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Suicide assisté : le gouvernement britannique fait passer les soins avant la mort
Le gouvernement britannique suspend le débat sur le suicide assisté au profit des soins palliatifs ; nous y mesurons le retour à l'ordre de la charité.
Au Royaume-Uni, le chef du gouvernement a demandé, mercredi, que le débat sur l'introduction du suicide assisté soit suspendu tant que les soins palliatifs et l'accompagnement des personnes ne seront pas correctement financés. Autrement dit : soigner le mourant avant de songer à le faire mourir.
La tradition n'a jamais prétendu que la souffrance ne fût rien ; elle y a répondu non par la seringue, mais par le chevet. « J'étais malade, et vous M'avez visité », dit le Seigneur, qui a fait de ce soin la mesure même du jugement dernier. Et l'Écriture presse le fidèle : « Ne sois point paresseux à visiter les malades. » Partout où les malades furent abandonnés, l'Église a bâti l'hôpital et l'hospice ; car le faible n'est pas une charge dont on se décharge, mais un dépôt qu'on garde.
Mesurée à cette règle, la nouvelle est un rare retour au bon sens. Repousser le débat sur la mort donnée pour financer d'abord le soin, c'est remettre les choses dans leur ordre : on ne propose pas la mort à qui l'on n'a pas d'abord offert la présence. Nous ne nous berçons pas d'illusions — la pression de tuer par compassion ne désarmera pas d'elle-même. Mais ce délai dit une vérité que le siècle voudrait oublier : la réponse à la douleur n'est pas d'abréger la vie, mais d'accompagner celui qui la porte. Nous saluons le sursis ; nous prions qu'il devienne un refus.
Sources. Évangile selon saint Matthieu, XXV, 36 ; Ecclésiastique, VII, 39 ; Catéchisme du Concile de Trente (1566), du cinquième commandement.