Les Dévotions
Neuvaine à Notre-Dame de Guadalupe : texte complet
Le texte complet de la neuvaine à Notre-Dame de Guadalupe : la prière quotidienne, les neuf jours médités sur la sainte image du Tepeyac, la version courte et le texte à imprimer, du 3 au 11 décembre.
La neuvaine à Notre-Dame de Guadalupe est une prière de neuf jours adressée à la très sainte Vierge telle qu'elle s'est montrée sur la colline du Tepeyac, en 1531, au pauvre Indien Juan Diego, laissant son image sur sa tilma. On la prie pour obtenir, par son intercession maternelle, la conversion des pécheurs, la protection des mères et des enfants à naître, et toute grâce nécessaire, elle qui a promis de montrer sa compassion à quiconque l'appelle. On la commence traditionnellement le 3 décembre pour l'achever le 11, veille de sa fête du 12 décembre — mais elle se prie en tout temps, pour toute nécessité.
Ce que vous trouverez ici est le texte intégral : la prière quotidienne, les neuf jours dans leur ordre, chacun médité sur un trait de la sainte image, et l'oraison finale de la messe accordée par Benoît XIV en 1754. C'est exactement la neuvaine que porte l'application Iter Fidei.
La prière quotidienne de la neuvaine
Chacun des neuf jours s'ouvre de la même manière. On commence par le signe de la croix.
Au nom du Père,
et du Fils,
et du Saint-Esprit.
Ainsi soit-il.
Mettez-vous à genoux devant l'image de la très sainte Vierge, recueillez-vous un instant, puis récitez l'acte de contrition pour vous présenter à la Mère de Dieu le cœur purifié.
Mon Dieu, j'ai un extrême regret de vous avoir offensé, parce que vous êtes infiniment bon, infiniment aimable, et que le péché vous déplaît. Je prends la ferme résolution avec le secours de votre sainte grâce de ne plus vous offenser et de faire pénitence.
On dit ensuite la prière du souvenir de Guadalupe, qui est le cœur de cette dévotion et rappelle à la Vierge sa propre promesse du Tepeyac.
Souvenez-vous, ô très miséricordieuse Vierge de Guadalupe, que dans vos apparitions sur la colline du Tepeyac vous avez promis de montrer votre compassion et votre secours à tous ceux qui, vous aimant et se confiant en vous, réclameraient votre protection et vous appelleraient dans leurs nécessités et leurs afflictions ; vous avez promis d'écouter nos supplications, d'essuyer nos larmes et de nous donner consolation et soulagement. Jamais on n'a entendu dire qu'aucun de ceux qui ont eu recours à vous ait été abandonné. Animés de cette confiance, nous accourons vers vous, ô Marie, Vierge toujours immaculée et Mère du vrai Dieu ; accablés sous le poids de nos péchés, nous nous prosternons devant vous, certains que vous daignerez accomplir vos promesses miséricordieuses. Vous avez voulu demeurer parmi nous par votre admirable image, vous qui êtes notre Mère, notre santé et notre vie : sous votre regard maternel nous nous plaçons, et nous n'avons plus rien à craindre. Ô sainte Mère de Dieu, ne méprisez pas nos demandes, mais dans votre miséricorde écoutez-nous et exaucez-nous. Ainsi soit-il.
Exprimez ici, simplement et clairement, la grâce que vous demandez à Notre-Dame de Guadalupe — la même durant les neuf jours.
On récite ensuite quatre Salve Regina, en mémoire des quatre apparitions du Tepeyac.
Salut, ô Reine, Mère de miséricorde ;
notre vie, notre douceur et notre espérance, salut.
Vers vous nous crions, enfants d'Ève exilés.
Vers vous nous soupirons, gémissant et pleurant
dans cette vallée de larmes.
Tournez donc, ô notre Avocate,
vos regards miséricordieux vers nous.
Et après cet exil, montrez-nous Jésus,
le fruit béni de vos entrailles.
Ô clémente, ô miséricordieuse, ô douce Vierge Marie.
On poursuit alors avec la prière propre au jour.
Le texte complet de la neuvaine : les neuf jours
Chaque jour contemple un trait de la sainte image — la couronne, les mains, les rayons, l'ange, les étoiles, la lune, la toile, la bordure d'or, et enfin l'image entière —, puis en tire une prière. Comme toute neuvaine, elle se dit neuf jours de suite, sans en sauter aucun.
Premier jour — La couronne : Reine du Ciel
Le samedi 9 décembre 1531, Juan Diego, pauvre Indien récemment baptisé, gravissait la colline du Tepeyac lorsqu'un chant d'oiseaux l'arrêta et qu'une voix l'appela par son nom. La très sainte Vierge lui apparut, vêtue de lumière, et se déclara la Mère du vrai Dieu. Les anciennes copies de la tilma montrent son front ceint d'une couronne : car celle qui parlait à un homme du peuple dans sa propre langue est la Fille du Père, la Mère du Fils, l'Épouse de l'Esprit-Saint, et la Reine de toute créature.
Ô très sainte Dame de Guadalupe, cette couronne dont votre front est ceint publie que vous êtes la Reine du Ciel et de l'univers. Comme Fille, comme Mère et comme Épouse du Très-Haut, vous avez sur toute créature un domaine absolu et un droit très juste : je suis donc vôtre à mille titres. Mais je ne me contente pas de vous appartenir par cette souveraineté que vous exercez sur tous : je veux vous appartenir encore par le choix libre de ma volonté. Prosterné devant le trône de votre majesté, je vous élis pour ma Reine et ma Souveraine, et je veux désormais dépendre de vous, et que les desseins de la divine Providence sur moi passent par vos mains. Disposez de moi comme il vous plaira : je remets à votre garde tous les événements de ma vie, confiant en votre bonté que tout tournera au bien de mon âme et à la gloire de ce Seigneur qui se complaît en vous. Ainsi soit-il.
Notre Père, qui êtes aux cieux :
Que votre nom soit sanctifié.
Que votre règne arrive.
Que votre volonté soit faite
sur la terre comme au ciel.
Donnez-nous aujourd'hui
notre pain quotidien.
Et pardonnez-nous nos offenses,
comme nous pardonnons
à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laissez pas succomber à la tentation,
mais délivrez-nous du mal.
Ainsi soit-il.
Je vous salue, Marie, pleine de grâce,
le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pécheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Ainsi soit-il.
Gloire au Père, et au Fils,
et au Saint-Esprit.
Comme il était au commencement,
maintenant et toujours,
et dans les siècles des siècles.
Ainsi soit-il.
Deuxième jour — Les mains jointes : notre avocate
Sur la tilma, les mains de la Vierge sont jointes devant sa poitrine : ce n'est pas le geste de celle qui donne d'elle-même, mais de celle qui supplie et qui intercède. Elle avait dit à Juan Diego qu'elle voulait un temple pour y montrer sa compassion, y écouter les pleurs et y remédier aux misères. Voilà l'ordre de la prière chrétienne : Dieu seul est l'auteur de la grâce, et Marie est l'avocate toute-puissante par supplication, qui porte à son Fils ce que nous n'osons demander nous-mêmes.
Ô très sainte Vierge de Guadalupe, comme il paraît bien que vous êtes notre avocate au tribunal de Dieu ! Ces mains très belles, qui ne cessent de nous secourir, vous les joignez devant votre poitrine en signe de celle qui supplie et qui prie, nous donnant ainsi à voir que du trône de la gloire, Reine des anges et des hommes, vous exercez encore l'office d'avocate en plaidant notre cause. Par quels sentiments de reconnaissance pourrai-je payer tant de bonté, moi qui n'ai pas dans tout mon cœur de quoi l'acquitter ? C'est à vous que je recours, pour que vous m'enrichissiez des dons précieux d'une charité ardente, d'une humilité profonde et d'une prompte obéissance au Seigneur. Redoublez vos supplications, multipliez vos prières, et ne cessez de demander au Tout-Puissant qu'il me fasse vôtre et qu'il m'accorde d'aller vous rendre grâces, dans la gloire, de l'heureux succès de votre intercession. Ainsi soit-il.
Puis le Notre Père, le Je vous salue Marie et le Gloire au Père, comme au premier jour.
Troisième jour — Les rayons du soleil : la Femme revêtue de lumière
« Un grand signe parut dans le ciel : une Femme revêtue du soleil, la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête. » Les rayons qui entourent l'image du Tepeyac disaient au peuple indien, qui adorait le soleil, que celle qui se tenait devant lui n'était pas leur dieu, mais qu'elle le voilait de son corps et portait en son sein Celui qui a fait le soleil. Elle n'est pas la lumière : elle est toute pénétrée de la lumière incréée, comme le vitrail du jour qui le traverse.
Ô très sainte Vierge Marie de Guadalupe, que puis-je croire, en vous voyant environnée des rayons du soleil, sinon que vous êtes intimement unie au Soleil de la Divinité, et qu'il n'y a rien en votre âme qui ne soit lumière, grâce et sainteté ? Que puis-je croire, sinon que Dieu vous tient toujours en son cœur ? Ravi de la joie que cela me cause, je me présente devant le trône de votre souveraineté et je vous supplie de daigner envoyer jusqu'à mon cœur un de vos rayons ardents : éclairez de sa lumière mon intelligence, embrasez-en ma volonté ; faites-moi comprendre enfin que je vis dans l'erreur tout le temps que je ne m'applique pas à vous aimer et à aimer mon Dieu, et que je me trompe misérablement lorsque j'aime quelque chose qui n'est pas mon Dieu, et lorsque je ne vous aime pas, vous, pour Dieu. Ainsi soit-il.
Puis le Notre Père, le Je vous salue Marie et le Gloire au Père, comme au premier jour.
Quatrième jour — L'ange à ses pieds : le trône du cœur
Au bas de l'image, un ange soutient de ses bras ouverts le manteau et la robe de la Reine, et déploie ses ailes comme un tapis sous ses pieds. Juan Diego, lui, se croyait indigne : quand son oncle Juan Bernardino tomba malade, il voulut éviter la Vierge par honte et par hâte. Elle l'attendait sur le chemin et lui dit ces mots qui n'ont plus cessé de consoler ses enfants : « Ne suis-je pas ici, moi qui suis ta Mère ? N'es-tu pas sous mon ombre et sous ma protection ? » Ce que l'ange fait de ses ailes, faisons-le de notre cœur.
Ô très sainte Marie de Guadalupe, si un ange du Ciel tient à si grand honneur de se trouver à vos pieds, et si, pour marquer sa joie, il ouvre les bras et étend les ailes afin d'en faire un tapis à votre majesté, que dois-je faire, moi, pour vous témoigner ma vénération, non de la tête ni des bras, mais de mon cœur et de mon âme, afin que, sanctifiée par vos pieds divins, elle devienne un trône digne de votre souveraineté ? Daignez, ô Souveraine, agréer cet hommage ; ne le méprisez pas comme indigne de vous, car ce qui lui manque en mérite par ma misère et ma pauvreté, je le supplée par la bonne volonté et le désir. Entrez dans mon cœur, et vous verrez qu'il n'a d'autres ailes que le désir d'être vôtre et la crainte d'offenser votre divin Fils. Faites-en votre trône, et il ne s'avilira plus en donnant entrée à la faute ni en se rendant esclave du démon. Faites que je ne vive plus que pour Jésus et pour Marie. Ainsi soit-il.
Puis le Notre Père, le Je vous salue Marie et le Gloire au Père, comme au premier jour.
Cinquième jour — Les étoiles du manteau : la pureté et la charité
Son manteau est semé d'étoiles. Le peuple du Tepeyac lisait le ciel, et il vit que la Dame portait sur elle le firmament sans en être l'esclave : elle est plus haute que les astres, elle qui les tient comme une broderie. Les étoiles de son manteau sont ses vertus, lumières petites et fixes, qui ne brillent que du soleil qu'elles reflètent. Ainsi la sainteté n'est pas d'éclat mais de reflet ; et l'âme qui veut être belle doit se laisser broder d'humilité, de pureté et de charité.
Ô très sainte Vierge Marie de Guadalupe, quel autre vêtement conviendrait à celle qui est un ciel par sa beauté, sinon un manteau tout rempli d'étoiles ? De quoi pouvait se parer une beauté toute céleste, sinon de l'éclat de vertus aussi lumineuses et resplendissantes que les vôtres ? Bénie mille fois la main de ce Dieu qui a voulu unir en votre beauté si immense une pureté si haute et un honneur si brillant à une humilité si aimable. Je tombe, ô Souveraine, ravi d'une beauté si douce, et je voudrais que mes yeux demeurassent toujours fixés sur vous, afin que mon cœur ne se laissât entraîner à nul autre amour que le vôtre. Je n'obtiendrai pas ce désir si ces astres resplendissants dont vous êtes parée ne m'inspirent une charité ardente et fervente, pour que j'aime de tout mon cœur et de toutes mes forces mon Dieu, et après mon Dieu, vous, digne objet de l'amour de tous. Ainsi soit-il.
Puis le Notre Père, le Je vous salue Marie et le Gloire au Père, comme au premier jour.
Sixième jour — La lune sous ses pieds : la constance
Sous ses pieds, la lune noire : l'astre des nuits, que le peuple ancien adorait, et qui croît et décroît sans jamais demeurer le même. La Vierge le foule, non par mépris, mais pour montrer qu'elle a triomphé de tout ce qui passe. Elle n'a connu aucun décours, aucune diminution de grâce : conçue sans péché, elle fut pleine de grâce dès le premier instant. Nous, au contraire, sommes inconstants comme la lune ; et notre seule stabilité est de nous tenir à ses pieds.
Ô très sainte Vierge Marie de Guadalupe, comme il sied à votre souveraineté, ce tapis que la lune forme sous vos pieds sacrés ! Vous avez brillé comme une Reine invincible au-dessus des vanités du monde, et, supérieure à toute la création, vous n'avez jamais souffert le décours de la moindre imperfection ; au contraire, dès votre premier instant, vous fûtes pleine de grâce. Malheureux que je suis, ô Souveraine : ne sachant pas me tenir aux résolutions que je prends, je n'ai nulle stabilité dans la vertu et ne suis constant que dans mes habitudes mauvaises. Ayez pitié de moi, Mère aimante et tendre ; puisque je suis comme la lune par mon inconstance, que je sois du moins comme la lune qui est à vos pieds, c'est-à-dire ferme à jamais dans votre dévotion et votre amour, afin de ne plus souffrir les décours de la faute. Faites que je demeure toujours à vos pieds par l'amour et la dévotion, et je ne craindrai plus les déclins du péché, mais je m'attacherai tout entier à mes devoirs, détestant de tout mon cœur ce qui offense mon Dieu. Ainsi soit-il.
Puis le Notre Père, le Je vous salue Marie et le Gloire au Père, comme au premier jour.
Septième jour — La pauvre tilma : l'humilité
L'évêque Zumárraga demandait un signe. La Vierge envoya Juan Diego cueillir, au sommet gelé du Tepeyac, des roses de Castille qui n'y poussaient pas et que décembre ne connaît point ; elle les disposa elle-même de ses mains dans le pauvre manteau du pauvre. Le 12 décembre 1531, l'Indien ouvrit sa tilma devant le prélat : les roses tombèrent, et sur la toile grossière d'agave, qui ne dure pas vingt ans, parut l'image que rien n'a effacée. Dieu n'a pas choisi la soie, mais le vêtement d'un homme méprisé.
Ô très sainte Vierge Marie de Guadalupe, je ne vois rien dans ce très beau portrait qui ne me fasse connaître les hautes perfections dont le Seigneur a doué votre âme très innocente. Cette toile grossière et méprisée, ce pauvre mais heureux vêtement où se voit imprimée votre singulière beauté, font clairement connaître la profonde humilité qui a servi de fondement à votre étonnante sainteté. Vous n'avez pas dédaigné de prendre la pauvre tunique de Juan Diego pour y imprimer votre visage, qui est le charme des anges, la merveille des hommes et l'admiration de tout l'univers. Comment donc n'espérerais-je pas de votre bonté que la misère et la pauvreté de mon âme ne soient pas un obstacle à ce que vous y imprimiez votre très gracieuse image ? Je vous offre la toile de mon cœur : prenez-le, ô Souveraine, entre vos mains, et ne l'abandonnez jamais, car mon désir est qu'il ne s'occupe de rien d'autre que de vous aimer et d'aimer Dieu. Ainsi soit-il.
Puis le Notre Père, le Je vous salue Marie et le Gloire au Père, comme au premier jour.
Huitième jour — La bordure d'or : la charité envers le prochain
La robe de la Vierge est bordée d'un or très fin : figure de la charité, qui est l'or des vertus et le prix de toutes nos actions. Et sur cette robe, un ruban noir ceint sa taille, à la manière des femmes indiennes qui attendent un enfant : la Dame du Tepeyac est venue enceinte, portant l'Enfant Dieu vers un peuple qui immolait ses enfants — et les sacrifices humains cessèrent. Elle est ainsi, plus qu'aucune autre, la Mère et la protectrice des plus petits, des enfants qui ne sont pas encore nés, et de tous ceux que le monde ne compte pas.
Ô très sainte Vierge de Guadalupe, combien mystérieuse et combien juste fut la main de l'Artisan suprême, brodant votre vêtement de cette bordure d'or très fin qui lui sert de parure ! Elle faisait sans doute allusion à cet or très pur de la charité et de l'amour de Dieu dont vos actions furent enrichies. Et qui pourrait douter, ô Souveraine, que votre charité ardente et votre amour de Dieu aient toujours été accompagnés de l'amour du prochain, et que, triomphante dans la patrie céleste, vous ne nous ayez jamais oubliés ? Ouvrez le sein de vos miséricordes à qui est si misérable ; tendez la main à celui qui, tombé, vous invoque pour se relever. Je chanterai la gloire d'avoir trouvé en moi une misère proportionnée, plus que toute autre, à votre compassion et à votre miséricorde. Ainsi soit-il.
Puis le Notre Père, le Je vous salue Marie et le Gloire au Père, comme au premier jour.
Neuvième jour — L'image qui demeure : la confiance
Près de cinq siècles ont passé, et la toile d'agave n'a ni pourri ni pâli. Dans les années qui suivirent le Tepeyac, environ neuf millions d'Indiens reçurent le baptême et les idoles tombèrent. Benoît XIV accorda en 1754 à cette fête du 12 décembre une messe et un office propres, en lui appliquant la parole du psaume : Il n'a pas fait ainsi pour toutes les nations. Léon XIII couronna l'image en 1895, Pie XII proclama Notre-Dame de Guadalupe patronne des Amériques, et le messager, Juan Diego, fut élevé sur les autels. Au terme de cette neuvaine, demandons qu'elle imprime en notre âme l'image de son Fils, comme elle l'imprima sur la tilma du pauvre.
Ô très sainte Vierge de Guadalupe, que pourrait-il vous être impossible, à vous qui, multipliant les prodiges, n'avez trouvé d'obstacle ni dans la pauvreté ni dans la grossièreté du tissu pour y former votre portrait si parfait, et dont la voracité du temps, en plus de quatre siècles, n'a pu ni détruire ni effacer l'image ? Quel motif puissant d'affermir ma confiance et de vous supplier que, ouvrant le sein de vos miséricordes, selon l'ample pouvoir que la Toute-Puissance divine vous a donné pour secourir les mortels, vous daigniez imprimer en mon âme l'image du Très-Haut, qui a effacé mes fautes ! Que la grossièreté de mes mauvaises habitudes n'arrête pas votre bonté ; daignez seulement me regarder, et par là déjà mes espérances se relèveront ; car je ne puis croire que, si vous me regardez, vos entrailles ne s'émeuvent sur ma misère. Après Jésus, vous êtes mon unique espérance, ô Vierge Marie très sainte. Ainsi soit-il.
Puis le Notre Père, le Je vous salue Marie et le Gloire au Père, comme au premier jour.
La conclusion de chaque jour
Après la prière du jour, on ajoute le verset propre de la messe du 12 décembre, puis son oraison.
V. Il n'a fait ainsi pour aucune autre nation.
R. Et il ne leur a pas manifesté ses jugements.
Prions.
Ô Dieu, qui, nous ayant placés sous la protection singulière de la bienheureuse Vierge Marie, avez voulu nous combler de bienfaits perpétuels : accordez à vos suppliants que, nous réjouissant aujourd'hui sur la terre de sa mémoire, nous jouissions au ciel de sa présence. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui vit et règne avec vous en l'unité du Saint-Esprit, Dieu, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Notre-Dame de Guadalupe, priez pour nous.
Au nom du Père,
et du Fils,
et du Saint-Esprit.
Ainsi soit-il.
Version courte de la neuvaine
Si le temps manque — un trajet, une pause, une chambre d'hôpital —, il vaut mieux prier court que ne pas prier. Dites le signe de la croix, la prière du souvenir de Guadalupe donnée plus haut, votre intention, un Je vous salue Marie, et l'invocation « Notre-Dame de Guadalupe, priez pour nous. » C'est la même neuvaine, réduite à son os : neuf jours de suite, la même demande, la même confiance. Dès que vous le pouvez, revenez au texte entier, dont les méditations sont la moitié du fruit.
Neuvaine et prière à Notre-Dame de Guadalupe pour une intention particulière
Cette neuvaine ne change pas de texte selon l'intention : elle change de charge. C'est au moment de l'intention — après la prière du souvenir — que vous nommez ce que vous demandez, et vous le redites tel quel les neuf jours. Les demandes que la tradition guadalupéenne confie le plus volontiers à la Vierge du Tepeyac tiennent à ses patronages : la conversion d'un proche, une grossesse et l'enfant qu'on porte, les enfants qui ne sont pas encore nés, une famille divisée, un peuple à évangéliser. Rien n'interdit une demande temporelle, pourvu qu'on la remette à Dieu : si telle est votre volonté.
Neuvaine à Notre-Dame de Guadalupe pour les études
Beaucoup la commencent en décembre pour un examen, un concours, une année qui pèse — la session tombe précisément dans les jours de la neuvaine. Rien n'y répugne : la Vierge est aussi Siège de la Sagesse, et celle qui a promis d'écouter toute misère écoute aussi celle-là. Le texte ne change pas ; nommez simplement votre intention d'études au moment prévu, la même les neuf jours, et travaillez comme si tout dépendait de vous. On peut joindre à la prière du jour la prière avant un examen.
Neuvaine à Notre-Dame de Guadalupe à imprimer (texte PDF)
Le texte donné ci-dessus est complet. Pour l'avoir sur papier, utilisez la fonction « Imprimer » ou « Enregistrer en PDF » de votre navigateur : vous obtiendrez la neuvaine entière, prière quotidienne et neuf jours, à glisser dans un missel ou à poser près d'une image de la Vierge.
Comment faire la neuvaine et quand la démarrer
Neuf jours de suite, une fois par jour, à l'heure qui vous convient — de préférence la même. Devant une image de Notre-Dame de Guadalupe si vous en avez une : la dévotion guadalupéenne est une dévotion à une image, et le regard aide le cœur. Chaque jour : signe de croix, acte de contrition, prière du souvenir, votre intention, quatre Salve Regina, la prière propre au jour, Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire au Père, puis le verset et l'oraison.
La date traditionnelle est le 3 décembre : on achève ainsi le 11 au soir, et la fête du 12 décembre couronne la neuvaine au lieu d'en faire partie. Elle tombe en plein Avent, ce qui lui va bien : la Vierge du Tepeyac est une Vierge enceinte, ceinte du ruban noir des femmes qui attendent. Mais aucune règle ne l'y enferme : on la démarre n'importe quel jour de l'année, dans l'urgence comme dans la paix. Si vous manquez un jour, ne recommencez pas tout par scrupule ; reprenez le lendemain là où vous étiez, et achevez les neuf. Et rappelons ce qu'enseigne le catéchisme : nous ne prions pas la Vierge comme celle qui donnerait la grâce d'elle-même, mais comme notre avocate, qui l'obtient de Dieu, seul auteur de tout bien. Une neuvaine ne contraint pas le Ciel : elle confie une âme à celle qui a dit « Ne suis-je pas ici, moi qui suis ta Mère ? »
Guadalupe et Juan Diego : ce que dit l'histoire
Le cadre est celui d'un monde qui vient de s'effondrer. Mexico-Tenochtitlan tombe en 1521 ; dix ans plus tard, la Nouvelle-Espagne est une terre de vainqueurs brutaux et de vaincus hébétés, où les premiers franciscains baptisent avec peine. Le Tepeyac, colline au nord de la ville, portait auparavant un lieu de culte indigène. Le voyant, Cuauhtlatoatzin baptisé Juan Diego, était un Indien du peuple, de Cuautitlán, marié, sans fortune ni charge — un macehual, ce que la société coloniale comptait pour rien ; son oncle Juan Bernardino, guéri le 12 décembre selon le récit, appartient à la même condition. L'évêque, le franciscain Juan de Zumárraga, est en revanche un personnage historique de premier plan, premier évêque de Mexico et protecteur déclaré des Indiens.
La source du récit est la relation en nahuatl dite Nican Mopohua, publiée en 1649 mais tenue par la tradition pour beaucoup plus ancienne. Il faut être honnête sur ce point, car traditionnel ne veut pas dire crédule : les documents contemporains de 1531 manquent, Zumárraga n'a laissé sur l'événement aucun écrit connu de sa main, et cette lacune a nourri depuis le XVIIIe siècle une controverse historique sérieuse, y compris entre catholiques. Ce que l'histoire établit sans discussion, c'est l'ancienneté et l'ampleur du culte : le sanctuaire du Tepeyac est attesté dès le milieu du XVIe siècle, l'Informatio de 1666 recueille les témoignages, et la dévotion est déjà universelle au Mexique bien avant que Rome ne s'en occupe.
Car Rome s'en est occupée, et c'est là le point qui compte pour nous. Benoît XIV, en 1754, confirma le patronage de Notre-Dame de Guadalupe sur la Nouvelle-Espagne et lui accorda messe et office propres — c'est de cette messe que viennent le verset et la collecte de la neuvaine. Léon XIII fit couronner l'image en 1895, saint Pie X la nomma patronne de l'Amérique latine, Pie XI de toutes les Amériques, et Pie XII, en 1945, l'appela « Reine du Mexique et Impératrice des Amériques ». La tilma elle-même, toile d'agave dont la durée normale n'excède pas quelques décennies, est intacte après près de cinq siècles ; le fait est constaté, l'explication n'est pas du ressort de l'historien. Quant au voyant, il fut béatifié le 6 mai 1990 et canonisé le 31 juillet 2002 : ces deux actes sont postérieurs aux livres de 1962, et sa cause fut disputée précisément sur la question historique. Le fidèle attaché au missel de 1962 n'y perd rien — la messe et l'office du 12 décembre, accordés par Benoît XIV en 1754, y figurent au propre, et la neuvaine que voici leur est tout entière antérieure ; on la prie telle quelle, sans rien devoir à ce qui est venu après. Rappel utile, du reste : l'Église, en approuvant un culte, n'impose jamais la foi divine à une apparition privée, fût-elle celle-ci. La neuvaine à Notre-Dame de Lourdes et la neuvaine à Notre-Dame de Fatima posent la même règle.
Questions Fréquentes
Comment faire la neuvaine à Notre-Dame de Guadalupe ?
Neuf jours de suite, une fois par jour, devant une image de la Vierge si possible : signe de croix, acte de contrition, prière du souvenir de Guadalupe, votre intention, quatre Salve Regina, la prière propre au jour, Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire au Père, puis le verset et l'oraison. Tout le texte est donné ci-dessus.
Quand démarrer une neuvaine à Notre-Dame de Guadalupe ?
Traditionnellement le 3 décembre, pour finir le 11 au soir, veille de la fête du 12 décembre. Mais elle se prie en tout temps : commencez le jour où le besoin se présente.
Pourquoi quatre Salve Regina chaque jour ?
En mémoire des quatre apparitions de la Vierge à Juan Diego sur la colline du Tepeyac, entre le 9 et le 12 décembre 1531.
Existe-t-il un texte de la neuvaine à Notre-Dame de Guadalupe en PDF ou à imprimer ?
Oui : le texte intégral figure dans cet article. Utilisez « Imprimer » ou « Enregistrer en PDF » dans votre navigateur pour en obtenir une version papier, ou retrouvez la neuvaine hors ligne dans l'application Iter Fidei.
Peut-on faire cette neuvaine pour une grossesse ou un enfant à naître ?
C'est l'une de ses intentions les plus naturelles. La Vierge du Tepeyac porte le ruban noir des femmes enceintes et s'est montrée à un peuple qui sacrifiait ses enfants ; les mères et les enfants à naître sont son domaine propre. On peut y joindre la prière de la femme enceinte.
Le récit des apparitions est-il historiquement certain ?
Le culte est ancien et solidement attesté ; le récit détaillé, lui, repose sur le Nican Mopohua, publié en 1649, et les documents de 1531 font défaut. Des historiens catholiques en ont sérieusement discuté. L'Église a approuvé le culte, non imposé la foi à une révélation privée : croire à Guadalupe est légitime et bon, ce n'est pas un article du Credo.
Cette neuvaine est-elle celle de Guadalupe Ortiz de Landázuri ?
Non : ce sont deux dévotions distinctes. Guadalupe Ortiz de Landázuri (1916-1975), chimiste espagnole de l'Opus Dei, a été béatifiée le 18 mai 2019 — bien après les livres de 1962 — et porte ce prénom en l'honneur de la Vierge. La présente neuvaine s'adresse à Notre-Dame de Guadalupe elle-même, fêtée le 12 décembre.
Une neuvaine garantit-elle d'obtenir ce qu'on demande ?
Non. Elle n'est pas une formule : c'est une prière humble et persévérante qui nous dispose à recevoir ce que Dieu, par Marie, juge bon pour nous. Le premier fruit du Tepeyac fut toujours la conversion — celle d'un peuple, puis celle d'un cœur. Voir qu'est-ce qu'une neuvaine.
Dans l'application Iter Fidei, retrouvez la neuvaine à Notre-Dame de Guadalupe jour après jour, avec rappels et audio, le chapelet et les prières selon les livres de 1962, même hors ligne. Téléchargez-la ici.
Sources. Sainte Écriture, traduction de l'abbé Fillion (Ap 12, 1 ; Ps 147, 20) ; Missel romain, messe de Notre-Dame de Guadalupe accordée par Benoît XIV (1754), verset et collecte ; Martyrologe romain, 12 décembre ; Nican Mopohua, relation traditionnelle des apparitions du Tepeyac ; Butler's Lives of the Saints ; neuvaine traditionnelle guadalupéenne, selon les manuels de piété catholiques traditionnels ; Catéchisme du concile de Trente, sur l'invocation des saints.