Les Neuvaines
Neuvaine à la Médaille Miraculeuse
Le texte complet de la neuvaine à Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse : la prière quotidienne, les neuf jours et leurs méditations et une version courte, pour la fête du 27 novembre.

La neuvaine à la Médaille Miraculeuse est une prière de neuf jours adressée à la Très Sainte Vierge sous le vocable qu'elle a elle-même révélé rue du Bac, à Paris, en 1830 : « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. » On la récite pour obtenir, par l'intercession toute-puissante de l'Immaculée, une grâce précise — guérison, conversion, secours dans une cause difficile ou désespérée — et l'on aime à la commencer le 19 novembre pour l'achever le 27, jour anniversaire de l'apparition et fête de la Médaille Miraculeuse.
Ce qui suit en donne le texte complet, avec les méditations des neuf jours et une version courte à imprimer. Hormis l'invocation de 1830, indulgenciée (Raccolta, éd. de 1943, n° 325), ces prières sont une composition de dévotion moderne, sans texte liturgique ni approbation propre ; la prière officielle de l'Église est la collecte de la fête de la Médaille Miraculeuse (27 novembre), concédée par Léon XIII en 1894 pour certains lieux.
Le texte complet de la neuvaine à la Médaille Miraculeuse
Chaque jour de la neuvaine, on récite la même prière quotidienne, puis l'on ajoute la méditation propre au jour, un Notre Père, un (ou dix) Je vous salue Marie, un Gloire au Père, et l'invocation de la Médaille. On termine par la prière finale.
La prière quotidienne (à réciter chaque jour)
Ô Vierge Immaculée, qui avez voulu apparaître tant de fois sur notre terre et nous avez donné la Médaille Miraculeuse, nous vous saluons et nous vous reconnaissons pour notre Reine. Sous le signe de votre sainte Médaille, nous sommes à vous et nous voulons être à vous. Qu'elle soit toujours à nos yeux et à nos cœurs le gage de votre amour et le rappel de nos devoirs envers vous. Ô Mère de nos âmes, aidez-nous à fuir tout péché et à vivre fidèlement dans la grâce de votre Fils. Ô Mère de toutes les grâces, donnez à notre pays les prêtres et les religieuses dont il a tant besoin. Reine du Ciel, qui êtes venue au monde sans aucun péché, obtenez-nous de quitter ainsi cette terre pour monter vers vous, dans le beau Royaume de votre Fils. Ainsi soit-il.
Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous.
Puis : un Notre Père, un (ou dix) Je vous salue Marie et un Gloire au Père.
Les neuf jours et leurs méditations
Jour 1 — L'appel de la rue du Bac
Le 18 juillet 1830, veille de la fête de saint Vincent de Paul, la Sainte Vierge apparaît une première fois à la jeune novice Catherine Labouré, dans la chapelle des Filles de la Charité. Elle lui dit : « Dieu veut vous charger d'une mission. » Demandons la docilité de cette âme simple, qui crut sans voir et obéit sans comprendre.
Prière quotidienne, invocation, Pater, Ave, Gloria.
Récitez maintenant la prière de la neuvaine ↑
Jour 2 — La Médiatrice de toutes les grâces
Le 27 novembre 1830, la Vierge se montre debout sur le globe du monde, les mains ouvertes, d'où jaillissent des rayons de lumière. Ces rayons, dira-t-elle, « sont le symbole des grâces que je répands sur les personnes qui me les demandent. » Confions-lui aujourd'hui les grâces que nous n'osons demander.
Prière quotidienne, invocation, Pater, Ave, Gloria.
Récitez maintenant la prière de la neuvaine ↑
Jour 3 — L'Immaculée Conception
Autour de l'image de la Vierge s'inscrivent en lettres d'or les paroles : « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. » Vingt-quatre ans avant que Pie IX ne définît le dogme, le Ciel proclamait déjà l'Immaculée Conception. Adorons ce dessein de Dieu qui a préservé sa Mère de toute tache.
Prière quotidienne, invocation, Pater, Ave, Gloria.
Récitez maintenant la prière de la neuvaine ↑
Jour 4 — Le serpent écrasé
Sous les pieds de la Vierge, un serpent est foulé aux pieds. Marie est la nouvelle Ève, celle dont la Genèse annonçait qu'elle écraserait la tête de l'antique ennemi. Demandons-lui la victoire sur le péché et sur les pièges du démon.
Prière quotidienne, invocation, Pater, Ave, Gloria.
Récitez maintenant la prière de la neuvaine ↑
Jour 5 — Le revers de la Médaille
Le tableau se retourne : Catherine voit la lettre M surmontée d'une croix, et au-dessous les deux Cœurs de Jésus et de Marie, l'un couronné d'épines, l'autre transpercé d'un glaive. Contemplons l'union de ces deux Cœurs et le prix de notre rédemption.
Prière quotidienne, invocation, Pater, Ave, Gloria.
Récitez maintenant la prière de la neuvaine ↑
Jour 6 — Les douze étoiles
Douze étoiles entourent les deux Cœurs, comme la couronne de la Femme de l'Apocalypse. Marie règne sur l'Église, mère et figure du peuple racheté. Prions pour la Sainte Église et pour le Souverain Pontife.
Prière quotidienne, invocation, Pater, Ave, Gloria.
Récitez maintenant la prière de la neuvaine ↑
Jour 7 — « Faites frapper une médaille »
La Vierge confie sa mission : « Faites frapper une médaille sur ce modèle ; les personnes qui la porteront recevront de grandes grâces. Les grâces seront abondantes pour les personnes qui la porteront avec confiance. » Portons avec foi ce signe de son amour, non comme un talisman, mais comme un acte de consécration à Marie.
Prière quotidienne, invocation, Pater, Ave, Gloria.
Récitez maintenant la prière de la neuvaine ↑
Jour 8 — Les rayons qui ne brillent pas
Certaines pierres des mains de la Vierge demeurent sans lumière : ce sont, dit-elle, « les grâces que l'on oublie de me demander. » Reprochons-nous notre tiédeur, et apprenons à tout demander à la Mère qui ne refuse rien.
Prière quotidienne, invocation, Pater, Ave, Gloria.
Récitez maintenant la prière de la neuvaine ↑
Jour 9 — L'action de grâces
Au terme de la neuvaine, remercions la Vierge de la Médaille Miraculeuse pour tant de conversions, de guérisons et de protections obtenues depuis 1830. Redisons-lui notre confiance et remettons notre intention à son Cœur.
Prière quotidienne, invocation, Pater, Ave, Gloria, puis la prière finale.
Récitez maintenant la prière de la neuvaine ↑
La prière finale (au terme de chaque jour)
Ô Vierge Immaculée, Mère de Notre-Seigneur Jésus-Christ et notre Mère, pleins d'une vive confiance en votre puissante intercession, tant de fois manifestée par la Médaille Miraculeuse, nous vous supplions humblement, nous vos enfants pauvres et fidèles, de nous obtenir les grâces et les faveurs que nous vous demandons durant cette neuvaine, si elles doivent servir au bien de nos âmes et de celles pour qui nous prions. (Exprimez ici votre intention.)
Ô Vierge de la Médaille Miraculeuse, qui êtes apparue à sainte Catherine Labouré dans l'attitude de Médiatrice du monde entier et de chaque âme en particulier, nous remettons entre vos mains et nous confions à votre Cœur nos supplications. Daignez les présenter à votre divin Fils et les exaucer, si elles sont conformes à la divine volonté et utiles à nos âmes. Et, après avoir élevé vers Dieu vos mains suppliantes, abaissez-les sur nous et enveloppez-nous des rayons de vos grâces, en éclairant nos esprits et en purifiant nos cœurs, afin que, sous votre conduite, nous arrivions ensemble à la bienheureuse éternité. Ainsi soit-il.
Les variantes de la neuvaine
Neuvaine courte à la Médaille Miraculeuse
Pour ceux qui manquent de temps, la « petite neuvaine » se réduit à la répétition, neuf jours durant, de la seule invocation gravée sur la Médaille, précédée d'un signe de croix :
Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. (trois fois, ou autant qu'on le désire)
On peut y joindre chaque jour un Notre Père, un Je vous salue Marie et un Gloire au Père. L'invocation elle-même est enrichie d'indulgences : trois cents jours chaque fois, et une indulgence plénière mensuelle aux conditions ordinaires si on la dit chaque jour (Raccolta, éd. de 1943, n° 325).
Neuvaine pour une cause désespérée ou une intention précise
Lorsqu'on prie pour une grâce urgente — une guérison, une conversion, une réconciliation, une grossesse attendue — on formule son intention avant la prière quotidienne, puis on la remet expressément dans la prière finale : « Daignez présenter à votre divin Fils cette intention que je vous confie… » La Vierge de la rue du Bac s'est montrée les mains ouvertes précisément pour ceux qui la supplient : rien n'est trop grand pour celle qui est la Médiatrice de toutes les grâces. On peut aussi conclure par le Souvenez-vous de saint Bernard.
Neuvaine à imprimer (texte pdf)
Pour prier en famille ou porter le texte sur soi, il suffit d'imprimer cette page : elle contient l'intégralité de la neuvaine — prière quotidienne, neuf méditations, invocation et prière finale. Beaucoup la glissent avec leur Médaille dans le missel, à côté de la neuvaine à l'Immaculée Conception, pour l'avoir sous la main tout au long de l'année.
Plutôt qu'une feuille volante, emportez-la dans l'application Iter Fidei : le texte de chaque jour, un rappel à l'heure que vous choisissez, hors connexion, en latin et en français. Rejoignez l'accès anticipé ici.
Comment réciter cette neuvaine
Une neuvaine se compose de neuf jours consécutifs de prière, à l'imitation des neuf jours pendant lesquels les Apôtres et la Sainte Vierge prièrent au Cénacle, entre l'Ascension et la Pentecôte, dans l'attente de l'Esprit Saint.
Quand la commencer ? On peut réciter cette neuvaine à tout moment de l'année, dès qu'une intention presse le cœur. Mais la date la plus indiquée est celle qui la fait culminer le 27 novembre, jour anniversaire de l'apparition de 1830 et fête de la Médaille Miraculeuse (fête accordée à certains lieux, pro aliquibus locis, et non inscrite au calendrier universel de 1962) : on la commence alors le 19 novembre pour l'achever le 27, ou le 18 pour l'achever la veille. Beaucoup la font aussi précéder la fête de l'Immaculée Conception, le 8 décembre.
Comment la faire ? Chaque jour, à heure fixe si possible, on récite la prière quotidienne, la méditation du jour, l'invocation, un Notre Père, un Je vous salue Marie et un Gloire au Père, puis la prière finale. Il est bon de porter la Médaille et, au cours de la neuvaine, de s'approcher de la confession et de la sainte communion. La persévérance et la confiance importent plus que la longueur : c'est à ceux qui la porteront « avec confiance » que la Vierge a promis des grâces abondantes.
Qui était sainte Catherine Labouré — L'histoire de la Médaille
Zoé Labouré naquit le 2 mai 1806 à Fain-lès-Moutiers, en Bourgogne, dans une nombreuse famille de cultivateurs. Sa mère mourut lorsqu'elle avait neuf ans ; l'enfant, dit-on, prit alors une statue de la Vierge dans ses bras en disant : « Maintenant, c'est vous qui serez ma mère. » Elle ne sut jamais bien lire ni écrire, mais gouverna très jeune la ferme paternelle avec une gravité toute silencieuse. Malgré l'opposition de son père, elle entra chez les Filles de la Charité de saint Vincent de Paul et commença son noviciat, ou séminaire, rue du Bac, à Paris, en avril 1830.
C'est là que, dans la nuit du 18 juillet 1830, éveillée par un enfant lumineux, elle fut conduite à la chapelle où la Sainte Vierge lui parla longuement, agenouillée près de l'autel, l'avertissant des malheurs qui allaient fondre sur la France et l'Église. Puis, le 27 novembre suivant, pendant l'oraison du soir, Marie lui apparut debout sur le globe, les mains rayonnantes, dans un cadre ovale où s'inscrivait l'invocation « Ô Marie conçue sans péché… » ; le tableau se retourna pour montrer le M surmonté de la croix et les deux Cœurs. « Faites frapper une médaille sur ce modèle », lui dit la Vierge.
Après bien des hésitations, le confesseur de Catherine, l'abbé Aladel, obtint de l'archevêque de Paris la permission de faire frapper la première médaille en 1832. La grande épidémie de choléra qui frappait alors la capitale fut l'occasion de guérisons et de conversions si nombreuses que le peuple la nomma bientôt lui-même la « Médaille Miraculeuse » ; dix ans plus tard, en 1842, la conversion soudaine du jeune juif Alphonse Ratisbonne, à Rome, la rendit célèbre dans toute l'Europe. Des millions d'exemplaires se répandirent dans le monde en quelques années.
Fidèle à la consigne du Ciel, Catherine garda le secret de son identité pendant quarante-six ans, servant humblement les vieillards de l'hospice d'Enghien, à Paris, sans que ses sœurs sussent qu'elle était la voyante. Elle mourut le 31 décembre 1876. Lorsqu'on ouvrit son cercueil en 1933, son corps fut trouvé intact ; il repose aujourd'hui, incorrompu, dans la chapelle de la rue du Bac. Elle fut béatifiée par Pie XI le 28 mai 1933, et canonisée par Pie XII le 27 juillet 1947. La dévotion à la Médaille Miraculeuse est ainsi l'une des grandes grâces mariales du XIXe siècle, prélude de Lourdes et de la définition du dogme de l'Immaculée Conception en 1854.
Questions Fréquentes
Comment faire la neuvaine de la Médaille Miraculeuse ?
Pendant neuf jours consécutifs, on récite chaque jour la prière quotidienne (« Ô Vierge Immaculée, qui avez voulu apparaître… »), la méditation du jour, l'invocation « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous », un Notre Père, un Je vous salue Marie et un Gloire au Père, puis la prière finale. On formule dès le premier jour l'intention pour laquelle on prie.
Quand commence la neuvaine de la Médaille Miraculeuse ?
Elle peut se commencer à n'importe quel moment de l'année. On peut la faire culminer le 27 novembre, fête de la Médaille : on la commence alors le 19 novembre. Beaucoup la font aussi avant le 8 décembre, fête de l'Immaculée Conception.
Quelle est la prière de la Médaille Miraculeuse ?
L'invocation gravée sur la Médaille, révélée par la Vierge elle-même : « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. » C'est le cœur de toute la dévotion et de la neuvaine.
Faut-il porter la Médaille pour faire la neuvaine ?
Ce n'est pas obligatoire, mais il est recommandé de la porter avec foi, car la Vierge a promis de grandes grâces à ceux qui la portent. La Médaille n'est pas un porte-bonheur : c'est un signe de confiance et un acte de consécration à Marie.
La Médaille Miraculeuse est-elle une dévotion approuvée par l'Église ?
Oui. Les apparitions de 1830 ont été reconnues, la Médaille frappée avec l'autorisation de l'archevêque de Paris dès 1832, la voyante canonisée en 1947, et une fête de la Médaille Miraculeuse accordée par le Saint-Siège, le 27 novembre, pour certains lieux. L'invocation « Ô Marie conçue sans péché » est enrichie d'indulgences.
Peut-on faire cette neuvaine pour une cause désespérée ou une guérison ?
Oui. On confie son intention — guérison, conversion, épreuve familiale, grossesse — dès le premier jour et on la remet dans la prière finale. La Vierge s'est montrée les mains ouvertes de grâces pour tous ceux qui la supplient ; on peut prier avec l'assurance que rien ne rebute la Mère de miséricorde.
Existe-t-il une version courte de la neuvaine ?
Oui, la « petite neuvaine » consiste à répéter chaque jour, neuf jours durant, la seule invocation « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous », à quoi l'on peut joindre un Notre Père, un Je vous salue Marie et un Gloire au Père.
Quelle différence entre cette neuvaine et la neuvaine à l'Immaculée Conception ?
Les deux honorent la Vierge sous son privilège d'Immaculée. Celle de la Médaille Miraculeuse s'attache à l'apparition de la rue du Bac et à la Médaille ; la neuvaine à l'Immaculée Conception prépare directement la fête du 8 décembre. On peut fort bien enchaîner l'une à l'autre.
Retrouvez cette neuvaine, la Médaille Miraculeuse et des centaines de prières traditionnelles pour prier chaque jour dans l'application Iter Fidei. Rejoignez l'accès anticipé ici.
Sources. Butler's Lives of the Saints (sainte Catherine Labouré) ; The Raccolta (Benziger, 1943), n° 325 ; prières des neuf jours composées pour cette neuvaine ; récit des apparitions de la rue du Bac (1830).