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Aide à mourir : la loi française mesurée au « Vous ne tuerez point »
La France a adopté un « droit à l'aide à mourir » ; mesurée au cinquième commandement, la loi consacre l'homicide du plus vulnérable.

Le Parlement français a adopté définitivement, à la mi-juillet 2026, une loi instituant un « droit à l'aide à mourir ». Le texte autorise l'administration d'une substance létale à une personne qui en fait la demande, au terme d'une procédure encadrée. Il s'applique aussi dans les établissements qui accueillent les personnes âgées et les malades : une intervention extérieure pourra venir donner la mort jusque dans la chambre d'un résident, sans que ceux qui l'accompagnent au quotidien soient nécessairement consultés.
Plusieurs institutions catholiques soignantes ont fait connaître leur refus d'appliquer ce dispositif. Des religieuses qui vouent leur vie aux vieillards ont déclaré qu'elles ne fermeraient pas leurs portes et resteraient au chevet de ceux qu'elles accompagnent ; un ordre hospitalier a dénoncé une loi « d'une violence inouïe ». La question posée à ces maisons est simple et grave : peut-on demeurer un lieu de vie quand la loi y introduit la mort administrée ?
Ce que la tradition enseigne
Le cinquième commandement du Décalogue ne connaît pas d'exception de compassion. « Vous ne tuerez point » (Ex 20, 13). Le Catéchisme du Concile de Trente en tire la conséquence que le siècle voudrait oublier : la défense vaut d'abord contre soi-même. « Défense de se tuer soi-même : nul n'a assez de pouvoir sur sa propre vie pour se donner la mort quand il lui plaît. » Et le même Catéchisme précise qu'il n'est permis à personne d'ôter la vie à son semblable « de ses propres mains, ou avec le fer, la pierre, le bâton, le lacet ou le poison » — ce qui atteint aussi bien celui qui réclame la mort que celui qui la donne.
La vie n'est pas une propriété dont l'homme dispose ; elle est un dépôt reçu de Dieu, qui seul en est le maître. Consentir à sa propre mort, ou la procurer à autrui fût-ce par pitié, n'affranchit pas de l'interdit : cela le transgresse.
La mesure
Mesurée à cette règle, la loi ne dépasse pas une frontière technique : elle renverse le sens même du commandement. Là où « Vous ne tuerez point » protège absolument la vie du faible, le nouveau droit fait de sa suppression un acte encadré, réputé bon dès lors qu'il est demandé. On habille l'homicide du vocabulaire de la liberté et du soin ; la chose reste ce que la tradition nomme sans détour un meurtre — ici, celui du plus vulnérable, dans le lieu même qui devait le garder.
Le refus opposé par des maisons catholiques n'est donc pas un caprice confessionnel : c'est la fidélité à un précepte que nul législateur n'a reçu le pouvoir d'abroger. Aucune majorité ne rend licite ce que Dieu défend.
Ce que le fidèle doit tenir
Que la loi civile permette une chose ne la rend jamais permise devant Dieu. Le catholique n'a pas à « appliquer » un droit de tuer ; il a le devoir de veiller, de consoler, de soulager la douleur sans provoquer la mort. Aux mourants nous devons la présence, les sacrements, la prière — non la seringue. C'est là toute la différence entre accompagner et abréger.
Nous n'appelons à aucune révolte, à aucun désespoir. Nous appelons à tenir : à honorer la vie jusqu'à son terme naturel, comme l'Église l'a toujours enseigné, et à faire de nos maisons des refuges où l'on meurt aimé, jamais donné à la mort.
Sources. Sainte Écriture, Exode 20, 13 : « Vous ne tuerez point » (Vulgate Sixto-Clémentine). Catéchisme du Concile de Trente (1566), du cinquième commandement, § des meurtres défendus.