La Bible
Les Rois mages : le récit de la Bible, leurs noms et leurs cadeaux
Les Rois mages venus d'Orient adorer l'Enfant Jésus : le récit de saint Matthieu (chapitre 2, Crampon), leurs noms de tradition Gaspard, Melchior et Balthazar, le sens de l'or, de l'encens et de la myrrhe, et l'étoile qui les conduisit.

Les Rois mages sont les sages venus d'Orient adorer l'Enfant Jésus à Bethléem, conduits par une étoile ; leur histoire est rapportée par saint Matthieu, au chapitre 2 de son Évangile. La tradition en compte trois — Gaspard, Melchior et Balthazar —, d'après les trois présents qu'ils déposèrent aux pieds du Sauveur : l'or, l'encens et la myrrhe. Prémices des nations appelées à la foi, ils sont honorés le jour de l'Épiphanie, le 6 janvier.
Les Rois mages dans la Bible : le récit de saint Matthieu
L'histoire des Rois mages tient tout entière dans le second chapitre de saint Matthieu. « Jésus étant né à Bethléem de Judée, aux jours du roi Hérode, voici que des Mages arrivèrent d'Orient à Jérusalem, disant : Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus l'adorer » (Matthieu 2, 1-2, Crampon).
Le roi Hérode, troublé par cette nouvelle, rassemble les princes des prêtres et les scribes du peuple pour savoir où devait naître le Christ. Ils lui répondent par la prophétie de Michée : c'est à Bethléem de Juda, car de là sortira le chef qui régira Israël (Matthieu 2, 5-6). Hérode envoie alors les Mages vers Bethléem, feignant de vouloir lui aussi adorer l'Enfant. « Ils partirent ; et voici que l'étoile qu'ils avaient vue en Orient allait devant eux, jusqu'à ce que, arrivant au-dessus du lieu où était l'enfant, elle s'arrêta. À la vue de l'étoile, ils se réjouirent d'une grande joie » (Matthieu 2, 9-10).
Le récit atteint son sommet dans l'adoration : « Ils entrèrent dans la maison, trouvèrent l'enfant avec Marie, sa mère, et, se prosternant, ils l'adorèrent ; puis, ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent en présent de l'or, de l'encens et de la myrrhe » (Matthieu 2, 11). Avertis en songe de ne point retourner vers Hérode, les Mages regagnent leur pays par un autre chemin. Tel est le fait rapporté par l'Écriture ; tout le reste — les noms, le nombre, le rang royal — nous vient de la tradition de l'Église, qui a médité ce texte pendant des siècles.
D'où viennent les Rois mages ?
Saint Matthieu les dit venus « d'Orient ». Le mot mage désignait, chez les Perses et les Chaldéens, les hommes voués à l'étude des astres et des choses divines ; ce n'étaient donc ni des rois au sens politique, ni de simples voyageurs, mais des sages des nations païennes que Dieu appela le premier. La tradition les fait venir de Perse, d'Arabie et de Chaldée, et c'est de leur adoration que l'Église a tiré le titre de fête des Rois.
Ce titre royal ne sort pas de nulle part. Il repose sur les prophéties que la liturgie applique à ce jour : « Les rois de Tharsis et des îles lui offriront des présents ; les rois de l'Arabie et de Saba lui apporteront des dons » (Psaume 71, Crampon), et cette parole d'Isaïe : « Ils viendront tous de Saba, apportant l'or et l'encens » (Isaïe 60, 6).
Saint Léon le Grand voit dans les Mages les prémices de la gentilité : en eux, ce sont toutes les nations qui commencent d'être appelées à la foi. Ce qui a été promis à Abraham et manifesté à l'Annonciation s'ouvre ici aux peuples : le Sauveur d'Israël est le Sauveur du monde. Ainsi les deux Testaments se répondent : ce que l'Ancien promettait aux nations, le Nouveau l'accomplit à la crèche.
Les noms des Rois mages : Gaspard, Melchior et Balthazar
L'Évangile ne donne ni le nombre ni les noms des Mages. La tradition occidentale en a fixé trois, d'après les trois présents offerts, et les nomme depuis les premiers siècles Gaspard, Melchior et Balthazar. Ces noms, reçus en Occident, figurent dans les vieux manuscrits latins et se lisent aujourd'hui sur les santons de nos crèches.
À ces noms, la tradition a joint une représentation constante : les trois mages figurent les trois âges de la vie — un jeune homme, un homme mûr, un vieillard — et les trois parts du monde alors connu, l'Europe, l'Asie et l'Afrique — celles que la tradition rattache aux trois fils de Noé sortis de l'arche —, l'un d'eux étant souvent dépeint au visage noir. L'Église a lu dans cette diversité un signe : ce n'est pas une race ni un âge qui vient adorer, mais l'humanité tout entière. Leurs reliques, transférées à Cologne en 1164, y sont vénérées dans la châsse des trois Rois. On tiendra ces détails pour ce qu'ils sont : une tradition pieuse, non un article de foi, mais ancienne et vénérable, qui prolonge fidèlement le texte sacré.
Les trois cadeaux des Rois mages : l'or, l'encens et la myrrhe
Les Pères n'ont pas vu dans les présents des Mages de simples richesses d'Orient, mais une confession de foi. Saint Léon le Grand l'enseigne avec toute la tradition : les Mages offrent l'or au Roi, l'encens à Dieu, la myrrhe à l'homme mortel. Chaque don proclame un mystère du Christ, dès la crèche.
L'or est le tribut dû au roi : il reconnaît dans l'Enfant le Roi des rois, celui dont Isaïe avait annoncé le règne sans fin. L'encens est l'hommage réservé à Dieu seul, que l'on brûle devant lui dans le Temple : il confesse la divinité de l'Enfant. La myrrhe, enfin, résine amère dont on embaumait les morts, annonce la Passion et la sépulture du Sauveur : elle dit que ce Dieu et ce Roi est un homme véritable, né pour mourir. Ainsi les trois cadeaux des Rois mages résument-ils, en trois présents, tout l'Évangile : la royauté, la divinité et la mort rédemptrice du Christ. Le titre même de roi des Juifs que les Mages viennent honorer à la crèche, Ponce Pilate le fera un jour inscrire au sommet de la Croix.
L'étoile qui guide les Rois mages
L'étoile occupe dans le récit une place à part. Les Mages l'ont vue « en Orient » ; elle disparaît lorsqu'ils entrent à Jérusalem interroger Hérode, puis reparaît pour les conduire à Bethléem, où elle s'arrête « au-dessus du lieu où était l'enfant ». Les Pères ont remarqué que cet astre ne se comporte pas comme les étoiles du ciel : il descend, il précède des voyageurs, il s'immobilise sur une maison. Saint Jean Chrysostome en conclut qu'il ne s'agissait pas d'une étoile ordinaire, mais d'une lumière voulue de Dieu pour cette heure, peut-être une puissance angélique sous forme d'étoile.
L'étoile qui guide les Rois mages est ainsi le signe de la grâce qui appelle les nations : elle se retire quand les Mages cherchent auprès des hommes ce qu'ils devaient recevoir de Dieu, et les rend à leur route dès qu'ils repartent vers l'Enfant. Saint Thomas d'Aquin y voit un enseignement : Dieu conduisit ces sages par le langage des astres qu'ils savaient lire, pour les mener à celui qui est la vraie Lumière du monde.
Quand arrivent les Rois mages ?
L'Église fait mémoire de l'arrivée des Mages le jour de l'Épiphanie, le 6 janvier, douze jours après Noël. Après l'Avent qui prépare la venue du Sauveur et Noël qui le montre aux bergers d'Israël, l'Épiphanie le manifeste aux nations en la personne des Rois mages. Le calendrier traditionnel de 1962 maintient la fête à sa date fixe du 6 janvier. À la messe traditionnelle de ce jour, l'Église chante à l'offertoire le psaume des rois qui se prosternent, et proclame par le chant du Noveritis les fêtes mobiles de l'année, à commencer par la date de Pâques.
C'est en ce jour que les santons des Mages rejoignent la crèche de Noël, au terme de leur voyage. C'est en ce jour, aussi, que la France chrétienne « tire les rois » : puisque des rois se sont agenouillés devant le Roi des rois, on partage la galette et celui qui trouve la fève est couronné. La coutume n'a de sens que rattachée à la fête dont elle procède ; l'usage ancien voulait qu'une part fût mise de côté pour le premier pauvre venu, afin que l'aumône couronnât la table.
Questions Fréquentes
Qui sont les rois mages dans la Bible ?
Les Rois mages sont des sages venus d'Orient, rapportés par saint Matthieu au chapitre 2 de son Évangile. Ayant vu se lever l'étoile du roi des Juifs, ils vinrent l'adorer à Bethléem et lui offrirent de l'or, de l'encens et de la myrrhe. L'Évangile ne les nomme pas rois ni ne les compte ; la tradition les honore comme les prémices des nations païennes appelées à la foi.
Comment s'appellent les rois mages ?
La tradition occidentale les nomme depuis les premiers siècles Gaspard, Melchior et Balthazar. Ces noms ne figurent pas dans l'Évangile, qui reste muet sur ce point, mais ils sont reçus dans toute l'Église latine et se lisent sur les santons des crèches.
Quels sont les 3 cadeaux des rois mages ?
Les Rois mages offrirent l'or, l'encens et la myrrhe. Selon la lecture des Pères, transmise par saint Léon le Grand, l'or reconnaît le Roi, l'encens confesse le Dieu, et la myrrhe — dont on embaumait les morts — annonce la Passion de l'homme véritable qu'est le Christ. Les trois présents proclament ainsi la royauté, la divinité et la mort rédemptrice du Sauveur.
Combien y avait-il de rois mages ?
L'Évangile ne donne pas leur nombre. La tradition occidentale en compte trois, d'après les trois présents offerts, et c'est ce chiffre que retiennent l'art chrétien et les crèches. Certaines traditions orientales anciennes en comptaient davantage ; il n'existe en revanche aucune tradition d'un quatrième roi mage.
D'où viennent les rois mages ?
Saint Matthieu les dit venus d'Orient. Le mot mage désignait chez les Perses et les Chaldéens les hommes voués à l'étude des astres ; la tradition les fait venir de Perse, d'Arabie et de Chaldée. Ils représentent les nations païennes, appelées les premières à reconnaître le Sauveur.
Quand arrivent les rois mages ?
L'Église célèbre leur arrivée le 6 janvier, jour de l'Épiphanie, douze jours après Noël. C'est à cette date que le calendrier traditionnel maintient la fête, et c'est ce jour-là que les santons des Mages rejoignent la crèche.
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Sources. Évangile selon saint Matthieu, chapitre 2 (La Sainte Bible, traduction Crampon) ; Isaïe 60, 6 et Psaume 71 (Crampon), prophéties appliquées par la liturgie à l'Épiphanie ; saint Léon le Grand, Sermons pour l'Épiphanie (les prémices des nations, le sens des trois dons) ; saint Jean Chrysostome, Homélies sur saint Matthieu (l'étoile extraordinaire) ; saint Thomas d'Aquin, Somme théologique (l'appel des Mages par l'étoile) ; Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique, Le Temps de Noël (la fête des Rois, les noms et les reliques des Mages) ; Missel romain traditionnel (messe du 6 janvier).