Les Psaumes
Psaume 133 : « Voici qu'il est bon » (Psaume 132 de la Vulgate)
Le Psaume 133, l'un des cantiques des montées, chante la douceur de l'unité fraternelle. Texte intégral en français (Fillion) et en latin, double numérotation, sens traditionnel et usage liturgique.

Le Psaume 133 est un très court cantique, trois versets tout entiers tendus vers une seule joie : la douceur des frères réunis. Il s'ouvre sur le cri que la tradition latine connaît sous les mots Ecce quam bonum — « Voici qu'il est bon » — et que la traduction de l'abbé Fillion (1895) rend : « Ah ! qu'il est bon et agréable pour des frères d'habiter ensemble ». Un point d'abord : le psaume que vous cherchez sous le numéro 133 est, dans la numérotation traditionnelle de l'Église, le Psaume 132.
Psaume 133 ou Psaume 132 ? La double numérotation
Le numéro 133 est celui de la numérotation hébraïque, reprise par la plupart des Bibles modernes. La numérotation que l'Église latine a suivie pendant plus de quinze siècles — celle de la Vulgate de saint Jérôme et de la Septante grecque — compte ce même psaume comme le 132. Ce n'est ni erreur ni contradiction : la différence tient à la manière de grouper deux psaumes au début du Psautier.
Ainsi : Psaume 133 (hébreu) = Psaume 132 (Vulgate). C'est le même texte, le même Ecce quam bonum. Nous suivons la traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate, en rappelant l'équivalence latine, car c'est sous le numéro 132 que les Pères l'ont commenté et que le Bréviaire l'a chanté. Ce détail se retrouve dans presque tous les psaumes.
Le texte intégral du Psaume 133 (Fillion)
Voici le psaume dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), établie sur la Vulgate, puis dans le latin de la Vulgate, ancre canonique de toute la prière de l'Église.
Psaume 133 (Vulg. 132)
Cantique des degrés, de David. Ah ! qu'il est bon et agréable pour des frères d'habiter ensemble !
C'est comme le parfum répandu sur la tête, qui descend sur la barbe, la barbe d'Aaron ; qui descend sur le bord de son vêtement.
C'est comme la rosée de l'Hermon, qui descend sur la montagne de Sion. Car c'est là que le Seigneur a envoyé Sa bénédiction et la vie à jamais.
Et le même psaume en latin, dans la Vulgate, tel que l'Église l'a chanté :
Psalmus 132
Canticum graduum David. Ecce quam bonum et quam jucundum, habitare fratres in unum !
Sicut unguentum in capite, quod descendit in barbam, barbam Aaron, quod descendit in oram vestimenti ejus ;
sicut ros Hermon, qui descendit in montem Sion. Quoniam illic mandavit Dominus benedictionem, et vitam usque in sæculum.
« Voici qu'il est bon » : le premier verset
Le verset le plus cherché, celui que l'on retient et que l'on récite seul, est le premier : Ecce quam bonum et quam jucundum, habitare fratres in unum. On le traduit couramment « Voici, oh ! qu'il est bon et qu'il est agréable pour des frères d'habiter ensemble ». La traduction de Fillion, sur la Vulgate, porte « Ah ! qu'il est bon et agréable pour des frères d'habiter ensemble ». Deux mots, une même louange : la concorde des cœurs dans une même maison est un bien qui vient de Dieu et le fait redescendre sur les hommes.
Ce verset n'a rien d'une simple maxime sur la bonne entente. Il désigne l'unité que produit la charité — celle de la famille, celle du monastère, celle de l'Église. Les deux versets suivants la comparent à deux images : une onction et une rosée.
Le sens traditionnel : l'huile, la rosée, l'unité
Les Pères ont lu ce psaume comme un chant de l'unité de l'Église. L'huile qui coule de la tête d'Aaron, le grand prêtre, sur sa barbe puis sur le bord de son vêtement, figure la grâce du Saint-Esprit répandue sur le Christ, notre Chef et vrai Grand Prêtre, et qui de lui descend sur tout son Corps. La rosée de l'Hermon qui descend sur Sion est cette même bénédiction, la vie « pour toujours », que Dieu fait tomber d'en haut sur son peuple rassemblé.
Saint Augustin, commentant ce psaume, y voit la charte de la vie commune. Ce sont ces mots mêmes — Ecce quam bonum — qui, dit-il, ont fait naître les monastères, en réveillant les frères désireux d'habiter ensemble. La vie régulière selon la Règle de saint Benoît tient tout entière dans ce verset. Mais la promesse déborde le cloître : elle vaut pour tout foyer chrétien, pour toute famille où la concorde règne comme une onction discrète.
Un cantique des montées chanté aux Vêpres
Le titre l'indique : Cantique des montées (ou cantique des degrés). Le Psaume 133 fait partie des quinze psaumes graduels (Ps 120 à 134 en numérotation hébraïque) que les pèlerins chantaient en montant vers Jérusalem et le Temple. L'Église en a fait les psaumes de sa propre montée vers Dieu.
Dans l'Office divin selon le bréviaire de 1962, ces cantiques des montées sont répartis à travers la semaine à l'office des Vêpres. Le Psaume 132 (Ecce quam bonum) se chante ainsi parmi les psaumes du soir, quand l'Église rassemblée bénit Dieu au déclin du jour. Il voisine avec les autres montées du soir, comme le Psaume 131, Domine, non est exaltatum, l'humble cantique de l'âme apaisée « comme un enfant sevré ». Il revient aussi dans les cérémonies de la vie religieuse, où l'on accueille un frère dans la communauté.
Quand et comment prier le Psaume 133
Ce psaume convient partout où l'on demande l'unité ou l'on rend grâce pour elle. La tradition en suggère quelques usages :
- Pour la paix d'un foyer ou d'une communauté. Confiez à Dieu la concorde de votre maison, de votre paroisse, de tout groupe divisé. C'est la prière de l'unité : non un vœu sentimental, mais une demande de grâce.
- En action de grâces. Quand la charité règne, ce psaume la reconnaît pour ce qu'elle est : un don d'en haut, l'huile et la rosée que Dieu fait descendre.
- Comme les pèlerins. Priez-le en chemin, comme un cantique de la montée vers Dieu, en le comptant parmi vos prières de chaque jour.
Récitez-le sans hâte, puis achevez comme le fait l'Église, par le Gloire au Père (Gloria Patri), qui rapporte à la Trinité la louange de tous les psaumes. Le Psaume 133 est frère des autres cantiques des montées, tel le Psaume 127, Nisi Dominus, « Si le Seigneur ne bâtit la maison ».
Questions Fréquentes
Pourquoi le Psaume 133 est-il aussi appelé Psaume 132 ?
À cause de deux numérotations. La Vulgate latine et la Septante grecque, suivies par l'Église pendant plus de quinze siècles, le comptent comme Psaume 132. La numérotation hébraïque, plus récente, le compte comme 133. C'est le même psaume, l'Ecce quam bonum.
Que dit le Psaume 133, 1 ?
Le premier verset est le plus connu : « Voici qu'il est bon et qu'il est agréable pour des frères d'habiter ensemble ». En latin, Ecce quam bonum et quam jucundum, habitare fratres in unum. Il chante la douceur de l'unité fraternelle comme un bien qui vient de Dieu.
Qui a écrit le Psaume 133 ?
Le titre l'attribue à David (« Cantique des montées. De David »), selon la lecture traditionnelle de l'Église. Comme pour tout psaume, l'auteur humain est l'instrument du véritable auteur, l'Esprit-Saint, qui a inspiré l'Écriture.
Que signifie l'huile sur la barbe d'Aaron ?
C'est une image de la grâce. L'onction versée sur la tête du grand prêtre Aaron et qui coule jusqu'au bord de son vêtement figure, selon les Pères, le Saint-Esprit répandu sur le Christ, notre Chef, et descendant de lui sur toute l'Église, jusqu'à ses derniers membres.
Quand l'Église chante-t-elle le Psaume 133 ?
Il fait partie des cantiques des montées répartis à l'office des Vêpres dans le bréviaire de 1962. On le prie aussi dans les cérémonies de la vie religieuse, lorsqu'une communauté accueille un frère.
Qu'est-ce qu'un cantique des montées ?
C'est l'un des quinze psaumes (120 à 134 en numérotation hébraïque) que les pèlerins chantaient en montant vers Jérusalem et le Temple. L'Église en a fait les psaumes de sa montée vers Dieu. Le Psaume 133 en est l'un des plus brefs et des plus aimés.
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Sources. Texte français : La Sainte Bible, trad. de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate, Psaume 132, 1–3. Texte latin : Vulgate, Psalmus 132 (Ecce quam bonum), 1–3. Sens spirituel et vie commune : saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, sur le Psaume 132. Vie fraternelle : Règle de saint Benoît. Usage liturgique : Breviarium Romanum, cantiques des montées aux Vêpres.