La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 32 (Vulgate 31) : Beati quorum, le bonheur du pardon
Beati quorum
Le psaume 32 des bibles modernes, psaume 31 de la Vulgate, commence par *Beati quorum remissæ sunt iniquitates* : c'est le chant du pécheur pardonné et le deuxième des sept psaumes de la pénitence. Vous en lisez ci-dessous le texte intégral dans la traduction de l'abbé Fillion, avec la Vulgate latine en regard, verset par verset ; l'explication suit le texte.
Vous cherchez le psaume 31 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 30.
1 Ipsi David intellectus. Beati quorum remissæ sunt iniquitates, et quorum tecta sunt peccata.
1 De David, instruction : Heureux ceux dont les iniquités ont été remises, * et dont les péchés sont couverts.
2 Beatus vir cui non imputavit Dominus peccatum, nec est in spiritu ejus dolus.
2 Heureux l’homme à qui le Seigneur n’a pas imputé de péché, * et dont l’esprit est exempt de fraude.
3 Quoniam tacui, inveteraverunt ossa mea, dum clamarem tota die.
3 Parce que je me suis tu, mes os ont vieilli, * tandis que je criais tout le jour.
4 Quoniam die ac nocte gravata est super me manus tua, conversus sum in ærumna mea, dum configitur spina.
4 Car jour et nuit Votre main s’est appesantie sur moi ; * je me suis retourné dans ma douleur, pendant que l’épine s’enfonçait.
5 Delictum meum cognitum tibi feci, et injustitiam meam non abscondi. Dixi : Confitebor adversum me injustitiam meam Domino ; et tu remisisti impietatem peccati mei.
5 Je Vous ai fait connaître mon péché, * et je n’ai pas caché mon injustice. J’ai dit : Je confesserai au Seigneur contre moi-même mon injustice ; * et Vous m’avez remis l’impiété de mon péché.
6 Pro hac orabit ad te omnis sanctus in tempore opportuno. Verumtamen in diluvio aquarum multarum, ad eum non approximabunt.
6 C’est pour cela que tout homme saint * Vous priera au temps favorable. Et quand les grandes eaux fondront comme un déluge, * elles n’approcheront pas de lui.
7 Tu es refugium meum a tribulatione quæ circumdedit me ; exsultatio mea, erue me a circumdantibus me.
7 Vous êtes mon refuge dans la tribulation qui m’a entouré ; * Vous qui êtes ma joie, délivrez-moi de ceux qui m’environnent.
8 Intellectum tibi dabo, et instruam te in via hac qua gradieris ; firmabo super te oculos meos.
8 Je vous donnerai l’intelligence, et Je vous enseignerai la voie par où vous devez marcher ; * J’arrêterai Mes yeux sur vous.
9 Nolite fieri sicut equus et mulus, quibus non est intellectus. In camo et freno maxillas eorum constringe, qui non approximant ad te.
9 Ne soyez pas comme le cheval et le mulet, * qui n’ont pas d’intelligence. Resserrez leur bouche avec le mors et le frein, * quand ils ne veulent point s’approcher de Vous.
10 Multa flagella peccatoris ; sperantem autem in Domino misericordia circumdabit.
10 Le pécheur sera exposé à des peines nombreuses ; * mais celui qui espère au Seigneur sera environné de miséricorde.
11 Lætamini in Domino, et exsultate, justi ; et gloriamini, omnes recti corde.
11 Justes, réjouissez-vous dans le Seigneur, * et soyez dans l’allégresse ; et glorifiez-vous en Lui, vous tous qui avez le cœur droit.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 32 ou psaume 31 ?
Les bibles modernes, qui suivent la numérotation hébraïque, appellent ce psaume le 32. La Vulgate latine et la Septante grecque, dont l'Église s'est servie dans sa liturgie pendant des siècles, le comptent comme le 31, parce qu'elles réunissent en un seul les psaumes 9 et 10 de l'hébreu. C'est donc le même texte, le Beati quorum, et c'est sous le numéro 31 que le présente cette liseuse, comme tous les autres sur la page des Psaumes.
Que signifie le psaume 32 ?
Le titre porte « De David, instruction » : le latin dit intellectus, une leçon à comprendre. La leçon tient dans la première béatitude du psaume. Il ne déclare pas heureux l'homme qui n'a jamais péché, mais celui dont le péché a été remis : « Heureux ceux dont les iniquités ont été remises, et dont les péchés sont couverts » (v. 1). Le verset suivant ajoute une condition qui n'est pas accessoire : le pardon est donné à celui « dont l'esprit est exempt de fraude » (v. 2), c'est-à-dire qui ne ruse plus avec Dieu ni avec lui-même.
Le silence qui ronge
Vient ensuite le souvenir du temps où David refusait d'avouer. « Parce que je me suis tu, mes os ont vieilli » (v. 3) : la faute cachée use l'homme de l'intérieur. La main de Dieu pèse sur lui jour et nuit ; il se retourne sur sa couche « pendant que l'épine s'enfonçait » (v. 4). La tradition latine a vu dans cette épine l'aiguillon de la conscience, la componction qui blesse pour guérir. La douleur n'est pas ici une vengeance de Dieu : c'est un appel à sortir du mensonge.
L'aveu et le pardon
Le verset 5 est le centre du psaume : « Je Vous ai fait connaître mon péché, et je n'ai pas caché mon injustice. J'ai dit : Je confesserai au Seigneur contre moi-même mon injustice ; et Vous m'avez remis l'impiété de mon péché » (v. 5). Saint Augustin s'arrête sur l'ordre des mots : David dit seulement qu'il va confesser, et déjà le pardon est accordé. Dieu entend l'aveu du cœur avant celui des lèvres. Saint Jean dira la même chose dans son épître : « Si nous confessons nos péchés, Il est fidèle et juste, pour nous remettre nos péchés » (1 Jean 1, 9).
La sécurité du pardonné
Le pardon change la situation de l'homme devant le danger. Les « grandes eaux » qui fondent comme un déluge n'approchent plus de celui qui prie « au temps favorable » (v. 6), et le pécheur relevé peut dire : « Vous êtes mon refuge dans la tribulation qui m'a entouré » (v. 7).
Le verset 8 : Dieu se fait guide
Puis la voix change : c'est Dieu qui parle. « Je vous donnerai l'intelligence, et Je vous enseignerai la voie par où vous devez marcher ; J'arrêterai Mes yeux sur vous » (v. 8). C'est le verset le plus cherché du psaume. Dieu ne se contente pas d'effacer la faute : il prend en charge la route de celui qu'il a pardonné et le garde sous son regard. Le verset suivant en donne la condition par contraste : « Ne soyez pas comme le cheval et le mulet, qui n'ont pas d'intelligence » (v. 9). Il faut à la bête le mors et le frein ; à l'homme, Dieu demande une docilité libre. Le psaume s'achève sur la joie des justes et des cœurs droits (v. 11).
Saint Paul et les Pères : la grâce qui justifie
Saint Paul cite les deux premiers versets dans l'Épître aux Romains pour montrer que la justice est donnée par grâce : « C'est ainsi que David parle du bonheur de l'homme agréable à Dieu, à qui la justice est imputée sans les œuvres » (Romains 4, 6). Saint Augustin en fait la clé de son commentaire : le titre intellectus invite à comprendre que nul n'est sauvé par ses mérites, mais par la miséricorde qui précède et rend possibles les bonnes œuvres.
On sait aussi par son biographe Possidius que, dans sa dernière maladie, l'évêque d'Hippone fit copier les psaumes de David sur la pénitence et fixer les feuillets au mur, face à son lit, pour les lire en pleurant jusqu'à la fin. Possidius ne dit pas lesquels ; la tradition pense naturellement à ceux que l'Église appelle les psaumes de la pénitence, dont celui-ci.
La tradition catholique y lit encore la vertu du sacrement de pénitence. Le pardon que David reçoit en avouant, l'Église le donne par l'absolution à celui qui accuse ses fautes avec contrition : voyez ce qu'enseigne la doctrine de la confession.
Le psaume 32 dans la liturgie
Dans le Bréviaire romain de 1962, le psaume 31 de la Vulgate se dit à None du lundi. L'Église le place ainsi chaque semaine au milieu de l'après-midi : vous le retrouverez dans le bréviaire du jour ce jour-là.
Il est surtout le deuxième des sept psaumes de la pénitence : le psaume 6, Domine, ne in furore, le psaume 32, le psaume 38, Domine, ne in furore (même début que le premier), le psaume 51, Miserere, le psaume 102, le psaume 130, De profundis et le psaume 143, Domine, exaudi. Les livres liturgiques les réunissent et les font suivre des litanies des saints. Le Miserere demande le pardon ; le Beati quorum chante le bonheur de l'avoir reçu.
Comment prier le psaume 32
- Avant la confession. Les versets 3 à 5 aident à vaincre la honte qui retient l'aveu. Lisez-les lentement pendant l'examen de conscience, puis formulez l'acte de contrition.
- Après l'absolution. Les versets 1, 2, 7 et 11 deviennent une action de grâces : le pécheur pardonné est rendu à la joie.
- Pour un choix difficile. Le verset 8 se prie seul, comme une demande de lumière, quand il faut discerner une décision, une vocation, une route.
- Pendant le Carême. Priez-le avec les six autres psaumes de la pénitence, de préférence le vendredi, et terminez-le par le Gloria Patri.
Questions Fréquentes
Que dit le psaume 32, verset 8 ?
Dans la traduction de l'abbé Fillion : « Je vous donnerai l'intelligence, et Je vous enseignerai la voie par où vous devez marcher ; J'arrêterai Mes yeux sur vous. » C'est Dieu qui répond au pécheur pardonné et promet de le conduire. Le latin porte Intellectum tibi dabo, et instruam te in via hac qua gradieris.
Le refrain Que ton amour, Seigneur, soit sur nous vient-il du psaume 32 ?
Non, pas de ce psaume-ci. Ce refrain du lectionnaire français moderne traduit le dernier verset de l'Exsultate, justi, que les livrets de messe notent « psaume 32 (33) » : numéro de la Vulgate d'abord, numéro hébreu ensuite. Il s'agit du psaume 33, Exsultate, justi, dont le texte de Fillion porte : « Faites paraître Votre miséricorde sur nous, Seigneur, selon l'espérance que nous avons eue en Vous. »
Qui a écrit le psaume 32 ?
Le titre l'attribue à David, et saint Paul le cite expressément sous son nom en Romains 4. La tradition le rapproche volontiers du repentir de David après sa faute, sans que le texte nomme l'occasion.
Le psaume 32 est-il un psaume de pénitence ?
Oui, il est le deuxième des sept psaumes de la pénitence (6, 32, 38, 51, 102, 130 et 143 dans les bibles modernes ; 6, 31, 37, 50, 101, 129 et 142 dans la Vulgate). À la différence du Miserere, il ne supplie pas seulement : il célèbre le pardon déjà reçu.
Pourquoi prier le psaume 32 avant de se confesser ?
Parce qu'il décrit exactement le chemin de la confession : le poids de la faute que l'on tait, la décision d'avouer, le pardon immédiat. Il rappelle que Dieu attend l'aveu, non pour accabler, mais pour remettre la faute et rendre la paix.
Toute la Bible hors ligne, avec votre page gardée et vos versets marqués : la Bible catholique dans l'application.
Psaume 31 (32) · avec l'app
Accès anticipé