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« Mourir par don d'organes » : quand l'euthanasie devient une récolte
Des médecins proposent de tuer les candidats à l'euthanasie par le prélèvement de leurs organes ; nous mesurons cet acte au cinquième commandement.
Au Canada, des médecins proposent de mettre à mort par le prélèvement même de leurs organes les personnes qui ont demandé l'euthanasie. Il s'agit d'abandonner la règle qui interdisait de retirer les organes vitaux avant la mort : désormais, l'ablation elle-même donnerait la mort. On appelle cela « mourir par don d'organes ».
La loi de Dieu ne souffre ici aucune exception : « Vous ne tuerez point. » Ce commandement lie la main compatissante autant que la main haineuse, et le consentement de la victime n'y change rien, car nul homme n'est propriétaire de sa vie au point de la livrer au couteau. La tradition ajoute une règle que rien n'abroge : on ne fait jamais le mal afin qu'il en arrive du bien ; de ceux qui l'osent, l'Écriture dit : « Leur condamnation est juste. » L'innocent ne peut être tué directement, pour aucune fin — fût-ce pour sauver d'autres vies.
Mesurée à cette règle, la proposition n'est que le terme logique de l'euthanasie : une fois la vie déclarée disponible, elle devient une ressource, et le mourant, une récolte. Nous nommons l'acte : ouvrir un homme vivant et lui prendre le cœur est un homicide, quand bien même il y consent et quand bien même d'autres en vivraient. Le médecin qui tue cesse d'être médecin ; il devient l'exécuteur d'une charité qui a perdu la tête. On ne mesure pas le prix d'un homme à ce qu'il rapporte une fois mort.
Sources. Exode, XX, 13, du cinquième commandement ; Épître aux Romains, III, 8 ; Catéchisme du Concile de Trente (1566), du cinquième commandement, sur le meurtre de l'innocent.