La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 112 (Vulgate 111) : Beatus vir, heureux l’homme qui craint le Seigneur
Beatus vir qui timet Dominum
Le psaume 112 des bibles modernes, 111 de la Vulgate, est le *Beatus vir* : « Heureux l’homme qui craint le Seigneur ». Il trace le portrait du juste, ferme dans l’épreuve et généreux envers les pauvres. Son texte intégral dans la traduction de l’abbé Fillion et le latin de la Vulgate suivent, verset par verset, avant l’explication.
Vous cherchez le psaume 111 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 110.
1 Alleluja, reversionis Aggæi et Zachariæ. Beatus vir qui timet Dominum : in mandatis ejus volet nimis.
1 Alleluia, au retour d’Aggée et de Zacharie : Heureux l’homme qui craint le Seigneur, * et qui met ses délices dans Ses commandements.
2 Potens in terra erit semen ejus ; generatio rectorum benedicetur.
2 Sa race sera puissante sur la terre ; * la postérité des justes sera bénie.
3 Gloria et divitiæ in domo ejus, et justitia ejus manet in sæculum sæculi.
3 La gloire et les richesses sont dans sa maison, * et sa justice demeure dans tous les siècles.
4 Exortum est in tenebris lumen rectis : misericors, et miserator, et justus.
4 Une lumière s’est levée dans les ténèbres pour les hommes droits ; * il est miséricordieux, et compatissant, et juste.
5 Jucundus homo qui miseretur et commodat ; disponet sermones suos in judicio :
5 Heureux l’homme qui compatit et qui prête, qui règle ses discours avec jugement, *
6 quia in æternum non commovebitur.
6 car il ne sera jamais ébranlé.
7 In memoria æterna erit justus ; ab auditione mala non timebit. Paratum cor ejus sperare in Domino,
7 Le souvenir du juste sera éternel ; * il ne craindra pas d’entendre rien d’affligeant. Son cœur est disposé à espérer au Seigneur.
8 confirmatum est cor ejus ; non commovebitur donec despiciat inimicos suos.
8 Son cœur est affermi ; * il ne sera point ébranlé, jusqu’à ce qu’il contemple ses ennemis avec mépris.
9 Dispersit, dedit pauperibus ; justitia ejus manet in sæculum sæculi : cornu ejus exaltabitur in gloria.
9 Il répand ses largesses, il donne aux pauvres. Sa justice demeure dans tous les siècles. * Sa puissance sera élevée dans la gloire.
10 Peccator videbit, et irascetur ; dentibus suis fremet et tabescet : desiderium peccatorum peribit.
10 Le pécheur le verra et s’irritera ; il grincera des dents et séchera de dépit ; * le désir des pécheurs périra.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 112 ou psaume 111 ?
Ce psaume porte le numéro 112 dans les bibles modernes, comme la Louis Segond, et le numéro 111 dans la Vulgate et le bréviaire. La différence vient du psaume 9, que l’hébreu divise en deux. Les livrets de chant de la liturgie actuelle suivent d’ailleurs la numérotation grecque : leur psaume 111 est celui-ci. Inversement, le psaume 112, Louez le nom du Seigneur de ces livrets est le psaume suivant, le psaume 113, Laudate pueri. Toutes les correspondances figurent sur la page des Psaumes.
Que signifie le psaume 112 ?
Le psaume est, comme le précédent, alphabétique dans l’hébreu. Le titre de la Vulgate, repris par la Fillion, porte : « au retour d’Aggée et de Zacharie », mention venue de la version grecque, qui rattache le psaume au temps du retour de l’exil. Il ne raconte rien ; il décrit, trait après trait, l’homme juste.
La crainte de Dieu et sa bénédiction (v. 1-3). Tout part du premier verset : « Heureux l’homme qui craint le Seigneur, et qui met ses délices dans Ses commandements » (v. 1). Cette crainte n’est pas un poids : le juste y trouve ses délices. La bénédiction s’étend à sa descendance et à sa maison : « La gloire et les richesses sont dans sa maison, et sa justice demeure dans tous les siècles » (v. 3). La richesse dont il s’agit n’est pas d’abord matérielle ; la suite montre qu’elle consiste à donner.
La lumière dans la nuit (v. 4-6). « Une lumière s’est levée dans les ténèbres pour les hommes droits » (v. 4). La tradition reconnaît dans cette lumière le Christ, qui console les justes au milieu de la nuit de ce monde. Le juste lui-même devient lumière par sa miséricorde : « Heureux l’homme qui compatit et qui prête, qui règle ses discours avec jugement » (v. 5), et c’est pourquoi « il ne sera jamais ébranlé » (v. 6).
La fermeté dans l’épreuve (v. 7-8). Le verset 7 répond à une angoisse très actuelle : le juste « ne craindra pas d’entendre rien d’affligeant. Son cœur est disposé à espérer au Seigneur » (v. 7). Il n’ignore pas les mauvaises nouvelles ; il ne s’y effondre pas, parce que son cœur est « affermi » en Dieu (v. 8). La paix du juste n’est pas l’insouciance, c’est la confiance.
L’aumône qui demeure (v. 9-10). « Il répand ses largesses, il donne aux pauvres. Sa justice demeure dans tous les siècles » (v. 9). Saint Paul cite ce verset pour encourager la collecte en faveur de l’Église de Jérusalem : « Il a répandu, il a donné aux pauvres ; sa justice demeure éternellement » (2 Co 9, 9), et il ajoute au même chapitre que Dieu aime celui qui donne avec joie. Le dernier verset oppose au juste le pécheur, qui le voit, grince des dents et sèche de dépit, car « le désir des pécheurs périra » (v. 10).
La lecture des Pères
Le Beatus vir fait pendant au psaume qui le précède, le psaume 111, Confitebor tibi. Celui-là s’achève par « La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse » ; celui-ci commence par « Heureux l’homme qui craint le Seigneur ». Le premier chante les œuvres de Dieu, le second l’homme qui les reproduit : les deux psaumes emploient les mêmes mots pour Dieu et pour le juste, « miséricordieux et compatissant », « sa justice demeure dans tous les siècles », comme pour dire que la sainteté est une ressemblance.
Les Pères lisent ce portrait comme celui du Christ, le Juste par excellence, puis de tout chrétien qui l’imite. Il rejoint le psaume 1, Beatus vir qui non abiit, qui ouvre le Psautier sur le même mot, et il prépare les Béatitudes, où le Seigneur proclame heureux les miséricordieux.
Le psaume 112 dans la liturgie
Dans le Bréviaire romain de 1962, le psaume 111 de la Vulgate est le troisième psaume des vêpres du dimanche, entre le Confitebor tibi et le Laudate pueri. Ceux qui cherchent le psaume 112 chanté le trouvent là, sur les tons grégoriens, avec son antienne. Pour en savoir plus sur cette heure, lisez notre page sur les vêpres, ou priez l’office avec le bréviaire du jour.
Comment prier le psaume 112
- Devant une mauvaise nouvelle : reprendre le verset 7, et demander un cœur « disposé à espérer au Seigneur ».
- Avant une aumône ou un service rendu : les versets 5 et 9 rappellent que ce qu’on donne demeure.
- Pour son foyer : le psaume bénit la maison et la descendance du juste ; on peut le joindre au psaume 128, Beati omnes qui timent Dominum, le psaume du foyer chrétien, et à la prière pour la famille.
Questions Fréquentes
Que signifie le psaume 112 ?
C’est le portrait de l’homme qui craint Dieu : il aime les commandements, il prête et donne aux pauvres, il reste ferme devant les mauvaises nouvelles. Sa justice demeure, tandis que le désir du méchant périt. Les Pères y voient le Christ et le chrétien qui l’imite.
Que dit le verset 7 du psaume 112 ?
Dans la Fillion : « il ne craindra pas d’entendre rien d’affligeant. Son cœur est disposé à espérer au Seigneur ». Le juste n’est pas à l’abri des épreuves, mais sa confiance en Dieu le garde de l’angoisse.
Que dit le verset 3 du psaume 112 ?
« La gloire et les richesses sont dans sa maison, et sa justice demeure dans tous les siècles. » La suite du psaume montre que la vraie richesse du juste est sa générosité, et que sa justice demeure parce qu’il donne.
Qui a écrit le psaume 112 ?
Le psaume ne nomme pas d’auteur. La Vulgate lui donne pour titre « au retour d’Aggée et de Zacharie », ce qui le place au temps du retour de l’exil. L’auteur principal en est l’Esprit-Saint.
Psaume 112 Louis Segond ou Bible catholique ?
La Louis Segond est une traduction protestante faite sur l’hébreu. Le texte de cette page est celui de l’abbé Fillion, traduction catholique sur la Vulgate, avec le latin que l’Église chante aux vêpres. Le sens est le même, avec quelques nuances propres au latin.
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