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Un tribunal de l'Arizona refuse de contraindre le clergé à trahir la confession
La Cour suprême de l'Arizona a jugé que le clergé ne peut être forcé de révéler ce qu'il apprend en confession — un principe qui protège le sceau catholique.

La Cour suprême de l'Arizona a jugé, à l'unanimité, que des ministres du culte ne peuvent être contraints de révéler ce qu'ils apprennent lors d'une confession, ni tenus de le signaler aux autorités. L'affaire visait des responsables de l'Église mormone, et non le sacrement catholique ; mais son principe protège aussi le sceau de la confession et d'autres communications religieuses tenues pour confidentielles. La Cour a estimé que le Premier Amendement protège le droit d'une institution religieuse à définir qui appartient à son clergé, et interdit aux juges, hors fraude ou collusion à des fins séculières, d'enquêter sur cette désignation.
L'affaire était sordide. Trois enfants poursuivaient l'Église mormone pour n'être pas intervenue : leur père avait avoué à un responsable de cette confession avoir abusé de l'un d'eux. Dans le même État, un projet de loi rejeté cette année aurait puni d'amende et de prison le prêtre qui, apprenant un abus au confessionnal, ne le dénoncerait pas. Un tribunal fédéral de l'État de Washington avait déjà, l'an dernier, invalidé une loi semblable. Un professeur de droit a fait valoir que de telles lois ne font pas reculer les abus, un coupable ne se confessant guère à qui doit le livrer, et il a relevé le préjugé anti-catholique qui perce sous les attaques contre le sceau.
Sur ce point, l'Église n'a jamais hésité, et sa fermeté est plus ancienne que toute constitution. Le prêtre qui entend une confession « tient la place de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et [...] est soumis par les lois les plus sacrées au plus inviolable silence », enseigne le Catéchisme du Concile de Trente. Le fidèle, y lit-on encore, ne doit « craindre en aucune façon que le Prêtre [...] révèle jamais à personne les péchés » qu'il a confessés. Et le concile de Latran, cité par ce même Catéchisme, ne laisse aucune issue : « Que le Prêtre tremble de jamais trahir le pécheur par un mot, par un signe, ou de toute autre manière. »
Voilà la mesure. Le sceau n'est pas un privilège que l'État concède et pourrait reprendre : c'est une loi divine que le prêtre garde même contre l'État, jusqu'à la prison s'il le faut, parce que ce qu'il a entendu, il l'a entendu non comme un homme, mais à la place de Dieu. Un arrêt qui protège le sceau ne le fonde pas ; il reconnaît seulement, pour une fois, ce que l'Église tenait déjà pour absolu.
Reste l'objection, la seule qui compte : et les abusés ? Elle se retourne. Le sceau lie la langue du confesseur au-dehors ; il ne lie pas sa parole au-dedans. Le prêtre peut, et doit, presser le pénitent de se livrer lui-même et de réparer le mal, et lui refuser l'absolution tant qu'il n'y a pas de ferme propos d'amendement. Le secret couvre le péché avoué à Dieu ; il ne couvre pas le crime que le coupable refuse de redresser. On ne rachète pas une âme en brisant le seul lieu du monde où le pire des hommes ose encore dire la vérité.
Sources. Catéchisme du Concile de Trente (1566), du sacrement de Pénitence, de la Confession et de son secret inviolable ; IVe concile de Latran (1215), canon « Omnis utriusque sexus », sur le sceau sacramentel.