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Le « patriarche saint » élevé aux autels : Elias Hoyek, pasteur du Liban
Le patriarche maronite Elias Hoyek, le « patriarche saint », est élevé aux autels ; nous mesurons sa vie à l'idéal du bon pasteur.

Au Liban, le patriarche maronite Elias Pierre Hoyek a été élevé aux honneurs des autels, samedi 25 juillet, à la résidence patriarcale d'été de Dimane. Surnommé de son vivant le « patriarche saint », il conduisit son Église et son peuple à travers la guerre et la famine du siècle passé, père d'une nation autant que pasteur d'un troupeau.
L'Église a toujours honoré ses saints, et d'abord ses pasteurs : « Louons ces hommes illustres, nos pères, dont nous sommes la race. » Car le pasteur selon Dieu n'est pas un fonctionnaire du sacré, mais un père : « Je vous donnerai des pasteurs selon Mon cœur, qui vous paîtront avec science et doctrine. » Nourrir son peuple de la vérité et le défendre dans l'épreuve, jusqu'à s'oublier soi-même : voilà la sainteté d'un évêque, et la mesure à laquelle l'Église élève les siens sur les autels.
Mesurée à cette règle, la nouvelle est une joie et un rappel. Une joie : un pasteur qui garda son troupeau debout sous la famine et la persécution reçoit enfin l'honneur que le monde refuse à ceux qui servent sans se vendre. Un rappel : à l'heure où l'on voudrait une Église sans héros et un calendrier sans saints, l'Église montre du doigt un homme et dit : imitez-le. Honorer les saints n'est pas un culte de nostalgie ; c'est confesser que la grâce fait encore des pères, et que la sainteté demeure possible — même sur un siège patriarcal, même dans un siècle de sang.
Sources. Ecclésiastique, XLIV, 1 ; Livre de Jérémie, III, 15 ; Catéchisme du Concile de Trente (1566), sur le culte et l'invocation des saints.