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Gaza: le curé reste, la catastrophe continue
Le curé de Gaza, le P. Gabriel Romanelli, témoigne au Meeting de Rimini que la catastrophe humanitaire continue mais a disparu des médias du monde.
Le curé de la seule paroisse latine de la bande de Gaza, le P. Gabriel Romanelli, a témoigné au Meeting de Rimini que la catastrophe humanitaire n'a pas pris fin. Elle dure, dit-il, mais elle a quitté le regard du monde. « On ne peut même pas dire que c'est une situation d'après-catastrophe, car la catastrophe continue, sinon qu'elle a disparu des médias mondiaux. » Il décrit une population de 2,3 millions d'âmes « qui a absolument besoin de tout » : les bombardements seraient moins intenses, mais des bombes tomberaient encore, jusqu'au centre-ville. La plupart des habitants vivraient sous des tentes ou dans la rue, sur un sol sablonneux mêlé aux eaux d'égout, sans énergie, luttant chaque jour pour un peu d'eau. « Gaza est détruite. La catastrophe n'est nullement passée. Ici se livre un combat quotidien. »
L'Église n'a jamais tenu la vie du prochain pour une abstraction. Le cinquième commandement ne défend pas seulement de tuer : il oblige à secourir la vie de l'autre, à le nourrir, à l'abreuver, à ne pas le laisser périr quand il est en notre pouvoir de le sauver. Ce sont là les œuvres de miséricorde corporelles que Notre-Seigneur, au jour du jugement, réclamera comme faites à lui-même : « J'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire. » Et le pasteur qui demeure au milieu du péril quand le mercenaire s'enfuit accomplit la parole du Bon Pasteur, qui donne sa vie pour ses brebis.
C'est à cette mesure que se juge ce qui se fait à Gaza. La paroisse fournirait de l'eau potable à plus de 400 familles : l'église s'élève au-dessus d'une source et d'une citerne et pompe l'eau grâce à un générateur, alors que le litre de gazole coûterait 10 euros. Le prêtre affirme être resté, avec d'autres prêtres et des religieuses, pour ne pas abandonner les personnes handicapées, les enfants et les familles.
« Le pasteur doit demeurer avec son troupeau. Nous retenons nos larmes, car c'est le devoir de ceux qui aiment. Telle est la vie dans cette vallée de larmes. » Et il ajoute : « Nous sommes convaincus que la paix est possible et qu'une paix juste est nécessaire. Il est terrible de voir des victimes innocentes des deux côtés. Et tout cela en Terre sainte, où a vécu le Dieu incarné. »
Sources. Catéchisme du Concile de Trente (1566), du cinquième commandement, sur le devoir de secourir la vie du prochain ; Évangile selon saint Matthieu (XXV), des œuvres de miséricorde et du jugement dernier ; Évangile selon saint Jean (X), du Bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis ; antienne « Salve Regina », de cette vallée de larmes.