Les Psaumes
Psaume 53 : « L'insensé a dit : Il n'y a point de Dieu » (Psaume 52 dans la Vulgate)
Le Psaume 53 que vous cherchez est le Psaume 52 de la Vulgate, le second psaume de l'insensé qui nie Dieu. Texte intégral dans la Bible de Fillion, double numérotation, sens traditionnel et usage liturgique.

Le Psaume 53 que vous cherchez est, dans la numérotation traditionnelle de l'Église — celle de la Vulgate latine —, le Psaume 52 : le psaume de l'insensé qui dit dans son cœur qu'il n'y a point de Dieu, et de la corruption des mœurs qui suit cette négation. C'est le psaume jumeau du Psaume 14, redit à une autre place du Psautier. Nous en donnons d'abord le texte intégral, puis son sens et son usage.
Le texte intégral du Psaume 53 (traduction Fillion, sur la Vulgate)
Voici le Psaume 53 dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), établie sur la Vulgate latine, texte de référence de la tradition catholique.
Psaume 53 (52 dans la Vulgate)
Pour la fin, sur Maéleth, instruction de David. L'insensé a dit dans son cœur : Il n'y a point de Dieu.
Ils se sont corrompus et sont devenus abominables dans leurs iniquités : il n'y en a point qui fasse le bien.
Dieu a regardé du haut du Ciel sur les enfants des hommes, pour voir s'il y a quelqu'un qui soit intelligent et qui cherche Dieu.
Tous se sont détournés, ils sont tous devenus inutiles ; il n'y en a point qui fasse le bien, il n'y en a pas un seul.
Ne comprendront-ils pas, tous ces hommes qui commettent l'iniquité, qui dévorent Mon peuple comme un morceau de pain ?
Ils n'ont pas invoqué Dieu ; ils ont tremblé de frayeur là où il n'y avait rien à craindre. Car Dieu a brisé les os de ceux qui cherchent à plaire aux hommes ; ils ont été confondus, parce que Dieu les a méprisés.
Qui procurera de Sion le salut d'Israël ? Quand Dieu aura mis fin à la captivité de Son peuple, Jacob sera dans l'allégresse et Israël dans la joie.
Le texte latin de la Vulgate commence par les mots célèbres : Dixit insipiens in corde suo : Non est Deus.
Psaume 53 ou Psaume 52 ? La double numérotation
Le psaume que vous trouvez sous le numéro 53 dans la plupart des bibles modernes est, dans la numérotation traditionnelle de l'Église — celle de la Vulgate et de la Septante grecque —, le Psaume 52. Ce n'est ni une erreur ni une contradiction : il existe deux façons de compter les psaumes.
La numérotation de la Vulgate est celle que l'Église a suivie pendant plus de quinze siècles dans sa liturgie, son Bréviaire et les commentaires des Pères. La numérotation hébraïque, plus récente, avance d'un chiffre à partir du Psaume 10, parce qu'elle sépare deux psaumes que la Vulgate compte comme un seul. D'où la règle : Psaume 53 (hébreu) = Psaume 52 (Vulgate). C'est le même psaume, le Dixit insipiens. Il prend place, avec les autres, dans le grand livre des Psaumes, le livre de prière de l'Église.
Le psaume jumeau du Psaume 14
Qui lit le Psautier remarque aussitôt que ce psaume reprend presque mot pour mot le Psaume 14 (Psaume 13 de la Vulgate) : même ouverture sur l'insensé, même constat que nul ne fait le bien, même attente de la délivrance venue de Sion. La tradition y voit une seconde version du même chant, l'Esprit Saint ayant voulu redire, ailleurs dans le Psautier, cette vérité fondamentale sur l'homme sans Dieu.
Les variantes ne sont pas indifférentes. Ce psaume nomme Dieu Elohim là où le Psaume 14 disait le Seigneur — la traduction de Fillion écrit donc ici « Dieu a regardé du haut du Ciel sur les enfants des hommes ». Surtout, le verset central diffère : au lieu de rappeler que le Seigneur est le refuge du malheureux, le Psaume 53 annonce la défaite des ennemis de Dieu — « Dieu a dispersé les os de celui qui campait contre toi ». La première version regarde l'insensé du dedans, le pécheur ; la seconde, l'insensé du dehors, le persécuteur du peuple de Dieu. Les deux psaumes s'éclairent l'un l'autre et se prient ensemble.
Le sens traditionnel : l'insensé qui nie Dieu
L'« insensé » du psaume n'est pas le simple d'esprit. Le mot désigne, dans la langue de l'Écriture, l'homme qui vit comme si Dieu n'existait pas. « Il n'y a pas de Dieu » n'est pas d'abord une thèse de philosophe : c'est ce que le pécheur dit dans son cœur, pour s'affranchir de la loi divine et se livrer sans crainte à ses crimes abominables. La négation de Dieu et la corruption des mœurs vont ensemble ; l'une appelle l'autre. Le Psautier peint ailleurs cette même corruption sous d'autres traits, jusque dans la trahison de l'ami parjure du psaume 55, où la ville est livrée à « la violence et la discorde ».
Saint Augustin, dans ses commentaires sur les psaumes, lit ce texte comme le portrait de l'homme qui se croit à l'abri du regard du ciel alors que « Dieu, du haut des cieux, regarde les fils de l'homme ». Nul ne se cache de Dieu. Et la sentence est sans appel : cherchant un juste, le Seigneur n'en trouve pas un seul par les seules forces de la nature blessée — « il n'en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul ».
C'est pourquoi saint Paul cite ce psaume, avec le Psaume 14, pour prouver que Juifs et païens sont tous sous le péché et qu'aucun ne se justifie par ses propres œuvres (Romains 3, 10-12). Le Psaume 53 est ainsi l'un des textes bibliques du péché originel et de la nécessité absolue de la grâce : sans le secours de Dieu, l'homme ne fait pas le bien qui sauve. Le dernier verset ouvre déjà l'espérance — « puisse venir de Sion la délivrance d'Israël » —, cette délivrance que la tradition a lue comme la venue du Rédempteur.
L'usage liturgique : Prime, le mercredi
Le Psaume 52 n'est pas un texte oublié : l'Église le prie chaque semaine. Dans le Bréviaire romain, selon la distribution du psautier faite par saint Pie X et conservée dans l'édition de 1962, il est chanté à l'office de Prime — la première des Heures du jour, dite au lever —, le mercredi (feria IV), à la suite des psaumes 25 et 51 de la Vulgate. Le fidèle qui récite le saint Office rencontre donc régulièrement le Dixit insipiens dans sa prière du matin. La même heure de Prime reçoit chaque jour de férie le psaume suivant de la Vulgate, le psaume 54, où David crie dès l'aube « sauve-moi par ton nom ».
L'Église le met sur nos lèvres non pour condamner l'insensé du dehors, mais pour reconnaître notre propre inclination au mal et appeler la délivrance de Dieu.
Quand et comment prier le Psaume 53
Ce psaume se prie chaque fois que l'on veut regarder en face la réalité du péché — le sien et celui du monde — sans désespérer, parce qu'il s'achève dans l'attente du salut. On le récite avec fruit :
- Contre l'esprit d'incrédulité, quand la négation de Dieu semble triompher autour de nous ou en nous.
- En examen de conscience, avant la confession, pour reconnaître que nul ne fait le bien sans la grâce.
- Comme prière de confiance, en s'arrêtant sur la promesse que Dieu confond les ennemis de son peuple et sauve les siens.
Priez-le posément, en le terminant, comme le fait l'Église, par le Gloire au Père. Sa force ne tient pas aux mots, mais à Celui qui les inspire et vers qui ils montent. Il a naturellement sa place parmi les prières catholiques de chaque jour.
Questions Fréquentes
Pourquoi le Psaume 53 est-il aussi appelé Psaume 52 ?
À cause de deux numérotations. La Vulgate latine et la Septante grecque, suivies par l'Église pendant plus de quinze siècles, le comptent comme Psaume 52. La numérotation hébraïque, plus récente, le compte comme 53. C'est le même psaume, le Dixit insipiens.
Qui est « l'insensé » du Psaume 53 ?
Non pas le simple d'esprit, mais l'homme qui vit comme si Dieu n'existait pas. L'Écriture appelle « insensé » celui qui nie Dieu dans son cœur pour se soustraire à sa loi et se livrer au mal. Le psaume présente ensemble la négation de Dieu et la corruption des mœurs.
Le Psaume 53 et le Psaume 14 sont-ils le même psaume ?
Presque. Le Psaume 53 reprend le Psaume 14 avec de légères variantes : il nomme Dieu Elohim et non le Seigneur, et son verset central annonce la défaite des ennemis de Dieu au lieu de rappeler seulement qu'il est le refuge du juste. La tradition y voit une seconde version du même chant, placée ailleurs dans le Psautier.
Le Psaume 53 est-il cité dans le Nouveau Testament ?
Oui. Saint Paul le reprend, avec le Psaume 14, au chapitre 3 de l'Épître aux Romains (versets 10 à 12), pour montrer que tous les hommes, Juifs et païens, sont sous le péché et ne peuvent se justifier par leurs seules œuvres. C'est un des grands textes de la doctrine de la grâce.
Que signifie « il n'y a point de Dieu » ?
Ce n'est pas d'abord une thèse philosophique, mais un refus pratique : le pécheur écarte Dieu de sa vie pour agir sans crainte du jugement. Saint Augustin y lit l'aveuglement de l'homme qui se croit hors du regard du ciel, alors que Dieu voit tout.
Quand faut-il prier le Psaume 53 ?
L'Église le chante à Prime, le mercredi, dans le Bréviaire romain de 1962. On peut le prier à ce moment, mais aussi en temps d'incrédulité, lors de l'examen de conscience avant la confession, ou comme acte de confiance en Celui qui disperse les ennemis de son peuple et sauve les siens.
L'application Iter Fidei réunit les psaumes dans la Bible de Fillion, les prières, le calendrier de 1962 et l'Office, en français et en latin, avec l'audio pour prier. Télécharger l'application.
Sources. Psaume 53 en français : La Sainte Bible, traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate (Psaume 53, hébreu = 52 Vulgate). Texte latin : Vulgata Clementina, Psalmus 52, Dixit insipiens in corde suo. Sens traditionnel : saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, sur le Psaume 52. Doctrine du péché et de la grâce : Épître de saint Paul aux Romains 3, 10-12 (Fillion). Usage liturgique : Breviarium Romanum, distribution du psautier de saint Pie X (Prime, feria IV).