La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
L'Apocalypse de saint Jean
L'Apocalypse est le dernier livre de la Bible : la révélation que Jésus-Christ donna à saint Jean, exilé à Patmos, sur le combat et la victoire de Son Église. Ses vingt-deux chapitres sont rangés ci-dessous, dans la traduction de l'abbé Fillion faite sur la Vulgate, avec le latin en regard ; le guide qui suit en donne l'auteur, le plan et la lecture catholique, des quatre cavaliers au nombre 666.
Lire Apocalypse : 22 chapitres
Le livre qui ferme la Bible s'ouvre sur une béatitude : « Heureux celui qui lit et qui entend les paroles de cette prophétie, et qui garde les choses qui y sont écrites ; car le temps est proche » (Ap 1, 3). Il se termine sur la dernière prière de l'Écriture : « Amen ; venez, Seigneur Jésus » (Ap 22, 20). Le mot grec apokalypsis, que la Vulgate garde tel quel, ne veut pas dire catastrophe mais dévoilement ; Fillion rend le premier mot du livre par « Révélation de Jésus-Christ » (Ap 1, 1). C'est le seul livre prophétique du Nouveau Testament, écrit pour consoler des chrétiens persécutés et réveiller les tièdes, non pour fournir un calendrier de la fin du monde.
Qui a écrit l'Apocalypse ?
L'Église a reçu l'Apocalypse comme l'œuvre de saint Jean l'Apôtre, fils de Zébédée, le disciple que Jésus aimait, auteur du quatrième Évangile et de trois épîtres. Le concile de Trente, dans la liste des livres saints de sa IVe session (1546), la range sous le nom de l'apôtre Jean.
L'auteur se nomme lui-même : « Moi Jean, votre frère et associé dans la tribulation […] je me trouvai dans l'île qui est appelée Patmos, à cause de la parole de Dieu et du témoignage de Jésus » (Ap 1, 9). Il parle sans autre titre aux sept Églises d'Asie, que saint Jean gouvernait depuis Éphèse, et il partage avec l'Évangile un vocabulaire propre : le Christ y est « le Verbe de Dieu » (Ap 19, 13) et surtout l'Agneau, comme Jean-Baptiste L'avait montré : « Voici l'Agneau de Dieu, voici Celui qui enlève le péché du monde » (Jn 1, 29).
Saint Justin vers 150 (Dialogue avec Tryphon, 81), saint Irénée de Lyon, disciple de saint Polycarpe qui avait connu l'Apôtre, puis le Canon de Muratori, Tertullien, Origène et saint Jérôme l'attribuent à l'apôtre Jean. Au IIIe siècle, saint Denys d'Alexandrie, gêné par un grec plus rude que celui de l'Évangile, la jugeait inspirée mais l'attribuait à un autre Jean, et quelques Églises d'Orient hésitèrent ; l'Occident n'a jamais douté. Beaucoup de modernes reprennent cette hypothèse ; la tradition nomme l'Apôtre.
Quand l'Apocalypse a-t-elle été écrite ?
Vers l'an 95, à la fin du règne de Domitien. Saint Irénée, qui écrit vers 180, dit que la vision fut vue presque de son temps, vers la fin du règne de cet empereur (Contre les hérésies, V, 30, 3). Saint Jérôme place l'exil de Jean dans la quatorzième année de Domitien et son retour à Éphèse après la mort du tyran. Tertullien rapporte qu'auparavant l'Apôtre avait été plongé à Rome dans l'huile bouillante sans en souffrir, miracle longtemps fêté le 6 mai (saint Jean devant la Porte Latine). Le livre convient à ce temps de persécution : à Pergame, « Antipas, Mon témoin fidèle, a été mis à mort » (Ap 2, 13). Une minorité de commentateurs préfère une date sous Néron, avant 70.
De quoi parle l'Apocalypse ? Résumé des 22 chapitres
L'Apocalypse est une seule grande vision, reçue « le jour du Seigneur », un dimanche (1, 10), et ordonnée par séries de sept : sept lettres, sept sceaux, sept trompettes, sept coupes. Dès saint Victorin de Pettau, auteur du plus ancien commentaire latin conservé (fin du IIIe siècle), on a remarqué que ces séries reprennent souvent la même histoire sous des angles différents au lieu de se succéder dans le temps. Le sujet est unique : la victoire du Christ sur Satan à travers toute la vie de l'Église, jusqu'au dernier jour.
Le Fils de l'homme et les sept Églises (chapitres 1 à 3)
À Patmos, Jean voit au milieu de sept chandeliers d'or « Quelqu'un qui ressemblait au Fils de l'homme » (Ap 1, 13) et tombe à Ses pieds comme mort. Le Christ le relève : « J'ai été mort, et voici, Je suis vivant pour les siècles des siècles, et J'ai les clefs de la mort et de l'enfer » (1, 18). Il dicte sept lettres aux anges, c'est-à-dire aux évêques, de sept Églises : Éphèse, Smyrne, Pergame et Thyatire au chapitre 2, Sardes, Philadelphie et Laodicée au chapitre 3. Éphèse a abandonné son premier amour, Sardes passe pour vivante et elle est morte, Laodicée est tiède : « Je vais te vomir de ma bouche » (3, 16). Chaque lettre finit par une promesse au vainqueur.
Le trône, l'Agneau et les sept sceaux (chapitres 4 à 7)
Une porte s'ouvre dans le Ciel (chapitre 4) : Dieu sur Son trône, vingt-quatre vieillards couronnés d'or, et quatre animaux qui chantent sans cesse : « Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout-puissant, qui était, qui est et qui vient » (4, 8). Au chapitre 5, nul n'est digne d'ouvrir le livre scellé de sept sceaux, jusqu'à ce que « le lion de la tribu de Juda » paraisse sous la forme d'« un Agneau […] debout, comme égorgé » (5, 6).
L'ouverture des sceaux, au chapitre 6, lâche les quatre cavaliers, fait entendre le cri des martyrs sous l'autel et ébranle le monde. Avant le septième sceau, le chapitre 7 montre les serviteurs de Dieu marqués au front, cent quarante-quatre mille des tribus d'Israël, puis « une grande multitude, que personne ne pouvait compter, de toute nation » (7, 9).
Les sept trompettes (chapitres 8 à 11)
Le septième sceau ouvre « un silence d'environ une demi-heure » (8, 1) ; un ange offre l'encens et les prières des saints, puis sept anges sonnent de la trompette. Comme les plaies d'Égypte, les premiers fléaux frappent la terre, la mer, les fleuves, où tombe l'étoile nommée Absinthe, et les astres ; viennent ensuite les sauterelles de l'abîme et l'armée de l'Euphrate (chapitre 9), sans que les survivants fassent pénitence. Jean dévore un petit livre, doux à la bouche et amer aux entrailles (chapitre 10). Le chapitre 11 raconte les deux témoins, tués par la bête puis relevés ; à la septième trompette, le Ciel proclame : « L'empire de ce monde a été remis à notre Seigneur et à Son Christ » (11, 15).
La Femme, le dragon et les deux bêtes (chapitres 12 à 14)
C'est le cœur du livre. Une Femme revêtue du soleil enfante un fils qui doit gouverner les nations, tandis qu'un grand dragon roux guette l'enfant (chapitre 12). Saint Michel et ses anges chassent du Ciel « ce serpent ancien, qui est nommé le diable et Satan » (12, 9), qui s'en va faire la guerre aux autres enfants de la Femme. Au chapitre 13, le dragon donne sa puissance à une bête montée de la mer, que sert une seconde bête montée de la terre. En face, le chapitre 14 montre l'Agneau sur la montagne de Sion avec ceux qui « suivent l'Agneau partout où Il va » (14, 4), puis la moisson et la vendange de la terre.
Les sept coupes et la chute de Babylone (chapitres 15 à 19)
Les vainqueurs de la bête chantent « le cantique de Moïse […] et le cantique de l'Agneau » (15, 3). Sept anges versent les coupes de la colère de Dieu (chapitre 16), et les rois sont assemblés « dans le lieu appelé en hébreu Armagédon » (16, 16). Le chapitre 17 montre la grande prostituée assise sur une bête écarlate, ivre du sang des saints ; le chapitre 18 chante sa ruine : « Elle est tombée, elle est tombée, la grande Babylone » (18, 2). Le Ciel répond par l'Alleluia des noces de l'Agneau, et le Christ paraît sur un cheval blanc, portant écrit « Roi des rois et Seigneur des seigneurs » (chapitre 19). La bête et le faux prophète sont jetés dans l'étang de feu.
Les mille ans et le Jugement dernier (chapitre 20)
Un ange lie le dragon « pour mille ans » (20, 2) ; les âmes des martyrs règnent avec le Christ, c'est « la première résurrection ». Au terme, Satan, délié pour un peu de temps, rassemble Gog et Magog contre le camp des saints, mais le feu de Dieu les dévore. Puis vient le grand trône blanc : « les morts furent jugés d'après ce qui était écrit dans ces livres, selon leurs œuvres » (20, 12). C'est la grande scène du Jugement dernier.
La Jérusalem céleste (chapitres 21 et 22)
« Voici, Je vais faire toutes choses nouvelles » (21, 5). La cité sainte descend du Ciel « prête comme une épouse qui s'est parée pour son époux » (chapitre 21) ; ses douze fondements portent les noms des douze Apôtres, et l'Agneau en est le flambeau. Le chapitre 22 montre le fleuve d'eau vive et l'arbre de vie : la Bible, ouverte sur l'arbre du paradis terrestre, se ferme sur celui de la cité céleste.
Comment l'Église lit-elle l'Apocalypse ?
Un livre de symboles. Les nombres, les couleurs et les animaux sont des signes, presque tous empruntés à l'Ancien Testament : les bêtes et le « temps, des temps, et la moitié d'un temps » de Daniel 7, les quatre vivants d'Ézéchiel 1, les deux oliviers de Zacharie, les plaies de l'Exode. Sept dit la plénitude, douze le peuple de Dieu, mille une durée immense ; trois ans et demi, quarante-deux mois ou mille deux cent soixante jours, la moitié de sept, désignent un temps d'épreuve court et compté.
Toute l'histoire de l'Église, et sa fin. Le livre parle aux chrétiens persécutés par la Rome des Césars, à chaque génération qui souffre pour le Christ, et il annonce la dernière épreuve. Bossuet (L'Apocalypse avec une explication, 1689) y voyait surtout la chute de la Rome païenne persécutrice, contre les ministres protestants qui faisaient du pape la bête.
Les mille ans. Quelques anciens, saint Justin et saint Irénée parmi eux, attendaient un règne terrestre de mille ans. Saint Augustin, qui l'avait d'abord pensé, enseigne dans La Cité de Dieu (XX, 7-9) que les mille ans sont tout le temps de l'Église, entre la première venue du Christ et la dernière persécution : Satan y est lié, et les saints règnent déjà avec le Christ. L'Église a suivi Augustin ; en 1944, le Saint-Office a déclaré que le millénarisme, même mitigé, ne peut être enseigné sans danger. Elle ne connaît pas non plus d'« enlèvement » secret des fidèles : le Christ revient une seule fois, dans la gloire.
Aucune date. « Quant à ce jour et à cette heure, personne ne les connaît, pas même les Anges des Cieux, mais le Père seul » (Mt 24, 36). Chercher dans l'Apocalypse l'année de la fin, c'est la lire contre elle-même.
Les quatre cavaliers de l'Apocalypse
Les quatre cavaliers paraissent à l'ouverture des quatre premiers sceaux (Ap 6, 1), appelés chacun par l'un des quatre animaux : « Viens et vois ».
- Le cheval blanc. « Celui qui le montait avait un arc, et on lui donna une couronne ; et il partit en vainqueur, pour vaincre » (6, 2). Dès saint Victorin de Pettau, beaucoup y ont vu le Christ, ou l'Évangile qui part à la conquête du monde : le même cheval blanc revient au chapitre 19, monté par « le Fidèle et le Véritable » (19, 11). D'autres y lisent la conquête guerrière, première des calamités.
- Le cheval roux. Son cavalier reçoit le pouvoir « d'enlever la paix de dessus la terre, afin que les hommes s'entre-tuassent » (6, 4) : c'est la guerre.
- Le cheval noir. Son cavalier tient une balance, et une voix annonce le blé et l'orge à prix de disette (6, 5-6) : c'est la famine.
- Le cheval pâle. « Celui qui le montait s'appelait la Mort, et l'enfer le suivait » (6, 8) : c'est la mort sous toutes ses formes, par l'épée, la faim, l'épidémie et les bêtes, sur le quart de la terre.
Ce ne sont pas des personnages à identifier ni un événement unique à venir. Ils figurent les fléaux que Dieu permet tout au long de l'histoire et qu'Il tient en main, puisque c'est l'Agneau qui ouvre les sceaux. Le cinquième sceau en donne le sens : sous l'autel, les martyrs reçoivent une robe blanche et attendent que soit complet le nombre de leurs frères (6, 11).
La Femme revêtue du soleil (Apocalypse 12)
« Et un grand signe parut dans le Ciel : une Femme revêtue du soleil, et qui avait la lune sous Ses pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles » (Ap 12, 1). Elle enfante dans la douleur un fils qui est enlevé vers le trône de Dieu, s'enfuit au désert, et le dragon lui fait la guerre ainsi qu'à « ses autres enfants, qui gardent les commandements de Dieu » (12, 17).
Les Pères y voient d'abord l'Église, qui enfante le Christ dans ses membres au milieu des persécutions. Mais l'enfant mâle est le Christ, et Sa mère selon la chair est la Vierge Marie : la tradition l'a reconnue dans cette Femme, nouvelle Ève dressée contre « le serpent ancien », comme l'annonçait la Genèse : « Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta race et la sienne » (Gn 3, 15).
Le verset qui précède montre « l'Arche de Son alliance » dans le temple du Ciel (11, 19), et les litanies invoquent Marie comme Foederis arca. Saint Pie X, dans l'encyclique Ad diem illum (1904), écrit que nul n'ignore que cette Femme signifie la Vierge Marie, et Pie XII, en définissant l'Assomption (1950), rappelle que les docteurs scolastiques l'y ont vue figurée ; la messe du 15 août s'ouvre sur l'introït Signum magnum, tiré de ce verset. Les deux lectures ne s'opposent pas : Marie est la mère et la figure parfaite de l'Église.
La bête, sa marque et le nombre 666 (Apocalypse 13)
Les deux bêtes. La première monte de la mer, avec sept têtes et dix cornes ; le dragon lui donne « sa force et une grande puissance », et elle fait la guerre aux saints (13, 1-7). Elle réunit les bêtes de Daniel : c'est la puissance politique dressée contre Dieu, l'Empire qui exigeait le culte de César pour les premiers lecteurs. La seconde monte de la terre ; elle a des cornes « semblables à celles d'un agneau » mais parle « comme le dragon » (13, 11), fait des prodiges et impose le culte de la première. Le livre l'appelle ensuite « le faux prophète » (16, 13 ; 19, 20) : la séduction religieuse et intellectuelle au service du pouvoir.
La marque. Elle fait « que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçoivent une marque sur leur main droite ou sur leur front » (13, 16), sans laquelle on ne peut ni acheter ni vendre. C'est la contrefaçon du sceau de Dieu posé sur le front de Ses serviteurs (7, 3) et du nom de l'Agneau écrit sur le front des cent quarante-quatre mille (14, 1). Le front et la main disent la pensée et l'action : chacun porte le signe de celui qu'il adore, et recevoir la marque de la bête, c'est renier le Christ pour garder sa place dans le monde.
Le nombre 666. « Que celui qui a de l'intelligence calcule le nombre de la bête ; car c'est un nombre d'homme, et son nombre est six cent soixante-six » (13, 18). En grec comme en hébreu, les lettres servent de chiffres, et un nom donne un nombre. Saint Irénée connaissait déjà des manuscrits portant 616, qu'il rejetait ; il examinait des noms comme Lateinos ou Teitan, puis conseillait de ne rien affirmer et d'attendre l'accomplissement de la prophétie (Contre les hérésies, V, 30).
Beaucoup de modernes notent que « Néron César » en lettres hébraïques donne 666, et 616 sous la forme latine : le premier grand persécuteur figurerait tous les autres. On y lit aussi le six, qui n'atteint jamais le sept de la plénitude divine, trois fois répété : l'homme qui se fait dieu sans y parvenir. L'Église n'a fixé aucune identification, et tous ceux qui ont mis sous ce chiffre un nom de leur temps se sont trompés.
La bête et l'Antéchrist. Le mot « antéchrist » n'est pas dans l'Apocalypse mais dans saint Jean : « dès maintenant il y a plusieurs antéchrists » (1 Jn 2, 18). La tradition rapproche la bête de « l'homme de péché, le fils de la perdition » (2 Th 2, 3) : les persécuteurs de chaque siècle préfigurent un dernier adversaire, que le Christ vaincra (19, 20).
Les grands thèmes et la lecture catholique
La liturgie du Ciel. Ce que Jean voit au Ciel est un culte : un autel, de l'encens, des cantiques, et l'Agneau immolé au centre du trône. L'Église y reconnaît sa messe : le Sanctus unit le chant des quatre animaux à celui des séraphins d'Isaïe 6, l'Agnus Dei adore l'Agneau, et la prière Supplices te rogamus du Canon demande que l'offrande soit portée par le saint Ange sur l'autel d'en haut, comme l'ange qui offre l'encens « avec les prières de tous les saints, sur l'autel d'or qui est devant le trône de Dieu » (Ap 8, 3).
Les saints et les anges. Les vieillards tiennent « des coupes d'or pleines de parfums, qui sont les prières des saints » (5, 8) : les élus présentent à Dieu les prières de l'Église de la terre. Le combat de saint Michel archange contre le dragon (12, 7) inspire la prière que Léon XIII fit réciter après les messes basses.
Les fins dernières. Nul livre ne montre plus nettement le jugement selon les œuvres, l'étang de feu de la seconde mort (20, 14) et la vision de Dieu : « Ils verront Sa face, et Son nom sera écrit sur leurs fronts » (22, 4). Et le mot « pénitence » revient sans cesse : jusqu'au bout, les fléaux sont des appels.
Chapitres et versets célèbres de l'Apocalypse
- L'alpha et l'oméga : « Je suis l'alpha et l'oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin » (Ap 22, 13), les lettres que le prêtre trace sur le cierge pascal.
- Le Christ à la porte : « Voici, Je me tiens à la porte, et Je frappe : si quelqu'un entend Ma voix et M'ouvre la porte, J'entrerai chez lui » (Ap 3, 20).
- Les morts dans le Seigneur : « Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur. Dès maintenant, dit l'Esprit, ils se reposeront de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent » (Ap 14, 13).
- Babylone la grande : « Mystère ; Babylone la grande, la mère des fornications et des abominations de la terre » (Ap 17, 5). Ses sept montagnes (17, 9) désignaient pour les premiers lecteurs la Rome païenne, que saint Pierre appelle déjà Babylone (1 P 5, 13) ; plus largement, c'est la cité du monde ivre du sang des saints.
- Les larmes essuyées : « Dieu essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort n'existera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur » (Ap 21, 4).
L'Apocalypse dans le canon et dans la liturgie
L'Apocalypse est le vingt-septième et dernier livre du Nouveau Testament, dans les Bibles catholiques comme protestantes. Discutée un temps en Orient, elle fut reçue en Occident dès l'origine, du Canon de Muratori (vers 170) aux conciles de Rome (382), d'Hippone (393) et de Carthage (397), puis de Florence et de Trente (1546). Luther, en 1522, n'y voyait rien d'apostolique ni de prophétique et la relégua à la fin de son Nouveau Testament ; les Bibles protestantes l'ont pourtant gardée.
Le Missel romain de 1962 lui emprunte l'épître de la Toussaint (Ap 7, 2-12), celle de la Saint-Michel le 29 septembre (Ap 1, 1-5) avec l'offertoire Stetit Angelus (Ap 8, 3-4), celle des saints Innocents (Ap 14, 1-5), de la Dédicace d'une église (Ap 21, 2-5) et de la messe quotidienne des défunts (Ap 14, 13). L'introït du Christ-Roi, le dernier dimanche d'octobre, est Dignus est Agnus (5, 12 ; 1, 6), celui de l'Assomption Signum magnum (12, 1). Au Bréviaire, l'Apocalypse est lue aux Matines du temps pascal, entre les Actes des Apôtres et les épîtres catholiques, parce qu'elle chante la victoire de l'Agneau ressuscité. Ces jours sont marqués dans notre calendrier liturgique, et l'office se prie dans le Bréviaire du jour.
Comment lire l'Apocalypse
Lisez-la d'abord d'une traite, en une ou deux séances, pour en voir les grands mouvements ; puis chapitre par chapitre. Gardez ouverts le livre de Daniel et Ézéchiel, d'où vient presque chaque image. Laissez les dates ; demandez ce que chacune des sept lettres dit à votre âme. Toute la Bible de Fillion se lit dans cette liseuse, livre par livre.
Questions Fréquentes
Qu'est-ce que l'Apocalypse dans la Bible ?
L'Apocalypse est le dernier livre de la Bible et le seul livre prophétique du Nouveau Testament. Son nom veut dire « révélation » : saint Jean y rapporte les visions reçues à Patmos sur le combat de l'Église contre Satan et la victoire finale du Christ. Elle compte 22 chapitres, tous dans la grille ci-dessus et dans l'application Bible catholique d'Iter Fidei ; certaines bibles modernes l'intitulent « Livre de la Révélation ».
Qui a écrit l'Apocalypse ?
La tradition de l'Église l'attribue à saint Jean l'Apôtre, l'auteur du quatrième Évangile, qui se nomme lui-même et dit l'avoir reçue dans l'île de Patmos (Ap 1, 9). Les Pères, de saint Justin à saint Jérôme, l'attestent ; elle date d'environ 95, sous Domitien.
Qui sont les quatre cavaliers de l'Apocalypse ?
Ils paraissent quand l'Agneau ouvre les quatre premiers sceaux (Ap 6, 1-8). Le cavalier du cheval blanc, qui part « en vainqueur, pour vaincre », est souvent compris du Christ ou de l'Évangile ; le cheval roux est la guerre, le noir la famine, le pâle la Mort suivie de l'enfer. Ils figurent les fléaux qui traversent toute l'histoire sous la main de Dieu, non des personnages à identifier.
Qui est la Femme revêtue du soleil, au chapitre 12 ?
C'est la Femme couronnée de douze étoiles qui enfante le Messie et que poursuit le dragon. Les Pères y voient l'Église, mère des fidèles, et la tradition y reconnaît la Vierge Marie, mère du Christ et nouvelle Ève ; saint Pie X l'affirme dans Ad diem illum, et la messe de l'Assomption s'ouvre sur ce verset. Les deux sens se tiennent, car Marie est la figure de l'Église.
Qui est la bête de l'Apocalypse ?
La bête de la mer (Ap 13) est la puissance du monde dressée contre Dieu, que les premiers chrétiens reconnaissaient dans l'Empire persécuteur ; la bête de la terre, appelée ensuite le faux prophète, est la séduction qui la fait adorer. La tradition y voit aussi la figure de l'Antéchrist de la fin des temps. Le chapitre 19 montre leur défaite par le Christ.
Que signifie le nombre 666 ?
C'est « le nombre de la bête », un « nombre d'homme » (Ap 13, 18), obtenu, selon l'usage antique, en additionnant les lettres d'un nom. Beaucoup y lisent Néron César écrit en hébreu, d'autres le symbole de l'homme qui veut se faire dieu sans atteindre la perfection du sept. Saint Irénée conseillait déjà de ne pas l'appliquer à un nom, et l'Église n'a jamais fixé d'identification.
L'Apocalypse annonce-t-elle la fin du monde ?
Elle annonce le retour du Christ, la résurrection des morts, le Jugement dernier et un ciel nouveau et une terre nouvelle, mais elle ne donne aucune date : le Père seul connaît ce jour. L'Église, avec saint Augustin, rejette le millénarisme et tout calcul des temps. Le livre est d'abord un appel à la fidélité et à la pénitence.
Qui sont les quatre vivants de l'Apocalypse ?
Ce sont les quatre êtres qui entourent le trône de Dieu et chantent sans fin « Saint, saint, saint » (Ap 4, 6-8) ; Fillion, après la Vulgate, les appelle les « quatre animaux ». Ils ont l'aspect d'un lion, d'un veau, d'un homme et d'un aigle, comme les chérubins d'Ézéchiel. Saint Jérôme y a vu les quatre évangélistes : l'homme pour saint Matthieu, le lion pour saint Marc, le veau pour saint Luc, l'aigle pour saint Jean.
Apocalypse · avec l'app
Accès anticipé