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Argentine : une ex-religieuse déclarée coupable des abus sur les enfants sourds du Próvolo
La Cour suprême de Mendoza a annulé l'acquittement de l'ex-religieuse Kumiko Kosaka et l'a déclarée coupable des abus sexuels commis sur des enfants sourds de l'institut Próvolo.

Le 22 août 2026, la Cour suprême de justice de Mendoza, en Argentine, a annulé l'acquittement prononcé en 2023 en faveur de Kumiko Kosaka, ancienne religieuse, et l'a déclarée coupable de crimes sexuels commis contre des enfants sourds de l'institut Próvolo, à Luján de Cuyo. Japonaise de 51 ans, qui a quitté la vie religieuse après le dépôt des plaintes, elle a été reconnue coupable sur cinq chefs : participation nécessaire aux abus du prêtre Horacio Corbacho pour deux d'entre eux, auteur direct d'abus sexuels simples pour les trois autres. La peine, qui peut atteindre cinquante ans de prison, reste à fixer par un tribunal inférieur.
Le même arrêt a confirmé l'acquittement des huit autres femmes jugées à ses côtés, anciennes directrices et employées de l'institut aujourd'hui fermé. Les faits se sont déroulés entre 2004-2005 et 2016 et furent rendus publics en novembre 2016. En 2019, deux prêtres avaient déjà été condamnés à 42 et 44 ans de prison, un jardinier à 18 ans et un ancien enfant de chœur à 10 ans, pour des violences allant jusqu'au viol d'enfants âgés de 4 à 17 ans. « Pour les victimes, c'est une consécration de la vérité et de la justice à un niveau exceptionnel », a déclaré l'avocat de la partie civile.
Ce que la tradition enseigne
Le Seigneur a réservé aux crimes contre les petits une parole sans appel : « Celui qui scandalisera l'un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on lui suspendît au cou une meule de moulin et qu'on le précipitât au fond de la mer » (saint Matthieu, XVIII, 6). Le péché contre le sixième commandement est déjà, enseigne le Catéchisme du Concile de Trente, une souillure qui exclut du royaume de Dieu ; commis par des personnes consacrées, sur des enfants privés jusqu'à la parole pour appeler au secours, il ajoute à l'impureté la trahison et le sacrilège.
La même tradition enseigne que punir le coupable n'est pas un crime, mais un acte de justice. Le Catéchisme du Concile de Trente, expliquant le cinquième commandement, range parmi ceux qui ne le violent point le magistrat civil à qui est confié le pouvoir de punir : en châtiant les coupables et en protégeant les innocents, il exerce légitimement son office. Le glaive du juge, dit l'Apôtre, ne se porte pas en vain, car il est « ministre de Dieu, vengeur pour manifester sa colère à celui qui fait le mal » (Romains, XIII, 4).
La mesure
Mesuré à cette règle, l'arrêt de Mendoza rend à la vérité son dû. Un tribunal avait d'abord acquitté ; une juridiction supérieure a rétabli la culpabilité. La justice des hommes, lente et faillible, sert ici l'ordre que Dieu lui a confié. Que la peine ne soit pas encore arrêtée ne retire rien au verdict : la coupable est déclarée telle, et le châtiment, qui pourra monter jusqu'à cinquante ans, appartient désormais au juge du fond.
L'habit religieux n'a jamais garanti la sainteté de celui qui le porte, et la tradition n'a jamais confondu l'Église avec les fautes de ses membres. La sainteté de l'Église tient à sa doctrine et à ses sacrements, non à l'impunité de ceux qui les profanent. Rien, dans la foi que nous tenons, n'exige de couvrir le crime ; tout, au contraire, commande de le nommer et de le laisser juger.
Ce qu'il faut en retenir
Le fidèle n'a pas à choisir entre l'amour de l'Église et l'horreur du crime commis en son nom. La tradition tient les deux ensemble : elle maudit le scandale des petits et bénit la justice qui le punit. Devant de tels faits, notre part est la prière pour les victimes, la réparation, et l'attachement d'autant plus ferme à la foi que l'Église a toujours enseignée.
Sources. Évangile selon saint Matthieu, XVIII, 6, et Épître aux Romains, XIII, 4 (Vulgate) ; Catéchisme du Concile de Trente (1566), exposé du cinquième et du sixième commandement.