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Le cardinal Sarah défend la messe traditionnelle et juge les restrictions « ni sages ni respectueuses »
Le cardinal Robert Sarah, ancien préfet du Culte divin, défend la messe traditionnelle et juge « ni sages ni respectueuses » les restrictions imposées à l'ancien rite.

Le cardinal Robert Sarah, ancien préfet du Dicastère pour le Culte divin, a pris publiquement la défense de la messe traditionnelle. Dans un entretien accompagnant la parution de son livre « Le Cantique de l'Agneau : Musique sacrée et liturgie céleste », coécrit avec Peter Cater, il juge que les restrictions imposées à l'ancien rite ne furent « ni sages ni respectueuses » envers Benoît XVI.
Selon ses propos, la libéralisation de la forme extraordinaire par le pape émérite avait exercé une influence positive, « voire la correction d'abus potentiels », sur la célébration de la forme ordinaire, avant d'être « étouffée dans l'œuf » du vivant même de Benoît XVI. « Si un rite ne sert pas la foi, il disparaîtra de lui-même ; si, au contraire, il la préserve et la promeut, ne le restreignons pas, car nous limiterions la préservation et la diffusion de la foi elle-même », déclare le cardinal. Il ajoute que l'on « ne peut pas faire la guerre à ceux qui assistent avec ferveur à la messe simplement parce qu'ils préfèrent une forme de célébration à une autre ».
Ce que l'Église a toujours tenu
Le jugement de l'Église sur ses rites sacrés est ancien et ferme. Réformant le Missel romain à la demande du concile de Trente, saint Pie V l'a fixé et concédé à tout prêtre latin, à perpétuité, par sa bulle « Quo primum » (1570) : ce Missel pourrait être suivi librement et licitement, sans scrupule ni crainte d'aucune peine, « à perpétuité ». Le rite n'est pas une mode que l'autorité façonne à son gré ; il est le vêtement reçu de la foi.
Le concile de Trente lui-même, en sa vingt-deuxième session, a défendu les cérémonies, les ornements et les signes extérieurs de la messe comme des offices de piété, et il a frappé d'anathème quiconque les tiendrait pour des « incitations à l'impiété » plutôt que pour des marques de dévotion. Le Catéchisme du concile de Trente enseigne que ces rites, reçus de la tradition apostolique, environnent le saint Sacrifice de la révérence qui lui est due.
La mesure
Sur ce point, la parole du cardinal rejoint la tradition constante. Un rite qui « préserve et promeut » la foi n'est pas un abus à corriger mais un trésor à garder. La loi de la prière est la loi de la croyance : toucher la première, c'est toucher la seconde. Que la messe romaine ancienne aide le prêtre à mieux célébrer, jusque dans la forme nouvelle, n'est pas une nostalgie ; c'est l'effet propre d'une liturgie tout entière ordonnée à l'adoration.
Il faut néanmoins garder la mesure de ce qui est dit. C'est ici un cardinal qui parle, dans un livre et un entretien : un jugement personnel, si autorisé soit-il, et non un acte de gouvernement. Il ne défait pas les restrictions qu'il critique et n'entend pas se substituer à l'autorité. Nous rapportons son propos, nous le mesurons à « Quo primum » et à Trente, et nous tenons, comme l'Église l'a toujours tenu, que la foi se sert par des rites que l'on protège, non par des rites que l'on rétrécit.
Sources. Bulle « Quo primum tempore » de saint Pie V (14 juillet 1570). Concile de Trente, XXIIᵉ session (1562), Doctrine et canons sur le très saint Sacrifice de la messe, canon 7. Catéchisme du concile de Trente (1566), sur le sacrement de l'Eucharistie.