La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Psaume 38 (Vulgate 37) : Domine, ne in furore, le pénitent accablé
Le psaume 38 des bibles modernes, psaume 37 de la Vulgate, commence par *Domine, ne in furore tuo arguas me* : c'est la plainte d'un pécheur accablé sous le poids de ses fautes, troisième des sept psaumes de la pénitence. Le texte intégral de l'abbé Fillion et la Vulgate latine suivent, verset par verset ; l'explication est donnée en dessous.
Vous cherchez le psaume 37 selon la numérotation des bibles traduites de l'hébreu ? C'est ici Psaume 36.
1 Psalmus David, in rememorationem de sabbato.
1 Psaume de David, pour faire souvenir, pour le sabbat.
2 Domine, ne in furore tuo arguas me, neque in ira tua corripias me :
2 Seigneur, ne me reprenez dans Votre fureur, * et ne me punissez pas dans Votre colère.
3 quoniam sagittæ tuæ infixæ sunt mihi, et confirmasti super me manum tuam.
3 Car j’ai été percé de Vos flèches, * et Vous avez appesanti sur moi Votre main.
4 Non est sanitas in carne mea, a facie iræ tuæ ; non est pax ossibus meis, a facie peccatorum meorum :
4 Il n’est rien resté de sain dans ma chair à la vue de Votre colère ; * il n’y a plus de paix dans mes os à la vue de mes péchés.
5 quoniam iniquitates meæ supergressæ sunt caput meum, et sicut onus grave gravatæ sunt super me.
5 Car mes iniquités se sont élevées au-dessus de ma tête, * et comme un lourd fardeau elles se sont appesanties sur moi.
6 Putruerunt et corruptæ sunt cicatrices meæ, a facie insipientiæ meæ.
6 Mes plaies ont été remplies de corruption et de pourriture, * par l’effet de ma folie.
7 Miser factus sum et curvatus sum usque in finem ; tota die contristatus ingrediebar.
7 Je suis devenu misérable, et continuellement tout courbé ; * je marchais triste tout le jour.
8 Quoniam lumbi mei impleti sunt illusionibus, et non est sanitas in carne mea.
8 Car mes reins ont été remplis d’illusions, * et il n’y a rien de sain dans ma chair.
9 Afflictus sum, et humiliatus sum nimis ; rugiebam a gemitu cordis mei.
9 J’ai été affligé et humilié outre mesure, * et le gémissement de mon cœur m’arrachait des rugissements.
10 Domine, ante te omne desiderium meum, et gemitus meus a te non est absconditus.
10 Seigneur, tout mon désir est devant Vous, * et mon gémissement ne Vous est point caché.
11 Cor meum conturbatum est ; dereliquit me virtus mea, et lumen oculorum meorum, et ipsum non est mecum.
11 Mon cœur est troublé, ma force m’a quitté, * et la lumière même de mes yeux n’est plus avec moi.
12 Amici mei et proximi mei adversum me appropinquaverunt, et steterunt ; et qui juxta me erant, de longe steterunt : et vim faciebant qui quærebant animam meam.
12 Mes amis et mes proches * se sont avancés jusqu’à moi, et se sont arrêtés. Ceux qui étaient près de moi se sont arrêtés à distance.*
13 Et qui inquirebant mala mihi, locuti sunt vanitates, et dolos tota die meditabantur.
13 Et ceux qui en voulaient à ma vie usaient de violence. Ceux qui cherchaient à me faire du mal ont proféré des mensonges, * et tout le jour ils méditaient la tromperie.
14 Ego autem, tamquam surdus, non audiebam ; et sicut mutus non aperiens os suum.
14 Mais moi, comme si j’eusse été sourd, je n’entendais pas ; * et comme si j’eusse été muet, je n’ouvrais pas la bouche.
15 Et factus sum sicut homo non audiens, et non habens in ore suo redargutiones.
15 Je suis devenu comme un homme qui n’entend pas, * et qui n’a pas de répliques dans sa bouche.
16 Quoniam in te, Domine, speravi ; tu exaudies me, Domine Deus meus.
16 Car c’est en Vous, Seigneur, que j’ai espéré ; * Vous m’exaucerez, Seigneur mon Dieu.
17 Quia dixi : Nequando supergaudeant mihi inimici mei ; et dum commoventur pedes mei, super me magna locuti sunt.
17 Car j’ai dit : Que mes ennemis ne se réjouissent pas à mon sujet, * eux qui, ayant vu mes pieds ébranlés, ont parlé insolemment de moi.
18 Quoniam ego in flagella paratus sum, et dolor meus in conspectu meo semper.
18 Car je suis préparé aux châtiments, * et ma douleur est toujours devant mes yeux.
19 Quoniam iniquitatem meam annuntiabo, et cogitabo pro peccato meo.
19 Car je proclamerai mon iniquité, * et je serai toujours occupé de la pensée de mon péché.
20 Inimici autem mei vivunt, et confirmati sunt super me : et multiplicati sunt qui oderunt me inique.
20 Cependant mes ennemis vivent, et sont devenus plus puissants que moi, * et ceux qui me haïssent injustement se sont multipliés.
21 Qui retribuunt mala pro bonis detrahebant mihi, quoniam sequebar bonitatem.
21 Ceux qui rendent le mal pour le bien me décriaient, * parce que je m’attachais au bien.
22 Ne derelinquas me, Domine Deus meus ; ne discesseris a me.
22 Ne m’abandonnez pas, Seigneur mon Dieu ; * ne Vous éloignez pas de moi.
23 Intende in adjutorium meum, Domine Deus salutis meæ.
23 Hâtez-Vous de me secourir, Seigneur, Dieu de mon salut.
Latin : Biblia Sacra Vulgata (1592). Français : La Sainte Bible (Fillion) (1895).
Psaume 38 ou psaume 37 ?
Ce psaume est le 38 dans les bibles modernes, qui suivent l'hébreu, et le 37 dans la Vulgate et la Septante, qui réunissent les psaumes 9 et 10. C'est le même texte. Il commence presque comme le psaume 6, Domine, ne in furore, premier psaume de la pénitence, ce qui entretient parfois la confusion. Toutes les correspondances sont sur la page des Psaumes.
Que signifie le psaume 38 ?
Le titre porte : « Psaume de David, pour faire souvenir, pour le sabbat » (v. 1). Le pénitent dresse devant Dieu un mémorial de sa misère, pour que Dieu se souvienne de lui.
Le péché comme une maladie (v. 2-9)
Le psaume s'ouvre sur une supplication : « Seigneur, ne me reprenez dans Votre fureur, et ne me punissez pas dans Votre colère » (v. 2). Il demande d'être corrigé en père, non en juge irrité. Puis il décrit son état avec une crudité rare : « Il n'est rien resté de sain dans ma chair à la vue de Votre colère ; il n'y a plus de paix dans mes os à la vue de mes péchés » (v. 4). Il ne cherche aucune excuse : ses plaies se sont corrompues « par l'effet de ma folie » (v. 6), et ses fautes l'écrasent : « mes iniquités se sont élevées au-dessus de ma tête » (v. 5).
Le psaume unit la souffrance du corps et celle de l'âme. Il ne dit pas que toute maladie est la punition d'une faute ; il fait parler un homme qui reconnaît que son péché a tout atteint en lui. Saint Augustin y voit la condition de l'homme blessé depuis la chute, et dans la douleur du pénitent un remède que Dieu applique pour guérir.
Le désir devant Dieu (v. 10-11)
Au milieu de la plainte, une phrase de confiance : « Seigneur, tout mon désir est devant Vous, et mon gémissement ne Vous est point caché » (v. 10). Saint Augustin a tiré de ce verset une de ses leçons les plus connues sur la prière : le désir lui-même est une prière, et si le désir ne cesse pas, la prière ne cesse pas. Celui qui ne trouve plus de mots peut encore désirer Dieu.
L'abandon des proches (v. 12-15)
Le pénitent est seul : « Mes amis et mes proches se sont avancés jusqu'à moi, et se sont arrêtés » (v. 12), tandis que d'autres cherchent sa perte. Il ne répond pas : « comme si j'eusse été muet, je n'ouvrais pas la bouche » (v. 14). La tradition a reconnu ici le Christ de la Passion. Au Calvaire, ceux qui avaient connu Jésus « se tenaient à distance, regardant ces choses » (Luc 23, 49) ; devant le Sanhédrin, « Jésus Se taisait » (Mt 26, 63). Le Juste a pris sur lui la plainte du pécheur. Voyez la Passion du Christ.
L'aveu et l'appel (v. 16-23)
La dernière partie revient à l'espérance : « Car c'est en Vous, Seigneur, que j'ai espéré ; Vous m'exaucerez, Seigneur mon Dieu » (v. 16). Le pénitent avoue : « Car je proclamerai mon iniquité, et je serai toujours occupé de la pensée de mon péché » (v. 19). Le psaume finit sur deux cris brefs : « Ne m'abandonnez pas, Seigneur mon Dieu » (v. 22) et « Hâtez-Vous de me secourir, Seigneur, Dieu de mon salut » (v. 23).
Le psaume 38 dans la liturgie
Il est le troisième des sept psaumes de la pénitence, entre le psaume 32, Beati quorum, et le psaume 51, Miserere. Le bréviaire les réunit, suivis des litanies des saints, et la piété les prie ensemble, spécialement en Carême.
Au Bréviaire romain de 1962, le psaume 37 de la Vulgate se chante aux Matines du mardi. Vous le retrouvez ce jour-là dans le bréviaire du jour.
Il a aussi sa place à l'office des Ténèbres du vendredi saint : il ouvre le deuxième nocturne des Matines, sous l'antienne Vim faciebant qui quærebant animam meam. Le missel, enfin, en tire l'introït du mercredi de la deuxième semaine de Carême, Ne derelinquas me, Domine (v. 22-23).
Comment prier le psaume 38
- Avant la confession. Le verset 19 est un acte d'aveu ; il prépare à la confession sans s'enfermer dans la honte, puisque le psaume s'ouvre et se ferme par l'espérance.
- Dans la maladie. Le malade peut unir sa souffrance à celle du pénitent et du Christ, en offrant ce qu'il ne peut changer.
- Quand la prière est sèche. Le verset 10 suffit : dire à Dieu que tout son désir est devant lui.
Questions Fréquentes
Qui a écrit le psaume 38 ?
Le titre l'attribue à David. La tradition y entend la voix du roi pénitent, et plus profondément celle du Christ, qui a porté le poids des péchés qui n'étaient pas les siens.
Le psaume 38 est-il un psaume de pénitence ?
Oui, c'est le troisième des sept psaumes de la pénitence (6, 32, 38, 51, 102, 130 et 143 dans les bibles modernes ; 6, 31, 37, 50, 101, 129 et 142 dans la Vulgate). Il exprime la contrition d'un pécheur qui reconnaît sa faute sans désespérer.
Quelle est la signification du psaume 38 ?
C'est la prière d'un homme écrasé par ses péchés, malade et abandonné, qui avoue sa faute à Dieu et espère en lui. Le psaume apprend à porter ensemble l'aveu et la confiance.
Toute la Bible hors ligne, avec votre page gardée et vos versets marqués : la Bible catholique dans l'application.
Psaume 37 (38) · avec l'app
Accès anticipé