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Nigéria : un prêtre tué à la machette, une messe prise d'assaut, des fidèles enlevés
Un prêtre tué à la machette, une messe dominicale prise d'assaut et des fidèles enlevés : la violence armée frappe de nouveau l'Église au Nigéria.
Au Nigéria, un prêtre a été assassiné à la machette et une messe dominicale prise d'assaut par des hommes armés, qui ont enlevé plusieurs fidèles. En l'espace de quelques jours, un sanctuaire a été profané en plein Saint Sacrifice, un pasteur tué sur une route, et des séminaristes arrachés aux leurs.
Le dimanche 2 août, vers huit heures et demie, au moins sept hommes armés ont fait irruption pendant la messe dans l'église Saint-Joseph d'Inoyi, à Affa, dans l'État d'Enugu, au sud-est du pays. Après avoir pris plusieurs personnes en otage, ils ont gagné une forêt voisine, tandis que les fidèles fuyaient sous des pluies diluviennes. Un catéchiste a depuis été libéré au cours d'une opération de police ; un séminariste, Lawrence Chidera Igbo, et un paroissien demeurent aux mains des ravisseurs.
À ce drame s'ajoute l'annonce, par le diocèse de Lokoja, de l'assassinat du père Samuel Opeyemi Oyetoro. Son corps, portant des blessures de machette, a été retrouvé sur une route d'Ajaokuta, dans l'État de Kogi, au centre du Nigéria ; découvert dès la fin juillet, le meurtre n'a été confirmé que ces derniers jours. Le jour de sa mort, le prêtre célébrait la messe dans une paroisse voisine, remplaçant un curé absent pour un congé de deux semaines. « Nous confions notre cher prêtre à la miséricorde infinie de Dieu, en le remerciant pour son ministère fidèle, son amour désintéressé et son dévouement inébranlable envers le peuple de Dieu », a déclaré le diocèse dans son communiqué. Le gouverneur de l'État de Kogi, Ahmed Ododo, a qualifié ce meurtre d'« acte atroce et inacceptable ».
Tout n'est pas deuil : un séminariste, Kelvin Ochai, enlevé le 29 juillet à la résidence de l'évêque d'Otukpo, Mgr Michael Ekwoyi Apochi, a réussi à s'échapper le 31 et a retrouvé sa famille sain et sauf. Selon des sources locales, d'autres violences ont frappé le nord-ouest ce même dimanche, dans l'État de Zamfara, où des membres des forces de sécurité ont été tués et de nombreux civils enlevés.
L'Église n'a jamais mesuré de tels crimes à l'aune des rapports de force. « Vous ne tuerez point » : le Catéchisme du Concile de Trente rappelle qu'aussitôt après le déluge, la première défense que Dieu fit aux hommes visait l'homicide, avec cette parole redoutable, « Je demanderai compte de votre sang à quiconque l'aura versé ». Le sang d'un prêtre répandu sur une route, celui des fidèles saisis au pied de l'autel, crient vers ce Dieu qui en demande compte. Et si le Seigneur promet aux pacifiques d'être appelés enfants de Dieu, ceux qui font irruption l'arme au poing dans une église en pleine messe se rangent, eux, parmi les artisans de mort.
Nous ne connaissons pas encore le mobile de ces attaques, et nous ne le devinerons pas à la place de ceux qui l'établiront. Mais nous savons ce que nous devons : prier pour le prêtre tué et sa famille, comme le demande son diocèse, et pour la délivrance de ceux qui demeurent captifs.
Sources. Catéchisme du Concile de Trente (1566), du cinquième commandement « Vous ne tuerez point » ; Genèse IX, 5 ; Évangile selon saint Matthieu, béatitude des pacifiques.