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Le mémo du FBI contre les catholiques traditionalistes jugé « grave échec »
Un rapport du ministère américain de la Justice juge « grave échec » le mémo du FBI qui classait les catholiques attachés à la messe traditionnelle parmi les menaces potentielles.

Le 28 août 2026, un groupe de travail du ministère américain de la Justice a publié un rapport concluant que la police fédérale n'a pris qu'une « action corrective minimale » après un mémo interne de 2023 présentant les catholiques « traditionalistes radicaux » comme susceptibles de porter des menaces de violence à motivation raciale ou ethnique. Le rapport tranche : « L'histoire jugera à juste titre » ce document comme « un grave échec » du bureau de terrain de Richmond à protéger les libertés du fidèle. Deux ans plus tôt, une revue interne du même ministère avait pourtant conclu à « aucune preuve » de biais religieux chez ses auteurs. Le point reste donc contesté au sein même de l'administration qui l'a produit, et nous le rapportons contesté.
Le mémo distinguait ces « traditionalistes radicaux » des « catholiques traditionalistes » décrits comme ceux qui « préfèrent simplement la messe latine traditionnelle et l'enseignement d'avant Vatican II ». Il nommait un groupe non reconnu canoniquement par l'Église, situé à Richmond dans le New Hampshire. La police fédérale l'a ensuite retiré comme ne répondant pas à ses standards, et son directeur d'alors s'est dit « atterré » devant le Congrès en 2023. Selon le rapport, les agents responsables ont depuis quitté le bureau. Le procureur général a déclaré que les auteurs du document « ne sont plus au ministère » et le directeur actuel a affirmé que « la militarisation ne sera jamais tolérée ».
La mesure de la tradition
L'Église a toujours enseigné que le pouvoir civil et le pouvoir spirituel forment deux sociétés distinctes, chacune souveraine dans son ordre. Léon XIII l'a fixé sans équivoque : « Dieu a partagé le gouvernement du genre humain entre deux pouvoirs, le pouvoir ecclésiastique et le pouvoir civil, préposant l'un aux choses divines, l'autre aux choses humaines. » Le culte rendu à Dieu selon le rite de l'Église relève des choses divines. La puissance civile qui traite l'attachement à ce culte comme un indice de dangerosité sort de son ordre et empiète sur celui de l'Église.
Le mémo se juge à cette aune, et sa propre ligne le condamne : il range l'homme qui « préfère simplement la messe latine traditionnelle » aux abords de la menace violente, faisant de la fidélité au rite ancien un signalement. Ce n'est pas à l'appareil de sécurité d'un État de peser la foi ni de tenir en suspicion une manière de prier. Que la revue interne de 2024 n'ait trouvé « aucune preuve » de biais religieux ne change pas la nature de l'acte : l'État s'est donné pour objet le culte de baptisés. La tradition juge l'acte, non les intentions qu'elle ne peut lire.
Rien de cela n'est nouveau pour l'Église. Le Christ a prévenu les siens : « Vous serez haïs de toutes les nations à cause de mon nom. » Le fidèle attaché à la messe de toujours tient son rang en priant comme l'Église a prié, sans se laisser définir par le soupçon d'un bureau. Il n'y a là ni motif de révolte ni prétexte à replis sectaires, mais la vieille consigne : garder la foi telle que l'Église l'a toujours transmise.
Sources. Léon XIII, encyclique Immortale Dei (1er novembre 1885), sur la constitution chrétienne des États et la distinction des deux pouvoirs ; Évangile selon saint Matthieu 24, 9 (Vulgate) ; Catéchisme du Concile de Trente (1566), du premier commandement, sur le culte dû à Dieu.