La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 128 (Vulgate 127) : Beati omnes, la maison de celui qui craint Dieu
Beati omnes
Le psaume 128 des bibles modernes, psaume 127 de la Vulgate, est le *Beati omnes qui timent Dominum* : le bonheur du foyer de l'homme qui craint Dieu, son épouse « comme une vigne féconde » et ses enfants comme de jeunes plants d'olivier. Le texte intégral de l'abbé Fillion et le latin de la Vulgate suivent, verset par verset ; l'explication vient sous le texte.
Vous cherchez le psaume 127 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 126.
1 Canticum graduum. Beati omnes qui timent Dominum, qui ambulant in viis ejus.
1 Cantique des degrés. Heureux tous ceux qui craignent le Seigneur, * et qui marchent dans Ses voies.
2 Labores manuum tuarum quia manducabis : beatus es, et bene tibi erit.
2 Parce que tu te nourriras des travaux de tes mains, * tu es heureux et tu prospéreras.
3 Uxor tua sicut vitis abundans in lateribus domus tuæ ; filii tui sicut novellæ olivarum in circuitu mensæ tuæ.
3 Ta femme sera comme une vigne féconde * dans l’intérieur de ta maison. Tes enfants seront autour de ta table * comme de jeunes plants d’olivier.
4 Ecce sic benedicetur homo qui timet Dominum.
4 C’est ainsi que sera béni l’homme * qui craint le Seigneur.
5 Benedicat tibi Dominus ex Sion, et videas bona Jerusalem omnibus diebus vitæ tuæ.
5 Que le Seigneur te bénisse de Sion, * et puisses-tu voir la prospérité de Jérusalem tous les jours de ta vie !
6 Et videas filios filiorum tuorum : pacem super Israël.
6 Et puisses-tu voir les enfants de tes enfants, * et la paix en Israël !
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 128 ou psaume 127 ?
Le numéro 128 est celui de la numérotation hébraïque, que suivent les bibles modernes. La Vulgate latine et la Septante réunissent les psaumes hébreux 9 et 10 et comptent donc ce psaume comme le 127 ; c'est ce numéro qu'emploient le Bréviaire, le Missel, le Rituel, et encore aujourd'hui les livres de chant. Le texte est le même : Beati omnes qui timent Dominum. D'où une confusion fréquente avec le Nisi Dominus, qui est le 127 des bibles modernes. La page des Psaumes donne la correspondance complète.
Que signifie le psaume 128 ?
C'est l'un des quinze cantiques des degrés (psaumes 119 à 133 de la Vulgate). Il suit immédiatement le psaume 127, Nisi Dominus : après la maison que Dieu bâtit, voici la maison qu'il remplit de ses dons. Le psaume va du général au particulier, puis de la famille à tout le peuple.
La crainte de Dieu, source du bonheur (v. 1-2)
« Heureux tous ceux qui craignent le Seigneur, et qui marchent dans Ses voies » (Ps 127, 1). Tout le psaume découle de ce premier verset. La crainte dont il s'agit n'est pas la peur de l'esclave, mais la crainte filiale, qui redoute d'offenser un Père et se montre par la conduite : marcher dans ses voies. C'est elle que l'Écriture appelle « le commencement de la sagesse », au psaume 111, Confitebor tibi.
Le verset 2 en donne le premier fruit : « Parce que tu te nourriras des travaux de tes mains, tu es heureux et tu prospéreras. » Le juste n'est pas promis à l'oisiveté, mais à un travail qui porte du fruit et dont il jouit lui-même, au lieu de le voir ravi par d'autres.
La vigne et les plants d'olivier (v. 3-4)
Le verset 3 est le plus connu : « Ta femme sera comme une vigne féconde dans l'intérieur de ta maison. Tes enfants seront autour de ta table comme de jeunes plants d'olivier. » Deux arbres d'Israël. La vigne, plantée contre les murs de la maison, donne la joie et l'abondance ; l'olivier, qui vit des siècles, donne l'huile, la lumière et la paix. Les rejetons qui poussent au pied du vieil arbre sont l'image d'une famille qui se continue. La table rassemble tout : le pain gagné par le père, la fécondité de la mère, les enfants assis autour. Le verset 4 referme le tableau : « C'est ainsi que sera béni l'homme qui craint le Seigneur. »
De la maison à Jérusalem (v. 5-6)
La bénédiction s'élargit. « Que le Seigneur te bénisse de Sion, et puisses-tu voir la prospérité de Jérusalem tous les jours de ta vie ! » (v. 5). Le bonheur du foyer n'est pas séparé de celui du peuple de Dieu. Le dernier souhait embrasse les générations : « Et puisses-tu voir les enfants de tes enfants, et la paix en Israël ! » (v. 6).
La lecture des Pères : le Christ et l'Église
Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos, remarque que le psaume commence au pluriel, « tous ceux qui craignent », puis parle à un seul homme : tous les fidèles ne forment qu'un dans le Christ. Il lit alors l'épouse féconde comme l'Église, épouse du Christ, et les jeunes plants d'olivier comme les chrétiens qu'elle enfante, nourris de l'onction de l'Esprit et rassemblés autour de la table du Seigneur. Saint Paul autorise cette lecture quand il parle du mariage : « Ce mystère est grand : Je dis cela par rapport au Christ et à l'Église » (Éphésiens 5, 32).
Le Christ lui-même s'est désigné comme la vigne : « Je suis la vigne, vous êtes les sarments » (Jean 15, 5). Et c'est à des noces, à Cana, que le Christ, à la prière de sa Mère, fit son premier miracle (Jean 2, 1) : il bénit lui-même la vigne du foyer.
Ce psaume est le pendant du psaume 112, Beatus vir qui timet Dominum, qui décrit lui aussi la bénédiction du juste et de sa descendance.
Le psaume 128 dans la liturgie
Au Bréviaire romain de 1962, le psaume 127 de la Vulgate ouvre les vêpres du mercredi. Son antienne reprend le premier verset : Beati omnes qui timent Dominum. Il y est suivi du psaume 129, Sæpe expugnaverunt, puis du De profundis et des derniers cantiques des degrés. Vous pouvez prier cet office dans le bréviaire du jour, et en découvrir l'histoire dans notre page sur les vêpres.
Le Missel romain lui donne une place propre dans le mariage. La messe pour les époux (Missa pro sponsis) lui emprunte le verset de son introït, Beati omnes qui timent Dominum, son graduel, Uxor tua sicut vitis abundans, et sa communion, Ecce sic benedicetur omnis homo qui timet Dominum. L'Église bénit ainsi le foyer qui commence avec les mots mêmes que le psaume adresse à l'homme qui craint Dieu.
Aux vêpres de la Fête-Dieu, le psaume revient avec une antienne eucharistique : Sicut novellæ olivarum, Ecclesiæ filii sint in circuitu mensæ Domini, que les fils de l'Église soient comme de jeunes plants d'olivier autour de la table du Seigneur.
Comment prier le psaume 128
- Pour son foyer. C'est le psaume de la maison bénie : on le prie pour les époux, pour les enfants, pour la paix de la famille, et il s'unit naturellement à la prière pour la famille.
- Avant ou après le repas. La table entourée d'enfants est au centre du psaume ; il prolonge bien le Bénédicité.
- Le jour d'un mariage ou d'un anniversaire de mariage, puisque l'Église elle-même le chante à la messe des époux.
- Le mercredi soir, avec l'Église, aux vêpres.
Il se prie aussi avec le psaume 133, Ecce quam bonum, le chant des frères qui habitent ensemble.
Questions Fréquentes
Quelle est la signification du psaume 128 ?
C'est le psaume du bonheur de l'homme qui craint Dieu. Cette crainte filiale porte fruit dans le travail, dans le foyer et dans la paix du peuple de Dieu. Les Pères y lisent aussi le Christ et l'Église, l'épouse féconde dont les chrétiens sont les enfants.
Le psaume 128 est-il le psaume du mariage ?
Oui. Dans le Missel romain de 1962, la messe pour les époux en tire le verset de son introït, son graduel et sa communion. Les livres liturgiques et les chants l'appellent souvent « psaume 127 », selon la numérotation de la Vulgate, avec le refrain Heureux qui craint le Seigneur.
Que veut dire le verset 3 du psaume 128 ?
« Ta femme sera comme une vigne féconde dans l'intérieur de ta maison. Tes enfants seront autour de ta table comme de jeunes plants d'olivier. » La vigne dit la fécondité et la joie de l'épouse, les jeunes oliviers la vigueur des enfants qui prolongent la famille. Les Pères y voient en outre l'Église et ses enfants.
Que dit le verset 2 du psaume 128 ?
« Parce que tu te nourriras des travaux de tes mains, tu es heureux et tu prospéreras. » Le juste vit de son propre travail et en goûte le fruit ; c'est une bénédiction promise à la crainte de Dieu, non une récompense de l'habileté.
Qui a écrit le psaume 128 ?
Le titre dit seulement « Cantique des degrés », sans nom d'auteur, en hébreu comme dans la Vulgate. La tradition rapporte le Psautier à David comme à son principal auteur, et range ce psaume parmi les chants de pèlerinage vers Jérusalem.
Le psaume 128 de la Louis Segond est-il le même que dans la bible catholique ?
C'est le même psaume, numéroté 128 dans la Louis Segond, traduction protestante sur l'hébreu. L'abbé Fillion a traduit sur la Vulgate, le texte de l'Église latine, ce qui donne le numéro 127 et quelques nuances de vocabulaire.
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