Les Psaumes
Psaume 138 : je te loue de tout mon cœur (Psaume 137 de la Vulgate)
Le psaume 138 que vous cherchez est le psaume 137 de la Vulgate, le Confitebor tibi Domine, l'action de grâces de David chantée aux vêpres du vendredi. Texte intégral selon Fillion, sens traditionnel et manière de le prier.

Le psaume 138 que vous cherchez porte, dans la numérotation traditionnelle de l'Église, le numéro 137 : c'est le Confitebor tibi Domine, l'action de grâces de David qui s'ouvre par « Je veux te louer de tout mon cœur ». L'Église le chante chaque semaine aux vêpres du vendredi. En voici le texte intégral selon la traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate, sa double numérotation expliquée, son sens traditionnel et la manière de le prier.
Psaume 138 ou psaume 137 ? La double numérotation
Le psaume que l'on trouve sous le numéro 138 dans la plupart des bibles modernes est, dans la numérotation de la Vulgate latine de saint Jérôme, le psaume 137. Il ne s'agit ni d'une erreur ni d'une contradiction : deux manières de compter les psaumes coexistent depuis l'Antiquité.
La numérotation de la Vulgate, héritée de la Septante grecque, est celle que l'Église catholique a employée pendant plus de quinze siècles dans sa liturgie, son Bréviaire et les commentaires des Pères. Elle nomme ce psaume le 137, commençant en latin par « Confitebor tibi, Domine, in toto corde meo ». La numérotation hébraïque, plus récente, le compte comme le 138. L'écart vient de la façon de regrouper certains psaumes au début du Psautier.
Ainsi : psaume 138 (numérotation hébraïque) = psaume 137 (numérotation de la Vulgate). C'est le même psaume, la même action de grâces. Nous suivons ici le texte de la traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate, qui donne la double indication. Il tient sa place parmi les psaumes de David, attribué par la tradition au roi David lui-même, comme l'annonce son titre.
Le texte intégral du psaume 138
Nous donnons le texte dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), établie sur la Vulgate Sixto-Clémentine, version catholique française de référence traditionnelle.
Psaume 138 (Vulg. 137)
De David.
Je Vous célébrerai, Seigneur, de tout mon cœur, parce que Vous avez écouté les paroles de ma bouche. Je Vous chanterai des hymnes en présence des Anges ;
j'adorerai dans Votre saint temple, et je célébrerai Votre Nom, à cause de Votre miséricorde et de Votre vérité, car Vous avez glorifié Votre saint Nom au-dessus de tout.
En quelque jour que je Vous invoque, exaucez-moi ; Vous augmenterez la force de mon âme.
Que tous les rois de la terre Vous célèbrent, Seigneur, parce qu'ils ont entendu toutes les paroles de Votre bouche.
Et qu'ils chantent les voies du Seigneur, car la gloire du Seigneur est grande.
Car le Seigneur est très élevé, et Il regarde les choses basses, et de loin Il connaît les choses hautes.
Si je marche au milieu de la tribulation, Vous me rendrez la vie ; Vous avez étendu Votre main contre la fureur de mes ennemis, et Votre droite m'a sauvé.
Le Seigneur me vengera. Seigneur, Votre miséricorde est éternelle ; ne méprisez pas les œuvres de Vos mains.
« Je te loue de tout mon cœur » : le sens traditionnel
Le premier mot latin, Confitebor, gouverne tout le psaume. Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos, rappelle que la confession n'est pas seulement l'aveu du péché : c'est aussi, et d'abord ici, la confession de louange, l'âme qui rend gloire à Dieu de tout son cœur. David ne loue pas du bout des lèvres ; il loue de tout son cœur, sans partage, contre la tiédeur qui dilue la prière.
L'objet de cette action de grâces est double : « ta bonté et ta fidélité », la miséricorde et la vérité de Dieu, qui reviennent comme un refrain dans tout le Psautier. Dieu a tenu sa promesse au jour de la détresse : « Le jour où je t'ai invoqué, tu m'as exaucé. » C'est le cantique de celui qui a prié dans l'angoisse et qui a été entendu ; sa gratitude s'élargit jusqu'à embrasser « tous les rois de la terre », figure de l'Église rassemblée de toutes les nations.
Le verset central donne la loi spirituelle du psaume : « le Seigneur est très élevé, et Il regarde les choses basses, et de loin Il connaît les choses hautes. » Dieu, dans sa hauteur, se penche vers celui qui s'abaisse et tient l'orgueilleux à distance, selon l'enseignement constant de l'Écriture : il résiste aux superbes et donne sa grâce aux humbles.
Une note de traduction éclaire un verset célèbre. Là où l'hébreu porte « en présence des dieux », la Vulgate et toute la liturgie latine chantent « in conspectu Angelorum psallam tibi » — « je te chanterai en présence des anges » —, et c'est cette lecture que suit l'abbé Fillion. La tradition a retenu cette lecture : celui qui prie les psaumes se joint au chœur invisible des anges qui louent Dieu sans fin. Notre prière terrestre n'est jamais solitaire ; elle monte au milieu de la cour céleste.
Le dernier verset, « opera manuum tuarum ne despicias » — « n'abandonne pas l'ouvrage de tes mains » —, est un des grands versets de la persévérance. L'âme demande à Dieu d'achever en elle l'œuvre de grâce qu'il a commencée. « Le Seigneur achèvera ce qu'il a fait pour moi » : ce que Dieu commence, il le mène à terme, si l'homme ne s'y dérobe pas.
Le psaume des vêpres du vendredi
L'Église prie ce psaume chaque semaine. Dans le Bréviaire romain, selon le psautier de saint Pie X suivi par les livres liturgiques de 1962, le psaume 137 se chante aux vêpres du vendredi (feria VI ad Vesperas), aussitôt après le Super flumina Babylonis, le psaume de l'exil. Le rapprochement est éloquent : après la plainte de Babylone vient l'action de grâces de celui qui garde confiance au milieu de l'épreuve. Ces mêmes vêpres du vendredi enchaînent ensuite sur le psaume 139, Dómine probásti me, le grand chant de la science divine, en sorte que la louange de David se prolonge d'un psaume à l'autre.
Les vêpres, prière du soir de l'Office divin, conviennent parfaitement à ce cantique : au déclin du jour, le fidèle fait mémoire des grâces reçues. Chaque psaume de l'Office s'achève par le Gloria Patri, qui rapporte à la Sainte Trinité la louange du psalmiste : ce que David chantait par avance, l'Église le chante en la lumière du Christ.
Quand et comment prier le psaume 138
Ce psaume est par excellence la prière de l'action de grâces. La tradition le prie de préférence en quelques occasions :
- Après une prière exaucée. Quand Dieu a répondu à une supplication, à une guérison, à une délivrance, ce psaume met des mots sur la reconnaissance : « Le jour où je t'ai invoqué, tu m'as exaucé. » Il rejoint alors toute prière de remerciement que le fidèle adresse à Dieu.
- Le soir, avec l'Église. C'est son usage liturgique propre. Le prier aux vêpres, ou simplement à la tombée du jour, unit votre voix à celle de l'Église qui le chante depuis des siècles.
- Dans l'épreuve qui dure. « Si je marche en pleine détresse, tu me rends la vie. » Le psaume ne nie pas la détresse ; il la traverse en tenant ferme la certitude que Dieu achèvera son œuvre.
Priez-le sans hâte, en laissant chaque image se poser. On peut en retenir par cœur le premier verset latin, « Confitebor tibi, Domine, in toto corde meo », pour s'unir à la voix de l'Église de tous les temps. La force du psaume ne tient pas aux mots eux-mêmes, mais à Celui vers qui ils montent.
Questions Fréquentes
Pourquoi le psaume 138 est-il aussi appelé psaume 137 ?
À cause de deux numérotations. La Vulgate latine et la Septante grecque, employées par l'Église pendant plus de quinze siècles, le comptent comme le psaume 137. La numérotation hébraïque, plus récente, le compte comme le 138. C'est le même psaume, le Confitebor tibi Domine.
Qui a écrit le psaume 138 ?
Son titre l'attribue à David, « De David ». C'est la lecture traditionnelle de l'Église. Comme pour tout psaume, l'auteur humain n'est que l'instrument du véritable auteur, l'Esprit Saint, qui a inspiré l'Écriture.
Que signifie « je te chanterai en présence des anges » ?
C'est la lecture de la Vulgate (in conspectu Angelorum), que suit l'abbé Fillion ; l'hébreu, lui, porte « en présence des dieux ». La tradition entend que celui qui loue Dieu se joint au chœur des anges qui le glorifient sans fin ; notre prière s'élève au milieu de la cour céleste.
Quand l'Église prie-t-elle le psaume 138 ?
Dans le Bréviaire romain de 1962, le psaume 137 (numérotation de la Vulgate) se chante aux vêpres du vendredi, après le Super flumina Babylonis. On peut donc le prier le soir, à la suite de l'Église.
Que veut dire « n'abandonne pas l'ouvrage de tes mains » ?
C'est le dernier verset, une demande de persévérance. L'âme prie Dieu d'achever en elle l'œuvre de grâce qu'il a commencée, dans la certitude que « Le Seigneur achèvera ce qu'il a fait pour moi ». Ce que Dieu commence, il le mène à son terme.
Le psaume 138 est-il une prière d'action de grâces ?
Oui. Du premier au dernier verset, il rend grâce à Dieu de sa bonté et de sa fidélité, au jour où il a exaucé la prière. La tradition l'a toujours tenu pour l'un des grands cantiques de reconnaissance du Psautier.
L'application Iter Fidei donne les psaumes, les prières et l'Office divin selon le calendrier de 1962, en français et en latin, avec l'audio pour prier. Télécharger l'application.
Sources. Texte du psaume : La Sainte Bible, traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate Sixto-Clémentine, Psaume 138 (Vulg. 137), versets 1 à 8. Incipit latin et texte liturgique (Confitebor tibi Domine ; in conspectu Angelorum) : Vulgate Clémentine, Psalmus 136 (137). Sens de la confessio comme louange : saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, Ps. 137. Usage aux vêpres du vendredi : Breviarium Romanum, psautier de saint Pie X (Divino afflatu, 1911), feria VI ad Vesperas.