même, et jucundum, douce à vivre. Les frères sont d'abord ceux d'une même famille, puis tout le peuple de Dieu, enfants d'un même Père. Le latin in unum dit plus que la cohabitation : être un, n'avoir qu'un cœur. Le psaume 122, Lætatus sum, louait déjà Jérusalem, « dont toutes les parties se tiennent ensemble ».
L'huile d'Aaron (v. 2)
« C'est comme le parfum répandu sur la tête, qui descend sur la barbe, la barbe d'Aaron ; qui descend sur le bord de son vêtement » (v. 2). L'image vient du sacre du premier grand prêtre : Moïse « répandit aussi sur la tête d'Aaron l'huile dont il l'oignit et le consacra » (Lévitique 8, 12). L'huile sainte, parfumée, coule de la tête vers le bas, sans s'arrêter, jusqu'au bord du vêtement. L'unité fraternelle est ainsi une consécration : elle sanctifie, elle embaume, et elle descend d'en haut.
La rosée de l'Hermon (v. 3)
« C'est comme la rosée de l'Hermon, qui descend sur la montagne de Sion » (v. 3). L'Hermon, au nord du pays, est le plus haut sommet de la région, couvert de neige, et ses rosées abondantes sont proverbiales. Voir cette fraîcheur descendre jusqu'à Sion, c'est voir le don de Dieu irriguer le lieu de son Temple. Le psaume conclut : « Car c'est là que le Seigneur a envoyé Sa bénédiction et la vie à jamais. » Là où les frères sont unis, Dieu bénit.
La lecture des Pères : l'Esprit, le Christ et la vie commune
Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos, rapporte que le son de ce psaume a fait naître les monastères : en l'entendant, des frères ont désiré habiter ensemble et vivre d'un seul cœur. Lui-même ouvre sa Règle par la description de la première communauté de Jérusalem, où « la multitude des croyants n'avait qu'un cœur et qu'une âme » (Actes 4, 32). La vie de saint Augustin en témoigne : à Thagaste, puis à Hippone, il vécut en communauté avec ses clercs.
Augustin lit l'huile comme l'Esprit-Saint, répandu d'abord sur le Christ, la tête, notre vrai grand prêtre, puis descendu sur la barbe, c'est-à-dire sur les apôtres, hommes forts, et enfin sur le vêtement, qui figure l'Église. Toute unité chrétienne vient de cette onction : elle n'est pas d'abord un accord humain, mais un don qui descend.
Le Christ en a fait l'objet de sa dernière prière : « afin que tous soient un, comme Vous, Père, êtes en Moi, et Moi en Vous » (Jean 17, 21). La concorde des frères est le signe auquel le monde reconnaîtra qu'il a été envoyé.
Le psaume 133 dans la liturgie
Au Bréviaire romain de 1962, le psaume 132 de la Vulgate ouvre les vêpres du jeudi, sous l'antienne Ecce quam bonum et quam jucundum habitare fratres in unum. Il précède les deux parties du psaume 136, Confitemini Domino, le grand chant de la miséricorde. Vous pouvez dire cet office dans le bréviaire du jour ; notre page sur les vêpres en explique l'ordre.
Au Missel, les deux premiers versets forment le graduel du vingt-deuxième dimanche après la Pentecôte : Ecce quam bonum, et quam jucundum, habitare fratres in unum.
Comment prier le psaume 133
- Pour la paix d'une famille. On le prie pour les époux, les frères et sœurs, les enfants qui se disputent, et il nourrit la prière pour la famille.
- Pour une communauté. Paroisse, monastère, école, groupe de prière : il demande l'unité comme une grâce et rend grâce quand elle est donnée.
- Après une réconciliation, en action de grâces.
- Le jeudi soir, aux vêpres, avec l'Église.
Il se prie avec le psaume 128, Beati omnes, qui chante la maison de celui qui craint Dieu, et avec le psaume 134, Ecce nunc, le dernier cantique des degrés, qui le suit dans le Psautier.
Questions Fréquentes
Que dit le psaume 133, verset 1 ?
Dans la traduction de l'abbé Fillion : « Ah ! qu'il est bon et agréable pour des frères d'habiter ensemble ! » En latin, Ecce quam bonum et quam jucundum, habitare fratres in unum. C'est la louange de l'unité fraternelle, que Dieu bénit.
Quelle est la signification du psaume 133 ?
Il célèbre la concorde entre frères, celle d'une famille, d'une communauté et de tout le peuple de Dieu. Il la compare à l'huile sainte qui consacra Aaron et à la rosée qui descend sur Sion : un don qui vient d'en haut et porte la bénédiction et la vie. Les Pères y voient l'Esprit-Saint répandu du Christ sur toute l'Église.
Que signifie le verset 3, la rosée de l'Hermon ?
L'Hermon est la haute montagne du nord, dont la rosée est abondante. La voir descendre sur Sion, c'est l'image de la grâce qui vient d'en haut sur le peuple rassemblé. Le verset conclut que là, Dieu envoie « Sa bénédiction et la vie à jamais ».
Qui a écrit le psaume 133 ?
Son titre l'attribue à David, en hébreu comme dans la Vulgate. Le roi qui avait rassemblé les tribus autour de Jérusalem chante ici la joie de leur unité.
Pourquoi le psaume 133 est-il associé à la franc-maçonnerie ?
Parce que certains rituels maçonniques en font lecture. Ce n'est pas le sens que l'Église donne à ce psaume, qui chante l'unité des fils de Dieu dans la charité. Depuis Clément XII, en 1738, les papes ont condamné la franc-maçonnerie, et le Code de droit canonique de 1917 frappait d'excommunication ceux qui s'y affiliaient (canon 2335).
Le psaume 133 permet-il de développer un don caché ?
Non. Les listes qui attribuent à tel psaume un pouvoir particulier ne viennent ni de l'Écriture ni de la tradition de l'Église. Les dons viennent de l'Esprit-Saint, que le psaume figure par l'huile sainte ; on les demande par la prière et on les fait fructifier dans la charité.
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