Les Neuvaines
Neuvaine à l'Enfant Jésus de Prague
Le texte complet de la neuvaine à l'Enfant Jésus de Prague : la prière du Père Cyrille (approuvée à Gand en 1885), les neuf jours, la neuvaine de neuf heures pour une grâce urgente, et l'histoire de cette dévotion.

Quand une nécessité pressante nous étreint le cœur, l'Église nous a toujours enseigné à nous tourner en enfants vers le Divin Enfant : la neuvaine à l'Enfant Jésus de Prague est cette prière de neuf jours par laquelle nous déposons notre besoin le plus urgent entre les petites mains toutes-puissantes du Verbe fait chair. Née au Carmel de Prague au XVIIe siècle et propagée par le vénérable Père Cyrille de la Mère de Dieu, elle s'adresse à tous ceux qui, malades, éprouvés, sans ressources ou dans l'angoisse, réclament une grâce précise avec la confiance d'un petit enfant. On la récite en tout temps selon le besoin, mais tout particulièrement du 16 au 24 décembre, en préparation à Noël.
Le texte complet de la neuvaine à l'Enfant Jésus de Prague
Cette neuvaine se compose de la grande prière du Père Cyrille, que l'on récite chaque jour, puis d'une méditation propre à chacun des neuf jours. On y ajoute, à chaque jour, un Pater, un Ave et un Gloria. Seule la prière du Père Cyrille est ancienne (approbation ecclésiastique, Gand, 25 août 1885) ; les méditations des neuf jours sont une composition de dévotion moderne, sans texte liturgique ni approbation propre. La prière officielle de l'Église est la collecte de la messe du Saint Nom de Jésus, au Missel romain.
La prière quotidienne (prière du Père Cyrille)
C'est la prière que la tradition carmélitaine attribue au vénérable Père Cyrille de la Mère de Dieu. On la dit au commencement de chaque journée de la neuvaine :
Ô Enfant Jésus, j'ai recours à vous. Je vous en prie, par votre sainte Mère, assistez-moi dans cette nécessité, car je crois fermement que votre divinité peut me secourir. (ici l'on expose l'objet de sa demande) J'espère avec confiance obtenir votre sainte grâce. Je vous aime de tout mon cœur et de toutes les forces de mon âme. Je me repens sincèrement de mes péchés, et je vous supplie, ô bon Jésus, de me donner la force d'en triompher. Je prends la résolution de ne plus jamais vous offenser, et je viens m'offrir à vous, dans la disposition de tout souffrir plutôt que de vous déplaire. Désormais, je veux vous servir avec fidélité ; pour l'amour de vous, ô divin Enfant, j'aimerai mon prochain comme moi-même. Enfant plein de puissance, ô Jésus, je vous en conjure de nouveau, assistez-moi dans cette circonstance ; faites-moi la grâce de vous posséder éternellement avec Marie et Joseph, et de vous adorer avec les saints anges de la cour céleste. Ainsi soit-il.
Les neuf jours
Chaque jour, on lit la méditation, puis l'on récite Pater, Ave, Gloria, et l'on conclut par l'invocation : « Par votre divine Enfance, ô Jésus, accordez-moi la grâce que je vous demande (la formuler ici) — si elle est conforme à votre volonté et à mon véritable bien. Ne regardez pas ma faiblesse, mais ma foi et votre infinie miséricorde. Ainsi soit-il. »
Jour 1
Ô Enfant Jésus, me voici à vos pieds ; je me tourne vers vous qui êtes tout. J'ai tant besoin de votre aide. Donnez-moi, ô Jésus, un regard d'amour, et puisque vous êtes tout-puissant, venez à mon secours.
Pater, Ave, Gloria. Par votre divine Enfance...
Jour 2
Ô Jésus, splendeur du Père céleste, sur votre visage resplendit le rayon de la divinité. Je vous adore en confessant que vous êtes le vrai Fils du Dieu vivant. Je vous offre, ô Seigneur, toute ma vie. Que je ne sois jamais séparé de vous, qui êtes tout pour moi.
Pater, Ave, Gloria. Par votre divine Enfance...
Jour 3
Ô saint Enfant Jésus, en contemplant votre visage sur lequel paraît le plus doux sourire, je me sens en pleine confiance. Oui, j'espère tout de votre amour ; ô Jésus, faites rayonner sur moi et sur tous ceux qui me sont chers vos sourires de grâce. Et moi, j'exalterai votre infinie miséricorde.
Pater, Ave, Gloria. Par votre divine Enfance...
Jour 4
Ô Enfant Jésus, dont le front est ceint d'une couronne, je vous reconnais pour mon divin Roi. Je ne veux plus servir le démon, ni obéir à mes passions, ni céder au péché. Régnez, ô Jésus, sur mon pauvre cœur, et rendez-le tout à vous pour toujours.
Pater, Ave, Gloria. Par votre divine Enfance...
Jour 5
Je vous contemple, ô très doux Rédempteur, revêtu d'un manteau de pourpre, votre habit royal. Il me parle de sang : ce Sang que vous avez versé pour moi. Faites, ô Jésus Enfant, que je n'oublie jamais votre sacrifice, et que je ne refuse pas de souffrir avec vous et pour vous.
Pater, Ave, Gloria. Par votre divine Enfance...
Jour 6
Ô vous, l'Enfant le plus aimable, à vous voir soutenir le monde, mon cœur se remplit de joie. Parmi les innombrables êtres que vous portez, je suis moi aussi l'un d'eux. Vous me regardez, vous me portez à chaque instant, vous me gardez comme votre bien. Veillez sur moi, ô Jésus, et aidez-moi dans mes épreuves.
Pater, Ave, Gloria. Par votre divine Enfance...
Jour 7
Sur votre cœur, ô Enfant Jésus, brille une croix. Elle est l'étendard de notre Rédemption. Ô divin Sauveur, j'ai moi aussi ma croix qui, bien que légère, trop souvent me pèse. Aidez-moi à l'accepter, afin de la porter toujours avec fruit. Vous savez combien je suis faible. Aidez-moi, Jésus.
Pater, Ave, Gloria. Par votre divine Enfance...
Jour 8
Avec votre croix, sur votre cœur, je vois, ô Enfant Jésus, un petit cœur. C'est l'image de votre Cœur, vraiment d'or par sa tendresse infinie. Vous êtes l'Ami véritable qui, généreusement, se donne et même s'immole pour celui qu'il aime. Faites-moi comprendre à nouveau combien vous m'aimez ardemment, et apprenez-moi à répondre à votre amour.
Pater, Ave, Gloria. Par votre divine Enfance...
Jour 9
Ô petit Roi, votre main droite toute-puissante, combien de bénédictions n'a-t-elle pas données à ceux qui vous honorent et vous invoquent. Bénissez aussi, ô Enfant Jésus, mon âme, mon corps et ce qui m'est nécessaire. Bénissez-moi dans mes besoins pour y pourvoir ; bénissez-moi dans mes désirs pour les exaucer ; écoutez ma prière, et moi, je bénirai votre saint Nom chaque jour.
Pater, Ave, Gloria. Par votre divine Enfance...
Ces neuf jours prient l'Enfant à travers son image miraculeuse : la couronne, le manteau de pourpre, la croix et le cœur qui ornent la statue de Prague deviennent autant de degrés pour monter, par la foi, l'espérance et la charité, jusqu'au Verbe fait petit enfant. C'est pourquoi cette dévotion s'accorde si bien à la neuvaine de Noël et à la contemplation de la crèche.
Les variantes de la neuvaine
La longue tradition de cette dévotion a donné plusieurs formes, selon l'urgence du besoin ou le temps dont on dispose. Toutes sont orthodoxes ; on choisit celle qui convient à sa situation.
La neuvaine de neuf heures (pour une grâce urgente)
Lorsque la nécessité ne peut attendre neuf jours, la piété catholique connaît la neuvaine de neuf heures : au lieu de prier neuf jours de suite, on récite la prière à chaque heure, neuf heures durant, dans une même journée. On y invoque l'Enfant Jésus en s'appuyant sur trois promesses tirées de l'Évangile :
Ô Jésus, qui avez dit : « Demandez et vous recevrez, cherchez et vous trouverez, frappez et l'on vous ouvrira », par l'intercession de Marie, votre très sainte Mère, je frappe, je cherche, et je Vous demande la grâce (la nommer ici). Ô doux Enfant Jésus, je Vous en supplie, exaucez ma prière.
Ô Jésus, qui avez dit : « Tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, Il vous l'accordera », par l'intercession de Marie, votre très sainte Mère, je demande humblement à votre Père, en votre nom, que ma prière soit exaucée (la nommer ici). Ô doux Enfant Jésus, je Vous en supplie, exaucez ma prière.
Ô Jésus, qui avez dit : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point », par l'intercession de Marie, votre très sainte Mère, j'ai la ferme confiance que ma prière sera exaucée (la nommer ici). Ô doux Enfant Jésus, je Vous en supplie, exaucez ma prière.
On répète l'ensemble à chacune des neuf heures. Cette forme abrégée est particulièrement recherchée dans les nécessités pressantes ; elle n'est pas un charme et n'oblige pas Dieu : elle exprime seulement, avec l'insistance que l'Évangile lui-même recommande, une confiance filiale (cf. comment prier).
Version courte
Pour ceux qui manquent de temps, il suffit, chaque jour de la neuvaine, de réciter avec attention la seule prière du Père Cyrille ci-dessus, suivie d'un Pater, d'un Ave et d'un Gloria, en formulant clairement son intention. La brièveté n'ôte rien à la valeur de la prière, pourvu que le cœur y soit.
Pour une cause désespérée
Bien des fidèles se tournent vers l'Enfant de Prague dans les situations qui semblent sans issue : maladie grave, procès, difficulté matérielle, conversion d'un proche. On récite alors la neuvaine ordinaire de neuf jours, ou la neuvaine de neuf heures si l'urgence presse, en ajoutant, si on le désire, le Souvenez-vous à l'Enfant Jésus :
Souvenez-vous, ô très doux Enfant Jésus, qu'il n'a jamais été entendu dire qu'aucun de ceux qui ont invoqué votre saint Nom ait été abandonné sans secours. Animé d'une pareille confiance, je viens à vous, ô divin Enfant ; ne rejetez pas ma prière, mais, dans votre miséricorde, écoutez-moi et exaucez-moi. Ainsi soit-il.
En version PDF, imprimable, sur une carte de prière
Beaucoup cherchent la neuvaine « en PDF », « à imprimer » ou « sur une carte » afin de la garder près de la statue ou dans leur missel. Le texte donné plus haut est complet : il suffit de le copier pour l'imprimer et le glisser dans son livre de prières. Dans l'application Iter Fidei, la neuvaine est disponible hors ligne, jour après jour, avec la prière du Père Cyrille et les neuf méditations, sans qu'il soit besoin d'aucun feuillet.
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Comment réciter cette neuvaine
Une neuvaine est une prière de neuf jours consécutifs, à l'image des neuf jours pendant lesquels les Apôtres et la Très Sainte Vierge prièrent au Cénacle entre l'Ascension et la Pentecôte (pour en comprendre l'esprit, voyez qu'est-ce qu'une neuvaine et la neuvaine).
- Le jour de début. On peut commencer la neuvaine n'importe quand, selon son besoin. On peut aussi la faire du 16 au 24 décembre, comme préparation à Noël, de sorte que le neuvième jour tombe la veille de la Nativité. On peut aussi la faire précéder la fête du Saint Nom de Jésus, qui se célèbre au calendrier de 1962 le dimanche entre le 2 et le 5 janvier (ou le 2 janvier quand aucun dimanche ne tombe entre ces dates). Pour obtenir une grâce précise, on compte simplement neuf jours à partir du jour où l'on commence.
- Les neuf jours. Chaque jour, de préférence à la même heure et devant une image du petit Jésus de Prague, on récite la prière du Père Cyrille, puis la méditation propre au jour, le Pater, l'Ave, le Gloria et l'invocation finale. On formule à chaque fois la même intention, avec persévérance.
- La fête. Le sanctuaire de Prague honore l'Enfant Jésus tout au long de l'année, mais sa dévotion est liée au Saint Nom de Jésus et au temps de la Nativité. Beaucoup achèvent leur neuvaine un jour de fête, ou la font suivre, si elles le peuvent, de la sainte Messe et de la Communion.
L'histoire de la dévotion à l'Enfant Jésus de Prague
La statue vénérée à Prague est une petite image de cire et de bois, haute d'environ quarante-cinq centimètres, d'origine espagnole, représentant l'Enfant Jésus debout, la main droite levée pour bénir, tenant de la gauche un globe surmonté d'une croix : le Roi de l'univers sous les traits d'un petit enfant. La tradition rapporte qu'elle appartint d'abord à une famille noble d'Espagne, puis passa, par un mariage, en Bohême. La princesse Polyxène de Lobkowicz, devenue veuve et remplie de piété, en fit don en 1628 aux Carmes déchaux du couvent de Notre-Dame de la Victoire à Prague, en leur disant, dit-on : « Je vous donne ce que j'ai de plus précieux au monde ; honorez cet Enfant, et rien ne vous manquera. »
Le grand apôtre de cette dévotion fut le vénérable Père Cyrille de la Mère de Dieu, carme déchaux, qui reçut de l'Enfant, dans l'oraison, des grâces insignes. Or, pendant les malheurs de la guerre de Trente Ans, en 1631, Prague fut envahie ; le couvent pillé, la statue jetée derrière un autel parmi les décombres, ses deux mains brisées. Elle demeura oubliée plusieurs années. Lorsque le Père Cyrille la retrouva et voulut la restaurer, il entendit, selon la tradition, ces paroles de l'Enfant : « Ayez pitié de Moi, et J'aurai pitié de vous. Rendez-Moi mes mains, et Je vous donnerai la paix. Plus vous M'honorerez, plus Je vous bénirai. »
Les mains réparées, les grâces se multiplièrent, et la ville éprouvée connut le soulagement. La dévotion se répandit dans toute la catholicité ; la statue fut solennellement couronnée en 1655, et l'église de Notre-Dame de la Victoire, à Prague, devint un sanctuaire visité du monde entier. La promesse attachée à cette image — « Plus vous M'honorerez, plus Je vous bénirai » — résume tout l'esprit de la neuvaine : ce n'est pas la statue que l'on prie, mais le Verbe éternel, vrai Dieu et vrai homme, qui a voulu se faire petit enfant pour nous sauver, et qui aime à combler ceux qui viennent à Lui avec la simplicité de l'enfance. Cette dévotion prolonge ainsi le mystère de l'Incarnation et rejoint celle du Sacré-Cœur, car c'est le même Cœur d'or que la statue porte sur sa poitrine.
Questions Fréquentes
Quand doit-on faire la neuvaine à l'Enfant Jésus de Prague ?
On peut la commencer à tout moment, dès qu'un besoin le réclame, en comptant neuf jours consécutifs. On peut la faire du 16 au 24 décembre, en préparation à Noël ; on peut aussi la faire précéder la fête du Saint Nom de Jésus (dimanche entre le 2 et le 5 janvier au calendrier de 1962, ou le 2 janvier).
Qu'est-ce que la neuvaine de neuf heures ?
C'est une forme abrégée pour les besoins urgents : au lieu de neuf jours, on récite la prière à chaque heure, neuf fois dans une même journée. Elle s'appuie sur trois promesses de l'Évangile (« Demandez et vous recevrez... »). Elle exprime une confiance pressante, non une formule magique.
Qui était le Père Cyrille ?
Le vénérable Père Cyrille de la Mère de Dieu était un carme déchaux du couvent de Notre-Dame de la Victoire à Prague, au XVIIe siècle. Grand dévot de l'Enfant Jésus, il restaura la statue aux mains brisées après le pillage de 1631 et propagea la dévotion. La grande prière de la neuvaine porte son nom.
La neuvaine à l'Enfant Jésus de Prague est-elle la même que la neuvaine à sainte Thérèse de l'Enfant Jésus ?
Non. Il s'agit de deux dévotions distinctes que l'orthographe rapproche. La neuvaine de Prague s'adresse au Divin Enfant Jésus lui-même ; l'autre s'adresse à sainte Thérèse de Lisieux, dite « de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face ». Si vous cherchiez cette sainte, voyez la neuvaine à sainte Thérèse de Lisieux.
Peut-on faire cette neuvaine pour une cause désespérée ?
Oui. De nombreux fidèles y recourent dans les maladies graves, les épreuves matérielles ou les situations sans issue humaine. On récite alors la neuvaine ordinaire, ou celle de neuf heures si l'urgence presse, avec la persévérance et la confiance filiale que l'Enfant demande.
Qu'est-ce que le Petit Roi de grâce de Beaune ?
C'est une dévotion française voisine, née au Carmel de Beaune au XVIIe siècle autour de la vénérable Marguerite du Saint-Sacrement, grande adoratrice de la Sainte Enfance de Jésus. Distincte de celle de Prague, elle honore le même mystère : le Verbe fait petit enfant. On peut légitimement lui être attaché comme à l'Enfant de Prague.
Comment obtenir la neuvaine en PDF ou à imprimer ?
Le texte complet donné sur cette page — prière du Père Cyrille, neuf jours et neuvaine de neuf heures — peut être copié et imprimé pour être glissé dans son missel ou déposé près d'une image de l'Enfant. Dans l'application Iter Fidei, il est disponible hors ligne, sans aucun feuillet à télécharger.
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Faut-il une statue de l'Enfant Jésus de Prague pour prier la neuvaine ?
Non, elle n'est pas nécessaire, quoiqu'elle aide la piété. La prière ne s'adresse jamais à la statue elle-même, mais au Verbe fait chair qu'elle représente. Une simple image, ou même le seul recueillement du cœur, suffisent à réciter la neuvaine avec fruit.
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Sources. Sainte Écriture, traduction de l'abbé Fillion (saint Matthieu VII, 7 ; saint Jean XVI, 23 ; saint Matthieu XXIV, 35) ; Prière à l'Enfant Jésus du vénérable Père Cyrille de la Mère de Dieu, carme déchaux (approbation ecclésiastique, Gand, 25 août 1885) ; méditations des neuf jours composées pour cette neuvaine ; collecte du Très Saint Nom de Jésus (Missel romain).