La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 126 (Vulgate 125) : In convertendo, semer dans les larmes
Le psaume 126 des bibles modernes, psaume 125 de la Vulgate, est l'*In convertendo* : le chant du retour des captifs de Sion, d'où vient le verset « Ceux qui sèment dans les larmes moissonneront dans l'allégresse ». Le texte intégral de l'abbé Fillion et le latin de la Vulgate suivent, verset par verset ; l'explication est donnée sous le texte.
Vous cherchez le psaume 125 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 124.
1 Canticum graduum. In convertendo Dominus captivitatem Sion, facti sumus sicut consolati.
1 Cantique des degrés. Quand le Seigneur ramena les captifs de Sion, * nous fûmes tout à fait consolés.
2 Tunc repletum est gaudio os nostrum, et lingua nostra exsultatione. Tunc dicent inter gentes : Magnificavit Dominus facere cum eis.
2 Alors notre bouche fut remplie de chants de joie, * et notre langue de cris d’allégresse. Alors on disait parmi les nations : * Le Seigneur a fait de grandes choses pour eux.
3 Magnificavit Dominus facere nobiscum ; facti sumus lætantes.
3 Le Seigneur a fait pour nous de grandes choses ; * nous en avons été remplis de joie.
4 Converte, Domine, captivitatem nostram, sicut torrens in austro.
4 Ramenez, Seigneur, nos captifs, * comme un torrent dans le pays du midi.
5 Qui seminant in lacrimis, in exsultatione metent.
5 Ceux qui sèment dans les larmes * moissonneront dans l’allégresse.
6 Euntes ibant et flebant, mittentes semina sua. Venientes autem venient cum exsultatione, portantes manipulos suos.
6 Ils allaient et venaient en pleurant, * tandis qu’ils jetaient leurs semences. Mais ils reviendront avec allégresse, * chargés de leurs gerbes.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 126 ou psaume 125 ?
Le numéro 126 est celui de la numérotation hébraïque, suivie par la plupart des bibles modernes. La Vulgate latine et la Septante, que l'Église a toujours chantées, réunissent les psaumes hébreux 9 et 10 et comptent donc ce psaume comme le 125. C'est le même texte, qui s'ouvre en latin par In convertendo Dominus captivitatem Sion. Ce décalage explique pourquoi les livres liturgiques et les chants d'église parlent souvent du « psaume 125 ». Les deux comptes sont rappelés sur la page des Psaumes.
Que signifie le psaume 126 ?
Le psaume appartient aux quinze cantiques des degrés (psaumes 119 à 133 de la Vulgate). Il regarde un événement précis : le retour à Jérusalem des Juifs déportés à Babylone, lorsque le roi Cyrus permit au peuple de rentrer et de rebâtir le Temple. Le livre d'Esdras rapporte l'édit : « Qu'il aille à Jérusalem, qui est en Judée, et qu'il rebâtisse la maison du Seigneur » (Esdras 1, 3). Le prophète l'avait annoncé : après soixante-dix ans, Dieu ramènerait son peuple dans ce pays (Jr 29, 10).
La joie du retour (v. 1-3)
« Quand le Seigneur ramena les captifs de Sion, nous fûmes tout à fait consolés » (Ps 125, 1). Les traductions faites sur l'hébreu disent ici nous étions comme en rêve ; la Vulgate, que suit l'abbé Fillion, parle de consolation. Les deux disent la même surprise : une délivrance si grande qu'on ose à peine y croire. Alors la bouche se remplit de chants et la langue de cris d'allégresse (v. 2), et les nations elles-mêmes le reconnaissent : « Le Seigneur a fait de grandes choses pour eux ». Israël reprend la phrase à son compte : « Le Seigneur a fait pour nous de grandes choses ; nous en avons été remplis de joie » (v. 3).
La prière pour ceux qui restent (v. 4)
Le retour n'est pas achevé. Beaucoup sont encore en exil, et le psalmiste prie : « Ramenez, Seigneur, nos captifs, comme un torrent dans le pays du midi » (v. 4). Le midi, c'est le désert du sud de la Judée, dont les lits de torrents restent secs toute l'année, puis se remplissent d'un coup à la saison des pluies. Le psaume demande à Dieu un renversement aussi soudain.
Semer dans les larmes, moissonner dans la joie (v. 5-6)
Le psaume s'achève sur l'image qui l'a rendu célèbre : « Ceux qui sèment dans les larmes moissonneront dans l'allégresse » (Ps 125, 5). Le verset 6 la déploie comme une petite parabole : « Ils allaient et venaient en pleurant, tandis qu'ils jetaient leurs semences. Mais ils reviendront avec allégresse, chargés de leurs gerbes. » Dans un pays pauvre, semer coûtait : on jetait en terre le grain qu'on aurait pu manger, sans savoir ce que donnerait la saison. Le psaume promet que cette peine ne sera pas perdue.
La lecture des Pères et de l'Évangile
Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos, voit sous la captivité de Babylone une captivité plus profonde : celle du genre humain, retenu par le péché et par la mort. Le retour de Sion figure la Rédemption, et la joie « comme en rêve » sera pleinement celle de la résurrection. Les semailles dans les larmes, ce sont les œuvres de cette vie, la pénitence, l'aumône, la patience dans l'épreuve ; la moisson est la vie éternelle. Il remarque que l'on ne sème pas pour soi seul : la miséricorde exercée ici-bas est une semence qui revient en gerbes.
Le Christ reprend la même loi à la veille de sa Passion : « vous serez dans la tristesse ; mais votre tristesse sera changée en joie » (Jean 16, 20). Il en avait fait une béatitude : « Bienheureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés » (Mt 5, 5). Et saint Paul exhorte : « Ne nous lassons pas de faire le bien ; car, le moment venu, nous moissonnerons, si nous ne nous lassons pas » (Galates 6, 9). La tradition a appliqué les versets 5 et 6 aux martyrs, aux apôtres qui ont semé l'Évangile dans la persécution, et à toute âme qui fait pénitence.
Ce psaume répond trait pour trait au psaume 137, Super flumina Babylonis : là, les captifs pleuraient au bord des fleuves en se souvenant de Sion ; ici, ils reviennent en chantant.
Le psaume 126 dans la liturgie
Au Bréviaire romain de 1962, le psaume 125 de la Vulgate est le quatrième des vêpres du mardi. Il y suit le psaume 125, Qui confidunt, et précède le Nisi Dominus. Son antienne est tirée du verset 3 : Magnificavit Dominus facere nobiscum : facti sumus lætantes. Vous pouvez prier cet office dans le bréviaire du jour, et en lire l'histoire dans notre page sur les vêpres.
Au Missel, les versets 5 et 6 forment, de la Septuagésime à Pâques, le trait des messes du commun de plusieurs martyrs : Qui seminant in lacrimis, in gaudio metent. L'Église y chante les témoins du Christ qui ont semé leur vie et récolté la gloire.
Comment prier le psaume 126
- En action de grâces. Après une délivrance, une guérison, une réconciliation, les versets 2 et 3 donnent les mots de la reconnaissance ; ils prolongent toute prière de remerciement.
- Dans une peine qui dure. Le verset 5 rend la patience à qui travaille sans voir de fruit : une éducation, un apostolat, une conversion attendue.
- Pour ceux qui sont loin. Le verset 4 se prie pour les âmes encore « captives », les pécheurs, les éloignés de l'Église, les défunts qui attendent leur délivrance.
- Le mardi soir, avec l'Église. C'est sa place aux vêpres.
Il se prie aussi avec le psaume 130, De profundis : la nuit de l'attente y précède, comme ici les larmes, l'aurore de la miséricorde.
Questions Fréquentes
Que dit le psaume 126, verset 5 ?
Dans la traduction de l'abbé Fillion : « Ceux qui sèment dans les larmes moissonneront dans l'allégresse. » En latin, Qui seminant in lacrimis, in exsultatione metent. Le verset promet que la peine offerte à Dieu porte du fruit, comme le grain semé dans la fatigue rapporte la moisson.
Que veut dire le verset 6 du psaume 126 ?
Il développe le verset 5 : les semeurs vont en pleurant, jetant leur grain, mais ils reviennent dans la joie, chargés de gerbes. La tradition l'applique à la vie chrétienne, où la pénitence et les œuvres de miséricorde préparent la moisson de la vie éternelle, et en particulier aux martyrs.
Que signifie le psaume 126 ?
C'est le chant du retour de l'exil de Babylone et la prière pour que Dieu achève de ramener son peuple. Les Pères y lisent la délivrance du péché, la conversion, et au terme la résurrection. C'est un psaume d'action de grâces et d'espérance.
Que dit le psaume 126, verset 3 ?
« Le Seigneur a fait pour nous de grandes choses ; nous en avons été remplis de joie. » Le refrain du chant moderne Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous traduit ce même verset, selon la numérotation de la Vulgate, où le psaume porte le numéro 125.
Le psaume 126 de Vivaldi est-il ce psaume ?
Non. Le Nisi Dominus de Vivaldi est composé sur le psaume 126 de la Vulgate, c'est-à-dire le psaume 127 des bibles modernes, « Si le Seigneur ne bâtit la maison ». Vous en trouverez le texte et l'explication sur la page du psaume 127, Nisi Dominus.
Ce psaume est-il le même dans la Louis Segond et dans une bible catholique ?
Oui, c'est le même psaume, numéroté 126 dans la Louis Segond, traduction protestante faite sur l'hébreu. L'abbé Fillion a traduit la Vulgate, ce qui explique le numéro 125 et quelques différences, comme la consolation du verset 1 au lieu du rêve.
Toute la Bible hors ligne, avec votre page gardée et vos versets marqués : la Bible catholique dans l'application.
Psaume 125 (126) · avec l'app
Accès anticipé