La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 143 (Vulgate 142) : Domine, exaudi, le dernier psaume de la pénitence
Domine, exaudi
Le psaume 143 des bibles modernes, psaume 142 de la Vulgate, est le *Domine, exaudi orationem meam*, septième et dernier des psaumes de la pénitence : « n'entrez pas en jugement avec Votre serviteur ». Le texte intégral de l'abbé Fillion et le latin de la Vulgate suivent, verset par verset ; l'explication, notamment du verset 8, vient en dessous.
Vous cherchez le psaume 142 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 141.
1 Psalmus David, quando persequebatur eum Absalom filius ejus. Domine, exaudi orationem meam ; auribus percipe obsecrationem meam in veritate tua ; exaudi me in tua justitia.
1 Psaume de David, lorsque son fils Absalon le poursuivait. Seigneur, exaucez ma prière ; prêtez l’oreille à ma supplication selon Votre vérité ; * exaucez-moi selon Votre justice.
2 Et non intres in judicium cum servo tuo, quia non justificabitur in conspectu tuo omnis vivens.
2 Et n’entrez pas en jugement avec Votre serviteur, * parce que nul homme vivant ne sera trouvé juste devant Vous.
3 Quia persecutus est inimicus animam meam ; humiliavit in terra vitam meam ; collocavit me in obscuris, sicut mortuos sæculi.
3 Car l’ennemi a poursuivi mon âme ; * il a humilié ma vie jusqu’à terre. Il m’a placé dans les lieux obscurs, comme ceux qui sont morts depuis longtemps. *
4 Et anxiatus est super me spiritus meus ; in me turbatum est cor meum.
4 Mon esprit s’est replié sur moi dans son angoisse ; mon cœur a été troublé au dedans de moi.
5 Memor fui dierum antiquorum ; meditatus sum in omnibus operibus tuis : in factis manuum tuarum meditabar.
5 Je me suis souvenu des jours anciens ; j’ai médité sur toutes Vos œuvres ; * j’ai médité sur les ouvrages de Vos mains.
6 Expandi manus meas ad te ; anima mea sicut terra sine aqua tibi.
6 J’ai étendu mes mains vers Vous ; * mon âme est devant Vous comme une terre sans eau.
7 Velociter exaudi me, Domine ; defecit spiritus meus. Non avertas faciem tuam a me, et similis ero descendentibus in lacum.
7 Hâtez-Vous, Seigneur, de m’exaucer ; * mon esprit est tombé en défaillance. Ne détournez pas de moi Votre visage, * de peur que je ne sois semblable à ceux qui descendent dans la fosse.
8 Auditam fac mihi mane misericordiam tuam, quia in te speravi. Notam fac mihi viam in qua ambulem, quia ad te levavi animam meam.
8 Faites-moi sentir dès le matin Votre miséricorde, * parce que j’ai espéré en Vous. Faites-moi connaître la voie où je dois marcher, * parce que j’ai élevé mon âme vers Vous.
9 Eripe me de inimicis meis, Domine : ad te confugi.
9 Délivrez-moi de mes ennemis, Seigneur, je me réfugie auprès de Vous. *
10 Doce me facere voluntatem tuam, quia Deus meus es tu. Spiritus tuus bonus deducet me in terram rectam.
10 Enseignez-moi à faire Votre volonté, parce que Vous êtes mon Dieu. Votre bon esprit me conduira dans une terre droite et unie. *
11 Propter nomen tuum, Domine, vivificabis me : in æquitate tua, educes de tribulatione animam meam,
11 Seigneur, à cause de Votre Nom Vous me ferez vivre dans Votre justice. Vous ferez sortir mon âme de la tribulation, *
12 et in misericordia tua disperdes inimicos meos, et perdes omnes qui tribulant animam meam, quoniam ego servus tuus sum.
12 et, dans Votre miséricorde, Vous détruirez mes ennemis. et Vous perdrez tous ceux qui persécutent mon âme, * car je suis Votre serviteur.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 143 ou psaume 142 ?
Le numéro 143 vient de l'hébreu, que suivent les bibles modernes. La Vulgate et la liturgie latine, qui réunissent les psaumes hébreux 9 et 10, le numérotent 142, et c'est sous ce numéro qu'il figure dans la liste des sept psaumes de la pénitence (6, 31, 37, 50, 101, 129, 142). Le texte est le même, reconnaissable à son incipit, Domine, exaudi orationem meam. La table des deux comptes figure sur la page des Psaumes.
Que signifie le psaume 143 ?
La Vulgate lui donne pour titre : « Psaume de David, lorsque son fils Absalon le poursuivait » (v. 1). La tradition y entend donc le roi chassé de Jérusalem par la révolte de son propre fils, montant en pleurs le mont des Oliviers (II Rois 15, 2 Samuel dans les bibles modernes). Ce titre, absent de l'hébreu, oriente la lecture : David sait que cette épreuve est aussi la conséquence de son péché, et il ne plaide pas son innocence.
Pas de jugement, mais la miséricorde (v. 1-2)
« Seigneur, exaucez ma prière ; prêtez l'oreille à ma supplication selon Votre vérité » (v. 1). Puis le verset qui fait de ce psaume un psaume de pénitence : « Et n'entrez pas en jugement avec Votre serviteur, parce que nul homme vivant ne sera trouvé juste devant Vous » (v. 2). Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos, y voit l'aveu qui ruine toute présomption : nul ne peut se tenir devant Dieu en réclamant son dû ; on ne peut demander que la grâce. Saint Paul s'appuie sur la même vérité quand il écrit que « l'homme n'est pas justifié par les œuvres de la loi, mais par la foi en Jésus-Christ » (Ga 2, 16).
L'âme dans les ténèbres (v. 3-6)
« Car l'ennemi a poursuivi mon âme ; il a humilié ma vie jusqu'à terre. Il m'a placé dans les lieux obscurs, comme ceux qui sont morts depuis longtemps » (v. 3). L'abattement est total : « mon cœur a été troublé au dedans de moi » (v. 4). Le remède est la mémoire : « Je me suis souvenu des jours anciens ; j'ai médité sur toutes Vos œuvres » (v. 5). Celui qui ne voit plus rien se rappelle ce que Dieu a fait. Alors vient le geste et l'image : « J'ai étendu mes mains vers Vous ; mon âme est devant Vous comme une terre sans eau » (v. 6). La terre desséchée ne peut s'arroser elle-même ; elle attend la pluie.
Dès le matin, Votre miséricorde (v. 7-8)
« Hâtez-Vous, Seigneur, de m'exaucer ; mon esprit est tombé en défaillance » (v. 7). Le verset 8, le plus cherché du psaume, est une prière de l'aube : « Faites-moi sentir dès le matin Votre miséricorde, parce que j'ai espéré en Vous. Faites-moi connaître la voie où je dois marcher, parce que j'ai élevé mon âme vers Vous » (v. 8). Le latin dit Auditam fac mihi mane misericordiam tuam : fais-moi entendre ta miséricorde au matin. Après la nuit de l'angoisse, le pénitent demande deux choses inséparables : la miséricorde reçue et la route à suivre. Le pardon ne va jamais sans la conversion.
Enseignez-moi à faire Votre volonté (v. 9-12)
La fin du psaume est une prière de conduite. Le verset 10 en est le sommet : « Enseignez-moi à faire Votre volonté, parce que Vous êtes mon Dieu. Votre bon esprit me conduira dans une terre droite et unie » (v. 10). Les Pères ont reconnu dans ce « bon esprit » l'Esprit-Saint, qui conduit les enfants de Dieu. Le dernier mot donne le fondement de toute la supplication : « car je suis Votre serviteur » (v. 12).
Le dernier des psaumes de la pénitence
La tradition a réuni sept psaumes pour exprimer la contrition du pécheur. En numérotation hébraïque, ce sont les psaumes 6, 32, 38, 51, 102, 130 et 143. Le Domine, exaudi clôt la série ouverte par le psaume 6, Domine, ne in furore, et passée par le psaume 51, Miserere, et le psaume 130, De profundis. Après l'aveu et la supplication, il s'achève sur la demande de vivre selon la volonté de Dieu : c'est le fruit propre de la pénitence. Il prolonge naturellement la confession et l'acte de contrition.
Le psaume 143 dans la liturgie
Dans le Bréviaire romain de 1962, le psaume 142 de la Vulgate se chante aux laudes du vendredi, aussi bien dans les laudes ordinaires que dans celles des temps de pénitence. Le verset 8 lui donne là son heure : c'est « dès le matin » que l'Église demande à sentir la miséricorde de Dieu, au jour où elle fait mémoire de la Passion. Vous pouvez prier cet office dans le bréviaire du jour.
Le verset 2 a aussi passé dans les prières pour les défunts. L'oraison de l'absoute, que le prêtre dit devant le cercueil après la messe des funérailles selon le Rituel romain, commence par ses mots : Non intres in judicium cum servo tuo, Domine. L'Église y supplie Dieu de ne pas juger le défunt selon la seule rigueur, puisque nul vivant n'est juste devant Lui. Voyez à ce sujet notre page sur la prière pour les défunts.
Comment prier le psaume 143
- Le matin. Le verset 8 se prie au réveil, pour remettre la journée à la miséricorde et à la conduite de Dieu, dans l'esprit de la prière du matin.
- Avant la confession. Le verset 2 dispose à l'humilité : on vient demander grâce, non faire valoir des mérites.
- Dans l'abattement. Les versets 3 à 6 donnent des mots à la dépression et à la nuit de l'âme, sans quitter l'espérance.
- Pour les morts. On le dit pour un défunt en reprenant le Non intres in judicium.
- Pour discerner. Le verset 10 est une prière toute simple avant une décision.
Questions Fréquentes
Que dit le psaume 143, verset 8 ?
« Faites-moi sentir dès le matin Votre miséricorde, parce que j'ai espéré en Vous. Faites-moi connaître la voie où je dois marcher, parce que j'ai élevé mon âme vers Vous. » Après une nuit d'angoisse, le fidèle demande au matin la miséricorde de Dieu et la lumière sur le chemin à suivre ; les deux vont ensemble.
Que signifie le psaume 143, verset 10 ?
« Enseignez-moi à faire Votre volonté, parce que Vous êtes mon Dieu. » Le pénitent ne demande pas seulement le pardon, mais la grâce de vivre autrement. Les Pères ont vu dans le « bon esprit » qui conduit le fidèle l'Esprit-Saint lui-même.
Le psaume 143 est-il un psaume de pénitence ?
Oui, c'est le septième et dernier des psaumes de la pénitence (142 dans la Vulgate). Son verset 2, « nul homme vivant ne sera trouvé juste devant Vous », en fait l'aveu par excellence de la misère de l'homme devant la sainteté de Dieu.
Peut-on lire le psaume 143 pour des funérailles ?
Il convient très bien à la prière pour les défunts. L'oraison de l'absoute du Rituel romain s'ouvre sur son verset 2, Non intres in judicium cum servo tuo, et le psaume tout entier est une demande de miséricorde. On peut le réciter à la veillée ou au cimetière.
Qui a écrit le psaume 143 ?
Le titre l'attribue à David, et la Vulgate précise : « lorsque son fils Absalon le poursuivait ». La tradition le lit donc comme la prière du roi humilié par la révolte de son fils et reconnaissant son propre péché.
Le psaume 143 Béni soit le Seigneur mon rocher est-il celui-ci ?
Non. Béni soit le Seigneur, mon rocher est le début du psaume 144 hébreu, que la Vulgate numérote 143 : d'où la confusion. Vous le trouverez à la page du psaume 144, Benedictus Dominus.
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