Les Psaumes
Psaume 14 : « L'insensé a dit : Il n'y a point de Dieu » (Psaume 13 dans la Vulgate)
Le Psaume 14 que vous cherchez est le Psaume 13 de la Vulgate, le psaume de l'insensé qui nie Dieu. Texte intégral dans la Bible de Fillion, double numérotation, sens traditionnel et usage liturgique.

Le Psaume 14 que vous cherchez est, dans la numérotation traditionnelle de l'Église — celle de la Vulgate latine —, le Psaume 13 : le psaume de l'insensé qui dit dans son cœur qu'il n'y a point de Dieu. C'est le grand psaume de l'athéisme et de la corruption des mœurs, celui que saint Paul reprend pour établir que tous les hommes sont pécheurs et ont besoin de la grâce. Nous en donnons d'abord le texte intégral, puis son sens et son usage.
Le texte intégral du Psaume 14 (traduction Fillion, sur la Vulgate)
Voici le Psaume 14 dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), faite sur la Vulgate latine, la version que l'Église a priée pendant des siècles.
Psaume 14 (13 dans la Vulgate)
Pour la fin, psaume de David. L'insensé a dit dans son cœur : Il n'y a point de Dieu. Ils se sont corrompus, et sont devenus abominables dans leurs tendances. Il n'y en a point qui fasse le bien, il n'y en a pas un seul.
Le Seigneur a regardé du haut du Ciel sur les enfants des hommes, pour voir s'il y a quelqu'un qui soit intelligent ou qui cherche Dieu.
Tous se sont détournés, ils sont tous devenus inutiles. Il n'y en a point qui fasse le bien, il n'y en a pas un seul. Leur gosier est un sépulcre ouvert ; ils se servent de leurs langues pour tromper ; le venin des aspics est sous leurs lèvres. Leur bouche est remplie de malédiction et d'amertume ; leurs pieds sont agiles pour répandre le sang. L'affliction et le malheur sont dans leurs voies, et ils n'ont pas connu la voie de la paix ; la crainte de Dieu n'est pas devant leurs yeux.
Ne comprendront-ils pas, tous ces hommes qui commettent l'iniquité, qui dévorent Mon peuple comme un morceau de pain ?
Ils n'ont pas invoqué le Seigneur ; ils ont tremblé de frayeur là où il n'y avait rien à craindre.
Car le Seigneur est avec la race des justes ; vous vous êtes moqués du dessein du pauvre, parce que le Seigneur est son espérance.
Qui procurera de Sion le salut d'Israël ? Quand le Seigneur aura mis fin à la captivité de Son peuple, Jacob sera dans l'allégresse, et Israël dans la joie.
Le texte latin de la Vulgate commence par les mots célèbres : Dixit insipiens in corde suo : Non est Deus.
Psaume 14 ou Psaume 13 ? La double numérotation
Le psaume que vous trouvez sous le numéro 14 dans la plupart des bibles modernes est, dans la numérotation traditionnelle de l'Église — celle de la Vulgate et de la Septante grecque —, le Psaume 13. Ce n'est ni une erreur ni une contradiction : il existe deux façons de compter les psaumes.
La numérotation de la Vulgate est celle que l'Église a suivie pendant plus de quinze siècles dans sa liturgie, son Bréviaire et les commentaires des Pères. La numérotation hébraïque, plus récente, avance d'un chiffre à partir du Psaume 10, parce qu'elle sépare deux psaumes que la Vulgate compte comme un seul. D'où la règle : Psaume 14 (hébreu) = Psaume 13 (Vulgate). C'est le même psaume, le Dixit insipiens.
Un détail mérite d'être signalé pour qui compare les versions. Le texte latin de la Vulgate contient, après le troisième verset, trois lignes de plus que l'hébreu — « Leur gosier est un sépulcre ouvert… le venin de l'aspic est sous leurs lèvres… » Ces lignes ne sont pas une invention : ce sont les versets que saint Paul rassemble au chapitre 3 de l'Épître aux Romains. Le texte de Fillion, traduit sur la Vulgate, les porte dans le corps du psaume, comme la Vulgate liturgique ; les versions faites sur l'hébreu ne les ont pas. Le sens du psaume reste identique. Ce psaume prend place, avec les autres, dans le grand livre des Psaumes, le livre de prière de l'Église.
Le sens traditionnel : l'insensé qui nie Dieu
L'« insensé » du psaume n'est pas le simple d'esprit. Le mot désigne, dans la langue de l'Écriture, l'homme qui vit comme si Dieu n'existait pas. « Il n'y a point de Dieu » n'est pas d'abord une thèse de philosophe : c'est ce que le pécheur dit dans son cœur, pour s'affranchir de la loi divine et se livrer sans crainte à ses actions abominables. La négation de Dieu et la corruption des mœurs vont ensemble ; l'une appelle l'autre. À ce portrait de l'homme sans Dieu répond, quelques psaumes plus loin, celui du juste que Dieu reçoit auprès de lui : le Psaume 15, « Qui habitera dans ta tente ? », dresse les traits de celui qui, lui, « fait le bien ».
Saint Augustin, dans ses commentaires sur les psaumes, lit ce texte comme le portrait de l'homme sans Dieu, qui se croit à l'abri du regard du ciel alors que « le Seigneur, du haut des cieux, regarde les fils de l'homme ». Nul ne se cache de Dieu. La sentence du psaume est sans appel : cherchant un juste, le Seigneur n'en trouve pas un seul par les seules forces de la nature blessée — « il n'en est pas un qui fasse le bien, pas un seul ». On retrouvera la même clairvoyance chez saint Augustin sur toute la misère de l'homme laissé à lui-même.
C'est pourquoi saint Paul cite ce psaume, avec quelques autres, pour prouver que Juifs et païens sont tous sous le péché et qu'aucun ne peut se sauver par ses propres œuvres (Romains 3, 10-12). Le Psaume 14 est ainsi l'un des textes bibliques du péché originel et de la nécessité absolue de la grâce : sans le secours de Dieu, l'homme ne fait pas le bien qui sauve. Le dernier verset ouvre déjà l'espérance : « puisse venir de Sion la délivrance d'Israël » — cette délivrance, la tradition l'a lue comme la venue du Rédempteur.
L'usage liturgique dans l'Office
Le Psaume 13 n'est pas un texte oublié : l'Église le prie chaque semaine. Dans le Bréviaire romain, selon la distribution de saint Pie X en vigueur jusqu'en 1962, il est chanté à Matines — l'office de nuit, la grande vigile de louange —, au début de la semaine. Le fidèle qui récite le saint Office rencontre donc régulièrement le Dixit insipiens dans sa prière quotidienne.
L'Église le met sur nos lèvres non pour condamner l'insensé du dehors, mais pour reconnaître d'abord notre propre inclination au mal et pour appeler la délivrance de Dieu. C'est le mouvement de tout le psaume : constater la corruption, se tourner vers le Seigneur qui « est le refuge » du malheureux, attendre le salut de Sion. Ce passage de la détresse à la confiance est celui même du Psaume 13, le Jusques à quand, Seigneur ?, où l'âme, après la plainte, se remet à la bonté de Dieu.
Le psaume jumeau : le Psaume 53
Qui lit le Psautier remarque vite que le Psaume 53 (Psaume 52 dans la Vulgate) reprend presque mot pour mot le Psaume 14 : même ouverture, « L'insensé a dit dans son cœur : il n'y a point de Dieu », même constat de la corruption universelle. La tradition y voit une seconde version du même chant, l'Esprit Saint ayant voulu redire, à une autre place du Psautier, cette vérité fondamentale sur l'homme sans Dieu. Les deux psaumes s'éclairent l'un l'autre et se prient ensemble.
Quand et comment prier le Psaume 14
Ce psaume se prie chaque fois que l'on veut regarder en face la réalité du péché — le sien et celui du monde — sans désespérer, parce qu'il finit dans l'attente du salut. On le récite avec fruit :
- Contre l'esprit d'incrédulité, quand la négation de Dieu semble triompher autour de nous ou en nous ; on lui oppose alors la confession contraire du Psaume 16, « Tu es mon Seigneur, toi seul es mon bien », qui écarte les idoles et les dieux étrangers pour ne s'attacher qu'à Dieu.
- En examen de conscience, avant la confession, pour reconnaître que nul ne fait le bien sans la grâce.
- Comme prière de confiance, en s'arrêtant sur le verset « le Seigneur est son espérance ».
Priez-le posément, en le terminant, comme le fait l'Église, par le Gloire au Père. Sa force ne tient pas aux mots, mais à Celui qui les inspire et vers qui ils montent.
Questions Fréquentes
Pourquoi le Psaume 14 est-il aussi appelé Psaume 13 ?
À cause de deux numérotations. La Vulgate latine et la Septante grecque, suivies par l'Église pendant plus de quinze siècles, le comptent comme Psaume 13. La numérotation hébraïque, plus récente, le compte comme 14. C'est le même psaume, le Dixit insipiens.
Qui est « l'insensé » du Psaume 14 ?
Non pas le simple d'esprit, mais l'homme qui vit comme si Dieu n'existait pas. L'Écriture appelle « insensé » celui qui nie Dieu dans son cœur pour se soustraire à sa loi et se livrer au mal. La négation de Dieu et la corruption des mœurs y sont présentées ensemble.
Que signifie « il n'y a point de Dieu » ?
Ce n'est pas d'abord une thèse philosophique, mais un refus pratique : le pécheur écarte Dieu de sa vie pour agir sans crainte du jugement. Saint Augustin y lit l'aveuglement de l'homme qui se croit hors du regard du ciel, alors que Dieu voit tout.
Le Psaume 14 est-il cité dans le Nouveau Testament ?
Oui. Saint Paul le reprend au chapitre 3 de l'Épître aux Romains (versets 10 à 12) pour montrer que tous les hommes, Juifs et païens, sont sous le péché et ne peuvent se justifier par leurs seules œuvres. C'est un des grands textes de la doctrine de la grâce.
Le Psaume 14 et le Psaume 53 sont-ils le même psaume ?
Presque. Le Psaume 53 (52 dans la Vulgate) reprend le Psaume 14 avec de légères variantes : même ouverture sur l'insensé, même constat de la corruption. La tradition y voit une seconde version du même chant, placée ailleurs dans le Psautier.
Quand faut-il prier le Psaume 14 ?
L'Église le chante à Matines dans le Bréviaire romain. On peut le prier à ce moment, mais aussi en temps d'incrédulité, lors de l'examen de conscience avant la confession, ou comme acte de confiance, en s'appuyant sur le verset où le Seigneur est nommé le refuge du malheureux.
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Sources. Psaume 14 en français : La Sainte Bible commentée par l'abbé Fillion (1895), traduction sur la Vulgate (Psaume 14, hébreu = 13 Vulgate). Texte latin : Vulgata Clementina, Psalmus 13, Dixit insipiens in corde suo. Sens traditionnel : saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, sur le Psaume 13. Doctrine du péché et de la grâce : Épître de saint Paul aux Romains 3, 10-12. Usage liturgique : Breviarium Romanum, distribution du psautier de saint Pie X (Matines).