Actualités
Jordanie : des tireurs fauchent un cortège funéraire dans une église de Karak
Deux hommes armés ont ouvert le feu sur un cortège funéraire à l'église grecque-orthodoxe Saint-Georges de Karak, en Jordanie, faisant au moins six à sept morts.

Vendredi 23 octobre 2026, deux hommes armés sont sortis d'un véhicule et ont ouvert le feu sur un cortège funéraire quittant l'église grecque-orthodoxe Saint-Georges, au village de Hammoud, dans le gouvernorat de Karak, au sud de la Jordanie. Entre cent cinquante et deux cents personnes étaient rassemblées, dedans et dehors, pour les obsèques d'une femme : des orthodoxes, des catholiques et des musulmans de la ville. Les tireurs ont visé d'abord ceux qui se tenaient à l'extérieur, puis sont entrés dans l'église, faisant feu durant environ cinq minutes avant de fuir.
Le bilan n'est pas arrêté : la Direction de la sécurité publique fait état d'au moins sept morts et d'une dizaine de blessés, certains grièvement, quand d'autres décomptes donnent au moins six morts et jusqu'à vingt-sept blessés. Plusieurs victimes, âgées pour la plupart de cinquante à soixante-dix ans, se trouvent dans un état critique, et le nombre des morts pourrait s'alourdir. L'identité et le mobile des deux assaillants demeurent inconnus; aucun groupe n'a revendiqué l'attaque, et leur traque est en cours.
La doctrine perenne nomme cet acte sans détour. « Tu ne tueras point », enjoint le cinquième commandement, et le Catéchisme du Concile de Trente range le meurtre volontaire parmi les crimes qui crient vengeance vers le Ciel, plus odieux encore quand il frappe le désarmé et l'innocent. Répandre le sang dans l'enceinte consacrée joint au meurtre la profanation du lieu saint. Ceux qui sont tombés là, réunis autour d'une défunte pour rendre à une chrétienne les derniers devoirs, sont morts dans un acte de charité et de prière. L'Église, qui a de tout temps compté ses martyrs, remet leurs âmes à Dieu, qui garde le sang de ses serviteurs et n'abandonne pas le cri de l'innocent.
Les autorités jordaniennes ont ouvert une enquête et appelé la population à s'en tenir aux canaux officiels. Le roi Abdallah II a promis de répondre « à l'attentat terroriste qui a visé Karak avec les peines les plus sévères », avertissant que « ceux qui s'imaginent, à tort, que les balles de la trahison peuvent diviser le peuple jordanien verront leurs efforts mis en échec par notre unité ». Le gouvernorat de Karak, peuplé d'environ trois cent soixante-quinze mille habitants, abrite une communauté chrétienne ancienne; les chrétiens forment près de trois pour cent des quelque onze millions et demi de Jordaniens. Nous nous unissons au deuil des familles et de cette communauté éprouvée.
Sources. Catéchisme du Concile de Trente (1566), du cinquième commandement « Tu ne tueras point », du péché d'homicide volontaire; Sainte Écriture selon la Vulgate, Apocalypse VI, 9-10, les âmes des égorgés sous l'autel; Deutéronome XXXII, 43, le Seigneur vengera le sang de ses serviteurs.