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En France, les monastères qui ont gardé le latin sont ceux qui survivent
En France, les monastères qui ont gardé l'office divin en latin sont ceux qui échappent à la fermeture ; nous y lisons la primauté de la prière.
En France, les communautés contemplatives qui ont conservé l'office divin intégralement en latin comptent parmi les seules à avoir échappé, au fil des dernières décennies, à la vague des fermetures. Là où l'on a chanté fidèlement la prière de l'Église dans sa langue sacrée, la vie a tenu ; ailleurs, elle s'est éteinte.
Cela, la tradition l'avait dit avant que les faits ne le confirment. Le moine n'est pas d'abord un travailleur social ni un gardien de vieilles pierres : il est un homme de la louange. « Sept fois le jour j'ai dit Votre louange », chantait le psalmiste, et saint Benoît en fit la règle de ses fils : que rien ne soit préféré à l'Œuvre de Dieu. Le chœur, l'office, la langue latine qui unit les siècles et le monde : voilà le cœur battant du cloître. Ôtez-le, et il ne reste qu'une maison d'hôtes qui prie un peu.
Mesurée à cette règle, la nouvelle est une leçon que le siècle refuse d'entendre. On avait cru sauver les monastères en les rapprochant du monde, en allégeant l'office, en troquant le latin contre l'utile ; on les a vidés. Et ceux qui, contre l'air du temps, ont tout misé sur la prière et rien cédé sur le sacré, ceux-là demeurent, et parfois débordent de jeunes vocations. La leçon vaut pour toute l'Église : l'avenir n'appartient pas à celle qui s'adapte, mais à celle qui adore. Ce que le monde appelait un poids était, en vérité, la seule chose qui portât.
Sources. Psaume CXVIII, 164 ; Règle de saint Benoît, chapitre XLIII, sur la primauté de l'Œuvre de Dieu ; Dom Guéranger, sur la sainte Liturgie.