Les Dévotions
Neuvaine au Saint-Esprit
La neuvaine au Saint-Esprit, la plus ancienne de toutes, se prie entre l'Ascension et la Pentecôte pour obtenir les sept dons. Texte complet des neuf jours, prières traditionnelles, version courte et à imprimer, dates 2026 et 2027.

La neuvaine au Saint-Esprit sert à demander, par neuf jours de prière, les sept dons du Paraclet : la sagesse, l'intelligence, le conseil, la force, la science, la piété et la crainte de Dieu. Elle convient à tout chrétien qui désire raviver la grâce de son baptême et de sa confirmation, et tout particulièrement à qui prépare un discernement, un examen ou une décision importante. Elle se récite entre l'Ascension et la Pentecôte, mais on peut la prier en tout temps.
Cette neuvaine n'est pas une dévotion récente : c'est la plus ancienne de toutes, et la seule que Notre-Seigneur lui-même ait prescrite. Avant de monter au Ciel, Il commanda à ses Apôtres de demeurer à Jérusalem jusqu'à ce qu'ils fussent « revêtus de la force d'en haut » (Luc 24, 49). Ils se retirèrent alors au Cénacle, où ils persévéraient « d'un même cœur dans la prière avec Marie, la mère de Jésus » (Actes 1, 14), et c'est au terme de ces neuf jours que le Saint-Esprit descendit sur eux dans le feu de la première Pentecôte. Toutes les neuvaines de l'Église remontent à ce modèle : on l'appelle pour cela la neuvaine « princesse ».
Les prières que l'on récite chaque jour
Ces prières se disent tous les jours de la neuvaine, avant la lecture propre du jour. On peut y ajouter un chapelet et cinq minutes de recueillement silencieux.
Le versicule et l'oraison du Saint-Esprit
V. Envoyez votre Esprit, et tout sera créé,
R. et vous renouvellerez la face de la terre.Prions. Ô Dieu, qui avez instruit les cœurs de vos fidèles par la lumière du Saint-Esprit, donnez-nous, par ce même Esprit, de goûter le bien et la droiture, et de jouir toujours de ses consolations. Par le Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.
On récite ensuite l'hymne Veni Creator, la grande prière de l'Église à la troisième Personne de la Trinité, dont voici les deux premières strophes :
Venez, Esprit Créateur,
visitez les âmes de vos fidèles ;
emplissez de la grâce d'en haut
les cœurs que vous avez créés.Vous que l'on nomme le Consolateur,
le don du Dieu très-haut,
source vive, feu, charité
et spirituelle onction.
La prière pour demander les sept dons
Cette prière traditionnelle, associée depuis longtemps à la neuvaine et attribuée à la piété de saint Alphonse de Liguori, résume tout ce que l'on vient chercher auprès du Paraclet.
Ô Seigneur Jésus-Christ, qui, avant de monter au Ciel, avez promis d'envoyer le Saint-Esprit pour achever votre œuvre dans les âmes de vos Apôtres et de vos disciples, daignez m'accorder à moi aussi ce même Esprit Saint, afin qu'il perfectionne dans mon âme l'œuvre de votre grâce et de votre amour.
Accordez-moi l'Esprit de Sagesse, pour que je méprise les biens périssables de ce monde et n'aspire qu'aux biens éternels ; l'Esprit d'Intelligence, pour éclairer mon esprit des lumières de votre vérité divine ; l'Esprit de Conseil, afin que je choisisse toujours la voie la plus sûre pour plaire à Dieu et gagner le Ciel ; l'Esprit de Force, pour que je porte ma croix avec vous et surmonte avec courage tous les obstacles qui s'opposent à mon salut ; l'Esprit de Science, pour que je connaisse Dieu et me connaisse moi-même, et que je grandisse dans la sainteté ; l'Esprit de Piété, pour que je trouve doux et aimable le service de Dieu ; l'Esprit de Crainte, afin que je sois pénétré d'un respect filial envers vous et redoute de vous déplaire en quoi que ce soit.
Marquez-moi, ô Seigneur, du signe de vos vrais disciples, et animez-moi en toutes choses de votre Esprit. Ainsi soit-il.
L'acte de consécration au Saint-Esprit
En présence du Ciel et de la terre remplis de votre gloire, et à genoux devant votre majesté divine, je m'offre corps et âme à vous, ô Esprit éternel de Dieu. J'adore l'éclat de votre pureté, l'intégrité inaltérable de votre justice et la puissance de votre amour. Vous êtes la force et la lumière de mon âme ; par vous je vis, je pense et j'agis. Puissé-je ne jamais pécher contre vous, ni vous contrister en résistant à la grâce ! Guidez mes pensées, faites que j'entende toujours votre voix et que j'obéisse à vos suaves inspirations. Je m'attache à vous, je me donne à vous, et je supplie votre miséricorde de veiller sur ma faiblesse.
Prosterné aux pieds de Notre-Seigneur Jésus-Christ crucifié, contemplant ses plaies, plein de confiance en son Sang précieux, adorant son côté ouvert et son cœur brisé, je vous supplie, ô Esprit adorable, soutien de ma fragilité, de me préserver de toute faute et, si je tombe, de m'accorder le pardon. Faites-moi la grâce, ô Esprit-Saint, Esprit du Père et du Fils, de vous dire toujours et partout : « Parlez, Seigneur, votre serviteur écoute. » Ainsi soit-il.
Le texte complet des neuf jours
La neuvaine suit un ordre gravissant : elle part du premier des dons dans l'échelle spirituelle — la crainte de Dieu — pour monter jusqu'au plus haut, la sagesse, et s'achève sur les fruits que l'Esprit fait mûrir dans l'âme. Chaque jour, on récite d'abord les prières communes ci-dessus, puis la méditation et l'intention du jour.
Premier jour — Le Saint-Esprit
Méditation. Le Saint-Esprit est la troisième Personne de la Sainte Trinité, l'Amour éternel qui procède du Père et du Fils. Il habite dans l'âme en état de grâce comme dans un temple, et c'est Lui qui prie en nous « par des gémissements ineffables » (Romains 8, 26). Entrons dans cette neuvaine comme les Apôtres au Cénacle, le cœur ouvert et pauvre.
Intention. Que je Vous reçoive, ô divin Esprit, et que je Vous laisse régner sur toute ma vie.
Deuxième jour — Le don de crainte
Méditation. La crainte de Dieu n'est pas la terreur de l'esclave, mais le respect délicat du fils qui redoute d'attrister un Père tant aimé. Elle est « le commencement de la sagesse » (Psaume 110, 10) : elle nous détourne du péché et nous garde dans l'humilité.
Intention. Donnez-moi, ô Esprit Saint, une sainte crainte qui m'éloigne de tout ce qui pourrait Vous déplaire.
Troisième jour — Le don de piété
Méditation. La piété nous fait aimer Dieu comme un Père et servir son culte avec tendresse et joie, sans contrainte ni sécheresse. Elle rend légers la prière, les sacrements et les devoirs de la vie chrétienne, et elle nous unit à tous nos frères dans la communion des saints.
Intention. Donnez-moi un cœur filial, qui trouve doux le service de Dieu et le prochain aimable pour l'amour de Vous.
Quatrième jour — Le don de force
Méditation. La force est le don qui soutient l'âme dans l'épreuve, lui fait porter sa croix sans défaillir et affronter les combats du salut. C'est elle qui a fait des Apôtres craintifs les martyrs intrépides du matin de la Pentecôte.
Intention. Fortifiez-moi, ô Esprit de force, pour que je persévère jusqu'au bout et ne recule devant aucun sacrifice.
Cinquième jour — Le don de science
Méditation. La science nous apprend à juger droitement des choses créées : à voir en elles non des idoles, mais des degrés qui montent vers Dieu, et à discerner le chemin qui mène à Lui. Elle nous fait connaître le prix des biens éternels et la vanité de ce qui passe.
Intention. Éclairez-moi, ô Esprit de science, pour que je ne cherche en toutes choses que Vous seul.
Sixième jour — Le don d'intelligence
Méditation. L'intelligence pénètre le sens des vérités de la foi : elle nous fait goûter au-dedans ce que la lettre nous enseigne au-dehors, et donne à l'âme cette lumière intérieure par laquelle elle « comprend les Écritures » comme les disciples d'Emmaüs.
Intention. Ouvrez mon esprit, ô Esprit d'intelligence, à la lumière de votre vérité divine.
Septième jour — Le don de conseil
Méditation. Le conseil est la lumière du Saint-Esprit sur nos décisions : il nous fait choisir, dans le concret de la vie, la voie la plus sûre pour plaire à Dieu, surtout aux heures de doute et de discernement. C'est le don que l'on implore avant tout choix d'état ou d'engagement.
Intention. Guidez-moi, ô Esprit de conseil, dans toutes mes décisions, pour que je fasse en tout votre sainte volonté.
Huitième jour — Le don de sagesse
Méditation. La sagesse est le plus haut des dons : elle nous fait goûter Dieu comme le souverain Bien et juger de tout à sa lumière. Elle donne à l'âme cette paix savoureuse des saints, qui déjà sur la terre « voient combien le Seigneur est doux » (Psaume 33, 9).
Intention. Donnez-moi, ô Esprit de sagesse, de ne chercher mon repos qu'en Vous et de tout rapporter à votre gloire.
Neuvième jour — Les fruits du Saint-Esprit
Méditation. Là où l'Esprit règne, l'âme porte ses douze fruits : « la charité, la joie, la paix, la patience, la bénignité, la bonté, la longanimité, la mansuétude, la fidélité, la modestie, la continence et la chasteté » (Galates 5, 22-23). Demandons, au terme de la neuvaine, que ces fruits mûrissent en nous et demeurent.
Intention. Venez, Esprit Saint, remplissez les cœurs de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour ; faites de ma vie une Pentecôte qui ne s'éteigne pas.
Les variantes de la neuvaine
La version courte
Qui manque de temps peut réduire chaque jour à trois éléments : le versicule et l'oraison, la strophe « Venez, Esprit Créateur… », puis l'invocation que l'Église répète sans cesse à la Pentecôte :
V. Envoyez votre Esprit, et tout sera créé,
R. et vous renouvellerez la face de la terre.Venez, Esprit Saint, remplissez les cœurs de vos fidèles, et allumez en eux le feu de votre amour. Ainsi soit-il.
On y joint l'intention propre du jour, ce qui suffit à faire une neuvaine fidèle en moins de cinq minutes.
Pour un discernement, un examen ou la confirmation
Le don que l'on implore alors est surtout celui de conseil, joint à l'intelligence et à la science. On garde le texte des neuf jours en portant chaque jour son intention particulière — un choix d'état de vie, la préparation à la confirmation, un examen — devant le Paraclet. Cette prière du Cardinal Mercier, à dire une fois par jour, est le grand secret des âmes attentives à l'Esprit :
Ô Saint-Esprit, âme de mon âme, je vous adore. Éclairez-moi, guidez-moi, fortifiez-moi, consolez-moi. Dites-moi ce que je dois faire, donnez-moi vos ordres. Je vous promets de me soumettre à tout ce que vous désirez de moi et d'accepter tout ce que vous permettrez qu'il m'arrive ; faites-moi seulement connaître votre sainte volonté.
Le Cardinal Mercier enseignait que cinq minutes par jour de ce recueillement, au sanctuaire intérieur de l'âme baptisée, suffisent à sanctifier toute une vie.
Pour une intention pressante ou une cause difficile
Il n'y a pas de « neuvaine magique » : l'Esprit donne d'abord la grâce, qui vaut mieux que toute faveur. Mais pour une intention pressante, on peut renforcer la neuvaine par le jeûne, l'aumône et la confession, et l'unir au Sacré-Cœur de Jésus. La demande la plus « puissante » reste celle des sept dons : en obtenant l'Esprit, on obtient tout le reste.
Le texte à imprimer (PDF)
Pour prier hors ligne, il suffit d'imprimer cette page : elle contient les prières quotidiennes et les neuf jours dans l'ordre. Notre application les rassemble aussi sous une forme prête à suivre jour après jour, avec le Veni Creator chanté et les lectures du jour.
Comment réciter cette neuvaine
Quand la commencer. Dans sa forme la plus traditionnelle, la neuvaine s'ouvre le lendemain de l'Ascension — un vendredi — et se prie neuf jours durant jusqu'au samedi soir, veille de la Pentecôte. On imite ainsi exactement les neuf jours des Apôtres au Cénacle.
Les dates. En 2026, l'Ascension tombe le jeudi 14 mai ; la neuvaine se prie donc du vendredi 15 au samedi 23 mai, et la Pentecôte est le dimanche 24 mai. En 2027, l'Ascension est le jeudi 6 mai, la neuvaine se prie du vendredi 7 au samedi 15 mai, et la Pentecôte tombe le dimanche 16 mai.
Comment procéder. Chaque jour, à heure fixe si possible, on récite les prières communes puis la méditation et l'intention du jour. On ne s'inquiète pas d'un oubli : si l'on saute un jour, on le reprend le lendemain, l'essentiel étant la fidélité du cœur. Pour tout ce qui touche à la manière de prier une neuvaine, on lira notre guide de la neuvaine.
L'histoire de la dévotion et le mystère de la Pentecôte
Cette neuvaine tire toute sa dignité de son origine : ce ne sont pas des saints qui l'ont inventée, c'est le Christ ressuscité qui l'a commandée. Les Apôtres obéirent et remontèrent au Cénacle, cette chambre haute où avait été instituée l'Eucharistie ; ainsi la première neuvaine fut faite autour de la Très Sainte Vierge, Épouse de l'Esprit, qui l'avait déjà reçu à l'Annonciation et qui apprit aux Apôtres à l'attendre.
Le dixième jour, au matin de la Pentecôte, « il se fit tout à coup un bruit qui venait du ciel… et il leur apparut des langues séparées les unes des autres, comme de feu… et ils furent tous remplis du Saint-Esprit » (Actes 2, 2-4). Les hommes qui s'étaient enfermés par peur sortirent aussitôt annoncer le Christ à toutes les nations : l'Église était née. Voilà pourquoi la Tradition a toujours regardé cette neuvaine comme la source de toutes les autres et le modèle parfait de la prière persévérante : neuf jours d'attente humble, en communion avec Marie, pour obtenir la « force d'en haut ».
De cette veille du Cénacle sont sortis les grands textes que la Tradition redit chaque année : l'hymne Veni Creator Spiritus, attribuée à Raban Maur au IXe siècle, et la séquence Veni Sancte Spiritus, la « prose d'or » de la Pentecôte. Saint Alphonse de Liguori, docteur de l'Église, a beaucoup fait pour répandre la dévotion aux sept dons et cette neuvaine, dont les prières que nous avons données portent la marque. La liste des sept dons elle-même n'est pas une invention pieuse : elle est écrite chez le prophète Isaïe, annonçant le Messie sur qui « reposera l'Esprit du Seigneur, esprit de sagesse et d'intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de science et de piété » (Isaïe 11, 2-3).
Questions Fréquentes
Comment faire la neuvaine au Saint-Esprit ?
On prie neuf jours de suite. Chaque jour, on récite les prières communes — le versicule et l'oraison, le Veni Creator, la prière pour les sept dons et l'acte de consécration — puis la méditation et l'intention propres au jour. On peut y joindre un chapelet et cinq minutes de silence. La fidélité compte plus que la longueur.
Quand commencer la neuvaine à l'Esprit Saint ?
Traditionnellement, on la commence le lendemain de l'Ascension, un vendredi, pour la finir la veille de la Pentecôte. En 2026, ce sera du 15 au 23 mai. On peut cependant la prier à toute autre époque, notamment avant la confirmation ou une décision importante.
Pourquoi faire la neuvaine à l'Esprit Saint ?
Pour obtenir les sept dons qui perfectionnent la grâce du baptême et rendent l'âme docile à Dieu, et pour imiter les Apôtres qui, en priant neuf jours au Cénacle, ont reçu la « force d'en haut ». C'est la neuvaine que le Christ lui-même a demandée : aucune n'est plus sûre.
Quels sont les sept dons du Saint-Esprit ?
La sagesse, l'intelligence, le conseil, la force, la science, la piété et la crainte de Dieu. Ils sont énumérés par le prophète Isaïe (11, 2-3) et infusés dans l'âme par le baptême, puis fortifiés par la confirmation. Ils rendent le chrétien souple sous la conduite de l'Esprit.
Peut-on faire cette neuvaine pour un discernement ou un examen ?
Oui, et c'est un usage très recommandé. On implore alors surtout le don de conseil, joint à l'intelligence et à la science, en portant chaque jour son intention devant le Paraclet. La courte prière du Cardinal Mercier convient parfaitement à cette demande.
Peut-on prier cette neuvaine avant la confirmation ?
C'est même l'une de ses meilleures applications. La confirmation est le sacrement qui donne la plénitude de l'Esprit et de ses sept dons ; se préparer par neuf jours de prière dispose l'âme à en recevoir toute la grâce. On lira à ce sujet notre article sur la confirmation.
Faut-il faire cette neuvaine uniquement à la Pentecôte ?
Non. Sa place naturelle est entre l'Ascension et la Pentecôte, mais l'Esprit se donne en tout temps. On peut la réciter avant une retraite, une entrée en religion, un mariage, ou simplement pour raviver la ferveur : elle garde alors toute sa valeur.
La neuvaine au Saint-Esprit est-elle la même que celle de la Pentecôte ?
Oui, ce sont deux noms de la même prière. On l'appelle « neuvaine de la Pentecôte » parce qu'elle se prie durant les neuf jours qui précèdent la fête, et « neuvaine au Saint-Esprit » parce qu'elle s'adresse au Paraclet et demande ses dons.
Priez chaque journée de cette neuvaine, avec le Veni Creator chanté et les lectures qui l'accompagnent, dans l'application Iter Fidei. Téléchargez-la ici.
Sources. Sainte Écriture, traduction de l'abbé Fillion (Évangile selon saint Luc, Actes des Apôtres, Épître aux Romains, Épître aux Galates, Isaïe, Psaumes) ; hymne Veni Creator Spiritus (Raban Maur) et séquence Veni Sancte Spiritus du Missel romain ; oraison Deus qui corda fidelium ; saint Alphonse de Liguori, Neuvaine au Saint-Esprit et méditations sur les sept dons ; prière au Saint-Esprit du cardinal Mercier ; Catéchisme du concile de Trente.