Les Psaumes
Psaume 118 : texte complet et signification (psaume 117 de la Vulgate)
Le psaume 118 que vous cherchez est le psaume 117 de la Vulgate, le Confitemini Domino, chant pascal de l'Église. Texte intégral dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate, sens traditionnel, usage liturgique de 1962 et versets 6, 8, 17 et 24 expliqués.

Le psaume 118 est le grand chant d'action de grâces du Psautier : « Célébrez le Seigneur, car il est bon, car sa miséricorde est éternelle. » C'est le psaume de la pierre rejetée devenue pierre angulaire, le psaume que la liturgie fait retentir au matin de Pâques, et celui dont Notre-Seigneur lui-même a cité les versets. Dans la numérotation traditionnelle de l'Église — celle de la Vulgate latine — il porte le numéro 117.
Psaume 118 ou psaume 117 ? La double numérotation
Le psaume que l'on cherche en tapant « psaume 118 » est, dans la Bible hébraïque et dans la plupart des bibles modernes, le cent dix-huitième du Psautier. Mais la Vulgate latine de saint Jérôme, comme la Septante grecque avant elle, le compte comme psaume 117. Ce n'est ni une erreur ni une contradiction : les deux traditions groupent différemment certains psaumes du début du Psautier, d'où un décalage d'une unité sur presque tout le livre.
Donc : psaume 118 (numérotation hébraïque) = psaume 117 (numérotation de la Vulgate). C'est le même psaume, celui qui commence en latin par Confitemini Domino quoniam bonus. Nous suivons ici la traduction de l'abbé Fillion (1895), faite sur la Vulgate, tout en adoptant la numérotation hébraïque avec son équivalence : Psaume 118 (Vulg. 117). Attention à ne pas le confondre avec le psaume 118 de la Vulgate, qui est le très long Beati immaculati (psaume 119 hébreu) : deux psaumes voisins, deux numéros, un seul décalage. Nous expliquons ce système en détail dans notre article sur les psaumes.
Le texte complet du psaume 118 (traduction de l'abbé Fillion)
Voici le psaume dans son intégralité, selon la traduction de l'abbé Fillion (1895), faite sur la Vulgate.
Psaume 118 (Vulg. 117)
Alleluia. Célébrez le Seigneur, parce qu'Il est bon, parce que Sa miséricorde est éternelle.
Qu'Israël dise maintenant qu'Il est bon, et que Sa miséricorde est éternelle.
Que la maison d'Aaron dise maintenant que Sa miséricorde est éternelle.
Que ceux qui craignent le Seigneur disent maintenant que Sa miséricorde est éternelle.
Du sein de la tribulation j'ai invoqué le Seigneur, et le Seigneur m'a exaucé et mis au large.
Le Seigneur est mon secours ; je ne craindrai pas ce que l'homme pourra me faire.
Le Seigneur est mon secours, et je mépriserai mes ennemis.
Il vaut mieux se confier au Seigneur que de se confier dans l'homme.
Il vaut mieux espérer au Seigneur, plutôt que d'espérer dans les princes.
Toutes les nations m'ont entouré, et au Nom du Seigneur je me suis vengé d'elles.
Elles m'ont environné et assiégé, et au Nom du Seigneur je me suis vengé d'elles.
Elles m'ont environné comme des abeilles, et elles se sont embrasées comme un feu d'épines ; et au Nom du Seigneur je me suis vengé d'elles.
J'ai été poussé, heurté et prêt à tomber, et le Seigneur m'a soutenu.
Le Seigneur est ma force et ma gloire, et Il S'est fait mon salut.
Le cri de l'allégresse et de la délivrance retentit dans les tentes des justes.
La droite du Seigneur a fait éclater Sa puissance, la droite du Seigneur m'a exalté ; la droite du Seigneur a fait éclater Sa puissance.
Je ne mourrai point, mais je vivrai, et je raconterai les œuvres du Seigneur.
Le Seigneur m'a rudement châtié, mais Il ne m'a pas livré à la mort.
Ouvrez-moi les portes de la justice, afin que j'y entre et que je célèbre le Seigneur.
C'est là la porte du Seigneur, et les justes entreront par elle.
Je Vous rendrai grâces de ce que Vous m'avez exaucé, et que Vous Vous êtes fait mon salut.
La pierre rejetée par ceux qui bâtissaient est devenue la pierre angulaire.
C'est le Seigneur qui a fait cela, et c'est une chose merveilleuse à nos yeux.
Voici le jour que le Seigneur a fait ; passons-le dans l'allégresse et dans la joie.
O Seigneur, sauvez-moi ; ô Seigneur, faites-nous prospérer.
Béni soit celui qui vient au Nom du Seigneur. Nous Vous bénissons de la maison du Seigneur.
Le Seigneur est Dieu, et Il a fait briller sur nous Sa lumière. Rendez ce jour solennel en couvrant tout de feuillage, jusqu'à la corne de l'autel.
Vous êtes mon Dieu, et je Vous célébrerai ; Vous êtes mon Dieu, et je Vous exalterai. Je Vous célébrerai parce que Vous m'avez exaucé, et que Vous Vous êtes fait mon salut.
Louez le Seigneur, parce qu'Il est bon, parce que Sa miséricorde est éternelle.
Le sens traditionnel : le psaume de la Résurrection
Le psaume 118 clôt le Hallel, cette suite de psaumes (113 à 118 en numérotation hébraïque) que les Juifs chantaient aux grandes fêtes, et particulièrement au repas pascal. Quand l'Évangile rapporte qu'après la Cène Notre-Seigneur et les Apôtres sortirent vers le mont des Oliviers « après le chant de l'hymne » (Matthieu 26, 30), la tradition y reconnaît le Hallel : le Christ a chanté ce psaume la nuit même de sa Passion.
Il l'avait déjà cité en face de ses adversaires. Le verset 22 — « la pierre rejetée par ceux qui bâtissaient est devenue la pierre angulaire » — est repris par le Christ lui-même à l'issue de la parabole des vignerons homicides (Matthieu 21, 42), puis par saint Pierre devant le Sanhédrin (Actes 4, 11). La pierre rejetée, c'est le Christ, rejeté par les chefs de son peuple, crucifié, et devenu par sa Résurrection le fondement de l'édifice entier. Saint Augustin, commentant ce psaume dans ses Enarrationes in Psalmos, voit dans cette pierre d'angle le Christ qui unit en lui les deux murs, Israël et les nations, en un seul édifice.
Le verset 26 — « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » — est le cri de la foule au dimanche des Rameaux (Matthieu 21, 9), et l'Église le redit à chaque messe dans le Benedictus qui venit du Sanctus. Le verset 24 — « Voici le jour que le Seigneur a fait » — est pour la tradition le jour par excellence : celui de la Résurrection. Ce psaume rejoint ainsi le psaume 22, que le Christ a prononcé sur la Croix : l'un chante la Passion, l'autre le triomphe qui la suit.
Le psaume 118 dans la liturgie traditionnelle
Dans le bréviaire romain issu de la réforme du psautier de saint Pie X (1911), en vigueur dans l'office de 1962, le psaume 117 de la Vulgate est chanté à Prime du dimanche : chaque semaine commence par ce chant d'action de grâces. Ceux qui récitent le bréviaire le retrouvent donc fidèlement au premier jour de la semaine, le jour de la Résurrection. Aux mêmes petites heures se répartissent, tout au long de la semaine, les strophes du grand psaume 119, le chant de la loi de Dieu.
Mais son heure de gloire est Pâques. Le graduel de la messe du jour de Pâques est tiré de ce psaume : Haec dies quam fecit Dominus ; exsultemus et laetemur in ea — « Voici le jour que le Seigneur a fait ; livrons-nous à l'allégresse et à la joie » —, avec pour verset le premier du psaume, Confitemini Domino quoniam bonus. Dom Guéranger, dans L'Année liturgique, montre l'Église reprenant ce Haec dies tout au long de l'octave pascale, comme si un seul et même jour durait huit jours. Le même psaume ouvre déjà la Semaine Sainte : à la procession des Rameaux, l'Église chante le Benedictus qui venit de son verset 26. Et à chaque messe traditionnelle, le Sanctus redit ces mêmes paroles avant le Canon.
Les versets les plus cités du psaume 118
Certains versets de ce psaume sont cherchés et médités pour eux-mêmes. Voici les principaux, dans le texte de l'abbé Fillion.
Psaume 118, 6 — Le Seigneur est pour moi, je ne crains rien
« Le Seigneur est pour moi, je ne crains rien : que peuvent me faire des hommes ? » C'est l'acte de confiance du juste persécuté. L'Épître aux Hébreux (13, 6) reprend ce verset pour les chrétiens : si Dieu est pour nous, la crainte des hommes n'a plus de fondement. Ce verset se médite avec profit à côté du psaume 91, le grand psaume de la protection divine. La même confiance du juste anime le psaume 4, la prière du soir de l'Église, qui s'endort en paix sous la seule garde de Dieu.
Psaume 118, 8 — Mieux vaut chercher un refuge dans le Seigneur
« Mieux vaut chercher un refuge dans le Seigneur, que de se confier aux hommes. » Le verset suivant étend la leçon aux princes, c'est-à-dire aux puissants de ce monde. La doctrine est celle de toute l'Écriture : l'appui des créatures passe, celui de Dieu ne passe pas. C'est le fondement de l'espérance chrétienne telle que la définit le Catéchisme de saint Pie X : attendre de Dieu, appuyés sur ses promesses, la vie éternelle et les grâces pour la mériter. Le même choix — Dieu plutôt que les hommes — anime le cri de l'exilé du psaume 120, qui remet sa cause à Dieu contre les langues perfides.
Psaume 118, 11 — Elles m'environnaient et m'enveloppaient
« Elles m'environnaient et m'enveloppaient : au nom du Seigneur, je les taille en pièces. » Le psalmiste est cerné de toutes parts par les nations ennemies — comme des abeilles, dit le verset suivant — et la victoire ne vient pas de ses forces, mais du nom de Dieu invoqué. La tradition y lit l'image de l'âme assiégée par les tentations, victorieuse par la seule grâce.
Psaume 118, 17 — Je ne mourrai pas, je vivrai
« Je ne mourrai pas, je vivrai, et je raconterai les œuvres du Seigneur. » Sur les lèvres du Christ, ce verset annonce la Résurrection ; sur les nôtres, il confesse que le châtiment de Dieu corrige sans détruire — « Le Seigneur m'a durement châtié, mais il ne m'a pas livré à la mort » — et que la vie reçue doit se faire louange. C'est le même passage de la mort à la vie que célèbre le psaume 116, l'action de grâces de l'homme arraché au schéol.
Psaume 118, 24 — Voici le jour que le Seigneur a fait
« Voici le jour que le Seigneur a fait ; livrons-nous à l'allégresse et à la joie. » C'est le verset pascal par excellence, le Haec dies du graduel de Pâques. Le jour que Dieu a fait, c'est pour l'Église le dimanche de la Résurrection, et à travers lui chaque dimanche, jour du Seigneur.
Comment prier le psaume 118
Ce psaume est une action de grâces : il se prie d'abord pour remercier. Après une épreuve traversée, une grâce reçue, une confession qui a rendu la paix, il donne les mots exacts de la gratitude — « du sein de ma détresse j'ai invoqué le Seigneur : le Seigneur m'a exaucé et m'a mis au large. »
Il se prie aussi le dimanche, en union avec l'office de Prime, pour commencer la semaine par le mémorial de la Résurrection. Au temps pascal, il est le psaume propre du temps : le redire chaque jour de l'octave, c'est prier avec la liturgie elle-même. Et dans l'épreuve présente, ses versets centraux — le verset 6, le verset 8, le verset 17 — sont des armes courtes que l'on retient par cœur et que l'on oppose à la crainte. On le termine, selon l'usage de l'Église, par le Gloria Patri.
Questions Fréquentes
Le psaume 118 et le psaume 117, est-ce le même psaume ?
Oui. Le psaume 118 de la numérotation hébraïque est le psaume 117 de la Vulgate latine et de la Septante, le Confitemini Domino quoniam bonus. Le décalage vient d'un groupement différent de certains psaumes au début du Psautier.
Que dit le psaume 118, verset 8 ?
Dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate : « Il vaut mieux se confier au Seigneur que de se confier dans l'homme. » Le verset 9 prolonge : mieux vaut se réfugier en Dieu que de se confier aux princes. C'est la charte de la confiance chrétienne.
Le psaume 118 existe-t-il dans la version Louis Segond ?
Oui, sous le même numéro 118, car la Bible Segond, protestante, suit la numérotation hébraïque. Le contenu est le même psaume. Pour un catholique, nous citons ici la traduction de l'abbé Fillion (1895), faite sur la Vulgate.
Quand l'Église chante-t-elle le psaume 118 ?
À Prime du dimanche dans le bréviaire romain traditionnel, et surtout à Pâques : le graduel Haec dies de la messe pascale, répété toute l'octave, est tiré de ses versets 24 et 1. Son verset 26, Benedictus qui venit, revient à chaque messe dans le Sanctus.
Jésus a-t-il cité le psaume 118 ?
Oui. Il s'applique à lui-même le verset 22, la pierre rejetée devenue pierre angulaire (Matthieu 21, 42), et la foule des Rameaux l'acclame avec le verset 26, « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » (Matthieu 21, 9). Après la Cène, l'hymne chantée avant de sortir vers le mont des Oliviers était, selon l'usage juif, le Hallel, qui s'achève par ce psaume.
Qui a écrit le psaume 118 ?
Le psaume ne porte pas de titre d'auteur dans le texte hébreu. La tradition le rattache au retour de l'exil et au culte du Temple, et l'Église le lit comme l'œuvre de l'Esprit Saint, véritable auteur de toute l'Écriture, annonçant le Messie rejeté puis triomphant.
L'application Iter Fidei donne les psaumes dans la traduction de l'abbé Fillion, les prières traditionnelles, le calendrier liturgique de 1962 et l'audio pour prier. Télécharger ici.
Sources. Psaume 118 (Vulg. 117) : La Sainte Bible, traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate. Citation du verset 22 par Notre-Seigneur : Évangile selon saint Matthieu 21, 42 ; par saint Pierre : Actes des Apôtres 4, 11 ; acclamation des Rameaux : Matthieu 21, 9 ; l'hymne après la Cène : Matthieu 26, 30 ; reprise du verset 6 : Épître aux Hébreux 13, 6 (Fillion). Commentaire de la pierre angulaire : saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, sur le psaume 117. Le graduel Haec dies et l'octave de Pâques : Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique, Le Temps pascal. Usage à Prime du dimanche : Breviarium Romanum, psautier de saint Pie X (1911). Doctrine de l'espérance : Catéchisme de saint Pie X.