Les Saints
Sainte Anne, mère de la Sainte Vierge : fête, Auray, prière
Sainte Anne, mère de la Vierge Marie et patronne de la Bretagne — sa place dans la Tradition, sa fête du 26 juillet, les apparitions de Sainte-Anne-d'Auray et la prière pour l'invoquer.

Sainte Anne est la mère de la très sainte Vierge Marie et l'aïeule de Notre-Seigneur Jésus-Christ selon la chair ; l'Église célèbre sa fête le 26 juillet. Épouse de saint Joachim, honorée dès les premiers siècles en Orient comme en Occident, elle est la patronne de la Bretagne, où son sanctuaire de Sainte-Anne-d'Auray, né des apparitions faites au paysan Yves Nicolazic entre 1623 et 1625, demeure le premier pèlerinage de la province.
Qui est sainte Anne, mère de la Vierge Marie
L'Écriture canonique ne nomme ni Anne ni Joachim ; leurs noms nous viennent d'une tradition très ancienne, consignée dès le IIe siècle dans le Protévangile de Jacques et reçue unanimement par les Pères. Cette tradition rapporte qu'Anne et Joachim, couple juste et fidèle à la Loi, demeurèrent longtemps sans enfant, et que Dieu récompensa leurs prières et leurs aumônes en leur donnant, dans leur vieillesse, une fille qui devait être la Mère du Sauveur. Le nom d'Anne signifie grâce, et les Pères ont vu dans cette stérilité fécondée par Dieu la figure des grandes naissances de l'histoire sainte, comme celle de Samuel obtenu par les larmes d'une autre Anne (I Rois I, selon la numérotation de la Vulgate).
La grandeur de sainte Anne tient tout entière à sa fille. Marie fut conçue sans péché dans le sein d'Anne : c'est le privilège de l'Immaculée Conception, défini par Pie IX en 1854, mais cru et fêté bien avant. Celle que l'ange salue « pleine de grâce » (Luc I, 28, trad. Fillion) a été portée, nourrie et élevée par Anne. Son culte est attesté en Orient dès le VIe siècle — l'empereur Justinien lui éleva une église à Constantinople — et l'Occident vénère ses reliques à Apt en Provence, dont la tradition fait remonter le dépôt aux premiers siècles, et à Chartres, qui reçut en 1204 le chef de sainte Anne rapporté de Constantinople.
La fête de sainte Anne : le 26 juillet
La date de la sainte Anne est le 26 juillet. Longtemps propre à certaines églises — Urbain VI l'accorda à l'Angleterre à la fin du XIVe siècle —, la fête fut inscrite au calendrier de l'Église universelle par Grégoire XIII en 1584. Dans le calendrier traditionnel de 1962, le 26 juillet est la fête de sainte Anne, mère de la bienheureuse Vierge Marie, fête de deuxième classe ; la messe s'ouvre par l'introït Gaudeamus omnes in Domino, le chant de joie que l'Église reprend aussi à la Toussaint. Saint Joachim, son époux, est fêté séparément le 16 août.
Ceux qui veulent honorer sainte Anne ce jour-là le font au mieux par la messe, la confession et la communion, et par la récitation du Je vous salue Marie, puisque toute gloire d'Anne se rapporte à Marie.
Sainte-Anne-d'Auray : les apparitions à Yves Nicolazic (1623-1625)
Yves Nicolazic, laboureur du village de Keranna, en la paroisse de Pluneret au diocèse de Vannes, fut favorisé à partir de 1623 de signes et d'apparitions dont l'enquête canonique a conservé le récit. Dans la nuit du 25 au 26 juillet 1624, une dame environnée de lumière se fit connaître à lui : « Je suis Anne, mère de Marie. » Elle lui demanda de faire rebâtir, dans le champ appelé le Bocenno, une chapelle autrefois dédiée en son nom et ruinée depuis des siècles, « parce que Dieu veut que j'y sois honorée ». Le 7 mars 1625, guidé par un flambeau mystérieux, Nicolazic déterra dans ce champ une antique statue de sainte Anne, en présence de témoins.
Mgr Sébastien de Rosmadec, évêque de Vannes, fit instruire l'affaire ; l'enquête conclut favorablement et l'évêque autorisa dès 1625 le culte et la construction de la chapelle : le pèlerinage de Sainte-Anne-d'Auray est ainsi né sous l'autorité de l'Église. La première pierre de la nouvelle chapelle fut posée le 26 juillet 1625, et les pèlerins affluèrent aussitôt. La statue primitive fut brûlée sous la Révolution ; la grande basilique actuelle fut élevée au XIXe siècle, et la nouvelle statue solennellement couronnée en 1868. Nicolazic lui-même, mort en 1645, repose près du sanctuaire qu'il avait fait naître par son obéissance simple et tenace — modèle du fidèle qui reçoit une grâce extraordinaire et la remet aussitôt au jugement de l'Église.
Le Grand Pardon de Sainte-Anne-d'Auray
Le pardon est la forme bretonne du pèlerinage : confession, messe, vêpres, procession derrière les bannières et cantiques. Le Grand Pardon de Sainte-Anne-d'Auray se tient chaque année les 25 et 26 juillet, autour de la fête de la sainte ; c'est le plus grand rassemblement religieux de Bretagne, où des générations de familles bretonnes sont venues chanter le refrain du vieux cantique : « Sainte Anne, ô bonne Mère, toi que nous implorons, entends notre prière et bénis tes Bretons. » Le nom même du pardon dit sa fin : on y vient d'abord pour la confession et l'indulgence, c'est-à-dire pour la confession et le retour à la grâce, non pour le folklore.
Sainte Anne, patronne de la Bretagne
La Bretagne honore sainte Anne comme sa mère et sa patronne — « Mamm goz ar Vretoned », la grand-mère des Bretons — et ce lien fut consacré par Rome : en 1914, saint Pie X déclara sainte Anne patronne de la province de Bretagne. Outre Auray, le pays garde d'autres sanctuaires anciens, dont Sainte-Anne-la-Palud, sur la baie de Douarnenez, dont le pardon de la fin d'août compte parmi les plus vénérables de Cornouaille.
La tradition invoque sainte Anne comme patronne des mères de famille et des grands-mères, des femmes qui demandent la grâce d'un enfant ou une heureuse délivrance — celles-ci lui joignent volontiers la prière de la femme enceinte —, des veuves, des menuisiers et des marins bretons. Elle est aussi la patronne de l'éducation chrétienne : ayant élevé la plus sainte des créatures, elle est le modèle des parents qui transmettent la foi, comme saint Joseph l'est des pères et des ouvriers.
Prière à sainte Anne
La prière la plus sûre est celle de l'Église : la collecte de la messe du 26 juillet, au Missel romain de 1962.
Deus, qui beátæ Annæ grátiam conférre dignatus es, ut Genetrícis unigéniti Fílii tui mater effici mererétur: concéde propítius; ut, cujus sollémnia celebrámus, ejus apud te patrocíniis adjuvémur. Per eúndem Dóminum nostrum Jesum Christum Fílium tuum, qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti, Deus, per ómnia sǽcula sæculórum. Amen.
Ô Dieu, vous avez daigné donner à sainte Anne la grâce de mériter d'être la mère de celle par laquelle votre Fils unique est né : faites que nous soyons aidés de son patronage en ce jour où nous célébrons sa solennité. Par le même Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui, étant Dieu, vit et règne avec vous, en l'unité du même Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
On peut préparer la fête du 26 juillet par une neuvaine à sainte Anne, du 17 au 25 juillet. L'Église invoque chaque saint selon les besoins des fidèles — saint Roch contre la maladie et les épidémies, saint Fiacre pour les jardins et les fruits de la terre, sainte Anne pour les mères et l'enfantement. Comme pour tous les saints, la prière ne s'arrête pas à Anne : elle lui demande de porter notre requête à Dieu, par Marie sa fille.
Pour situer sainte Anne parmi les autres saints du calendrier de 1962, voyez la liste des saints catholiques.
Questions Fréquentes
Qui est sainte Anne ?
Sainte Anne est la mère de la très sainte Vierge Marie et l'épouse de saint Joachim ; elle est donc l'aïeule de Notre-Seigneur selon la chair. L'Écriture ne la nomme pas : ses nom et histoire viennent d'une tradition du IIe siècle, reçue par les Pères, qui rapporte que Dieu donna Marie à ce couple longtemps stérile. Marie fut conçue immaculée dans son sein.
Quelle est la date de la fête de sainte Anne ?
La fête de sainte Anne est le 26 juillet, inscrite au calendrier universel par Grégoire XIII en 1584. Dans le calendrier traditionnel de 1962, c'est une fête de deuxième classe. Saint Joachim, son époux, est fêté le 16 août.
Que s'est-il passé à Sainte-Anne-d'Auray ?
Entre 1623 et 1625, sainte Anne apparut au laboureur Yves Nicolazic à Keranna, près d'Auray, lui demandant de rebâtir une chapelle ruinée dédiée en son nom ; une antique statue fut déterrée le 7 mars 1625 à l'endroit indiqué. L'évêque de Vannes, Mgr de Rosmadec, fit instruire l'affaire et autorisa dès 1625 le culte et la construction de la chapelle.
Qu'est-ce que le Grand Pardon de Sainte-Anne-d'Auray ?
C'est le grand pèlerinage annuel du sanctuaire, tenu les 25 et 26 juillet autour de la fête de sainte Anne : confession, messe, vêpres et procession aux bannières. Il est le plus grand rassemblement religieux de Bretagne.
Pourquoi sainte Anne est-elle la patronne de la Bretagne ?
La Bretagne l'honore depuis des siècles comme sa mère — les Bretons l'appellent leur grand-mère — et ce culte fut porté à son comble par les apparitions d'Auray en 1623-1625. En 1914, saint Pie X la déclara officiellement patronne de la province de Bretagne.
De quoi sainte Anne est-elle la patronne ?
Outre la Bretagne, la tradition l'invoque comme patronne des mères de famille et des grands-mères, des femmes qui demandent un enfant ou une heureuse délivrance, des veuves, des menuisiers et des marins, et comme modèle de l'éducation chrétienne, elle qui éleva la Mère de Dieu.
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Sources. Sainte Écriture, traduction de l'abbé Fillion (Luc I, 28 ; I Rois I). Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique, Le Temps après la Pentecôte, 26 juillet, sainte Anne. Protévangile de Jacques (IIe siècle, témoin de la tradition). Actes de l'enquête canonique du diocèse de Vannes sur les apparitions de Keranna, approbation de Mgr Sébastien de Rosmadec, 1625. Alban Butler, Vies des Pères, des martyrs et des autres principaux saints, au 26 juillet.