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Léon XIV à Genazzano : la prière à Notre-Dame du Bon Conseil
En la veille de la Nativité de la Vierge, Léon XIV célèbre la messe au sanctuaire augustinien de Notre-Dame du Bon Conseil, à Genazzano : un acte que la tradition mesure à l'obéissance au Christ.
Le 7 septembre 2026, veille de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie, le pape Léon XIV s'est rendu au sanctuaire augustinien de Notre-Dame du Bon Conseil (Madonna del Buon Consiglio), à Genazzano, à une quarantaine de kilomètres de Rome, pour y présider la messe à dix-huit heures. Le lieu ne lui est pas étranger : deux jours après son élection du 8 mai 2025, c'est là qu'il avait fait, le 10 mai, son premier déplacement public comme pape, son premier pèlerinage marial. Augustinien, Robert Prevost a fréquenté ce sanctuaire durant des décennies : jeune étudiant à Rome au début des années 1980, puis prieur général de son ordre, puis évêque de Chiclayo et cardinal. La province augustinienne de Chicago dans laquelle il est entré est dédiée à Notre-Dame du Bon Conseil.
L'image vénérée y serait apparue de façon prodigieuse sur un mur de l'église en construction le 25 avril 1467 ; les augustiniens en ont la charge depuis 1356, le lieu leur ayant été confié par la famille Colonna. Le recteur de la basilique-sanctuaire, le père Ludovico Centra, a annoncé qu'un tableau représentant Léon XIV en prière devant l'image serait dévoilé lors de la visite, à l'instar de ceux de ses prédécesseurs ; Urbain VIII, Pie IX, Jean XXIII et Jean-Paul II s'y étaient rendus avant lui. Sa dernière venue avant son élection remontait au 25 avril 2024, pour la fête de Notre-Dame du Bon Conseil, où son homélie exhortait les fidèles à œuvrer pour la paix et la réconciliation à l'exemple de Marie.
Ce que l'Église a toujours enseigné
Recourir à la Mère de Dieu, la prier, lui demander conseil et secours, n'est pas une dévotion tardive : c'est la pratique constante de l'Église. Le Catéchisme du Concile de Trente l'expose en traitant de la Salutation angélique : « Ce n'est pas sans raison que la sainte Église a ajouté, à cette action de grâces, des Prières et des invocations à la très sainte Mère de Dieu. Elle veut que nous ayons recours à elle avec une pieuse confiance et une profonde humilité, afin d'obtenir par son intercession que Dieu veuille bien se réconcilier avec nous malgré toutes nos fautes. » Nous devons, ajoute-t-il, « enfants d'Eve exilés dans cette vallée de larmes, invoquer, sans jamais nous lasser, celle qui est la Mère de la miséricorde, l'avocate du peuple fidèle ».
Et le conseil de Marie n'est jamais le sien propre : il renvoie tout entier à son Fils. Aux noces de Cana, elle ne dit qu'une chose aux serviteurs : « Faites tout ce qu'Il vous dira » (Jean, II, 5). C'est là tout le « bon conseil » : non une sagesse humaine, mais l'obéissance au Christ, chez celle dont l'Évangile note qu'elle « conservait toutes ces choses, les repassant dans Son cœur » (Luc, II, 19).
La mesure
Un pape qui s'agenouille devant l'image de la Vierge pour lui confier sa charge fait exactement ce que la tradition prescrit à tout chrétien : invoquer la Mère de miséricorde et l'avocate du peuple fidèle. Sur ce point l'acte est droit, et nous le disons sans réserve : la piété mariale d'un successeur de Pierre, publiquement professée, est un bien, et un exemple.
Reste que la mesure d'une telle visite n'est ni la foule, ni le tableau que l'on dévoile, ni la longue liste des papes qui ont précédé. Elle est dans la seule chose que Notre-Dame du Bon Conseil demande : « Faites tout ce qu'Il vous dira. » Une dévotion qui ramène les âmes à l'obéissance du Christ et à la doctrine reçue est féconde ; celle qui s'arrête à l'image ne l'est pas. Le fidèle retiendra que l'on n'honore vraiment la Mère qu'en faisant la volonté du Fils.
Sources. Catéchisme du Concile de Trente (1566), quatrième partie, De la prière, sur la Salutation angélique. Évangile selon saint Jean, II, 5, et selon saint Luc, II, 19 (Vulgate).