La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 111 (Vulgate 110) : Confitebor tibi, la louange des œuvres de Dieu
Confitebor tibi, Domine
Le psaume 111 des bibles modernes, 110 de la Vulgate, est le *Confitebor tibi* : une louange alphabétique des œuvres de Dieu, qui s’achève sur « La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse ». Le texte intégral de l’abbé Fillion et le latin de la Vulgate suivent, verset par verset ; l’explication se lit en dessous.
Vous cherchez le psaume 110 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 109.
1 Alleluja. Confitebor tibi, Domine, in toto corde meo, in consilio justorum, et congregatione.
1 Alleluia : Seigneur, je Vous célébrerai de tout mon cœur * dans la réunion et dans l’assemblée des justes.
2 Magna opera Domini : exquisita in omnes voluntates ejus.
2 Les œuvres du Seigneur sont grandes, * proportionnées à toutes Ses volontés.
3 Confessio et magnificentia opus ejus, et justitia ejus manet in sæculum sæculi.
3 Son œuvre est splendeur et magnificence, * et Sa justice demeure dans tous les siècles.
4 Memoriam fecit mirabilium suorum, misericors et miserator Dominus.
4 Le Seigneur a institué un mémorial de Ses merveilles, Lui qui est miséricordieux et compatissant ; *
5 Escam dedit timentibus se ; memor erit in sæculum testamenti sui.
5 Il a donné une nourriture à ceux qui Le craignent. Il Se souviendra éternellement de Son alliance. *
6 Virtutem operum suorum annuntiabit populo suo,
6 Il fera connaître à Son peuple la puissance de Ses œuvres,
7 ut det illis hæreditatem gentium. Opera manuum ejus veritas et judicium.
7 en leur donnant l’héritage des nations. * Les œuvres de Ses mains sont vérité et justice.
8 Fidelia omnia mandata ejus, confirmata in sæculum sæculi, facta in veritate et æquitate.
8 Tous Ses préceptes sont immuables, affermis pour les siècles des siècles, * fondés sur la vérité et l’équité.
9 Redemptionem misit populo suo ; mandavit in æternum testamentum suum. Sanctum et terribile nomen ejus.
9 Il a envoyé la délivrance à Son peuple ; * Il a établi pour toujours Son alliance. Son Nom est saint et terrible.
10 Initium sapientiæ timor Domini ; intellectus bonus omnibus facientibus eum : laudatio ejus manet in sæculum sæculi.
10 La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse. La vraie intelligence est en tous ceux qui agissent selon cette crainte. * Sa louange subsiste dans les siècles des siècles.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 111 ou psaume 110 ?
Ce psaume est le 111 dans les bibles modernes, qui suivent l’hébreu, et le 110 dans la Vulgate, le bréviaire et cette liseuse. Le décalage vient du psaume 9, unique dans la Vulgate, double dans l’hébreu. Il faut aussi savoir que les livrets de chant de la liturgie actuelle numérotent d’abord selon le grec, comme la Vulgate : le psaume 111, Heureux qui craint le Seigneur ou le psaume 111, lumière des cœurs droits de ces livrets est donc le psaume suivant, le psaume 112, Beatus vir. Toutes les correspondances sont sur la page des Psaumes.
Que signifie le psaume 111 ?
Dans l’hébreu, le psaume est alphabétique : chacun de ses demi-vers commence par une lettre, dans l’ordre de l’alphabet. Cette forme dit la plénitude de la louange, qui parcourt tout, d’un bout à l’autre. Le psaume ne raconte pas une délivrance particulière ; il embrasse d’un regard l’ensemble de l’œuvre de Dieu.
La louange dans l’assemblée (v. 1-3). Le fidèle loue Dieu « de tout mon cœur dans la réunion et dans l’assemblée des justes » (v. 1). Sa louange n’est pas solitaire : elle se fait au milieu du peuple. Il en donne le motif : « Les œuvres du Seigneur sont grandes, proportionnées à toutes Ses volontés » (v. 2), et « Sa justice demeure dans tous les siècles » (v. 3).
Le mémorial et la nourriture (v. 4-5). Le cœur du psaume tient en deux versets : « Le Seigneur a institué un mémorial de Ses merveilles » (v. 4), et « Il a donné une nourriture à ceux qui Le craignent » (v. 5). Au sens littéral, ce sont la Pâque, mémorial de la sortie d’Égypte, et la manne du désert. Mais la tradition a reconnu là, avec une évidence qui n’a cessé de frapper les commentateurs, l’annonce de l’Eucharistie : le mémorial de la Passion que le Christ institue à la Cène en disant « faites ceci en mémoire de Moi » (Lc 22, 19), et le vrai pain du ciel, donné à ceux qui craignent Dieu.
L’alliance et la délivrance (v. 6-9). Dieu donne à son peuple « l’héritage des nations » (v. 7) ; ses préceptes sont « immuables, affermis pour les siècles des siècles » (v. 8). Le verset 9 résume l’histoire du salut : « Il a envoyé la délivrance à Son peuple ; Il a établi pour toujours Son alliance. Son Nom est saint et terrible. » Le latin dit Redemptionem misit populo suo : les Pères ont entendu dans ce mot la Rédemption accomplie par le Christ.
Le commencement de la sagesse (v. 10). Le psaume se clôt sur une sentence célèbre : « La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse » (v. 10). La même parole se lit au livre des Proverbes, chapitre 9. Il ne s’agit pas de la peur de l’esclave mais de la crainte filiale, qui redoute d’offenser un Père aimé ; elle compte parmi les sept dons du Saint-Esprit.
La lecture des Pères
Les commentateurs chrétiens ont lu dans la nourriture donnée à ceux qui craignent Dieu le pain qui descend du ciel, et dans le mémorial des merveilles celui que le Christ a laissé à son Église. Le psaume forme une paire avec le suivant, le Beatus vir, bâti lui aussi sur l’alphabet : l’un chante les œuvres de Dieu, l’autre l’homme juste qui les imite, et le second commence là où le premier finit, par la crainte du Seigneur.
Le verset 4 dit encore de Dieu qu’il est « miséricordieux et compatissant », formule qui revient dans le psaume 103, Benedic, anima mea, et qui remonte à la révélation du Nom divin à Moïse.
Le psaume 111 dans la liturgie
Dans le Bréviaire romain de 1962, le psaume 110 de la Vulgate est le deuxième psaume des vêpres du dimanche, aussitôt après le psaume 110, Dixit Dominus. Au soir du jour du Seigneur, l’Église chante d’abord le Christ roi et prêtre, puis les œuvres de Dieu et le mémorial de ses merveilles.
À la Fête-Dieu, l’office composé par saint Thomas d’Aquin fait chanter ce psaume aux vêpres avec l’antienne Miserator Dominus escam dedit timentibus se, in memoriam suorum mirabilium, qui en tire la lecture eucharistique. Voyez la Fête-Dieu, et pour l’heure elle-même les vêpres ou le bréviaire du jour.
Comment prier le psaume 111
C’est une prière d’action de grâces, simple et pleine. On peut la dire :
- après la communion, en s’arrêtant aux versets 4 et 5, mémorial et nourriture ;
- le dimanche soir, avec l’Église, pour relire la semaine à la lumière des œuvres de Dieu ;
- au début d’une étude ou d’un travail, en demandant la sagesse qui commence par la crainte du Seigneur.
On le conclut par le Gloria Patri.
Questions Fréquentes
Que signifie le psaume 111 ?
C’est une louange des œuvres de Dieu, de sa fidélité et de son alliance. Il rappelle le mémorial de ses merveilles et la nourriture donnée à ceux qui le craignent, puis conclut que la crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse.
Que dit le verset 10 du psaume 111 ?
« La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse », traduit l’abbé Fillion. La vraie sagesse commence par le respect de Dieu et la fuite du péché ; la même sentence se lit dans les Proverbes et dans l’Ecclésiastique (Siracide dans les bibles modernes).
Le psaume 111 parle-t-il de l’Eucharistie ?
Au sens littéral, il évoque la Pâque et la manne. Au sens spirituel, l’Église y a lu l’annonce de l’Eucharistie, mémorial de la Passion et nourriture des fidèles. L’office de la Fête-Dieu le chante dans ce sens.
Le psaume 111, Heureux qui craint le Seigneur est-il ce psaume ?
Non. Les livrets de la liturgie actuelle numérotent selon le grec : leur psaume 111 est le psaume 112 des bibles modernes, le Beatus vir, qui commence par « Heureux l’homme qui craint le Seigneur ». Celui de cette page est le Confitebor tibi.
Quand chante-t-on le psaume 111 ?
Il est le deuxième psaume des vêpres du dimanche dans le bréviaire de 1962, après le Dixit Dominus. On le chante aussi aux vêpres de la Fête-Dieu.
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