La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 127 (Vulgate 126) : Nisi Dominus, si le Seigneur ne bâtit la maison
Nisi Dominus
Le psaume 127 des bibles modernes, psaume 126 de la Vulgate, est le *Nisi Dominus* attribué à Salomon : sans Dieu, l'homme bâtit et veille en vain, et les enfants sont un héritage reçu de sa main. Le texte intégral de l'abbé Fillion et le latin de la Vulgate suivent, verset par verset ; l'explication, la liturgie et les réponses aux questions courantes viennent ensuite.
Vous cherchez le psaume 126 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 125.
1 Canticum graduum Salomonis. Nisi Dominus ædificaverit domum, in vanum laboraverunt qui ædificant eam. Nisi Dominus custodierit civitatem, frustra vigilat qui custodit eam.
1 Cantique des degrés, de Salomon. Si le Seigneur ne bâtit la maison, * c’est en vain que travaillent ceux qui la bâtissent. Si le Seigneur ne garde la cité, * c’est en vain que veille celui qui la garde.
2 Vanum est vobis ante lucem surgere : surgite postquam sederitis, qui manducatis panem doloris. Cum dederit dilectis suis somnum,
2 C’est en vain que vous vous levez avant le jour. * Levez-vous après vous être reposés, vous qui mangez le pain de la douleur, car c’est Dieu qui donne le sommeil à Ses bien-aimés. *
3 ecce hæreditas Domini, filii ; merces, fructus ventris.
3 C’est un héritage du Seigneur que des enfants ; le fruit des entrailles est une récompense.
4 Sicut sagittæ in manu potentis, ita filii excussorum.
4 Comme les flèches dans la main d’un homme vaillant, * ainsi sont les fils des hommes opprimés.
5 Beatus vir qui implevit desiderium suum ex ipsis : non confundetur cum loquetur inimicis suis in porta.
5 Heureux l’homme qui en a rempli son désir. * Il ne sera point confondu lorsqu’il parlera à ses ennemis à la porte de la ville.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 127 ou psaume 126 ?
Le numéro 127 est celui de la numérotation hébraïque, adoptée par les bibles modernes. La Vulgate latine et la Septante, que suivent le Bréviaire, le Missel et les Pères, réunissent les psaumes hébreux 9 et 10 en un seul et comptent donc ce psaume comme le 126. C'est le même texte, le Nisi Dominus ædificaverit domum. La correspondance des deux comptes est rappelée sur la page des Psaumes.
Le décalage crée une confusion fréquente. Le « psaume 127 » des livres liturgiques et de nombreux chants, Heureux qui craint le Seigneur, n'est pas celui-ci : c'est le psaume suivant, le psaume 128, Beati omnes, psaume de la famille et du mariage.
Que signifie le psaume 127 ?
C'est l'un des quinze cantiques des degrés (psaumes 119 à 133 de la Vulgate), et le seul que son titre attribue à Salomon : « Cantique des degrés, de Salomon ». Le fils de David est l'homme qui a bâti la maison du Seigneur ; le psaume enseigne que cette maison, comme toute autre, est d'abord l'œuvre de Dieu.
Le travail vain sans Dieu (v. 1-2)
« Si le Seigneur ne bâtit la maison, c'est en vain que travaillent ceux qui la bâtissent. Si le Seigneur ne garde la cité, c'est en vain que veille celui qui la garde » (Ps 126, 1). Le maçon et la sentinelle figurent toute l'activité humaine. Le psaume ne leur dit pas de se croiser les bras, mais que leur effort reste stérile si Dieu n'y met la main.
Le verset 2 s'adresse à l'homme anxieux : « C'est en vain que vous vous levez avant le jour. » La Vulgate ajoute un conseil que l'abbé Fillion traduit fidèlement : « Levez-vous après vous être reposés, vous qui mangez le pain de la douleur, car c'est Dieu qui donne le sommeil à Ses bien-aimés. » Le psaume ne supprime pas la peine, il lui ôte l'angoisse : Dieu, qui « ne sommeille ni ne dort », selon le psaume 121, Levavi oculos, donne à ceux qu'il aime le repos que l'inquiétude refuse.
Les enfants, héritage du Seigneur (v. 3-5)
« C'est un héritage du Seigneur que des enfants ; le fruit des entrailles est une récompense » (Ps 126, 3). Après la maison de pierre, voici la maison vivante, la famille. Les enfants sont un don, comme l'héritage qu'on reçoit sans l'avoir gagné. Le verset 4 les compare à des « flèches dans la main d'un homme vaillant » ; la Vulgate parle des « fils des hommes opprimés », là où l'hébreu dit les fils de la jeunesse. Le verset 5 conclut : l'homme qui en a rempli son désir « ne sera point confondu lorsqu'il parlera à ses ennemis à la porte de la ville », c'est-à-dire au tribunal, où ses fils le soutiennent.
La maison que Dieu bâtit : la lecture des Pères
Le psaume répond à une promesse. Dieu avait dit à David, au sujet de son fils : « C'est lui qui bâtira une maison à Mon nom » (II Rois 7, 13). Salomon a bâti le Temple ; mais la maison que Dieu promettait de bâtir lui-même, c'est la dynastie de David, qui aboutit au Christ.
Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos, lit donc la maison comme l'Église, que le Christ édifie : les prédicateurs travaillent et les évêques veillent comme des sentinelles, mais en vain si le Seigneur ne bâtit et ne garde. Il entend les flèches du verset 4 des apôtres, lancés par la main du Christ jusqu'aux extrémités de la terre. L'homme sage de l'Évangile, lui, « a bâti sa maison sur la pierre » (Matthieu 7, 24). Saint Paul écrit aux Corinthiens : « vous êtes le champ de Dieu, vous êtes l'édifice de Dieu » (I Corinthiens 3, 9).
Le sommeil donné aux bien-aimés a reçu, chez plusieurs Pères, un sens plus profond encore : comme Dieu tira Ève du côté d'Adam endormi, l'Église est née du côté du Christ endormi dans la mort sur la croix.
Le psaume 127 dans la liturgie
Au Bréviaire romain de 1962, le psaume 126 de la Vulgate est le cinquième et dernier psaume des vêpres du mardi, après le psaume 126, In convertendo. Son antienne en fait une prière : Dominus ædificet nobis domum, et custodiat civitatem : que le Seigneur nous bâtisse la maison et garde la cité.
Il se chante aussi aux vêpres des fêtes de la Sainte Vierge et du commun des vierges, avec les psaumes 109, 112, 147 et le psaume 122, Lætatus sum. La Vierge y est la maison que le Seigneur s'est bâtie lui-même. C'est pourquoi le Nisi Dominus appartient au répertoire des grandes vêpres mariales mises en musique, de Monteverdi à Vivaldi. L'office du jour se prie dans le bréviaire.
Le psaume 127 et le mariage
On choisit souvent ce psaume pour un mariage. Dans le Missel de 1962, c'est pourtant le psaume voisin, le Beati omnes, que la messe pour les époux met sur les lèvres de l'Église, du verset de l'introït à la communion. Les deux se répondent : l'un dit que Dieu bâtit la maison, l'autre décrit la maison qui craint Dieu ; ils nourrissent ensemble la prière pour la famille.
Comment prier le psaume 127
- Au commencement d'une œuvre. Avant un travail, un projet, une construction, le verset 1 remet l'entreprise à Dieu, sans qui l'on bâtit en vain.
- Pour un foyer. Les époux le prient pour leur maison et leurs enfants, et les parents pour ceux qu'ils ont reçus en héritage.
- Dans le surmenage. Quand on se lève avant le jour et qu'on mange le pain de la douleur, le verset 2 rappelle que le repos est aussi un don de Dieu ; il se dit volontiers le soir, comme le psaume 4, Cum invocarem, avant de s'endormir.
C'est la doctrine de la Providence mise en prière : Dieu conserve et gouverne toutes choses, et notre travail n'a de fruit que par lui.
Questions Fréquentes
Que dit le psaume 127, verset 1 ?
Dans la traduction de l'abbé Fillion : « Si le Seigneur ne bâtit la maison, c'est en vain que travaillent ceux qui la bâtissent. Si le Seigneur ne garde la cité, c'est en vain que veille celui qui la garde. » En latin : Nisi Dominus ædificaverit domum, in vanum laboraverunt qui ædificant eam.
Que dit le psaume 127, verset 3, sur les enfants ?
« C'est un héritage du Seigneur que des enfants ; le fruit des entrailles est une récompense. » Les enfants y sont présentés comme un don de Dieu et une bénédiction, non comme un poids.
Le psaume 127 est-il un psaume de mariage ?
On le lit souvent aux mariages, à cause de la maison et des enfants. Le psaume que le Missel de 1962 chante à la messe de mariage est le Beati omnes, psaume 127 de la Vulgate et 128 des bibles modernes ; les fiancés peuvent prier les deux.
Heureux qui craint le Seigneur, est-ce le psaume 127 ?
Oui dans la numérotation liturgique de la Vulgate, non dans celle des bibles modernes. Le chant Heureux qui craint le Seigneur reprend le Beati omnes, psaume 127 de la Vulgate, 128 en hébreu.
Qui a écrit le psaume 127 ?
Le titre l'attribue à Salomon, fils de David et bâtisseur du Temple, ce qui s'accorde avec le thème de la maison édifiée par Dieu. Sa vie est racontée dans notre page sur le roi Salomon. Comme pour tout le Psautier, l'auteur principal est l'Esprit-Saint qui l'a inspiré.
Le Nisi Dominus de Vivaldi est-il ce psaume ?
Oui. Vivaldi a composé son Nisi Dominus sur le texte latin de ce psaume, numéroté 126 dans la Vulgate, d'où le titre « psaume 126 » qu'on lui donne parfois. Le latin chanté est celui qui figure plus haut.
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