Les Psaumes
Psaume 50 : texte complet et sens (psaume 49 de la Vulgate)
Le psaume 50 est le psaume d'Asaph — Dieu convoque la terre pour juger son peuple et lui enseigner le sacrifice de louange. Texte complet dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate, et en latin, signification traditionnelle, place dans la liturgie de 1962.

Le psaume 50 est le psaume d'Asaph où Dieu convoque la terre entière pour juger son peuple : « Dieu, Elohim, le Seigneur parle et convoque la terre, du lever du soleil à son couchant. » Son enseignement tient en une ligne — Dieu n'a pas besoin du sang des taureaux ; le culte qui lui plaît est le sacrifice de louange et l'obéissance du cœur. Nous donnons ici son texte complet dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate, son latin, sa signification traditionnelle et sa place dans la liturgie de 1962.
Psaume 50 ou psaume 49 ? La double numérotation
Le psaume que l'on cherche en tapant « psaume 50 » porte, dans la numérotation traditionnelle de l'Église — celle de la Vulgate latine de saint Jérôme et de la Septante grecque —, le numéro 49, Deus deorum. La numérotation hébraïque, suivie par la plupart des bibles modernes, le compte comme le 50. Donc : psaume 50 (numérotation hébraïque) = psaume 49 (Vulgate). La règle vaut pour l'ensemble des psaumes : du psaume 10 au psaume 148, la numérotation hébraïque a une unité d'avance sur celle de la Vulgate.
Une précision s'impose, car elle épargne une confusion fréquente. Dans les livres liturgiques, qui suivent la numérotation de la Vulgate — c'est le cas aussi des traductions liturgiques modernes comme celle de l'AELF —, « psaume 50 » désigne un autre psaume : le Miserere, « Aie pitié de moi, ô Dieu », la grande prière de pénitence de David. Celui qui cherche ce psaume-là le trouvera à notre article sur le psaume 51, son numéro dans la numérotation hébraïque. Le présent article traite du psaume 50 hébraïque, le psaume d'Asaph.
Les paroles du psaume 50 : texte complet (traduction de l'abbé Fillion, 1895)
Voici les paroles du psaume dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), faite sur la Vulgate latine, la grande bible catholique française commentée approuvée par l'Église.
Psaume 50 (49 de la Vulgate)
Psaume d'Asaph. Le Dieu des dieux, le Seigneur a parlé, et Il a appelé la terre du lever du soleil au couchant.
De Sion apparaît l'éclat de Sa beauté.
Dieu viendra visiblement ; Lui, notre Dieu, et Il ne Se taira point. Le feu s'enflammera en Sa présence, et une tempête violente L'environnera.
Il appellera d'en haut le Ciel et la terre, pour faire le discernement de Son peuple.
Rassemblez devant Lui Ses saints, qui scellent Son alliance par des sacrifices.
Et les cieux annonceront Sa justice, car c'est Dieu qui est juge.
Écoute, Mon peuple, et Je parlerai ; Israël, et Je te rendrai témoignage. C'est Moi qui suis Dieu, ton Dieu.
Ce n'est pas pour tes sacrifices que Je te reprendrai, car tes holocaustes sont toujours devant Moi.
Je ne prendrai pas les veaux de ta maison, ni les boucs de tes troupeaux ;
car toutes les bêtes des forêts sont à Moi, ainsi que les animaux des montagnes, et les bœufs.
Je connais tous les oiseaux du ciel, et la beauté des champs est en Ma présence.
Si J'ai faim, Je ne te le dirai pas ; car l'univers est à Moi, avec tout ce qu'il renferme.
Est-ce que Je mangerai la chair des taureaux ? ou boirai-Je le sang des boucs ?
Immole à Dieu un sacrifice de louange, et rends tes vœux au Très-Haut.
Puis invoque-Moi au jour de la tribulation ; Je te délivrerai, et tu Me glorifieras.
Mais Dieu a dit au pécheur : Pourquoi énumères-tu Mes lois, et pourquoi as-tu constamment Mon alliance à la bouche ?
Toi qui hais la discipline, et qui as rejeté derrière toi Mes paroles.
Si tu voyais un voleur, tu courais avec lui, et tu mettais ta part avec les adultères.
Ta bouche a été remplie de malice, et ta langue ourdissait la fraude.
Tu t'asseyais pour parler contre ton frère, et tu tendais des pièges contre le fils de ta mère.
Voilà ce que tu as fait, et Je me suis tu. Tu as cru d'une manière impie que Je te serais semblable. Je te reprendrai, et Je mettrai tout sous tes yeux.
Comprenez ces choses, vous qui oubliez Dieu ; de peur qu'Il ne déchire, sans que personne puisse délivrer.
Le sacrifice de louange est celui qui M'honorera, et là est la voie par laquelle Je montrerai à l'homme le salut de Dieu.
Le psaume 50 en latin (Vulgate)
Et le même psaume dans la Vulgate, où il porte le numéro 49, tel que l'Église le chante :
Psalmus 49
Psalmus Asaph. Deus deórum Dóminus locútus est, et vocávit terram a solis ortu usque ad occásum.
Ex Sion spécies decóris ejus :
Deus maniféste véniet ; Deus noster, et non silébit. Ignis in conspéctu ejus exardéscet ; et in circúitu ejus tempéstas válida.
Advocábit cælum desúrsum, et terram, discérnere pópulum suum.
Congregáte illi sanctos ejus, qui órdinant testaméntum ejus super sacrifícia.
Et annuntiábunt cæli justítiam ejus, quóniam Deus judex est.
Audi, pópulus meus, et loquar ; Israël, et testificábor tibi : Deus, Deus tuus ego sum.
Non in sacrifíciis tuis árguam te ; holocáusta autem tua in conspéctu meo sunt semper.
Non accípiam de domo tua vítulos, neque de grégibus tuis hircos :
quóniam meæ sunt omnes feræ silvárum, juménta in móntibus, et boves.
Cognóvi ómnia volatília cæli, et pulchritúdo agri mecum est.
Si esuríero, non dicam tibi : meus est enim orbis terræ et plenitúdo ejus.
Numquid manducábo carnes taurórum ? aut sánguinem hircórum potábo ?
Ímmola Deo sacrifícium laudis, et redde Altíssimo vota tua.
Et ínvoca me in die tribulatiónis : éruam te, et honorificábis me.
Peccatóri autem dixit Deus : Quare tu enárras justítias meas ? et assúmis testaméntum meum per os tuum ?
Tu vero odísti disciplínam, et projecísti sermónes meos retrórsum.
Si vidébas furem, currébas cum eo ; et cum adúlteris portiónem tuam ponébas.
Os tuum abundávit malítia, et lingua tua concinnábat dolos.
Sedens advérsus fratrem tuum loquebáris, et advérsus fílium matris tuæ ponébas scándalum.
Hæc fecísti, et tácui. Existimásti iníque quod ero tui símilis : árguam te, et státuam contra fáciem tuam.
Intellígite hæc, qui obliviscímini Deum, nequándo rápiat, et non sit qui erípiat.
Sacrifícium laudis honorificábit me, et illic iter quo osténdam illi salutáre Dei.
La signification du psaume 50
Le psaume est un jugement. Dieu ne comparaît pas : il siège. De Sion, la cité de Dieu que célèbre le Psaume 48, il convoque le ciel et la terre comme témoins, et c'est son propre peuple qui est à la barre — non les nations païennes, mais Israël, le peuple de l'alliance. Le reproche ne porte pas sur l'absence de sacrifices : « tes holocaustes sont constamment devant moi. » Il porte sur le cœur. Dieu n'a pas besoin d'être nourri comme les idoles ; tout est à lui. Ce qu'il demande, c'est l'action de grâces, la fidélité aux vœux, l'invocation confiante — et, chez celui qui récite sa loi, une vie qui s'y accorde. Le méchant du psaume est celui qui a l'alliance à la bouche et le vol, l'adultère et la médisance dans la vie : réciter les dix commandements sans les garder n'honore pas Dieu, il l'outrage.
Asaph, l'auteur que l'Écriture nomme en tête du psaume, était l'un des maîtres de chœur institués par David devant l'arche (I Paralipomènes 16, dans la Vulgate) ; douze psaumes portent son nom. Comme pour tout le Psautier, l'auteur premier est l'Esprit Saint.
Les Pères ont lu ce psaume du Christ. Saint Augustin, dans ses Enarrationes in Psalmos, s'arrête sur le verset Deus maniféste véniet, et non silébit — « Il vient, notre Dieu, et il ne se taira point » : venu une première fois dans l'humilité, jugé en silence, le Christ viendra une seconde fois manifestement, pour juger. Le psaume annonce aussi le culte de la Loi nouvelle : le sacrifícium laudis, le sacrifice de louange, que la tradition voit accompli dans le sacrifice de l'Eucharistie — le Canon romain lui-même reprend ces mots, hoc sacrifícium laudis, au Memento des vivants. Les sacrifices d'animaux ont cessé ; le sacrifice pur demeure, offert du lever du soleil à son couchant.
« Invoque-moi au jour de la détresse » : le verset 15
Le verset le plus cité du psaume est le quinzième : « Et invoque-moi au jour de la détresse : je te délivrerai, et tu me glorifieras » — Et ínvoca me in die tribulatiónis : éruam te, et honorificábis me. Dieu y résume ce qu'il attend de l'homme au jour de l'épreuve : non pas des victimes, mais un appel. La prière du pauvre qui crie vers Dieu l'honore plus que tous les holocaustes, et Dieu s'engage lui-même à répondre : « je te délivrerai. » Ce verset a sa place dans toute prière de protection : on l'apprend par cœur, et on le redit au jour où tout manque. C'est l'expérience même que chante le psaume 34, l'action de grâces de David qui a crié vers Dieu et qui, exaucé, fut délivré de toutes ses frayeurs.
Le psaume 50 chanté : sa place dans la liturgie de 1962
Dans le Bréviaire romain de 1962, le psaume 49 de la Vulgate — notre psaume 50 — est chanté aux matines du mercredi, divisé en deux (versets 1 à 15, puis 16 à 23), sous l'antienne Deus deórum Dóminus locútus est. L'Église ouvre ainsi le milieu de sa semaine par le rappel du jugement et du culte véritable ; celui qui prie le bréviaire le retrouve chaque semaine à cette place.
Quant au « psaume 50 chanté » que l'on entend à l'Asperges avant la grand-messe du dimanche, aux Ténèbres de la Semaine sainte ou aux funérailles, c'est le Miserere — le psaume 50 de la numérotation de la Vulgate, notre psaume 51 : la double numérotation explique que le même titre recouvre deux chants différents.
Comment prier le psaume 50
- Devant la tentation du culte extérieur. Quand la pratique devient habitude sans cœur — des formules récitées, des observances vidées —, ce psaume remet l'âme en face de Dieu qui voit tout : « Tu t'es imaginé que j'étais pareil à toi. »
- Au jour de la détresse. Prier le verset 15 tel quel : Dieu lui-même l'a mis dans la bouche de l'homme éprouvé.
- En action de grâces. Le psaume commande d'offrir à Dieu la louange et d'acquitter ses vœux ; le prier après un bienfait reçu est lui obéir à la lettre.
- Avant d'assister à la messe. Il dispose l'âme au sacrifice de louange par excellence, celui de l'autel.
Le prier lentement, verset par verset. Retenir au moins le verset latin, Ímmola Deo sacrifícium laudis — « Offre en sacrifice à Dieu l'action de grâces ».
Questions Fréquentes
Pourquoi le psaume 50 est-il aussi appelé psaume 49 ?
À cause des deux numérotations du Psautier. La Vulgate latine et la Septante, suivies par la liturgie de l'Église, le comptent comme psaume 49 ; la numérotation hébraïque, suivie par les bibles modernes, comme psaume 50. C'est le même psaume, le Deus deorum d'Asaph.
Le psaume 50 est-il le Miserere ?
Non, pas dans la numérotation hébraïque que suivent les bibles modernes. Le Miserere — « Aie pitié de moi, ô Dieu » — est le psaume 51 de cette numérotation, et le psaume 50 de la Vulgate ; c'est pourquoi les livres liturgiques l'appellent psaume 50. Nous le donnons en entier à l'article sur le psaume 51.
Qui a écrit le psaume 50 ?
Le titre inscrit dans l'Écriture l'attribue à Asaph, l'un des maîtres de chœur établis par David pour le chant devant l'arche (I Paralipomènes 16). Douze psaumes du Psautier portent son nom. L'auteur premier, comme pour toute l'Écriture, est l'Esprit Saint.
Que signifie le verset 15 du psaume 50 ?
« Invoque-moi au jour de la détresse : je te délivrerai, et tu me glorifieras. » Dieu y déclare que la prière confiante l'honore plus que les sacrifices extérieurs, et il promet lui-même la délivrance. La tradition en fait une des grandes paroles de recours dans l'épreuve.
Le psaume 50 a-t-il été écrit en araméen ?
Non. Comme tout le Psautier, il a été composé en hébreu. L'Église l'a reçu et transmis dans la version grecque des Septante puis dans la Vulgate latine de saint Jérôme ; il existe aussi d'anciennes paraphrases araméennes des psaumes (les targums), mais elles sont des traductions, non l'original.
Le psaume 50 de la version Louis Segond est-il le même texte ?
C'est le même psaume, dans une traduction protestante du XIXe siècle. Pour un catholique, nous en donnons ici le texte intégral dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), faite sur la Vulgate latine, où il est le psaume 49.
Quand l'Église chante-t-elle le psaume 50 ?
Dans le Bréviaire de 1962, aux matines du mercredi, divisé en deux parties. Le psaume que l'on entend chanté à l'Asperges du dimanche et aux Ténèbres de la Semaine sainte est un autre psaume 50 — celui de la numérotation de la Vulgate, le Miserere.
L'application Iter Fidei donne les psaumes dans la Bible de Fillion et en latin, les prières catholiques, le calendrier liturgique de 1962 et l'audio pour prier. Télécharger ici.
Sources. Texte français : La Sainte Bible, traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate, Psaume 49. Texte latin : Vulgate Clémentine, Psalmus 49. Asaph : premier livre des Paralipomènes, chapitre 16 (Vulgate). Commentaire patristique : saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, sur le psaume 49. Le sacrificium laudis dans la liturgie : Canon romain du Missale Romanum (Memento des vivants). Usage liturgique : Breviarium Romanum (psautier de saint Pie X, rubriques de 1960), matines du mercredi.