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Getafe ferme l'unique communauté des Hermanos del Amor Misericordioso
Le 15 septembre 2026, le diocèse de Getafe met fin à l'unique communauté masculine des « Hermanos del Amor Misericordioso », un mois et demi après la dissolution de la branche féminine visée par des accusations d'abus.

Le 15 septembre 2026, l'évêque de Getafe a mis fin à l'unique communauté des « Hermanos del Amor Misericordioso », la branche masculine rattachée aux Hijas del Amor Misericordioso. La maison de formation, canoniquement érigée par le diocèse et où vivaient ensemble une trentaine d'hommes, est dissoute : sept prêtres, dont cinq incardinés à Getafe, deux diacres et une vingtaine de séminaristes. Accompagné depuis 2008 en vue d'une éventuelle constitution comme famille religieuse, le groupe ne poursuivra pas ce chemin en commun.
La mesure suit d'environ un mois et demi la dissolution de l'association publique féminine, prononcée par l'archevêque de Madrid sur fond d'accusations d'abus de pouvoir, de conscience et sexuels. Cette entité féminine, dirigée par María de la Milagrosa Pérez Caballero, avait été examinée par le Tribunal de la Rote. Dès le mois de mars 2026, l'évêque de Getafe avait suspendu l'entrée de nouveaux séminaristes et interdit les ordinations, pour corriger le style de vie et les pratiques de ce groupe. Aucune accusation d'abus ne vise directement la branche masculine.
La vie religieuse, profession publique des conseils évangéliques de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, est un état plus parfait que l'Église a toujours tenu en haute estime. Mais elle n'a jamais laissé une famille de vie consacrée naître du seul élan privé : l'Église en éprouve l'esprit dans la durée, et c'est son jugement, non l'enthousiasme des fondateurs, qui donne l'être à un institut. L'obéissance, de même, se rend à Dieu par les supérieurs légitimes et dans les bornes du droit ; là où un supérieur ploie les consciences vers lui-même et exige la soumission de l'homme intérieur, ce n'est plus l'obéissance mais sa contrefaçon, et une faute grave contre les âmes. Le Seigneur a réservé la meule au cou de qui scandalise les petits.
Le diocèse présente sa décision comme une réorientation, non comme une condamnation. Le discernement sur une éventuelle vocation à la vie religieuse, écrit l'évêché, « devra se faire de manière personnelle et individuelle » ; la mesure « ne suppose pas un jugement négatif sur l'authenticité du désir » manifesté par les intéressés de vivre une vocation religieuse, afin que chacun discerne « la forme concrète par laquelle le Seigneur l'appelle » à vivre les conseils, la vie fraternelle en communauté et une règle de vie stable.
D'autres lectures y voient une dissolution pure et simple. Les faits, eux, ne sont pas en litige : la maison commune est fermée. Les séminaristes peuvent demeurer dans leurs séminaires ou rejoindre « un institut de vie religieuse ou une autre forme de vie consacrée légitimement reconnue par l'Église » ; les ordonnés poursuivent les ministères qui leur sont confiés dans le diocèse, des prêtres du groupe restant à la tête de deux paroisses du sud de Madrid, comme prêtres diocésains.
Sources. Catéchisme du Concile de Trente (1566), du quatrième commandement, sur l'obéissance due aux supérieurs légitimes et ses justes limites ; Évangile selon saint Matthieu, XVIII, 6, sur le scandale des petits.