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Rosario Livatino, juge martyr, déclaré patron des magistrats italiens
Le bienheureux Rosario Livatino, juge assassiné par la mafia en 1990 et reconnu martyr, est déclaré patron des magistrats italiens.

Par un décret daté du 7 octobre 2026, le Dicastère pour le Culte divin et la Discipline des sacrements a déclaré le bienheureux Rosario Angelo Livatino, magistrat sicilien tué par la mafia en 1990, patron des magistrats italiens. Un communiqué officiel de la Conférence épiscopale italienne indique que l'épiscopat a soutenu à toutes ses étapes la demande du comité promoteur.
L'Église ne donne pas de patron au hasard. Elle place un métier, un pays, un état de vie sous la protection d'un saint ou d'un bienheureux parce qu'elle tient pour article de foi la communion des saints: ceux qui règnent déjà auprès de Dieu intercèdent pour ceux qui combattent encore sur la terre. Donner un patron à ceux qui jugent, c'est leur rappeler qu'ils jugeront sous le regard d'un Juge plus haut, à qui ils rendront compte de chaque sentence. « Aimez la justice, vous qui jugez la terre » (Sagesse I, 1).
Livatino a été béatifié le 9 mai 2021, l'Église ayant reconnu dans son meurtre l'odium fidei, la haine de la foi; sa première mémoire liturgique est fixée au 29 octobre. La tradition tient pour martyr celui qui souffre la mort, librement acceptée, infligée par haine de la foi ou d'une vertu chrétienne. Tel est le titre auquel il est donné en patron, et que le communiqué attribue à Léon XIV: « premier magistrat de l'histoire reconnu comme martyr ».
Celui qu'on appelait « il giudice ragazzino », le juge gamin, fut tué le 21 septembre 1990 sur la route d'Agrigente, à trente-huit ans, achevé d'un coup de pistolet au visage. Chaque matin, avant d'entrer au tribunal, il priait devant le Saint-Sacrement en l'église San Giuseppe d'Agrigente; sur ses agendas il inscrivait le sigle S.T.D., « Sub tutela Dei », sous la protection de Dieu. Il avait refusé toute escorte, pour ne pas exposer d'autres hommes à mourir à sa place « en laissant veuves et orphelins ».
Le cardinal Matteo Zuppi, archevêque de Bologne et président de la Conférence épiscopale italienne, l'a dit « autentico uomo di legge e fedele servitore dello Stato », capable d'unir dans l'exercice de sa charge « la verità con la carità, la scienza giuridica con l'etica cristiana e l'atto del giudicare con un discernimento illuminato dalla fede e dalla preghiera ».
Un magistrat qui priait avant de juger et mourut sans défense plutôt que d'exposer autrui: l'Église n'a jamais demandé autre chose à ceux qu'elle élève sur ses autels, qu'ils aient porté la mitre ou la robe. Le reste appartient au jugement de Dieu, qui seul lit dans les cœurs.
Sources. Catéchisme du Concile de Trente (1566), sur la communion des saints et l'invocation des saints; le Livre de la Sagesse I, 1 selon la Vulgate; Dom Guéranger, L'Année liturgique, au propre des martyrs.