Les Neuvaines
Neuvaine à Notre-Dame des Sept Douleurs
Le texte complet de la neuvaine à Notre-Dame des Sept Douleurs : la prière quotidienne, les méditations des sept douleurs pour les neuf jours, la version pour une cause désespérée, la version courte et le texte à imprimer. Du 6 au 14 septembre.

La neuvaine à Notre-Dame des Sept Douleurs est une prière de neuf jours par laquelle nous compatissons aux souffrances que la Vierge Marie a endurées auprès de son Fils, depuis la prophétie de Siméon jusqu'à la mise au tombeau, pour lui demander, par ce cœur transpercé, les grâces dont nous avons besoin. On la récite pour toute peine du cœur — un deuil, une épreuve familiale, une maladie, une intention qui paraît sans issue — parce que celle qui a le plus souffert au pied de la Croix est aussi la Consolatrice des affligés. Elle se prie traditionnellement du 6 au 14 septembre, pour s'achever au jour de la fête des Sept Douleurs, le 15 septembre, mais on peut la commencer à n'importe quelle date en comptant neuf jours consécutifs.
Le texte de la neuvaine à Notre-Dame des Sept Douleurs
Cette neuvaine se compose d'une prière quotidienne — récitée telle quelle chacun des neuf jours — au cours de laquelle nous parcourons, l'une après l'autre, les sept douleurs de la Sainte Vierge. À chaque douleur nous unissons une grâce précise à demander. On peut la dire à genoux devant une image de la Mater Dolorosa, le matin ou le soir. Cette neuvaine est une composition de dévotion moderne, sans texte liturgique ni approbation propre (seule l'oraison Interveniat pro nobis est indulgenciée par la Raccolta, éd. de 1943) ; la prière officielle de l'Église est la collecte de la fête des Sept Douleurs, au Missel romain.
La prière quotidienne
On commence par le verset d'ouverture :
V. Ô Dieu, venez à mon aide !
R. Seigneur, hâtez-vous de me secourir !
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, et pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
On médite ensuite les sept douleurs, en disant après chacune un Je vous salue, Marie :
1. La prophétie de Siméon. Ô Mère des douleurs, je compatis à la souffrance qui accabla votre cœur très aimant lors de la prophétie du saint vieillard Siméon, en laquelle vous fut révélée toute l'ampleur de vos peines à venir : par votre cœur si éprouvé, obtenez-moi, Vierge très aimable, la grâce d'adhérer toujours plus parfaitement à la sainte volonté de Dieu. Je vous salue, Marie...
2. La fuite en Égypte. Ô Mère des douleurs, je compatis à l'angoisse qui étreignit votre cœur si sensible lors de la fuite en Égypte et du séjour en ce pays étranger où vous viviez, pauvre et méprisée : par votre cœur anxieux, obtenez-moi, Vierge très aimable, la grâce d'un abandon filial et confiant à la divine Providence. Je vous salue, Marie...
3. La perte de Jésus au Temple. Ô Mère des douleurs, je compatis à la peine profonde dont votre cœur soucieux fut saisi lors des trois jours de la perte de votre Enfant à Jérusalem : par votre cœur si inquiet, obtenez-moi, Vierge très aimable, la grâce de craindre par-dessus tout d'être séparé de l'amour de mon Dieu. Je vous salue, Marie...
4. La rencontre sur le chemin du Calvaire. Ô Mère des douleurs, je compatis à l'abattement qui s'empara de votre cœur lors de la rencontre avec Jésus portant sa Croix vers le Calvaire : par votre cœur si éprouvé, obtenez-moi, Vierge très aimable, la patience dans les épreuves et la persévérance dans le bien malgré toutes les contradictions. Je vous salue, Marie...
5. Marie au pied de la Croix. Ô Mère des douleurs, je compatis à la très amère passion que souffrit votre cœur généreux lorsque, debout au pied de la Croix, vous assistiez à l'agonie de Jésus et que vous entendîtes le cri déchirant dans lequel il rendit l'esprit : par votre cœur martyrisé, obtenez-moi, Vierge très aimable, la grâce d'une douce compassion aux peines et aux souffrances de mes frères. Je vous salue, Marie...
6. Le coup de lance et la descente de Croix. Ô Mère des douleurs, je compatis à l'extrême souffrance qui déchira votre cœur maternel lorsque la lance ouvrit le Cœur de Jésus et que son corps fut déposé sur vos genoux : par votre cœur supplicié, obtenez-moi, Vierge très aimable, de savoir rendre amour pour amour au divin Cœur de votre Fils. Je vous salue, Marie...
7. La mise au tombeau. Ô Mère des douleurs, je compatis à la poignante tristesse qui submergea votre cœur de flots amers lorsque le corps de Jésus fut déposé dans le sépulcre : par votre cœur transpercé de sept glaives, obtenez-moi, Vierge très aimable, la grâce de ne jamais me décourager, quelque grandes que soient les ténèbres et l'adversité. Je vous salue, Marie...
On termine par le verset et l'oraison :
V. Priez pour nous, ô Vierge la plus douloureuse.
R. Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.
Nous vous en supplions, Seigneur Jésus-Christ, que la bienheureuse Vierge Marie, votre Mère, dont l'âme très sainte fut transpercée d'un glaive de douleur à l'heure de votre Passion, intercède pour nous auprès de votre clémence, maintenant et à l'heure de notre mort. Par vous, Jésus-Christ, Sauveur du monde, qui vivez et régnez avec le Père et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Comment répartir les neuf jours
La prière ci-dessus se répète intégralement chaque jour ; c'est la manière la plus simple et la plus sûre de faire cette neuvaine. Si l'on préfère méditer plus longuement, on peut aussi consacrer un jour à chaque douleur :
- Jour 1 — La prophétie de Siméon (voir 1 ci-dessus)
- Jour 2 — La fuite en Égypte (2)
- Jour 3 — La perte de Jésus au Temple (3)
- Jour 4 — La rencontre sur le chemin du Calvaire (4)
- Jour 5 — Marie au pied de la Croix (5)
- Jour 6 — Le coup de lance et la descente de Croix (6)
- Jour 7 — La mise au tombeau (7)
- Jour 8 — La compassion de Marie et notre propre douleur des péchés qui furent la cause de sa Passion
- Jour 9 — La gloire de Notre-Dame, aujourd'hui Reine des Martyrs, associée au triomphe de la Résurrection
Chacun de ces jours, on garde le verset d'ouverture, la douleur du jour, puis le verset final et l'oraison. Le Stabat Mater — cette séquence liturgique où l'Église contemple « la Mère se tenant en larmes près de la Croix » — accompagne magnifiquement la neuvaine et peut se réciter en conclusion.
Les variantes de la neuvaine
Pour une cause désespérée ou une intention précise
Notre-Dame des Sept Douleurs est de longue date invoquée dans les situations qui semblent sans issue, car nulle ne connaît mieux qu'elle l'obscurité d'une épreuve. Après le verset d'ouverture, on formule alors son intention par cette invocation, composée pour cette neuvaine :
Reine des Martyrs, Marie, Mère des Douleurs, par le glaive de douleur qui perça votre âme au pied de la Croix, je vous supplie de m'obtenir de votre divin Fils, si telle est sa volonté et si cela est bon pour mon âme, la grâce que je vous demande avec confiance : (désignez ici votre intention). Vous qui ne cessez jamais de prier pour vos enfants, ne m'abandonnez pas dans ma peine. Ainsi soit-il.
On récite ensuite la prière quotidienne des sept douleurs comme ci-dessus. On n'oubliera pas que la neuvaine n'arrache rien à Dieu de force : elle nous dispose à recevoir ce qu'il juge bon, et sa première grâce est toujours la paix du cœur et la conversion.
Version courte
Pour les jours pressés, on peut réduire la neuvaine à l'essentiel : le verset d'ouverture, une seule des sept douleurs — ou même simplement l'invocation « Ô Marie, Mère des Douleurs, Reine des Martyrs, priez pour nous » répétée sept fois en l'honneur des sept glaives —, puis le verset final et l'oraison. L'important n'est pas la longueur, mais la fidélité des neuf jours.
Texte à imprimer ou en PDF
Le texte complet de cette neuvaine figure ci-dessus. Pour en garder une version papier, utilisez la fonction « Imprimer » ou « Enregistrer au format PDF » de votre navigateur ; vous obtiendrez ainsi une feuille à glisser dans votre missel. Vous pouvez aussi retrouver la neuvaine hors ligne dans l'application Iter Fidei. Sur ce qu'est une neuvaine et comment la conduire fidèlement, voyez qu'est-ce qu'une neuvaine et la neuvaine.
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Comment réciter cette neuvaine
On la récite de préférence du 6 au 14 septembre, afin de l'achever la veille ou le jour de la fête de Notre-Dame des Sept Douleurs, le 15 septembre. Certains la commencent le 7 septembre pour la terminer le 15 même. La dévotion connaît aussi une seconde mémoire, le vendredi de la Semaine de la Passion — le vendredi qui précède le dimanche des Rameaux, où le calendrier de 1962 n'en fait plus qu'une commémoraison — et l'on peut alors faire la neuvaine dans les neuf jours du Carême qui y conduisent, en union avec la Passion du Christ et le Vendredi saint.
Chaque jour, on répète la même prière : le verset d'ouverture, les sept douleurs avec leur Je vous salue, Marie et la grâce demandée, puis le verset final et l'oraison. On peut y joindre une communion le jour de la fête, un chapelet des Sept Douleurs, ou la méditation du chemin de croix, qui prolonge naturellement la compassion de Marie. Ceux qui font une consécration à Marie trouveront dans cette neuvaine une excellente préparation.
L'histoire de la dévotion aux Sept Douleurs
Deux fois l'an, l'Église d'Occident fait mémoire des douleurs de la bienheureuse Vierge Marie : le vendredi de la Semaine de la Passion et le 15 septembre. La première de ces fêtes est la plus ancienne. Instituée à Cologne et en d'autres lieux au XVe siècle, on l'appelait alors la Commémoraison de l'angoisse et de la douleur de la bienheureuse Vierge Marie ; elle regardait spécialement la souffrance de Notre-Dame durant la Passion de son divin Fils. Lorsque la fête fut étendue à toute l'Église d'Occident en 1727, sous le titre des Sept Douleurs, la référence de la Messe et de l'Office à la Crucifixion fut conservée, et cette commémoraison se nomme encore la Compassion de Notre-Dame dans certains calendriers, comme celui des Bénédictins et des Dominicains.
Au Moyen Âge existait une dévotion très répandue aux cinq joies de Marie ; elle fut bientôt complétée par une autre en l'honneur de cinq de ses douleurs à la Passion. Plus tard ces douleurs furent fixées à sept, et l'on remonta du Calvaire jusqu'aux premières années pour embrasser toute la vie de la Vierge. Les frères Servites, qui dès leur origine avaient une dévotion particulière aux souffrances de Marie, obtinrent en 1668 une fête pour le troisième dimanche de septembre, où seraient commémorées ces Sept Douleurs ; cette fête aussi fut étendue à l'Église d'Occident, en 1814. Longtemps on énuméra ces mystères de plusieurs manières — on entend parler parfois de quinze, voire de vingt-sept douleurs — mais, depuis la composition de l'office liturgique, les répons de Matines les ont fixés à sept :
- La prophétie du saint vieillard Siméon : « Un glaive de douleur transpercera ton âme. »
- La fuite en Égypte, pour soustraire l'Enfant à la fureur d'Hérode.
- La perte de Jésus à Jérusalem et les trois jours de recherche angoissée.
- La rencontre de Jésus portant sa Croix vers le Calvaire.
- Marie debout au pied de la Croix, assistant à l'agonie et à la mort de son Fils.
- Le corps de Jésus, percé de la lance, descendu de la Croix et reçu dans ses bras.
- La mise au tombeau.
C'est cette contemplation qui a inspiré à l'Église le titre de Reine des Martyrs : Marie n'a pas versé son sang, mais son âme fut si intimement unie à celle de son Fils que, selon le mot de saint Bernard, « la lance qui entra dans le Cœur de Jésus traversa l'âme de Marie ». Le glaive de Siméon, ce sont les sept glaives dont la piété populaire aime à représenter transpercé le Cœur immaculé. En invoquant Notre-Dame des Sept Douleurs, nous ne pleurons pas seulement sur elle : nous la prions de nous obtenir la grâce de porter nos croix avec la même foi qu'elle, unis à la Passion du Christ dont elle fut la première et la plus parfaite compagne.
Questions Fréquentes
Quand faut-il faire la neuvaine à Notre-Dame des Sept Douleurs ?
De préférence du 6 au 14 septembre, pour l'achever au jour de la fête, le 15 septembre. On peut aussi la faire dans les neuf jours qui précèdent le vendredi de la Semaine de la Passion, où le calendrier de 1962 fait commémoraison des Douleurs. Mais elle peut se commencer à n'importe quelle date : il suffit de neuf jours consécutifs.
Quelles sont les sept douleurs de Marie ?
La prophétie de Siméon ; la fuite en Égypte ; la perte de Jésus au Temple ; la rencontre sur le chemin du Calvaire ; Marie au pied de la Croix ; le coup de lance et la descente de Croix ; la mise au tombeau. Ces sept douleurs ont été fixées par les répons de l'office liturgique.
Quelle différence entre Notre-Dame des Douleurs et Notre-Dame des Sept Douleurs ?
Aucune différence de fond : c'est le même titre de la Sainte Vierge, la Mater Dolorosa, contemplée dans ses souffrances. « Sept Douleurs » précise seulement le nombre de mystères que la tradition a retenus. On dit indifféremment neuvaine à Notre-Dame des Douleurs ou neuvaine à Notre-Dame des Sept Douleurs.
Peut-on faire cette neuvaine pour une cause désespérée ?
Oui. Parce qu'elle a connu la plus profonde des douleurs, la Vierge est de longue date invoquée dans les situations qui paraissent sans issue. Employez l'invocation donnée plus haut pour désigner votre intention, en demandant toujours d'abord la volonté de Dieu et le salut de votre âme.
Existe-t-il une version courte de la neuvaine ?
Oui : on peut se limiter au verset d'ouverture, à une seule des sept douleurs ou à l'invocation « Ô Marie, Mère des Douleurs, priez pour nous » répétée sept fois, puis au verset et à l'oraison finale. La fidélité des neuf jours importe plus que la longueur.
Pourquoi Marie est-elle appelée Reine des Martyrs ?
Parce que son âme, unie à celle de son Fils crucifié, endura un martyre intérieur plus grand qu'aucun tourment corporel. Elle ne mourut pas dans son corps, mais elle mourut mille fois dans son cœur au pied de la Croix : c'est le sens du glaive prédit par Siméon.
Quelle prière réciter chaque jour ?
La même chaque jour : le verset « Ô Dieu, venez à mon aide », les sept méditations « Ô Mère des douleurs, je compatis... » avec un Je vous salue, Marie après chacune, puis le verset « Priez pour nous, ô Vierge la plus douloureuse » et l'oraison. On peut y ajouter le Souvenez-vous ou le Stabat Mater.
Existe-t-il un texte de la neuvaine à imprimer ou en PDF ?
Oui : le texte complet figure dans cet article. Utilisez la fonction « Imprimer » ou « Enregistrer en PDF » de votre navigateur pour en obtenir une version papier, ou retrouvez la neuvaine hors ligne dans l'application Iter Fidei.
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Sources. Sainte Écriture, traduction de l'abbé Fillion (Luc II, 34-35 ; Jean XIX, 25-27) ; Butler's Lives of the Saints (vie traditionnelle des saints), « The Seven Sorrows of the Blessed Virgin Mary » (15 septembre) ; Missel romain de 1962, fêtes des Sept Douleurs de la bienheureuse Vierge Marie (vendredi de la Semaine de la Passion et 15 septembre), séquence Stabat Mater ; prières de la neuvaine traditionnelle aux Sept Douleurs, selon les manuels de piété catholiques.