Les Psaumes
Psaume 117 : texte complet et sens (psaume 116 de la Vulgate)
Le psaume 117, le plus court du Psautier — « Nations, louez toutes le Seigneur » —, est le psaume 116 de la Vulgate, le Laudate Dominum omnes gentes. Texte intégral en français (Fillion) et en latin, l'alléluia, sens traditionnel et usage liturgique de 1962.

Le psaume 117 est le plus court de tout le Psautier : deux versets, un seul appel — que toutes les nations louent Dieu. « Nations, louez toutes le Seigneur ; peuples, louez-Le tous. » Dans la numérotation traditionnelle de l'Église, celle de la Vulgate latine, il porte le numéro 116 et commence en latin par les mots célèbres Laudate Dominum omnes gentes. Nous en donnons ici le texte complet en français et en latin, son alléluia, son sens et sa place dans la liturgie.
Psaume 117 ou psaume 116 ? La double numérotation
Le psaume que l'on cherche en tapant « psaume 117 » porte, dans la numérotation de la Vulgate latine de saint Jérôme et de la Septante grecque, le numéro 116. Ce n'est ni une erreur ni une contradiction : le découpage de certains psaumes au début du Psautier donne à la numérotation hébraïque une unité d'avance sur celle de la Vulgate.
Donc : psaume 117 (numérotation hébraïque) = psaume 116 (Vulgate et grec). C'est le même psaume, le Laudate Dominum omnes gentes. La traduction française que nous donnons ici est celle de l'abbé Fillion (1895), établie sur la Vulgate ; les bibles qui adoptent la numérotation hébraïque rejoignent le chiffre que vous cherchez et le notent « Psaume 117 (Vulg. CXVI) ». Ce système de double numéro vaut pour tout le Psautier, et nous l'expliquons en détail dans notre article sur les psaumes.
Une confusion mérite d'être levée tout de suite. Dans les livres liturgiques français modernes, le chant de Pâques Rendez grâce au Seigneur, car il est bon est parfois annoncé sous le numéro 117 — parce qu'ils suivent alors la numérotation de la Vulgate. Ce psaume-là n'est pas celui-ci : c'est le Confitemini Domino, que la numérotation hébraïque compte comme le psaume 118. Deux psaumes voisins, un seul décalage.
Le texte complet du psaume 117 (traduction Fillion)
Voici le psaume dans son intégralité, selon la traduction de l'abbé Fillion (1895), établie sur la Vulgate.
Psaume 117 (Vulg. 116)
Alleluia. Nations, louez toutes le Seigneur ; peuples, louez-Le tous.
Car Sa miséricorde a été affermie sur nous, et la vérité du Seigneur demeure éternellement.
Et le même psaume en latin, dans la Vulgate clémentine, tel que l'Église le chante depuis plus de quinze siècles :
Psalmus 116
Laudate Dominum, omnes gentes ; laudate eum, omnes populi.
Quoniam confirmata est super nos misericordia ejus, et veritas Domini manet in æternum. Alleluia.
Ces paroles tiennent en deux lignes, et pourtant elles disent tout : l'appel de tous les peuples à la louange, et le motif de cette louange — la bonté et la fidélité de Dieu, qui ne passent jamais.
« Alléluia » : le sens du plus court des psaumes
Ce psaume s'ouvre, dans le texte de Fillion comme dans la Vulgate, par le mot Alléluia — « Louez le Seigneur ». C'est pourquoi on le cherche souvent sous le nom d'alléluia du psaume 117 : l'acclamation n'est pas ajoutée du dehors, elle est le souffle même de ces deux versets, qui ne sont qu'un cri de louange universelle.
Sa brièveté fait sa grandeur. Commentant ce psaume, saint Augustin s'étonne qu'il soit si court et pourtant si vaste : deux versets pour appeler toutes les nations. Il y lit l'annonce de l'Église catholique, c'est-à-dire universelle, rassemblée de tous les peuples de la terre pour la même louange — le cœur même de ce qu'est le catholicisme. Saint Paul l'avait vu de même : dans son Épître aux Romains (15, 11), il cite précisément ce psaume pour prouver que les païens sont appelés, eux aussi, à glorifier Dieu. En deux versets, le psaume 117 est la charte de l'universalité de l'Église.
Le psaume 117 chanté dans la liturgie de 1962
Ce psaume est avant tout un psaume de louange des Vêpres, l'office du soir de l'Église, dont nous donnons le sens dans notre article sur les Vêpres. Sa brièveté et son thème — la louange de tous les peuples — en ont fait de tout temps l'un des chants favoris des processions et du salut du Saint-Sacrement, où l'assemblée reprend le Laudate Dominum omnes gentes devant l'Hostie exposée, en pleine adoration eucharistique.
On le chante selon les tons du plain-chant grégorien, sur une simple psalmodie encadrée d'une antienne. C'est là sa vraie « partition » : non pas une mélodie d'auteur, mais le ton psalmique de l'Église, que la voix la plus humble peut porter. Chanté ainsi, en latin, le psaume 117 unit celui qui le prie à la voix de toute l'Église.
Quand et comment prier le psaume 117
Ce psaume convient à tout moment de louange, mais la Tradition en suggère quelques-uns.
- Le soir, à l'heure des Vêpres. C'est son usage liturgique propre. Le redire au terme du jour, c'est rendre grâce pour la bonté reçue et confesser que la fidélité de Dieu « subsiste à jamais ».
- En action de grâces. Après une grâce obtenue, une épreuve traversée, il donne les mots les plus justes de la reconnaissance. Il se prie bien à la suite d'un autre grand psaume de louange, le psaume 100, « Acclamez le Seigneur, toute la terre », ou après l'action de grâces plus longue du psaume 116, le chant de l'homme délivré de la mort.
- Pour la conversion des nations. Puisqu'il appelle tous les peuples à Dieu, il est la prière de la mission : le dire, c'est demander que le nom du Seigneur soit loué là où il ne l'est pas encore.
On le termine, selon l'usage de l'Église, par le Gloria Patri, qui prolonge sa louange dans celle de la Sainte Trinité.
Questions Fréquentes
Pourquoi le psaume 117 est-il aussi appelé psaume 116 ?
À cause de deux numérotations. La Vulgate latine et la Septante grecque — suivies par l'Église pendant plus de quinze siècles — le comptent comme psaume 116. La numérotation hébraïque, reprise par la plupart des bibles modernes et déjà par le abbé Fillion, le compte comme 117. C'est le même psaume, le Laudate Dominum omnes gentes.
Quelles sont les paroles du psaume 117 ?
Dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate : « Alleluia. Nations, louez toutes le Seigneur ; peuples, louez-Le tous. Car Sa miséricorde a été affermie sur nous, et la vérité du Seigneur demeure éternellement. » En latin, Laudate Dominum, omnes gentes. C'est le psaume le plus court du Psautier, deux versets seulement.
Le psaume 117 chanté à Pâques, « Rendez grâce au Seigneur », est-ce le même ?
Non. Le chant pascal Rendez grâce au Seigneur, car il est bon est le Confitemini Domino, que la numérotation hébraïque compte comme psaume 118 et la Vulgate comme 117. Les livres liturgiques qui l'annoncent sous le numéro 117 emploient la numérotation de la Vulgate. Le psaume 117 hébreu, lui, est le bref Laudate Dominum omnes gentes.
Pourquoi le psaume 117 se termine-t-il par un alléluia ?
Parce qu'il fait partie des psaumes de louange que la Vulgate et la tradition juive encadrent du mot Alléluia, « Louez le Seigneur ». Ici l'acclamation résume le psaume lui-même, qui n'est qu'un appel à la louange universelle. C'est pourquoi on le cherche souvent comme l'« alléluia du psaume 117 ».
Où trouver la partition du psaume 117 ?
Le psaume 117 se chante sur les tons du plain-chant grégorien, non sur une mélodie d'auteur. Sa vraie forme chantée est la psalmodie de l'Église, encadrée d'une antienne, telle qu'on l'entend aux Vêpres et au salut du Saint-Sacrement. L'application Iter Fidei en donne le texte et l'audio pour l'apprendre à l'oreille.
Le psaume 117 existe-t-il dans la Bible Louis Segond ?
Oui, sous le même numéro 117, car la Bible Segond, protestante, suit la numérotation hébraïque. Pour un catholique, la traduction française que nous citons ici est celle de l'abbé Fillion (1895), établie sur la Vulgate.
Qui a écrit le psaume 117 ?
Le psaume ne porte pas de nom d'auteur dans le texte. La tradition le rattache aux psaumes de louange du Temple, et l'Église le lit comme l'œuvre de l'Esprit Saint, véritable auteur de toute l'Écriture, annonçant l'appel de toutes les nations à la louange de Dieu — ce que saint Paul confirme en le citant dans l'Épître aux Romains.
L'application Iter Fidei donne les psaumes, les prières traditionnelles, le calendrier liturgique de 1962 et l'audio pour prier. Télécharger ici.
Sources. Psaume 117 (Vulg. 116) : La Sainte Bible, traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate. Texte latin : Vulgata Clementina, Psalmus 116. Citation du psaume par saint Paul pour la vocation des nations : Épître aux Romains 15, 11. Commentaire sur la brièveté du psaume et l'universalité de l'Église : saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, sur le psaume 116. Usage aux Vêpres et dans les processions : Breviarium Romanum ; Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Doctrine de la louange comme fin de l'homme : Catéchisme de saint Pie X.